‹ Mémoire de l'évêque des Trois-Rivières sur les difficultés religieuses en Canada [microforme]Chapitre 23 sur 85 · DNS · texte numérisé non relu

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allées, en diminuant peu à peu. Des plaintes s'en sont suivies plusieurs fois pendant ce temps, et ont mème été portées jusqu'au Nt. Siège.

30. Enfin l'opposition que cette institution a rencontrée l'année derniere, à la demande qu'elle à faite au parlement canadien d’une loi l'autorisant à multiplier ses chaires dans les limites de la province de Québec, à mis en évidence deux faits bien graves: c'est que la grande majorité du clergé lui avait retiré ses sympathies et sa confiance, et lui était opposée, ainsi qu'un très grand nombre de nos catholiques les plus respectables. Au contraire, les libéraux l'ont appuyée presqu'unanimement de leurs plus chaudes sympathies, et le parti libéral à en quelque sorte identifié sa propre cause avec celle de FUniversité. Les protestants eux-mêmes et les franes-macons dont le nombre, hélas ! est déjà bien trop grand parmi nos catholiques, lui ont été favorables et sympathiques ! Voilà certes deux faits bien graves et qui demandent explication. Comment se fait-il que la premicre institution catholique du pays ait perdu les sympathies et la confiance de la grande majorité du clergé de la province toute entière, tandis que les ennemis de l'Eglise lui sont devenus visiblement favorables et sympathiques ?

Voici dans mon opinion les principales causes de ce changement étrange.

LE Composition du personnel et enscisnement.—Tout le monde s'attendait que l'Université Laval serait organisée conformément aux règles de l'Eglise et que par conséquent l’enseignement y serait confié dans toutes les chaires à des professeurs catholiques dont la sureté de doctrine ne laisserait rien à désirer, Or tel n'a pas été le cas. Tout le monde sait que des chaires de droit et de médecine ont été confites à des professeurs protestants et même francs-maçons. C'est vrai que l'on a prétendu que ces hommes n'offraient aucun danger pour la jeunesse qui leur était confiée. Mais l'expérience à démontré que des élèves ont été sollicités par certain professeur d'entrer dans la franc-maçonnerie, et que d'autres ont entendu leurs professeurs protestants tourner en ridicule certaines pratiques de l'Eglise catholique, et dire par exemple, que les extases de Ste, Thérèse et autres étaient des cas d'hystérie.

Parmi les professeurs catholiques, il s'en est trouvé qui étaient entachés d'erreurs gallicanes et qui ont enseigné purement et simplement la doctrine du légiste Pothier sur le mariage. D'autres étaient notoirement connus pour leurs principes libéraux et ont compté parmi les chefs du parti. C’est de ces professeurs libéraux que les évêques ont dit dans leur supplique en 1876 :

“Rien ne leur sera plus facile de prouver à Votre Sainteté qu'en recommandant ainsi aux Professeurs de la dite Université Laval de ne point s'immiscer activement dans les élections, ils n’ont eu intention que de prévenir un grand scandale, celui de laisser marcher à la fée des libéraux, qui foulaient aux pieds leurs Mandements et leurs Lettres pastorales traçant aux fidèles les

LU

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