ACHÈVEMENT DE LA CARTE DU THIBET ORIENTAL
¥111. ReetifleaMoB dMi bassins da Telillom lehon et du
WLem peu («ak bo).
Résumé des divers renseignements recueiUis jusqu'en 1883 sur la région comprise entre la rivière de Brahmakund et la Salouen (voy. feuille de construction n" 3). — Position de Samé et renseignements hydrographiques d'après les explorateurs de la Salouen. — Position de Samé et renseignements hydrographiques d'après les explorateurs du Brahnapoutre (Brahmakund). — Détermination des positions de Rima et de Samé déduite des indications recueillies à l'est et à l'ouest. — Rectift cation des tracés du Tchitom tchou et du Ken pou (Gak bo).
L'analyse des documents originaux nous a fourni des résultats que nous avons encadrés pour ainsi dire dans des limites précises ou considérées comme exactes. Ce faisant^ nous avons tenu compte de tous les documents existants jusqu'en 1883, sauf dans la région comprise entre les méridiens deSb^dO' et 97° et au sud de 29% région sur laquelle, à défaut de documents précis, nous avons des renseignements plus ou moins vagues, que nous allons étudier. Mais cette étude ne pouvant être faite avec quelque soin sur une carte à petite échelle, nous reporterons les résultats déjà obtenus entre 95*» et 97° et les parallèles 28o et 29\ sur la feuille de construction n*" 3 (à échelle double des autres cartes). Nous y traçons également le cours de la Sa-
louen et des divers branches de l*Iraouady au sud du 28* degré d'après un travail spécial que j'ai fait sur cette région^ travail que je ne saurais expliquer sans sortir du cadre de ce mémoire.
Résumé des divers renseignements recueillis jusqu'en 1883 sur la région comprise entre la rivière de Brahmakund et la Salouen. — Voyons maintenant les renseignements dont nous disposions; nous ne les empruntons , bien entendu, qu'aux voyageurs qui ont approché de la région en question ; c'est-à-dire :
A Wilcox, Griffith, Rowlatt, Krick et Bouri et Cooper qui ont voyagea Touest (bassin de Brahmapoutre);
Aux ofûciers anglais, au pandit Alaga^qui ont voyagé au sud (bassin Iraouady);
Aux missionnaires français (particulièrement MgrJ)esmazures et Tabbé Desgodins) qui, depuis trente ans, ont résidé dans Test (bassin de la Salouen).
En outre des ouvrages ou revues contenant les relations de ces voyageurs, nous avons une longue correspondance avec l'abbé Desgodins qui a bien voulu discuter avec nous la plupart des hypothèses que nous lui soumettions avec croquis à l'appui. Ces discussil)ns lui ont fourni l'occasion de nous envoyer plusieurs renseignements que nous n'avions point trouvés dans ses publications ou qui modifiaient ceux qu'il avait primitivement donnés.
Ce que nous chercherons dans la correspondance de l'abbé Desgodins ainsi que dans les relations des autres voyageurs, ce ne sont point les théories fantaisistes, les systèmes hypothétiques que nous trouverions généralement bâtis sur des ressemblances de noms, mais ce sont des faits indubitables et des renseignements d'un caractère précis, mathématique.
Il est bien arrivé que des renseignements présentant ce caractère étaient modifiés quelque temps après et qu'il nous fallait à notre tour modifier notre travail. C'est ainsi que
les indications successivement données sur la position de Sanggak tchoui dzong, qui joue dans notre reconstitution du sud-est du Thibet un rôle aussi impoitant que Tsiamdo dans le nord, nous ont obligé à recommencer souvent le tracé du Tchitom tchou et du Ken pou (Gakbo).
Je ne ferai point passer le lecteur par tous ces essais, et je me bornerai à expliquer le dernier tracé auquel je m'arrêtai en 1882.
Position de Samé et renseignements hydrographiques d'après les exploraiisurs de la Salouen. -— En allaot de la Salouen vers l'ouest^ nous prendrons nos premiers renseignements dans une lettre de Mgr Desmazurcs à M. Bigandet.
(( Dans cette région^ dit Mgr Desmazures, à l'ouest de la Salouen, appelée Loutzé kiang, à environ 30 milles, se trouve une haute chaîne de montagnes à l'ouest de laquelle coule une rivière peu considérable appelée Koutzé kiang ou Schélé kiang. Elle entre au sud dans le Yuman sous le nom deLoungtchouankiang,etjointriraouadyausud deBhamo. La Koutzé kiang prend sa source entre les sous-préfecturcs de Tzarong et de Dzain ou Dzayul, qui font partie de la préfecture thibétaine Song nga kicu dzong (Sanggak tchoui dzong).
> Entre la Koutzé kiang et une autre rivière considérable appelée Gak bo dzang bo qui va se jeter dans l'Iraouady, il y a plusieurs chaînes de montagnes dont la direction générale est nord-sud. Le Gak bo dzang bo est appelé Ken pou dzang bo par les Chinois, et rivière Dzain par les riverains de la Salouen, parce qu'elle arrose la sous-préfecture thibétaine de ce nom,
» Dans la sous-préfecture de Dzain ou Dzayul, selon les Thibétains, se trouve le village de Samé où furent assassinés les deux missionnaires français Krich et Bouri, en 1854.
]&Il faut sept jours d'un voyage très pénible pour aller de la Salouen au Ken pou où Gak bo ou rivière Dzain. A deux
jours de Samé se trouve Oua, dernier village Ihibétaindans la direction des Michemis. »
Avant de traduire ces renseignements sur notre feuille n« 3, il convient de mettre en regard ceux que nous avons puisés à d'autres sources.
L'abbé De^godins affirme être allé en trois jours de Menkong à la Salouen; il ajoute que de Yang tsa, sur le Mékong, à Lakongra, sur la Salouen, les pèlerins thibétains qui passent par le mont Dokéla ne mettent pas plus de trois jours, ^
(Ces deux indications précises, certaines, nous ont d'abord engagé à reporter encore de 4à 5 milles à l'est le cours de la Salouen entre Menkong et Tchamoulong.)
Il affirme encore, de visUy qu'à l'ouest de Tchamou tong, la frontière chinoise suit la grande chaîne qui court nordsud à l'ouest de la Salouen, et que de Tchamou tong à la frontière chinoise il n'y a pas plus de deux jours de chemin, même pour des porteurs de bagages.
Ces deux jours de route, dans de pareilles conditions, ne représentent certainement pas 14 milles en projection horizontale sur la carte, soit à peu près la moitié de la distance qu'indiquait Mgr Desmazures. Bien que le chiffre donné par l'abbé Desgodins nous paraisse un maximum, nous suppo* serons cependant que la grande chaîne est à environ 20 milles à l'ouest de la Salouen entre Menkong et Tchamou tong, et nous tracerons à l'ouest de cette chaîne la Koulzé kiang ou Scbété kiang qui, plus au sud, porte le nom de Loung tchouan kiang ou Chouély. Étant donnée son altitude par la latilude de 25^ cette rivière ne peut être ni le Ken pou ni le Tchitom tchou : sa source doit se trouver à peu près dar la latitude de Menkong sur le revers occidental de la grande chaîne dont nous venons de parler, dans la souspréfecture de Djroupa, qui est bien située, ainsi que le dit Mgr Desmazures, entre celles de Tsarong et de Dzain (Dzaynl).
MÉMOIRE GÉOGRiPHIQUE SDR LE THIBET ORIENTAL. 89
Mgr Desmazures ajoute qu'au delà de la rivière Koutzékiang, il y a plusieurs chaînes de montagnes courant nord et sud, direction probablement exacte, car toutes les rivières que nous connaissons déjà : Mékong, Salouen, Koutzé kiang, Nam disong, Nam kio ou Nam Ichou ont celte direction générale.
C'est derrière ces chaînes de montagnes — Mgr Desmazures ne nous dit pas combien il y en a — et, par conséquent, sans communication avec la Koutzé kiang, que coulerait la rivière Ken pou gak bo ou Dzayul, qui traverse la sous-préfecture de ce nom.
(Nous remarquerons ici que le nom de a Dzayul tchou» ou Dza tchou, rivière du Dzayul, est un nom qui s'applique et a été appliqué à tous les cours d'eau qui arrosent cette souspréfecture, et que Mgr Desmazures, en disant que Samé se trouve dans cette* sous-préfecture, ne précise pas sur quelle rivière du Dzayul est le susdit village.)
L'abbé Desgodins, après avoir placé sur ses cartes Song nga Kieu dzong (Sanggak tchoui dzong) à cinq jours de marche à l'ouest de Menkong, a écrit que cette localité se trouvait à environ sept jours de marche dans le nord-ouest de Menkong, soit 49 à 50 milles. Gooper indique aussi ia direction nord ouest de Bonga à Sanggak tchoui dzong, et ajoute qu'il faut dix-huit jours pour aller de Bathung à Samé, soit six à sept jours de Menkong à Samé.
L'abbé Desgodins dit encore qu'il faut à peu près cinq ou six jours pour aller de Sanggak Tchoui dzong à la souspréfecture de Dzayul.
Celte sous-préfeclure étant comprise entre les directions ouest et sud par rapport à Sanggak tchoui dzong, et à environ 40 milles de cette localité, le bassin de notre Lo [chou et notre Ken pou Gak bo doivent être dans le Dzayul.
L'abbé Desgodins affirme qu'il faut sept jours pour aller de Men kong à Rima ou Roeemah située dans le voisinage de Samé, qui est sur la route de l'Assam.
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Rima serait donc à environ 49 milles de M en kong, ce qui, en supposant une direction ouest, placerait ce village près de Si sur notre Lo tchou ou sur son afQuent le Dza tchou
Nous remarquerons que Mgr Desmazures disait qu'il fallait sept jours d'un voyage très pénible pour aller de la Sa* louen au Ken pou (Gak bo) qu'il appelle aussi Dzain ou Dza tchou. Pour qu'il en fût ainsi, il faudrait que le Ken pou vînt atteindre la longitude de 95o20' par la latitude de 28°20' environ, ou rejoignît ici le Lo tchou, ou enfin que le cours du Lo tchou fût aussi reporté plus à Test.
Or, la jonction du Ken pou et du Tchitom tchou ne peut se faire que beaucoup plus au sud d'après tout ce que nous avons expliqué dans la première partie de ce mémoire ; et, d'autre part, si nous reportions plus à l'est le cours du Lo tchou, nous nous heurterions à la chaîne de montagnes qui, d'après Mgr Desmazures, ferme à l'ouest 1^ bassin de la Koutzé kiang.
Gomme les distances indiquées par renseignement ou de la façon susdite sont toujours trop grandes, et que celle-ci serait beaucoup trop faible, il ne nous reste plus qu'à supposer que la rivière indiquée à Mgr Desmazures sous le nom de Dzain ou Dzaynl était le Dza tchou, affluent du Lo tchou, et non le Ken pou (Gak bo) ; cela paraît d'autant plus certain quand on remarque que son chiffre de sept jours de marche est donné entre deux phrases où il est question de Samé dont la distance à Menkong est bien telle d'après Cooper et l'abbé Desgodins.
Notons enfin que Mgr Desmazures dit que le Ken pou (Gak bo) se jette dans llraouady, et que l'abbé Desgodins, 'avant de quitter le Thibet, affirmait, d'après tous les indigènes consultés, que les rivières du Dzayul coulaient à l'iraoundy et non au Brahmapoutre. Il est vrai que le séjour do Tlnde a influencé les souvenirs du vaillant missionnaire explorateur et l'a porté, lui aussi, à appliquer à la géographie la théorie des opinions successives ; mais comme la géographie diplo-
malique des Anglais ne m'inspire pas conGance (on en verra plus loin la raison), je m'en rapporte aux renseignements que l'abbé Desgodins donnait quand il voyageait entre le Mékong et la Salouen.
Ainsi donc, d'après les renseignements des explorateurs du Lan tsan kiang et de la Salouen :
l^'Samé est à environ 50 milles dans l'ouest de Menkong; soit en S^ sur le Dza tchou ou sur le Lo tchou;
2o Les rivières du Dzayul (bassin Tcbitom tchou et Kenpou (Gak bo dzang bo) vont se jeter à Tlraouadj et non au Brahmakund.
Position de Santé et renseignements hydrographiques d'a^ près les explorateurs du Brahmapoutre. — Voyons maintenant quels renseignements nous donneront les voyageurs qui se sont avancés dans l'est en remontant la rivière de Brahmakund.
Le premier de ces voyageurs, Wilcox, remonta la rivière de Brahmakund à quelques kilomètres en amont du village de Jingsha.
Lepreniier, en 1826, il traça par renseignement le prolongement de la rivière de Brahmakund, que nous avons indiqué en pointillé sur notre feuille 3. On voit que, d'après ces renséignementSjCelte rivière aurait deux sources principales, laTaloudinget la Talouka*;et Wilcox prolongeaiUe cours de celle-ci jusque par 28*30' de latitude, ce qui la ferait rejoindre notre Ken pou (Gak bo) et même noire Lo tchou.
Il est évident que si ces indications étaient exactes, nous n'aurions plus qu'à déclarer que le Ken pou et le Lo tchou sont des affluents du Brahmapoutre ; mais Wilcox lui-même ne les a données que pour ce qu'elles valaient. Dans son texte, il dit que la rivière de Brahmakund vient de Vest, au sud des montagnes neigeuses. Pourquoi donc, sur son croquiSy avoir fait venir la Talouka du nord-est?
1. Noms sous lesquels les indigènes questionnés par Vilcox désignaient évidemment le Man tchou et le Lo tchou»
Depuis Wilcox jusqu'à présent, toutes les cartes ont reproduit ce tracé; mais si Wilcox était excusable de traduire sur une carte des renseignements incertains qu'aucun autre document ne contredisait à cette époque, on va voir que ses successeurs auraient dû modifier considérablement son tracé.
En 1837, Griftith remonte la rivière de Brahmakund un peu en amont de Jingsha, premier village michemi; et il prétend que le chef du village de Primsong où il s'est arrêté lui a dit : (( Au-dessus du confluent du Galoum, la rivière de Brahmakund n'est plus qu'un cours d'eau insignifiant, o
En 1844 ,1e lieutenant Rowlatt remonte la rivière deBrahmakund jusqu'à son confluent avec la rivière Dou, et il déclare qu'à 20 milles en amont a la rivière de Brahmakund n'est plus qu'un insignifiant torrent de montagne, n
On sait que les deux missionnaires français Krick et Bouri furent assassinés en 1854 à Samé. En 1852 ils avaient fait un premier voyage de la rivière de Brahmakund à Samé. De leur relation j'extrais les renseignements suivants :
« 1** A 5 ou 6 kilomètres à Vest de Jingsha, la rivière Pramo vient du nord-ouest se jeter dans le Brahmapoutre;
)) â'^Le jour suivant on arrive au village Michemi de Kotta;
» 3® A une autre journée de marche se trouve le confluent du Brahmapoutre et de l'Ispack, qui vient du nord-oue^l; puis on^arrive à Oualong, premier village thibétain. A partir de Oualong, la vallée s'élargit sur les deux rives du Brahmapoutre ;
» 4o A deux jours au delà de Oualong on arrive à Sommeu (Samé). A 5 ou 6 kilomètres au nord de Samé se trouve Rima (Koema), au confluent du Brahmapoutre et d'une autre rivière qui vient du nord-e&t. Le Brahmapoutre coule ici du nord au sud entre de hautes montagnes parallèles qui l'encadrent de tous côlés;
» 5° Au mois de février 1852, nous fûmes obligés de quitter Sommeu (Samé). Quatre hommes se chargèrent de nos hottes, et nous reprîmeis la direction des montagnes.
MÉMOIRE GÉOGRAPHIQUE SUR LE THIBbT ORIENTAL. 93
Ce dernier extrait n'est pas moins important que les précédents. Pas un géographe sérieux qui aura fait de l'exploration ne lira la relation des PP. Krick et Bouri sans être certain qu'ils n'ont pas suivi du tout leur Brahmapoutre ou la rivière Brahmakund entre Jingsha et Samé; et le dernier extrait en est l'aveu. A chaque page on voit les deux missionnaires escaladant ou descendant des montagnes énormes au milieu desquelles ils se trouvent perdus. Pour eux, tous les torrents qu'ils rencontrent sont des aFfluents du Brahmapoutre on le Brahmapoutre lui-même. Mais la preuve ? Non seulement celte preuve n'existe pas : mais encore, avec quelque habitude de lire en explorateur des documents géographiques, on trouve des indications qui font toujours supposer qu'on passe d'un bassin à un autre, malgré que le brave missionnaire cite toujours le nom du Brahmapoutre. C'est bien, en effet, à travers les montagnes des Michemis que le voyage a été fait à l'aller et au retour ; et quiconque a voyagé en pays de montagnes, même infiniment moins hautes, ne s'étonnera pas qu'on puisse très facilement y confondre les torrents et les rivières qu'on y rencontre.
Ce que nous devons surtout retenir de celte relation ce sont les distances:
De Jingsha à Oualong, trois jours, soit 21 milles sur la carte ;
De Oualong à Samé, deux jours, soit 14 milles sur la carte;
Ou de Jingsha à Samé, cinq jours, soit 35 milles sur la .carte .
De Jingsha, un arc decerclede 35 milles viendrait rejoindre à l'est l'extrémité duNam kiou (Iraouady). Si donc la direction était l'est entre Jingsha et Samé, cette dernière localité 5e trouverait sur l'Iraouady.
Supposons que la direction de Samé soit un peu plus
septentrionale, et nous placerons le Samé du P. Krick par
environ 28* iO' et 95* est. Rima se trouverait un peu plus au
A Test, on est d'accord pour affirmer que les rivières du Dzayul dépendent du basssin de l'Iraouadj.
A l'ouest, les uns soutiennent quelarivière deBramakund, OQy si Ton veut, te Brahmapoutre, n'est plus qu'un torrent insignifiant à partir de Jingsha ; d'autres se figurent que cette rivière vient de Samé.
A Test, on est d'accord pour fixer Samé à sept jours de Menkongou en S,.
A l'ouest, Wilcox place d'abord Rima à 20 milles de Jingsha ; Krfck le met ensuite à 35 milles ; enfin, d'après les indications du chef Khamti, il en serait à 52 milles.
L'accord des renseignements obtenus à Test et le sens des indications recueillies à l'ouest nous préviennent en faveur des premiers.
Cependant, contentons-n(»us de prendre la moyenne entre les positions R^ R, et S| S, et nous ne commettrons pas sans doute une très forte erreur en fixant. la position de Rima au point fi' {^S-iW et 95M8') et celle de Samé en S. par SS^'iCy et 95^18'. Nous placerans enfin Oualong à deux jours ou environ 14 milles dans le sud-ouest de Samé.
Rectification des tracés du Tchitom tchou et du Ken pou {Gakbo). — Avant d'aller plus loin, il convient de modifier noire feuille n"" 3, d'après les résultats que nous venons d'obtenir.
Nous effacerons d'abord le tracé hypothétique de Wilcox en amont de Jingsha.
Passons ensuite à la grande rivière que Krick prend pour le Brahmapoutre et qui (formée par deux cours d'eau : l'un venant du nord-ouest, l'autre du nord -est) coule au sud en aval de Rima. Dans ce système il nous est impossible de ne pas reconnaître le Tchitora tchou formé par le Lo tchou et le Man tchou ; d'autant plus que notre posilion de Rima est
1, Sur la feuille de construction n** 3, au lieu des lettres R et S, on 9l mis les signes A et en regard les noms Rima et Samé.
précisément tombée sur notre tracé du Lo tchou (confondu à tort par Mgr Desmazures avec le Ken pou-Gak bo).
Qu'en concluerons-nousy sinon que noire point H doit se confondre avec R et que nous devrons modifier en conséquence le tracé du Man tchou el de son affluent Teya tchou entre Rima et Sanggak tchoui dzong.
Notre tracé du Lo tchou devra être simplement raccourci. Au lieu de T H il deviendra T R^
Le Tchitom tchou ou Tchodhteng tchou sera représenté par la ligne RS' prolongée de 3 à 4 milles dans la direction du sud ; et le confluent du Lo tchou avec le Dza tchou devra être reporté au nord de 28*30'. (Voy. feuille »• 3, les lignes de tirets remplaçant les lignes pointillées du premier* tracé.)
Pouvons-nous modifier aussi notre tracé du Ken pou (Gak bo)? Nous avons reconnu que Mgr Desmazures avait dû confondre ce fleuve avec le Tchitom tchou quand il écrivait que, de la Salouen, on pouvait l'atteindre en sept jours.
Nous n'avons donc aucune donnée nouvelle sur le Gak bo, si ce n'est l'inlerprétation incertaine de la remarque faite par le P. Krick que : près de Oua ou Oualong se trouve le confluent du soi-disant Brahmapoutre avec un fort cours d'eau, Is pack, peut-être Dis gak, venant du nord-ouest [Is ou Di signifient a cours d'eau »].
Étant donné que le Ken pou (Gak bo) est dirigé suivant CF ou suivant GK (pour conserver sa distance relative au Dza tchou), et que sa direction doit le faire passer à Oualong, pouvons-nous supposer que le Gak bo et l'ïs pak ou Dis gak sont le même fleuve? Qu'il reçoive ici un affluent du nord-est ou de Test, et qu'il fasse un détour d'un mille à l'ouest derrière une montagne pour reprendre ensuite sa
1. Voir la note de la page précédente au sujet des points R et S représentés sur la feuille de construction n° 3 par les signes A accompagnés des noms Rima et Samé,