‹ Mémoire de la baronne d'OberkirchChapitre 75 sur 220 · II · texte numérisé non relu

II

Il ne revint point ce jour-là. Le lendemain il écrivit par un de ses gens que la scène avait été rude, mais que pourtant il était loin de désespérer. Il avait arrêté un plan avec ses sœurs, ajoutait-il.

Celte seconde journée fut comme l'autre; mêmes inquiétudes, mêmes regrets, mêmes espérances. Le soir, vers cinq heures, nous entendîmes rouler un carrosse. La princesse se précipita sur l'escalier; son mari était dans ses bras.

— Vous allez me suivre toutes deux, dit- il. On vous cachera, ma chère Marianne, dans la chambre de la comtesse de Wartensleben, et pendant ce temps, l'excellente Lane m'aidera, au nom de ma sœur, à fléchir nos parents, déjà à moitié ébranlés. Vous paraîtrez quand il en sera temps.

Nous nous mîmes en route, on dissimula la princesse, et j'entrai dans le salon où madame la princesse de Montbéliard causait avant le souper. En m'apercevant elle releva la tète.

— Ah ! vous voilà, me dit-elle, avec plus de froideur qu'à l'ordinaire. Je me doute de ce qui vous amène. Tous prenez donc le parti de la rébellion?

Je voulus répondre.

— Pas un mot maintenant, interrompit-elle; ce soir, chez moi. Le prince est déjà assez triste de cette folie; ne lui en parlez pas.

Je trouvai en effet le prince triste, et par conséquent le salon l'était. La conversation se fit à bâtons

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