TROISIEME PARTIE
Question universitaire,
Eminentissimes Neigneurs, pour ne pas prolonger démesurément ce mémoire déjà peut être trop long, à cause du développement qu'il a fallu donner à ce qui regardait la question politique, je n'indiquerai ici que sommairement les principaux faits que je crois utile de soumettre à l'attention de Vos Eminences au sujet de l'Université Laval, me réservant de vous donner de vive voix les renseignements accessoires et de vous communiquer les documents qui leur servent d'appui.
Je dois dire d'abord que la décision de Na Nainteté maintenant le décret du ler de Février 1876, au sujet de la Suecursale de Montréal à été reçue avec respeet et soumission comme il convient pour tout document émané du Nt. Niège, et même que l'on s'attendait généralement à cette décision. On comprenait qu'il était difficile de changer le statu quo sur cette grave question avant la solution des dificultés légales et constitutionnelles relatives à la charte royale et à la loi de Québec. Je remarquerai seulement que ce décret du 1er Février 1876 n'a pas été exécuté comme il est prescrit, et que c’est à la cause principale des difficultés qui ont surgi ensuite entre l'Ecole de Médecine et l'Université Laval.
10. L'Université Laval a ét5 salue avec bonheur à l'époque de sa fondation par les évêques, le clergé et les catholiques de la province de Québec. Le besoin d'une institution catholique de ce genre se faisait sentir depuis longtemps : tous avaient la confiance que cette université fondée par le plus ancien séminaire, qui avait si bien merité du pays, donnerait à la jeunesse qui en suivrait les cours, cette éducation professionnelle forte et catholique qui lui permettrait de gagner honorablement sa vie dans les différentes positions sociales où l’appellerait la Providence, et fournirait à la classe dirigeante de la société les hommes les mieux qualifiés pour la protection et la défense de nos intérêts religieux et nationaux.
Voilà les sentiments de sympathie et de confiance avec les quels les catholiques de la province ont accueilli l'Université Laval à sa naissance.
20. Après plus de 25 ans d'existence peut-on dire qu'elle a pleinement répondu à cette juste attente et qu'elle a réalisé d'aussi belles espérances ?
Tout en reconnaissant les grands et généreux sacrifices qu'elle a faits et le bien qu'elle a réalisé, la vérité nous force à dire qu’il y a eu déception sous quelques rapports très importants; qu'il s'en est suivi un malaise fort regrettable, et que la confiance et les sympathies qu'on lui avait d’abord données, sont