VIRE
{ ÊVECHE DES TROIS-RIVIERES, | ce 17 Octobre 1882 Mer. E. À. Tuschereun,
Archevéque de Québer.
Monseigneur,
J'ai lhonnew d'accuser réception de la lettre de Votre Grandeur en date du 11 courant.
Déférant au désir de Non Eminenve le Cardinal Nimtoni Préfet de la S. C. de la Propagande, j'ai lintention de faire au conseil de haute surveillance les communications que j'ai eru devoir faire au Nt-Niège sur les tendances de certains professeurs de l'Université-Laval. Mais avant d'indiquer à Votre Grandeur l’époque où il me sera possible d'aviser à la réunion du conseil, je regarde comme nécessaire d’être éclairé sur les questions suivantes :
10. La réunion du Conseil de haute surveillance pour entendre ces communications d’un de ces membres, doit-elle dans votre pensée, avoir un caractère exceptionnel ?
20. Quelle sera l'attitude réciproque des membres du conseil, et spéciale. ment de Mgr. le Chancelier de l'Université et de l’Evêque des Trois-Rivières, le premier se trouvant en quelque sorte juge et partie dans la même cause 2
30. La discussion dans le conseil aura-t-elle un caractère délibératif on contentieux ? et sous quelle forme devront se produire les décisions quelles qu'elles soient qui seront prises à la fin de la séance.
Je prie Votre Grandeur de vouloir bien me donner ces éclaircissements. Veuillez agréez l'assurance de mon plus entier dévouement,
t L. F. EVEQUE DES TRoIs-RIVIERES.
— Rabserr,
L'Archevèque répondit comme suit :
Québec, 20 Octobre 1882.
Mgr L. F. Laflèche,
Evéque des Trois-Rivières.
Mor seigneur,
Après une absence de cinq jours je trouve sur mon bureau la lettre de V G. en date du 17 courant et je m’enpresse d'y répondre.
Avant de faire droit à la plainte de l'Université contenue dans la lettre que le Recteur m'a adressée le 9 octobre, V. G. désire la réponse à quelques questions uvant que d'accéder à ce désir.
lo Je ne vois rien qui donne à la réunion du conseil de haute surveillance en cette circonstance un raructère exceptionnel, puisqu'il s'agit d’un cas clairement prévu par l’article X de la Norma consilü, dont j'envoie copie à V. G.
20 Les articles XI XII XIII nous tracent la marche à suivre, et il n’est permis ni au chancelier, ni à aucun suffragant de s’en écarter. V. G. parait vouloir récuser le chancelier en disant qu'il se trouverait juge et purtieen quelque sorte dans la méme cause. Rien dans la Norma ne donne droit de faire cette récusation. Il ne s'agit pas de faire le procès du chancelier, maïs de toute une faculté, la plus importante de toutes, qui est accusée de libéralisme par V. G. Je dis foute une
faculté, car l'accusation indéterminée laisse planer le doute sur chacun des pro-
fesseurs, puis qu'aucun des trois qui sont visés n’est désigné nommément.
30. D'après l’article X, Votre G. devra avant tout donner les noms des accusés, puis exposer clairement les propositions ou les faits sur lesquels repose cette très grave accusation, afin que les juges et les accusés sachent au juste de quoi il s’agit. V. G. demande sous quel forme devra se produire les décisions du tribuna ; il me semble clair que cela dépendra de la tournure que prendra l'affaire. Jusqu'à présent l'accusation est demeurée tellement vague qu’on ne peut rien prévoir.
Veuillez agréez, Monseigneur, l'assurance de mon dévouement, f E. À. ARCH. DE QUEBEC Cette lettre de l'Archevéque aurait dissipé tous les doutes, s'il avait pu encore s'en trouver. Elle assimilait formellement les informations d’un Evêque
faites à Rome à une accusation juridique, et tenait à faire rentrer cet Evêque absolument dans les rangs des subordonnés, conformément à la demande du Rec-
teur.
Pour le Métropolitain, il prétendait ne trouver rien d'erceptionnel. Le Chan’ celier pouvait être juge et partie, et l'Evêque des Trois-Rivières devait se mettre en procès avec une faculté universitaire, ayant pour juge presque Souverain ce Chancelier tout prononcé. Puis les accusations de très graves qu'elles étaient d'abord, devenaient tellement vagues qu'elles avaient besoin d'être formulées de nouveau et fortement élucidées, selon lui, pour qu'on put en entrevoir le dénouement, maisle mode de procédure de la fin “devait rester caché.
Dans ces conditions, ce dénouement, ou {a forme sous laquelle devait se produire la décision du tribunal, était une sentence que l'Evèque des Trois-Rivières pouvait aisément prévoir, et dont l'effet serait d'annihiler les informations données au St. Siège, en ruinant le crédit de tout le Mémoire par le seul point controversé et favorablement jugé des tendances libérales de certains professeurs universitaires.
La portée de cette lettre révélait donc manifestement le plan adopté dans le camp universitaire de régler à Québec, sans bruit et à huit clos ces grandes difficultés religieuses du Cunada, dans lesquelles sont concernés des professeurs universitaires, et d'où dépend l'avenir religieux du pays.
Il devint alors nécessaire pour l'Evêque des Trois-Rivières d'établir sa position vis-à-vis de l’Archevêque et de l'Université de la manière la plus exacte, et de protester énergiquement contre toutes ces procédures anti-canoniques. Son devoir lui défendait de laisser périr, avec son propre Mémoire, la cause de l'Eglise du Canada, et le forçait au contraire d'attirer l'attention du St. Siège
d'une façon toute spéciale sur la gravité de nos maux toujours croissants, en
provoquant les adversaires à une enquête générale et complète devant une commission pontificale.
C'est ce qu'il fit dans le document suivant, qui est à la fois nne histoire et une preuve des vrais misères de notre chère Eglise provinciale.
La
\ EVÈCHE DES TROIS-RIVIERES l ce 3 Novembre 1882.
A Sa Grandeur, Mar. E. À. Tascherean, Archevéque de Québec.
Monseigneur.
Votre Grandeur voudra bien comprendre la raison de mon retard: la gra vité de la question, qui se trouve engagée entre nous m'a décidé dès l’abord à prendre pour moi-même, et à laisser aux autres le temps de la réflexion. Il s’agit au fond du droit des évêques à correspondre avec le St-Siège, et à faire di-
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