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(35 }) Emploi des EF umigations sulfureuses par la Bassinoire.
Je m'occupai donc de chercher un moyen par lequel je pusse entourer le corps des galeux d’une atmosphère de vapeurs sulfureuses : l'appareil famigatoire dont je me servis lorsque je fis mes premières expériences, se réduisait à l'emploi d'une bassinoire contenant du feu, sur lequel on Projetait du soufre ; on la promenaït ensuite dans le lit des malades, que l'on avait soin de bien calfeutrer JTorsqu'ils étaient couchés. Je commençai à administrer ainsi les fumi- ‘gations sulfureuses dans 1e mois d'août 1812: de cette époque jusqu'au 1.% mars 1813, je fumigeai à l'hôpital Samt-Louis trois cent trénte-cinq malades. MM. les docteurs Manry , Fayétte et Troccon, tinrent des notes exactes et ‘circonstanciées de mes expériences , et en dréssèrent des : tableaux qui furent certifiés par MM. de Laporteet Ruffin, médecin et chirurgien en chef de l'hôpital, et par M. l'administrateur Duchanoy, Ces tableaux constatent que les galeux ont obtenu une guérison prompte et facile par le seul moyen de ces fumigations. M. Baïlly , agent de surveillance de Saint-Louis , a certifié, par uné pièce authentique {1}, ‘que, sur ‘trois cent trente-cinq galeux, n’en est rentré qu'un seul à Phôpital, cinq mois après son traitement. On n'a pu savoir.si la gale était due à une seconde contagion ou à une récidive de la première: |
Cependant, quoïque j’eusse retiré d'aussi grands avantages des fumigations sulfureuses par l'emploi de Ja bassinoire, je ‘Jui trouvai des imperfections. Quelquefois des négirgences
en Temployantretardaient la guérison des malades ; j'avais déjà eu des exemples que l'action trop, concentrée de [a vapeur ‘altérait aussi Jes draps dans lesquels étaient enveloppés les malades. Cette méthode exigeait encore une grande surveïllance de la part des préposés, de Ia bonne volonté,
{1} Woyez les Pièces justificatives, n.° ty
| (6°) non-seulement dans les gens de service, mais sur-tout dans les malades, concours quelquefois plus aisé à obtenir des premiers que des séconds (1).
Emploi des Fumigations sulfureuses. par la Boîte fumigatoire. “
Pour obvier aux inconvéniens de la bassinoire ,. je fis construire une espèce de baignoire ou boîte fumigatoire qui a reçu par la suite des modifications telles que ce moyen laisse peu à desirer. Déjà Glauber avait proposé, dans son ouvrage intitulé Furni novi philosophici, fc, pars JIT , pag. 48, un appareil propre à donner .des bains secs ; la défectuosité de sa construction avait sans doute empêché qu'on ne le mît en usage. Le moyen de, dégager en vapeurs les substances médicamenteuses est absolument isolé de . celui qui doit entrétenir la chaleur dans lappareïl et provo- quer les sueurs: la partie qui doit contenir Îles substances est close; on ne peut diminuer ou augmenter subitement évaporation sans être obligé de démonter a cornue où elle se fait. Le calorique ne provient point de la combustion
du médicament, il est entretenu dans la boîte par une lampe
(1) Si, parmi les galeux traités à Saint-Louis, la plupart sont des artisans laborieux qui soupirent après le moment d’être rendus à leurs travaux, il en est beaucoup d’autres qui redoutent une cure très-prompte. La misère en réduit plusieurs à regarder l'hopital comme un lieu de refuge momentané, comme un pis-aller dans l'extréme détresse : pour y prolonger léur séjour , ïls cherchent à retarder leur guérison, On en a surpris qui , la veïlle de leur sortie, se couchaient avec des galeux nouvellement arrivés, pour gagner de nouveau
la contagion. Cette circonstance me fournit l’occasion d’observer que Ja
vertu préservative dés fumigations persévère quelque temps après la cure. . D'autres s’étudient à simuler Ia gale ,len déterminant de petites ulcérations par des piqüres d’aiguilles rougies à la flamme d’une chandelle ; manœuvre qu'ils pratiquent sur eux-mêmes , et aussi sur d’autres pour une légère rétribution. Quelques-uns , à peine sortis de l'hôpital , ont recours à un semblable artifice pour en imposer à MM. les examinateurs du bureau central d’admission et en obtenir leur rentrée ; ruses punissables, si l'extrême malheur, quelle qu’en soit la cause, ne méritait pas quelque pitié : res est sacra miser.
qui y brûle. On peut juger combien cela est préjudiciable, puisque à Chaque instant il faut ouvrir la baignoire pour allumer la lampe, qui doit souvent s’éteindre, tant par la rareté de-loxigène, que par la présence d'une assez grande quantité de gaz azote qui se trouve dans l’appareïl. La vapeur ne peut point se répandre uniformément sur tout l'individu , parce qu'il n'existe pas de courant d’air qui la rende expansible; elle doit, sans nul doute, rester au fond de l'appareil.
Celui que jai fait construire est de mon invention: ert Pimaginant, j'ai cherché à allier les règles de fa physique à celles de a chimie. Par ma méthode, le soufre est volatilisé par fa chaleur et s’introduit ainsi dans la boîte en même temps que Île calorique ; la vapeur sulfureuse se porte uniformément sur tout le corps, la face seule en est à l'abri; Ia température est presque égale dans tout l'appareil; n'étant PORX obligé de l'ouvrir, pour entretenir le foyer de chaleur ; ‘on na point à craindre le refroidissement du malade.
Expérience faits par ue du Conseil général des Hipi:
taux. Her A, omination d'un Jury médical,
Les heureux. aa que Yobtihs de mon nr frxèrent ‘encore plus particulièrement Fattention des gens de Part et celle des administrateurs chargés de la surveillance de l'hôpital Säint-Louis.-M. le docteur Duchanoy, après avoir suivi -mes essais pendant plusieurs mois avec la plus grande assiduité, resta convaincu des avantages de ma méthode pour a guérison de Îa gale ; if résolut de Îes faire authentiquement constater; et;.le 21 octobre 1813, il prit une décision en vertu de faquelle ïl fut fait des expériences de ce procédé <omparativement avec Îles autres procédés en usage :‘il fut reconnu que les fumigations sulfureuses avaient [a supériorité. Les procès-verbaux de ces expériences, dressés par les médecinsichargés de les suivre, furent journellement mis sous [es yeux de M. Mourpué, membre du conseil général
de l'adinimistrationides hospices civils, et spécialement chargé | de la surveillance de l'hôpital Saint-Louis, Une maladie grave
empêcha ce vigilant administrateur d'être présent aux délibérations du conseil général; mais ses Jongues souffrances ne purent diminuer le zèle qu'il a toujours porté dans l'exercice de ses fonctions, ni la sollicitude qu'il prend aux intérêts du pauvre. Dans. une lettre à ses collègues assemblés, il proposa, le 17 mars r813; de nommer un jury médical spé- Cial pour constater, par de nouvelles expériËnces, les effets du’ traitement de Ja gale par les famigatiofs sulfureuses , tel que jy procédais à Phopital Saint-Louis. If indiqua dans Îa même lettre pour membres de ce jurÿ, des gens de: Fart dont le nom seul emporte l'idée d’un profond savoir et d'une :sévère impartialité (1). La proposition et la désigna+ tion faites par M. Mourgue furent le même jour-consacrées par un arrêté du conseil général, qui ordonna que, toutes les semaines , Six galeux seraient envoyés à l'hôpital-Saint-Louis par les membres du bureau central, après en avoir dressé procès-verbal (2). 11 décida que le rapport du jury serait remis à l'administration pour statuer.cé.qu'ilappartiendrait, Les observations faites par le jury commencèrent le a. avñk x 8 r3cet finirent de ‘18 mai de farméme-année. Le dépouillement: des procès-verbaux ;faït par le: docteur Tartras'secrétaire et rapporteur du jury, fournitles matériaux du rapport présenté par la commissiôn.au‘conseil général: des: hôpitaux ;'aveciln'série des: observations ‘individuelles des malades sounus aux expériences.n® 4101700 M, Mourgue ft, le 8 juin 1813, un rapport au conseil des hôpitaux sur les travaux du jury (31. D’après les conclu-
: (1) MM: fe chevalier Pinel:; membre de l'institut ; médecin en chef de Thospice de la Salpétrière, professeur à la: faculté de fédecine ; le baron Dubois, professeur à fa même faculté ; Esparon, premier médecin du trai- -sième. dispensaire ; Fartra, premier chirurgien du premier dispensairé ; Bouillon-la-Grange , docteur.en médecine , professeur de chimie, :
(2) Voyez les Pièces justificatives n.° 2, :: |
RONA
(9) sions de.cet administrateur, approuvées par le conseil, un exemplaire des procès-verbaux, constatant les expériences x fut déposé dans les archives de l'administration pour être souris à fa connaïssance de tous les membres ; un autre exemplaire fut adressé au préfet de la Seine, avec invitation de Île transmettre à son Exc. le ministre de l’intérieur, afin de donner Ja plus grande publicité à une méthode reconnue intéressante, tant par sa grande efficacité, que par lécono-
mie du temps etcellé des dépenses : il fut ordonné enoutre
ia
qu’il seraît établi l'hôpital Saint-Louis douze appateïls pour
de traitement externe de a gale par les fumigations sulfureuses,
Le ‘conseil général daïgna , pat Rate de son viceprésident, me témoigner sa satisfaction (1). M. le préfet du département de a Seine transmit, par sa lettre d'envoi du 18 juin 18r3 (2), toutes les pièces du rapport du jury à son Exc. le ministreide l'intérieur, qui les renvoya à Ja faculté de médecme de Paris, en lengageant à apporter la plus grande attention à cet objet, el fur paraissait offrir un grand ‘intérêt. ;
* La faculté de nédébéact déjà chargée de l'éxathen de plusieurs autres procédés pour la guérison de [a pale, et de faire des expériences compareiter afin de désigner ceux ‘qui méritent [a préférence, s'occupa aussi des fumigations sulfureuses : elle ñnommaune commission prise dans son'sein, -composée de MM. Leroux, doyen de a faculté, Percy, Dubois, Richerand et Dupuytren, professeurs , pour-accornplir ce. travail ; mais la difficulté des circonstances a beaucoup
retardé ses recherchés , ‘et son PE n'a pu Pa aître que le Les n | |
: 1806) Vavez les Pièces justificatives, n,° ds (2) did, n,° $+ (3) Hhid, n° 6,
{ 10 ) ÆE mploi des Fumigations su ff ureuses contre diverses maladies.
: Parmi Je grand. bre de galeux qui furent soumis aux famigations Fe , pendant que Îe jury en observait les effets;:il:sen trouva. chez qui la gale était compliquée de dartres, de prurigo, de teigne, de pustules siphilitiques ou . de douleurs rhumatismales &c. préexistans, L’assiduité avec 1a-
quelle. je: suivis le: coürs du traitement, l'exactitude que je.” mis à'en recueillir les, moindres MAL 2 ne purent manquer de me fairé remarquer l'impression favorable que les fumigations produisaent sur ces affections plus graves que la gale elle-mêmé. À Ja fin du traitement, quelques-unes de ces maladies se trouvèrent radicalement guéries; d’autres ‘Étaient.en voie manifeste de‘guérison; dans presque toutes les autres il y avait un. ‘amendement notable : il ne me restait plus qu’un pas à fairé, celui d'appliquer les mêmes fumigations sulfureuses à ces, diverses affections isolées et dégagées ‘de toute complication. Je le-fiss.et comme on le verra par une série d'observations assez nombreuses et constatées par dés médecins d'un) grand mérite et dignes de foi, le succès a ‘passé mes espérances... ce 2VE CT 200 |
: Quoique je. dusse au hasard, plus. qu’au raisonnement, Letecon que j'ai donnée, à.lusage de ma méthode pour traiter. d’autres maladies ,. cependant les analogies tirées de Tobsérvation me.semblèrent indiquer les fumigations sulfureuses ,.de préférence à.tous les médicamens conseillés jusa alors! contre. les dartres'et les psoriases chroniques.
En effet, .on.sait.que les dartreux et les prurigineux reçoivent un soulagement marqué d’un ‘surcroît de transpiration sensible. De plus, dans les dartres, 1l y a toujours perte de ton du tissu Cutané et les médicamens antidartreux extérieurs sont tous irritans {1)31e soufre est lui-même un excitant
1) Les plus orands praticiens regardent l'application d'un vésicatoire sur plus é P P :
(AE) assez énergique : or, cétte double propriété de médicament sudorifique et stimulant, n’est-ellé pas réunie à un très-haut degré dans le minéral volatilisé! N'y est-elle pas très-bien favorisée par fa grande diffusibiité du soufre ét la facilité avec jaquelle on peut le porter à une extréme. division! N'est-ce pas par ces deux propriétés que l’on peut expliquer la guérison de plusieurs paralytiques qui ont été soumis aux fumigations sulfureuses (1)! | Ces APE TA suffraient, il me semble, pour justifier l'essai que j'ai fait d'appliquer les fumigations au traitement des maladies herpétiques, prurigineuses et autres : expérience, au reste, à laquelle je me suis livré avec d'autant plus dersécurité, que ces sortes de tentatives n’ont pas, dans les maladies chroniques , les mêmes inconvéniers que dans les 'ma- Jadies aiguës, où il est le plus souvent aussi important dé considérer là-propos que la qualité du remède. Je pouvais donc me croire à Fabri, non-seulement de toute accusation de témérité, mais même du reproche auquel s’exposent les praticiens qui, après avoir mis en crédit un traitement rationnel, en étendent empiriquement lapplication, sans au tre motif que Îa prédilection qui naît de {a paternité. |
Cependant, pour éviter davantage ce penchant à vouloir trop faire qu’amènent souvent des réussites inattendues, je m'entourai des conseils de médecins distingués ,'et dont lesprit toujours inébranlable aux illusions de la nouveauté devait m'arracher de celles que le mien pouvait enfanter : quel-
Ja dartre elle-même comme le moyen curatif le plus puissant et le plus sûr. Voyez Richerand, Nosographie chirurgicale ; chap. Ulcères dartreux.
. (1) Le nombre assez grand de paralytiques qui ont été soumis aux fumiga- ‘tions sulfureuses depuis {a composition de ce Mémoire , m'a donné lieu d’ob- “server -quaux premières fumigations, {es malades baie souvent des
douleurs assez-vives, passagères , dans Îles membres frappés. de paralysie ; souvent aussi ces douleurs sont précédées ou suivies de commotions sem- blabies à celles que l’on détermine par le galvanisme ou par l'usage de l'extrait
de noix vomique ,, nouveau moyen que l'on a proposé pour: la guérison de: la paralysie. |
(22) ques-uns ont été mes maîtres, je ne l'avais point‘oublié; je reçus encore leurs leçons : je ne soumettais aux fumigations fa plupart. des malades que lorsqu'ils le. jugaient convenablé; c'est ainsi que je veux constamment agir. Élève de da faculté de médecine de Paris, c'est dans son sein que je veux toujours puiser des fumières ; c’est son appui que j’ambitionne , si mes travaux lui paraissent pouvoir me le mériter.
Encouragé par cette espérance et par les avantages déjà reconnus de ma méthode, je fondai, dans le mois de juillet 1813, rue Saint-Martin, un établissement pour ladministration des fumigations : l’affluence des malades me le fit ensuite
- transporter à l'hôtel Jabach, rue Saint-Méry, où je pus établir un plus grand nombre d'appareils. M. le Roux, doyen de la faculté de médecme, et M. Hallé, professeur, ont suivi avec exactitude-tous les malades qui y recevaient des soins. M. le professeur Dubois m’a envoyé beaucoup de personnes affectées de dartres; d’autres médecins-ont fréquenté et fréquentent encore mon établissement {1) ; ils y ont vu des cures quelquefois remarquables. que: Jy ai obtenues. ‘Tous ces praticiens m'ont adressé des malades galeux, dartreux, rhumatisans, goutteux, paralytiques; la, plupart ont suivi leurs malades et Jes progrès de Ieur guérison; ils ont Pu.être certains combien elle était assurée, soit par le temps écoulé depuis la cessation de tout traitement, soit par Îa santé florissante «et ‘nullement mtérrompue dont ils ont vu depuis jouir leurs malades.
Avantages du traitément par les Fumigations sulfureuses Me ES sous le rapport médical. É
Les fanta ges du traitement par les fumigations sulfureuses