‹ Mémoire de Priscille Quertier de Guernesey: conforme aux extraits de son journal et de ses lettresChapitre 17 sur 19 · À UN COUSIN · texte numérisé non relu

À UN COUSIN

11 Novembre 1869.

J'ai le désir de t'écrire quelques lignes afin de t' encourager, toi qui es aux dangers des vents et des tempêtes. Efforce-toi à travailler au salut de ton âme, et alors tu trouveras la paix et la tranquilité d'esprit, en te reposant dans les bras du Sei§^ur Jésns ; quand même les vagues furieuses de la mer renverseraient le vaisseau de quelque manière que ce fût, dans lequel tu as confié ta vie, tu n'aies qu'à mettre ta confiance en ce divin Jésus, mort sur la croix pour toi, que si tu désires le servir de tout ton cœur, il faut .pr^nièrement chercher le royaume de Dieu et sa justice, et toutes autres choses te seront données par-dessus. J'ai été éclairée par la lumière d'en haut que Jésus est mon Sauveui-, et depuis Noël j'ai passé sur mon lit de maladie, le

158 LETTKES DE

meilleur temps que jamais j'eusse trouvé auparavant, car j'ai le parfait sentiment d'être sauvée par la grâce de Dieu, soit la mort, soit la vie qui survienne ; je suis soumise à la volonté de Celui qui m'a éclairée des ténèbres à sa merveilleuse lumière, et je comprends ses promesses dans mon cœur. Cher J . > . . pense au salut et au bonheur étemel, car tu es souvent, j'ai lieu de croire, dans de grands dangers, et si tu possédais la foi qui sauve, tu serais calme et tranquille dans ton esprit, dans des cas affî*eux. Oh! confesse toi pécheur avec un esprit repentant, et ouvre ton cœur à la voix du Saint-Esprit, qui se fait entendre quand quelques passages occupent ton esprit, et que tu viennes à comprendre par la foi, que c'est le Saint-Esprit qui te parle dans le fond du cœur; alors tu possèdes la paix, et n'as nullement à douter des promesses qid se présentent à ton esprit, car c'est la vérité ; j'en ai reçu le témoignage et les crois, et je me trouve si heureuse ne craignaiït pas ce qui pourrait m' arriver, car j'ai la compagnie de Jésus qui commimique avec moi ; il est mon Sauveiu*, si je ne mettais point ma confiance et mon espérance en ses promesses, je serais malheureuse et misérable dans l'état où je ine trouve, toujours glissant vers la tombe, mais je n'échangerais pas mon sort contre aucune chose au monde, d'autant que le bonheur m'attend dans bien peu de temps; si j'hésitais à croire, ce serait mettre celui qtd 8*'appelle le Fidèle sous mes pieds en le reniant, je sais que tous les - doutes qui pourraient troubler mon esprit viennent de Satan, du grand ennemi des âmes ; il nous faut le repousser enarriève et ne pas faire attention à ses insinuations, mais pousser en avant afin de remporter le prix de notre céleste vocation, mais il faut t'humilier et te sentir coupable devant Dieu, afin d'implorer le pardon de tes péchés, et ne doute pas de la vérité de toutes ses promesses et croit à la lumière du Saint- Esprit qui luit dans le cœur, et tu seras heureux et soumis à tout ce qui pourrait éprouver ta patience. J'espère que tu feras tout ce qui sera en ton pouvoir de faire, afin d'être

FBISGIILE QTTEBTIEB. 159

prêt quand le moment où la mort arrivera, soit par maladie, ou que tu sois noyé dans l'océan :

" Toi qui est sur les eaux, Pense à ton Créateur, Qui peut faire élever les flots Dans le temps mâme de douceur." .

Accepte les désirs et les souhaits les plus sincères de ta cousine. Bien te soit.

Page 1