L’adaptation. — Quand la mémoire complète, image de
la sensation complète, s’est établie, , la variation de la sensa-
dt
tion par rapport au temps est nulle : les réactions sensitivomotrices se sont établies ; par conséquent, un excitant nouveau, soit une répétition, ne fera aucun effet; le sujet s’est adapté.
cj g
L’adaptation est mesurée ( fig . 8) par la décroissance de —
du maximum à zéro, avec une nouvelle échelle des temps et la
dS
désadaptation par la régression de — — de zéro au maximum. La
cl S
fatigue est mesurée, au contraire, par une sensibilité — L- ou une
motricité négatives, correspondant à la décroissance de S
ou de l’effort W avec le temps : il n’y a donc pas de rapport entre la fatigue et l’adaptation.
Nous n’avons pas eu l’occasion de poursuivre d’expériences sur l’adaptation. Il y aurait lieu d’essayer de vérifier sur la sensitive et autres réactifs vivants la fonction complémentaire de la dérivée
y' — 2pY(e -t* —
décroissante à partir de x quement équivalente
2 ou plutôt la formule prati-
y — Y,e — Pi (x —
X étant une constante.
LE CALCUL
L’HABITUDE
8. L’établissement. — Le problème qu’il s’agit de résoudre maintenant est de déterminer la loi suivant laquelle décroissent, en fonction du nombre des répétitions, les temps d exécution d’un acte dont le sujet a ou peut avoir de lui-môme une représentation complète, en un mot, de préciser la loi d’établissement de l’habitude.
Revenons aux considérations de sensation qui nous ont servi pour la loi d'établissement de la mémoire.
Par l’habitude, dans la période de croissance de cette propriété, les temps d’établissement d’une même sensation ou d’un même complexe de sensations, décroissent de plus en plus quand le
nombre des répétitions grandit : dans le quotient — qui mesure
l’énergie de la sensation dans le temps f, S reste constant à chaque répétition, mais t diminue; la sensibilité moyenne afférente augmente donc avec le nombre des répétitions et
aussi la motricité -y- (<), de même que l’habitude. Comme
AS = 1 = constante et comme A t est une quantité variable qui
tend vers une limite inférieure, je puis substituer à — le quotient différentiel qui mesure une quantité proportionnelle à la
sensibilité. Supposons identiques les deux fonctions habitude et sensibilité : nous aurons pour l’établissement de l’habitude la
même formule que pour l’établissement d’une sensibilité ^
croissante, soit la dérivée (5)
• y' — 2 fi Y (I — e-f^je-P*
de x = 0 à x = — logn 2.
0) La sensibilité et la motricité grandissent de pair dans le début des fonctions S = ç(£), W = ç(p, S = cp(i), W = ®(i). (Sensation et Énergie, § 23.)
Malheureusement nous ne pouvons vérifier directement celle équation sur nos courbes expérimentales, car le calcul de fs serait très laborieux. Nous avons dù recourir au même artifice que précédemment. Nous avons cherché des formules d’interpolation
Fig. 21. — Courbe d'établissement de l’habitude visuelle (ponctuation aux signaux Morse).
facilement calculables et qui représentent bien les observations. Nous en avons trouvé deux, qui donnent également de bons résultats en fonction du nombre x de répétitions
et
a, b, c étant des constantes. Les indices ont les significations définies pages 8 et 18.
LE CALCUL
Finalement nous avons adopté, comme le montrent les tableaux numériques (2e partie, II), la première, qui donne en général des concordances un peu meilleures; on trouvera quelques véri-
F'kj. 22. — Courbe d’établissement, do l’habitude visuelle (ponctuation aux signaux Morso).
lications et exemples de la deuxième, pris au hasard parmi un grand nombre d’autres qu’il eut été fastidieux de reproduire.
Nous construisons par l’intégraphe ou par tout autre procédé pratique d intégration les courbes intégrales de nos courbes d’habitude
c’est-à-dire les courbes dont les ordonnées aux points x sont
égales aux aire? / ydx et nous vérifions que les courbes ainsi
8 o 6o bo
^ 8 il IG 2o
Fig. 23. — Courbe d’établissement de l’habitude de la machine à écrire.
construites peuvent s’interpoler exactement par une équation de la forme
Fh). 24. — Courbe d'établissement, de l’habitude du démontage et du remontage des pneumatiques d’automobiles.
ce qui nous permet de restituer la courbe d’établissement de la première opération.
LE CALCUL
Nous pouvons donc conclure que les équations (1) sont bien des expressions approchées des dérivées de l’équation (2), c’est-àdire des courbes d’établissement delà première opération.
Les figures 21, 22, 23, 24 (tableaux xv, xvi, xxxvi et xliii)
Fig. 25. — Courbe intégrale de la courbe d’établissement de l’habitude (fig. 21).
représentent des courbes d’établissement d’habitude, prises au hasard parmi nos expériences sur les différentes formes de l’habitude.
-iioo