‹ Mémoire de la baronne d'OberkirchChapitre 34 sur 220 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

capitaine des gendarmes anglais, et cordon rouge, un des meilleurs généraux de cavalerie de France. Il était accompagné de, ou plutôt il accompagnait mesdames ses nièces. Le marquis d'Auticliamp avait pour frère le comte du même nom, qui déploya une bravoure remarquable à la prise de Saint-Cbristophe. Son lîls aîné fut tué à ses côtés par un boulet de canon. On fit le père maréchal de camp après cette action, mais cela ne le consola point.

Il lui restait deux fils : l'un âgé de seize ans; l'autre, Charles, qui n'en avait que quatorze, sert dans les dragons.

t Leur autre oncle, le vicomte d'Autichamp, a épousé une Duplessis-Chàtillon. Le vicomte d'Autichamp de Beaumont a épousé madame de Chaumont de Li Galaizière.

Ces dames, qui sont charmantes, étaient avec nous à Petitbourg et y restèrent tout le temps. Madame la duchesse de Bourbon fit illuminer une salle de verdure et nous donna un bal improvisé, où l'on s'amusa excessivement. Les costumes étaient sans prétention, nos diamants étaient des fleurs. On fut très-gai; on soupa au son de la musique et on entendit des airs nouveaux et délicieux d'un Italien peu connu.

Avant souper on avait fait une promenade à Champrosay et l'on y avait mangé une crème exquise. La princesse aimait ces sortes de surprises et elle s'en divertissait souvent. Tous les paysans des environs

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la connaissaient; elle leur parlait familièrement, entrait dans leurs chaumières et prenait un morceau de pain noir ou des œufs frais sur leur table. C'était de sa part originalité d'abord, prétexte à générosité ensuite. Elle donnait beaucoup et grandement.

1" juin. — Madame la duchesse de Chartres vint passer à Pelitbourg toute la journée. Cette princesse portait partout une mélancolie dont rien ne pouvait la guérir. Elle souriait quelquefois, elle ne riait jamais. Sa séparation d'avec ses enfants, enlevés par madame de Genlis, lui brisait le cœur. Elle cherchait à se distraire sans y réussir jamais. Elle nous conta cependant avec beaucoup d'esprit que le matin même M. le duc d'Orléans était venu exprès de Sainte-Assise, à sept heures du matin, pour lui parler. 11 s'agissait de madame de Montesson, bien entendu. Elle désirait vivement le modèle d'un ornement de corsage en diamant appartenant à madame la duchesse de Chartres, et elle n'osait pas le lui demander; le prince s'en était chargé. 11 alla plus loin.

— Vous seriez la plus aimable fille du monde, si vous vouliez me céder cette parure ; je vous en rendrai une semblable, mais plus belle et plus riche. La marquise en a envie tout de suite , elle ne pourra pas attendre que cela soit fait; ce serait trop long,

— Et moi, monsieur, je m'en passerais pendant ce temps-là ?

— Sans doute, vous en mettrez une autre. Qu'est-

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