‹ Mémoire géographique sur la mer des IndesChapitre 6 sur 16 · IX. Le nom de Comar a été appliqué par Albyrouni · texte numérisé non relu

IX. Le nom de Comar a été appliqué par Albyrouni

(1) Reinaud. Fragmenté Arabes et Persans, p. 105.

et par IbnBathotita (1) à la côte d'Assem sous les altérations Kamrou^ Caporoun.

Hiouen-Thsang (2) cite le pays d'Assem sous le nom de Kamaroupa.

Aboulféda (3) applique le nom Camrou à toute la chaîne de montagnes de la presqu'île Malacca. « La mer de Chine^ dit-il, passe devant les montagnes de Camrou qui occupent une position intermédiaire entre la Chine et rinde. Ces montagnes sont une pépinière d'aloès, » Quatre cents ans avant Aboulféda, Abou-Zeyd (4) avait dit que ce pays fournit un aloès de première qualité.

Plusieurs cartes de l'atlas Lelewel (5) portent sur les contrées à Test du Gange le nom de Comar.

X, Edrisi (6) donne le nom Comar à une ï\e située dans le golfe de Siam, à trois milles de l'île Senf dont^ dit-il, le bois d' aloès est supérieur à celui de Comar.

Aboulféda parle de Tîle el-Comar éloignée de l'île Senf d'une petite journée de navigation ; ailleurs Aboulféda augmente cette distance en plaçant l'île Senf par 6^ de latitude nord, et l'île Comar par 2*» de latitude nord. Il peut très-bien n'y avoir là aucune contradiction, U y a progrès^ mais un progrès qui ne prouve que l'incertitude du géographe sur des renseignements qui lui paraissent erronés ; car, pour bien apprécier, il faudrait être certain de l'identité de ces îles, surtout de Comar,

(1) Reinaud. Aboulféda. Introduction^ p. cdxxx.

(2) Stanislas Julien. Vie et voyages de ffiouen-Thsang»

(3) Aboulféda. Géographie, p, 26.

(4} Voyageurs anciens et modernes^ par Ed. Charton, t. ii, p. 147.

(5) Leie^el. Géographie du moyen âge, atlis de 1850.

(6) Ëdrisi. Géographie, 1. 1, p. 83.

avec celles qu'on supposerait lui correspondre, et jusqu'à présent les recherches ont été infructueuses • D'après ce que nous avons dit au chapitre ll^rtes différentes îles Comar correspondent à l'état des connaissances géographiques aux divers temps où des renseignements parvinrent aux géographes. C'étaient des poinls mystérieux non explorés qu'avaient entrevus les navigateurs dans des parages non fréquentés. Ces points se rattachaient pour eux à l'île supposée qui était censée limiter la mer au sud et à Test, l'île Comor-Malai, dont il sera bientôt question plus au long. Le nom Comar ou toute autre altération leur resta comme pour témoigner de leur origine et servir d'indication à l'histoire de la géographie des contrées orientales. Ces îles Comar, mentionnées par les auteurs arabes, et une autre île Comar qu'Edrisi met à cinq journées de l'île orientale de Choiima, n'étaient primitivement que des attenances supposées de l'île Comor-Malai.

XI. Ibn-Bathouta parle de Komara qui, d'après lui, est une contrée de Moul- Java (notre Java moderne) . « Le pays de Moul-Java produit les parfums les plus suaves, ainsi que l'aloès odorant, le kakouly et le komary; car Kakoula et Komara sont au nombre des contrées de Moul-Java. » M, Dulaurier, dans une note jointe à ce passage de sa traduction, dit : « Une hypothèse que je regarde moi-même comme très-hasardée et qu'une conformité de noms, quoique éloignée^ me suggère, pourrait faire croire que Kakoula est peut-être Tandjong, Tjoungkoulan, à l'extrémité occidentale de Java^ dans le détroit de la Sonde, et que Komara est Samarang

sur la côte nord. » Le nom Komara, appliqué à une parlie de Moul-Java, paraît, d'après cette citation, tirer sou origine de la culture qu'on y faisait de l'aloès de Comar. En effets Ibn-Bathouta, qui a abordé au port de Kakoula et a passé trois jours à la cour du Sultan dans la ville de Kakoula, remarque dès son arrivée que les habitants se servent du bois d'aloès dans leurs maisons, comme chez nous on fait du bois à brûler, et à meilleur marché. « Ce bois d'aloès y est si commun, dit-il^ qu'il n'esl^la propriété de personne. Deux espèces seulement y sont cultivées et sont des propriétés particulières, le kakouly et le komary. » Quant aux endroits d'où provenait cette dernière espèce d'aloès, on ne peut être embarrassé que par le choix, d'après ce que nous avons rapporté ci-dessus; et nous sommes loin d'avoir épuisé la nomenclature des endroits nommés Comar, où les auteurs indiquent d'excellent aloès toujours du nom Comar, Comari, Camrouny, Le nom de Comar n'a donc dans cette circonstance aucune importance géographique. En examinant une carte de l'île Maurice et apercevant une partie de cette île désignée sous le nom de Moka, parce qu'il y a cent quarante ans on y cultiva le café d'origine arabique, dirait-on que Moka est située dans une île de la mer des Indes ?

Passons à la dernière application dont nous avons à nous occuper, quant au nom de Comor.

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