‹ Mémoire de la baronne d'OberkirchChapitre 79 sur 220 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

Le Çkristkindel. — Le régiment d'Alsace. — Le haron de Coëhorn. — Naissance du duc de Normandie. — Mot du comte d'Artois. — L'été à Exincourt. — Poëme sur leloto d'Etupes. — Fragments. — Réponseen vers du conseiller Russel. — M. Handgardt. — Résultat du système de J.-J. Rousseau. — Aveu qu'il a fait à ce sujet. — Lutte de jeux de mots. — La princesse Czartoriska. — Les portraits en découpures. • — M. Huber. — Singulière aventure. — Ukase de Catherine II sur la noblesse. — Le comte de Ségur ea Russie. — Le cardinal de RoLan. — Son arrestation. — Lady Craven à Monlbéliard. — Originalités de lord Craven. — Lady Craven et mademoiselle Clairon. — Ovation de M. Blanchard à Francfort. — .Mort de la princesse de Holstein. — Mort du prince-abbé de Murbach. — Ennuis de la grande-duchesse de Russie pour l'éducation de ses fils. — La princesse Auguste de Brunswick — Ses plaintes à Catherine II. — Le baron de Klinglin.

1785. — Nous passâmes l'hiver à Strasbourg, et à l'époque de Noël nous allâmes, comme de coutume, au Chrhtkindehmarckt . Cette foire, qui est destinée aux enfants, se tient pendant la semaine qui précède Noël et dure jusqu'à minuit; elle a lieu près de la cathédrale, du côté du palais épiscopal, sur une place qu'on nomme le Frohnhof. Le grand jour arrive, on prépare dans chaque maison le Thannenbaum, le sapin couvert de bougies et de bonbons, avec une grande illumination; on attend la visite du Christkindel (le petit Jésus), qui doit récompenser les bons petits enfants ; mais on craint aussi le Hanstrapp, qui doit chercher et punir les enfants désobéissants et méchants.

180 MKMOIRKS DF. LA liAROXNE d'OHERKIRCH.

Le ChristkinJel paraît toujours et les cadeaux aussi; souvent on entend la voix rude et sévère de Hanstrapp , qui paraît même quelquefois armé d'un martinet, et vêtu de rouge et de noir comme Satan.

Cet hiver, nous vivions assez retirés à cause de notre deuil; cependant nos amis venaient chez nous, ainsi que plusieurs officiers du régiment d'Alsace dont le prince Max de Deux-Ponts était colonel propriétaire. Depuis deux ans le baron de Flachsland, neveu de la douairière de Berckheim, et devenu maréchal de camp, était remplacé comme colonelcommandant par le baron de Coëhorn. Le comte de Lœvenhaupt était colonel en second. Un jeune de Coëhorn était son sous-lieutenant de remplacement ' . Je me souviens que pour fêler la naissance de M. le duc de >'ormandie, il y eut une grande fête, et qu'ils la quittèrent pour souper chez nous où l'on 'but de bon cœur à la santé du jeune prince baptisé par le cardinal de Rohan, en sa qualité de grand aumônier. Le parrain fut Monsieur frère du roi, et madame Elisabeth marraine pour la reine de Naples, On parla beaucoup de cette naissance, ainsi que cela se conçoit; chacun dit son mot, j'ai retenu celui-ci que madame la duchesse m'écrivit.

' C'est le brave général Coëhorn , mort à Leipsick de ses blessures. Il n'a jamais été au feu sans être blessé. C'est à lui que l'empereur il dit, après le passage du pont de l'île de Lobau : « Général, ceci vaut le pont (| de Lodi. »

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