‹ Mémoire de la baronne d'OberkirchChapitre 10 sur 220 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

A Wunenheim, nous prîmes un sentier le long des prairies qui sont derrière ce "village, puis nous pénétrâmes dans la forêt, et après une heure et demie de marche, nous commençâmes à gravir la montagne en quittant la Yallée et le charmant ruisseau qui l'arrose. La pente est dure et le chemin pénible. Il faisait chaud , Son Altesse s'arrêtait souvent, s'asseyant sur l'herbe pour reprendre haleine. Il nous fallut deux grandes heures pour arriver au sommet de la montagne et sur le plus élevé des trois pics de Freundstein. C'est là que se trouvent les ruines, ayant pour base un rocher escarpé.

Ces trois cimes sont représentées dans l'écusson des AYaldner qui porte d'argent à i}'où monts de sable sxirmontés chacun d'ime merîette de gueules. Le donjon est encore assez bien conservé et se voit de Fribourg en Brisgau, qui est à douze lieues de là. A travers les fenêtres sans vitraux, on aperçoit au sud la vallée de Saint-Amarin ; du côté de l'entrée qui est au nord, on domine la vallée de Soultz, dont on n'aperçoit cependant pas le fonds, puis le ballon de (iebwiîler, et à gauche le ballon de Giromagny qui est plus éloigné. Cela fait la plus admirable vue possible. La princesse ne pouvait se lasser de l'admirer.

Freundstein fut brûlé en 1470, dans la guerre des AValdner contre la ville de Soultz qui paya cher cette victoire. On voit le rôle que jouaient nos pères

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dans cette terre classique de la féodalité. Reconstruit presque de suite, il fut habité jusqu'en 1525, où il fut définitivement démantelé dans la guerre des Paysans.

Ces Ruslavds prirent d'abord pour bannière une pique surmontée d'un soulier et écrivirent en lettres rouges sur l'étendard leur cri de guerre : Rien que la justice de Dieu. C'est ce qu'on nomma la révolte du Bundschuh. La réforme religieuse vint ranimer les passions de ces paysans, qui, sous le nom d'anabaptistes, continuèrent leurs cruautés et leurs ravages en Allemagne. Mais enfin la révolte fut écrasée, et l'Alsace respira jusqu'à la guerre de Trente ans.

Alors le comte de Mansfeld, chassé de la Bohème, et le comte de Ilorn avec ses Suédois occupèrent et ravagèrent ce beau pays pendant plusieurs années. Beaucoup de chàteaux-forts furent brûlés et démolis par eux, entre autres le château d'Uberkirch. Les ordres de Louis XIV achevèrent cette œuvre de destruction.

Il y a sur le chcàleau de Freundstein dilièrentes légendes, dont une, entre autres, est fort curieuse à raconter. On l'a dite à madame la duchesse de Bourbon sur les lieux mêmes, et elle en fut intéressée au point de commander, sur ce sujet, un petit tableau, réellement très-poétique et très-remarquable.

Un Géroldseck devint éperdument amoureux d'une Waldner de Freundstein qui ne répondit pas

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