CHAPITRE XXV
La marquise de Persan. — Les nouvelles à la main. — La comtesse ile Ijosc.
— A Versailles avec la duihessc de Bourbon. — Orage. — Salle Choiscul.
— Le maréchal de Biron. — Atijs. — La iiianiuisc de la Roche-Lambert.
— La comtesse d'AndIau. — La comtesse de Balbi. — Le baron de Bcsenval. — Mot. — Le comte de Molfort. — Le roi de Suéde chez madame la duchesse de Bourbon. — Anecdote sur la présentation àLouis \M.
— Le vicomte de Balincourt. — Vers do madame d'Houdetot sur madame de la Vallière. — Madame la duchesse de Bourbon et le Saint-Sacremeut.
— Le beau boulevard. — Mesmer. — Martincz Pasqualis. — Saint- Martin. — Le magnétisme. — Étrange fatuité de Vcstris. — Madame Saint-Hubevti. — Fontainebleau. — La veille de la présentation. — Ce que c'est que les honneurs. — Des preuves. — Décision de Sa Majesté. — Des arrêts sur la noblesse. — Exceptions aux preuves exigées. — Preuves pour monter dans les carrosses. — Les honneurs du Louvre. — Le Tabouret. — Le droit de draper. — Les princes étrangers. — Le maréchal de Castries. — M. de Breteuil. — Ma présentation. — Le jeu de la reine.
— La duchesse de Guiche. — La comtesse d'Ossun. — La vicomtesse de Polastron. — La comtesse de Chàlons. — Dames présentées en 178 i. — Chez la princesse de Lamballc. — Plaisanterie du comte d'Artois. —
— L'éventail. — L'opéra d'Àrmide. — Bagatelle. — Mot de mademoiselle Arnould. — Mot du prince de Ligne. — Le baron de Zuckmantcl.
— Singulière distraction. — M. de la Galaisièrc. — L'abbé !Morellet.
7 juin. — J'allai voir la marquise de Persan. Cette famille est la vraie source de toutes les nouvelles à la main. Madame de Persan (Doublet de Persan) est mademoiselle de \Yargemont. Le mar-
quis de Persan élait premier maréchal des logis du comte d'Artois et officier au régiment du roi. Le comte de Persan, son oncle, est maréchal de camp,
90 MÉMOIRES DR LA BARONNE d'OBERKIRCH.
et a été colonel de Colonel-Général. Il s'est distingué à la bataille de Fontenoy, a fait beaucoup la guerre et a assisté à la prise de Minorque. C'est un homme très-estimable et très-estimé'.
La présidente Doublet, de cette même famille, réunissait chez elle tous les beaux-esprits. On y composait, on y écrivait, on y distribuait les nouvelles à la main^ qui couraient ensuite tout Paris, et que l'on imprima, je crois. C'est une société particulière et toute différente de celle que je vois ordinairement. Le Marais où elle habite est passé de mode; la magistrature seule y reste et quelques vieux débris de l'ancienne cour. C'est une étude de mœurs intéressante à faire. Les idées nouvelles et les airs évaporés d'aujourd'hui n'y vont point.
Je devais une visite à la comtesse de Bose, et je m'empressai de la faire avant d'aller avec madame la duchesse de Bourbon à Versailles. La famille de Bose ( prononcez Bosé) est attachée à la cour de Stuttgard. L'un de messieurs de Bose est grand-veneur de Son Altesse le duc de Wurtemberg, et l'autre est dans son armée.
Madame la duchesse de Bourbon m'emmena à Versailles; nous y allâmes tête à tète dans son carrosse, elle le voulut ainsi et donna congé à ses dames. Elle était incognito pour une allaire. Elle ne vit ni le roi, ni la reine, et défendit même qu'on
' M. «le Persan, do cette famille, a épousé mademoiselle d'Eselignac, fille du duc d'E$cligaac(auparavaut de Fimarcon) et de mademoiselle de Périgord.