‹ Mémoire de la baronne d'OberkirchChapitre 128 sur 220 · II · texte numérisé non relu

II

d'accepter de semblables scandales; d'autres motifs prévalurent, et on laissa aller les choses.

Cependant on ne savait où s'arrêterait sa démence. Il maria l'année suivante Léopoldine-Eberliardine, la lille qu'il avait eue de son mariage avec la comtesse de Sponeck, avec Charles de Sandersleben- Coligny; puis il maria Georges-Léopold, comte de Sponeck, son fils, désigné prince héréditaire, à Éléonore-Cliarlotte deSanderslebeu-Coligny, c'est-à-dire ses enfants du premier lit avec ses enfants adoptifs. On comprend que la comtesse de Sponeck s'y opposa de tout son pouvoir, qu'elle refusa son consentement, mais on passa outre.

Le lecteur comprend qu'il avait ainsi marié ses enfants avec ceux de M. de Sandersleben, mais cela n'en fit pas moins un scandale et un bruit dont rien ne peut donner l'idée. Ou dit mille choses plus affreuses les unes que les autres , on prononça même le mot d'inceste, les relations que le prince avait eues avec madame de Sandersleben, même pendant qu'elle vivait avec son mari, firent supposer, ce qui n'était certainement pas vrai, qu'il avait marié le frère avec la sœur. Quelque affreuse et immorale que soit la conduite de Léopold-Eberhard , le contraire paraît certain , et la date de ses relations avec madame de Sandersleben devait le prouver suffisamment. Comment croire d'ailleurs, sans frémir, à un pareil crime?

Mais tout le reste était déjà si affligeant, que le

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