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20 Evénements de la guerre en Canada
aussi exact qu’il m'a été possible de me le procurer, n'ayant eu aucune communication avec notre armée, nous laissant encore ignorer ce qui restoit de son côté.
J'ay arrêté la revue des troupes de terre prises dans la ville, consistant en cinq piquets, et faisant en tout 17 officiers et 174 soldats, où j'ay spécifié les dernières revues que j’ay arrêtées à leurs corps respectifs, et d’après quoy ils pourront être payés en France de leurs appointements. J'en ay remis un état à M. le Cher. de Bernetz, le tems ne me permettant pas d’en faire plusieurs copies que j'enverray par la suite.
M. le Chevalier de Bernetz qui s’est distingué dans la défense de la place, et sur qui le plus grand fardeau a roulé par la maladie du commandant titulaire, vous dira, Monseigneur, mieux que je ne pourrois l'écrire, la situation où il nous a laissés.
M. Marcel, aide de camp de M. le Marquis de Montcalm, honoré de la confiance de son général, sera très capable de suppléer à ce que le premier pourroit omettre.
J'ai l'honneur d’être avec un profond respect,
Monseigneur, BERNIER.
P.$. Ayant pû avoir à tems une copie de la revue que j'ai faite aux troupes de terre qui se sont embarquées, j'ai l'honneur de vous l’adresser, indépendamment de celle remise à M. de Bernetz pour servir au débarquement des dites troupes.
Votre très humble et très-obéissant serviteur. BERNIER.
M. de Vaudreuil au ministre—Du quartier général à St. Augustin, à 4 lieues de Québec, le 21 Sept. 1759.
MOoNSEIGNEUR, J'ai l'honneur de vous rendre compte que la nuit du 12 au 13
durant les années 1759 et 1760. 21
de ce mois, le général Wolfe ayant fait le débarquement de son armée à l’Anse des Mères, s’empara des hauteurs derrière Québec. M. le Marquis de Montcalm, qui en fut le premier informé, jugea, sans doute, que ce n’étoit qu’un détachement. Ce Général emporté par son zèle et sa grande vivacité, fit marcher les piquets des différens corps, partie des bataillons, des Canadiens, et avança luimême sans me faire part de ses dispositions.
Aussitôt que je sus ce mouvement, Monseigneur, je craignis qu’on n’engageñt l’action avant la réunion du corps que commandoit M. de Bougainville, composé de l’élite de nos troupes ; je fis avancer le reste de nos forces à l'exception des postes de la ligne de Beauport, je partis de suite pour me mettre à la tête de l’armée.
M. le Marquis de Montcalm attaqua malheureusement avant que je l’eusse joint ; il vit sa défaite dans le même moment, et le désordre si grand dans les troupes que forcé de se retirer, luimême y fut blessé mortellement.
Lorsque j'arrivai, Monseigneur, au champ de bataille, la fuite était si générale que je ne pus arrêter le soldat. Je ralliai environ 1,000 Canadiens, qui par leur bonne contenance, arrêtèrent l’ennemi dans sa poursuite.
M. de Ramezay, qui commandoit à Québec, rendit la place le 18 de ce mois, aux conditions portées par la capitulation dont copie est ci-jointe. Je m'attendois à une plus longue résistance ayant pris les mesures les plus justes pour faire entrer dans cette ville des vivres et des forces. M. de Ramezay en étoit instruit.
J’avois rappelé M. le Chevalier de Lévis après la blessure de M. le Marquis de Montcalm, et aussitôt son arrivée, je marchai avec l’armée dans la confiance de dégager Québec.
J'espère Monseigneur, que vous voudrez bien témoigner au Roi la vive douleur que j'ai ressentie de cet événement, dans un moment si inattendu. Je vous supplie d'assurer Sa Majesté que j'ai pris les mesures les plus justes, non seulement pour conserver ses possessions, mais encore pour réparer nos pertes, si les circonstances le permettent.
M. le Chevalier de Lévis réunit les qualités d’un excellent général ; je me conseillerai avec lui sur tous les cas,
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Je remets à un autre tems, Monseigneur, à vous faire des détails sur notre position.
Je suis avec un très-profond respect, Monseigneur, Votre très humble et très Obéissant Serviteur,