‹ Mémoire de la baronne d'OberkirchChapitre 92 sur 220 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

Ils n'attendent tous deux, l'un que la mort de sa femme, qui est toujours mourante, l'autre celle de son mari, qui ne vaut guère mieux.

Lady Craven nous quitta pour aller à Francfort où une foule de princes allemands étaient alors réunis. M. Blanchard s'y était rendu et y effectua avec bonheur son quinzième voyage aérien. Il fut ensuite conduit en triomphe chez l'ambassadeur de Russie, le comte de Romanzoff, où il devait souper. Le peuple détela ses chevaux, et mena son carrosse; on couronna son buste au spectacle; enfin il reçut les honneurs les plus extraordinaires.

Il avait échoué dans un essai fait le 5 octobre, où le prince de Hesse-Darmstadt devait l'accompagner avec un officier de sa suite.

Au mois de novembre, j'allais retourner à Strasbourg lorsque j'en fus empêchée par une bien triste raison. Un grand malheur frappa la famille de Wurtemberg : la princesse de Holstein, femme du coadjuteur de l'évêque de Lubeck, fille du prince et de la princesse de Montbéliard, mourut à Oldenbourg; elle avait vingt ans. C'était une charmante femme, bonne, douce, spirituelle, jolie. Quelle douleur pour sa mère, si heureuse jusque-là dans ses enfants ! Mariée depuis quatre ans seulement, elle jouissait d'un bonheur parfait. Son mari resta inconsolable; il vécut néanmoins pour ses deux fils, l'un, Paul, âgé de deux ans, et l'autre, Pierre, âgé d'un an à peine. Ce fut un deuil général. Quant à moi, j'aimais extrê-

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