YPRES
M. Verhoeven a montré jusqu'à quel point Ypres avait su s'élever par son industrie manufacturière. Une charte de l'an i5i4 apprend qu'il s'y trouvait jadis faoo fabri-
(1) Guiccianiiit, i« édit., fol. aa3. — Subartianm Mumfnu ia Cowuogr. (a) Le Cher. Dierickx, tom. II, p. 476.
(3j Fol. 2,|i verso.
5a DU COMMERCE,
F.briqntt. ques de drap, et qu'alors à peine en restait - il 5oo. « J'apopnJatk». jouterai, dit Sanderus, que la guerre et les discordes civiles dispersant ailleurs les artisans , ont fait tellement décheoir Ypres, qu'il s'y en trouverait difficilement six aujourd'hui. » Les fabriques de saie remplacèrent celles de drap , et le même écrivain rapporte avoir vu dans les registres de la ville, que le droit d'un patart, que le magistrat eut en i/»75 la permission de lever sur chaque pièce vendue, se montait au bout de l'année à plus de iooo florins (i).
« La dicte ville, dit d'Oudegheerst , a esté par cy devant » en grand bruit pour la grande draperie qui y régna et es to i t » grande et puissante, mais depuis l'an 1 383 qu'elle fust » assiégée par les Anglois et par les Ganthois, et que leurs » faubourgs furent brûlés, elle est demeurée en la grandeur » en laquelle elle est encore maintenant, parce que le duc » Philippe-le-Hardy ni ses successeurs n'ont voulu permettre » que se refissent les dits faubourgs, etc. fa).
Meyer écrivait vers i53o qu'Ypres était une ville aussi bien défendue par l'art que par la nature, et dont la principale richesse consistait dans la mise en œuvre de la laine , ainsi que dans le commerce, c II y a i48 ans, dit-il, que les Anglais , hors d'état d'en garder les faubourgs, qui étaient grands et riches , y mirent le feu de peur qu'ils ne servissent aux ennemis. Après la paix Philippe ne souffrit point qu'on les relevât, à cause des troubles dont ils avaient été le foyer, et en distribua les habitans par colonies à Pope-
(i) Sanderus , tom. H , p. a83.
(a) Tora. II , p. 54^- lbid., p. 6o3, édit. de M. Lesbroussart.
ringue , Verriers, Menin et autres lieux de la Flandre, tels que Verwyk, Cumin in es, etc. (i).
La contagion enleva, en 1/190, quinze mille personnes. Le tiers des citoyens périt en i55a, et en i583, à peine trois maisons furent-elles à l'abri de la peste (2).
Guicciardin témoigne que le commerce était assez animé à Ypres, sur-tout en carême, pendant la foire (3). Braun compte dans les villages environnans jusqu'à deux, trois et quatre mille compagnons (naucleros) (4).
En 1 584<» le 9 avril, la ville fut réduite à se rendre aux Espagnols qui la bloquaient; elle paya 5o,ooo florins et livra quatre des principaux citoyens , qui se rachetèrent pour 20,000 florins (5).
S SLUYS ou L'ÉCLUSE.
Ce port était autrefois très-fréquenté et servait au commerce de Bruges, qui voulait se l'asservir. Ceux de l'Écluse ayant tenté de s'arroger l'étape de quelques marchandises, ils furent obligés de se désister de leurs prétentions en i4a3. En 1470, le port fut embelli et amélioré; Charles VI, roi
(1) Rer. Flandric. , tom. IX, fol: 37.
(a) Marchant , p. 1 34 — Sandcrus , tom. II , p. l6o.
(3) Guicciard. in Fland.
(4) Brann , tom. I , M .
(5) De Thou , tom. IV , Ht. 79 , p. aoo.
France, y fixa sa cour pendant plusieurs mois et y équipa une flotte de i4oo voiles , destinée coutre l'Angleterre. Une flotte marchande de i5o navires y aborda à la fois, en i468, et y répandit la joie. Elle soutint en i4o5 un siège contre les Anglais, avec perte pour les ennemis, et elle osa, comme en i436, refuser de se rendre aux sommations des Brugeois, ravager le territoire 4e ceux-ci ef. braver Jeurs sentences de condamnation.
En 144^ les moules, sur lesquelles on avait mis un droit, disparurent tout-à-coup : chacun cria au miracle, avec d'autant plus d'apparence de raison, qu'on assure que les moules revinrent quand l'impôt eut été levé.
D«*dm«J- L'Écluse commença à décheoir pendant les troubles de la 'Éctiue. régence de Maximilien. Les Ostcrlins l'avaient abandonnée en i436, à cause des dissensions qui y régnaient entre eux et les citoyens : quarante des premiers avaient été tués ou blessés ; le supplice des moteurs du désordre n'apaisa point ces étrangers (i).
Braun peint ce lieu comme un port désert et presqu'im praticable (a).