CHAPITRE XXV
régiment d'Orléans-Cavalerie, puis lieutenant général. Il fut dans sa jeunesse un des hommes les plus brillants et les plus séduisants. «La liste de ses conquêtes est bien plus longue que celle de ses victoires, » me disait madame la duchesse de Bourbon en me parlant de lui, sous toute réserve pourtant, car la voix publique le donnait pour amant à sa propre mère, madame la duchesse d'Orléans, ce dont la princesse ne se serait jamais permis de laisser aventurer même un seul mot. Madame la duchesse d'Orléans 'Louise-Henriette de Bourbon i était la femme de M. le duc d'Orléans, dont on a dit qu'il s'était fait marquis de Montessorij ne pouvant faire de madame de Montesson une duchesse d'Orléans.
Cette duchesse d'Orléans, la vraie, était une personne fort dissolue et qui, malheureusement, déshonora gravement le nom qu'elle portait. Le bruit public attribuait au comte de Melfort la paternité de M. le duc de Chartres, et Dieu sait qu'il nous aurait donné là un triste enfant.
M. de Melfort a épousé mademoiselle de Laporte, sœur de l'intendant de Lorraine et dont la mère était une Caumartin. Il est cousin germain du duc de Melfort, qui a hérité des deux branches.
Cette matinée fut agréable pour moi de toutes les manières, car, après avoir été me promener au Tivoli de M. Boutin, je me rendis chez madame la duchesse de Bourbon et j'eus l'honneur d'y rencontrer le roi de Suède (Gustave III). Il était depuis quelques jours