ÉPILOGUE ET CONCLUSION
En résumant les considérations précédentes, il me semble que je puis en tirer avec sécurité les conclusions suivantes :
1* On ne peut pas espérer une régularisation stable d'un bras quelconque du Danube par des excavations artificielles et par des nK)yens. mécaniques; il est nécessaire de recourir à la construction de grandes digues qui en resserrent l'embouchure en mer par un canal régulier.
2* La nécessité de recourir à de vastes travaux étant admise, la plus grande profondeur actuelle du passage sur la barré ne peut seule décider de la préférence à donner à un canal plutôt qu'à un autre.
S"" Loin de là, la préférence doit au contraire essentiellement dépendre de la position de l'em-
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ty>ochare p!as favorable à la navigatloo entre le fr/sphore et Galatz, on It:s autres éulRrlI^rs da Danube, a la remonte ou à la des«:-enie.
it Pour fixer sa prvfcrence, on doit non-seulement tenir compte de Timporiance des travaux directement nécessaires pour régler le canal de Fembouchure, mais encore de tous les travaux accessoires qui sont nécessaires pour rendre TembranclK;ment fluvial facilement praticable sur tout son parcours.
5* Il faut en outre ne pas se b^jmer à considérer rimportance des travaux de premier établissement; mais on doit encore tenir compte de ceux qui, avec le tempis^ deviendront indispensables pour conserver le système, en prolongeant les digues, une fois que rinévitable banc de sable se sera reformé à Tembouchure. Par conséquent, il faudra préférer celle des embouchures pour laquelle cette éventualité sera la plus éloignée possible.
6* Le temps nécessaire pour accomplir la régularisation n'est pas proportionnel à Timportance et aux dépenses des ouvrages; mais il dépend essentiellement de la célérité avec laquelle ces travaux peuvent être poussés, sans qu'il soit nécessaire pour cela d'interrompre la navigation actuelle.
T Le montant de la dépense qu'exigent les travaux à exécuter ne doit pas influer sur la préférence à donner à tel canal plutôt qu'à tel autre, lorsque la dépense plus grande donne proportionnellement un plus grand résultat, et qu'elle est compensée par les avantages plus considérables qui en dérivent.
8* Toutes les conditions précédentes sont parfaitement remplies par la régularisation du canal Saint-Georges ; elles le sont incomplètement par la régularisation du Soulina, et notamment la condition indiquée au numéro 6 manquerait absolument si la préférence était accordée à ce dernier canal.
9* Si en entreprenant les travaux du canal Saint- Georges, on suit les règles indiquées aux paragraphes V et VI , on peut être fondé à espérer d'accélérer de plusieurs années l'ouverture d'une passe bonne et suffisante par ce canal , avant même que tous les ouvrages projetés ne soient achevés, et qu'on n'ait par là assuré un succès complet.
10* En entreprenant la régularisation du canal Saint-Georges, non-seulement on n'interrompt pas le libre usage de cette navigation , défectueuse si l'on veut, mais pourtant nécessaire, qui se pratique actuellement par le canal du Soulina, mais on peut y apporter de grandes améliorations, soit en exécu-
tant dès le principe des travaux communs aux deux canaux, c'est-à-dire en détruisant les bancs rocheux de ïoultcha, soit en exécutant des travaux provisoires et transitoires de peu d'importance.
11"* En imposant aux b&timents une taxe qui serait très-faible en comparaison des charges sans nombre que supporte actuellement la navigation, soit directement, soit par Tefifet des retards, des avaries et même des avanies auxquels elle est exposée aujourd'hui, on se procurera un produit annuel suffisant pour servir les intérêts et l'amortissement du capital employé à la régularisation du
canal Saint-Georges, et pourvoir en même temps à son entretien.
12* Enfin, et comme conséquence générale de toutes les considérations qui précèdent, non-seulement il ne peut rester de doute que le canal Saint- Georges doive être préféré à tous les autres entre lesquels se divise le Danube avant de se jeter dans la mer ; mais, en outre, ce n'est que par la régularisation du Saint-Georges qu'on pourra atteindre le but qu'on se propose, qui est d'obtenir un succès plus complet et plus durable, sans même interrompre la navigation actuelle.
Turin, 26 avril 1858.