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(leiieiidant il semble encore que quelques-uns des préopinants insistent pour qu*on donne la préférence an Soulîna sur les autres branches du Danube, et ils croient pouvoir réusâr avec plus de facilité et d'économie en pratiquant à son origine des coupures et des éperons (cm tagli e speroni), afin d y introduire une plus grande quantité d*eau. A ce sujet, je crois devoir observer que, quoique, généralement parlant, un tel système ait été pratiqué heureusement sur beaucoup d'autres fleuves, il n'a eu pourtant un véritable succès que dans des circonstances bien différentes du cas actuel. La direction que prend le canal de Soulina, en se détachant de celui de Sahit- Georges; la violence avec laquelle le fleuve, réuni, se porte dans ce dernier canal large et profond; la faible tendance qu'il a, au contraire, à suivre le Soulina; l'énorme disproportion qui existe entre les masses des deux embranchements; tout cela me porte à croire que l'opération dont il s'agit serait assez difiScile et d'un succès incertain. On ne pourrait m^fne l'entreprendre qu'en procédant par de dispendieux ouvrages en saillie, sur la gauche et voire même sur la rive droite du Saint-Geoi^es, ouvrages qui, en recevant le choc direct du courait, seraient assez dangereux pour la navigation des-
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cendante. Mais quand bien même on réussirait à détourner dans le Soulina une quantité d'eau suffisante en profondeur et en largeur pour une bonne navigation , c'est en vain qu'on espérerait que cela seul suffît pour régler le canal et l'astreindre au régime voulu. Par l'introduction d'une plus grande quantité d'eau , les courbes étroites du Soulina, au lieu d'être rectifiées, se déformeraient de plus en plus sous l'action plus énergique du courant contre leurs concavités. Comme à la plus grande profondeur répondrait une plus grande largeur du canal, qui court entre des rives basses, et traverse des alluvions sans consistance, on serait constamment forcé, de construire de hautes digues de régularisation sur toute sa longueur, afin d'éviter les corrosions et la formation vicieuse de nouveaux embranchements secondaires. Si donc on augmentait la portée du Soulina , bien loin de diminuer les travaux nécessaires à sa régularisation , on ne ferait que les rendre plus considérables et plus dispendieux. On n'aurait créé qu'une cause nouvelle de dépenses, et en même temps des dangers, à la biftircation de ce canal avec celui de Saint- Georges.
Le canal de Soulina étant exclu, M. Spratt s'attache à ceux de Kilia et de Saint-Georges, et il accorde
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la préférence au premier pour des raisons que nous allons examiner.
Après avoir choisi , entre toutes les bouches par lesquelles le Kilia se déverse dans la mer, celle d'Otchakof, M. Spratt se flatte que, pour atteindre le but, il suffira de régler l'embranchement fluvial qui, du bassin de Wilkovo, arrive à la côte, et de prolonger les travaux de cette régularisation sur les bas -fonds en avant de la même embouchure, en leur donnant le caractère d'un simple remblai et de digues artificielles formées sur les atterrissements actuellement existants. Grâce à ce moyen , il espère empêcher que le fleuve, quoique renfermé en de plus étroites limites, ne menace et ne détruise les travaux. Comme ces travaux, par l'effet des remblais, seraient garantis contre l'action des flots de la mer, les plages, devant l'embouchure d'Otchakof, étant presque à sec, et n'ayant qu'un fond de six pouces à un pied et demi ou deux pieds tout au plus, M. Spratt propose de faire consister ces travaux en des digues qui seraient formées de légères palissades, destinées à restreindre le fleuve dans des limites suffisantés pour lui procurer un fond de 15 ou 16 pieds.
De cette façon, le canal, qu'il considère comme le dernier tronc du fleuve pour arriver de son origine
dans le bassin de Wilkovo, jusqu'à la rencontre des bancs de sable extérieurs au delà des plages adhérentes à la côte, serait contenu, sur la gauche, par une digue formée de la manière que nous venons de dire, de la longueur de 5,400 pieds, et, sur la droite, par une digue semblable, longue de 5,000 pieds. M. Spratt estime que le fleuve, après s'être creusé un lit ainsi rectifié , pourra aussi , par la seule force du courant, s'ouvrir une passe de profondeur suffisante, même à travers les bancs de sable extérieurs. Mais comme il doute , au fond , que cet heureux résultat puisse être obtenu, il propose, par surcroît, de prolonger de quelques centaines de pieds plus avant dans la mer des estacades formées de groupes de pilotis espacés, entre lesquels, suppose M. Spratt, le courant pourra toujours se maintenir et contribuer au déblayement et a l'approfondissement des • bancs de sable qui se trouvent encore à une telle distance.
Voici, à ce qu'il parait, comment M. Spratt a étié amené à ces propositions : c'est que la distance entre le point où les profondeurs sont de six pieds, et le point où elles atteignent trente pieds, n'est, devant l'embouchure d'Otchakof, que de 1,500 pieds, tan-
dis que devant celle de Saint -Georges, elle est de
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5,600 pieds. Ce motif aurait de la valeur si Ton pouvait espérer que la première rectification du canal entre les digues, poussées seulement au point de rencontre des bancs de sable extérieurs, produisit l'effet qu'on en attend, et si, cet effet une fois obtenu, on pouvait croire qu'il devînt permanent. Mais d'abord, comme nous le verrons par la suite, on ne peut espérer d'obtenir le premier effet; et, en second lieu, il est hors de doute qu'avec le temps, quel que soit l'embranchement du Danube qu'on préfère, on devra toujours et inévitablement prolonger son embouchure. Il ne suffit donc pas de reconnaître quel est le système des travaux qui pourra atteindre à une profondeur voulue, par exemple celle de 30 pieds; il faut, de plus, chercher l'endroit où la nécessité de prolonger successivement ce système de travaux se reproduira à un intervalle de temps le plus éloigné possible. Or, devant le Saint-Georges, on rencontre les grandes profondeurs de 60 pieds à la distance de 7,500 pieds , tandis que devant Otchakof , on ne les trouve qu'à la distance de 10,500 pieds. En outre , immédiatement devant l'embouchure du Saint-Georges, les profondeurs de 120 pieds ne sont qu'à la distance de 5 ou 4 milles, tandis que ces mêmes profondeurs ne se rencontrenrt
devant lembouchure d'Otchakof qu'à une distance de 15 ou âO milles. Ceci prouve que le fond de la mer a beaucoup plus de déclivité à l'embouchure du Saint-Georges qu'à celle d'Otchakof. Par conséquent, il est évident qu'en r^ularisant de préférence l'embouchure du premier de ces canaux, on éloigne bien davantage l'époque à laquelle on se verrait contraint de prolonger les digues.
A première vue , on a de la peine à comprendre comment M. Spratt, qui avait pourtant accordé fort justement un si grand poids à cette circonstance, n'en tient plus compte, et change maintenant d'opinion; et Ton s'en étonne d'autant plus que, à son avis, la nécessité de prolonger les digues se répéterait chaque année. Mais je suis loin d'admettre cette nécessité prétendue. Quand le canal de l'embouchure contraindra la masse des eaux à se tenir réunie et à chasser ainsi les matières au large avec beaucoup de force; et quand, devant l'embouchure, il y aura une grande profondeur et un fond de mer beaucoup plus rapide, on n'aura plus à redouter, si ce n'est dans un avenir fort éloigné , la formation de nou* veaux bancs de sable devant la digue, qui réduiraient la profondeur à moins de 15 ou 16 pieds, nécessaire Hu libre passage des bâtiments. Le danger
de cet inconvénient, tant redouté, sera d'autant plus reculé, je le répète, que la profondeur et la déclivité de la plage sous-marine seront plus grandes.
M. Spratt signale Ténorme quantité de sables unis aux détritus des crustacés qui se trouvent le long de la côte, depuis Tembouchure du Dniester jusqu'à Kustendjé, jetés, comme il le dit, continuellement sur la côte par la tempête. Puis il suppose que ces sables ne pourront jamais obstruer l'embouchure d'Otchakof. Pour moi, je pense au contraire que ces sables descendent même jusque devant les diverses embouchures du Kilia et encore plus bas. Ils^ont entraînés par l'action continuelle du courant littoral, qui agit à une grande profondeur, comme je l'ai noté dans mon premier Mémoire. Ce fait est démontré dans le Portulan de la mer Noire ; et ce courant coopère inévitablement avec l'action du fleuve pour former les encombrements qui se produisent devant les embouchures.
On ne peut pas non plus comprendre comment M. Spratt, qui fait avec raison observer que les atterrissements {interrimentï} devant le Soulina sont dus en bonne partie aux courants littoraux qui y apportent les matières amenées à la mer par les nombreuses embouchures du Kilia, ne^reconnaît
pas que les bancs de sable qui se forment devant les bouches mêmes tirent presque entièrement leur origine des alluvions des fleuves supérieurs qui sont entraînées à de grandes distances. Le mouvement continu qui rase les côtes est cause précisément que ce phénomène se manifeste jusqu'à de très-grandes distances. C'e^t ce qui arrive sur la côte occidentale de l'Adriatique, et spécialement devant les lagunes de Venise. Dans ces lagunes, les ports sont encombrés de bancs très-étendus , bien qu'il n'y débouche aucun fleuve. Par conséquent, on ne peut douter que ces bancs ne soient produits par les matières charriées k la mer par le Piave, par la Livenza, par le Tagliamento et par l'Izonzo, qui cependant sont très-éloignés de ces ports.
M. Spratt, il est vrai, croit que pour préserver l'embouchure d'Otchakof des matières apportées à la mer par les fleuves supérieurs , il suffira de la baie
qui se trouve au nord, et à l'extrémité de laquelle les plus grosses matières, poussées par les vents et par les ondes sur la côte de Jebriani, s'accumulent en forme de dunes. Mais je ne puis me convaincre que ce soit un suffisant empêchement à l'effet continu des courants littoraux, qui emportent toujours plus bas les matières déversées par les fleuves supé-
rieurs. Que l'action combinée des vents et des lames du fond engendre ces dunes, c'est ce qui ne peut être révoqué en doute; mais ce qui ne me parait pas admissible, c'est qu'on en déduise la conséquence qu'une partie de ces matières ne continuent pas leur trajet sous-marin le long de la côte, devant les dunes mêmes de Jebriani. Si l'on fait attention à la formation lente de ces dunes et à leur compo^ sition , on restera convaincu que , les matières débouchant des fleuves supérieurs sans aucune inter* ruption, il est indubitable que, pour une • grande partie, elles continuent leur cours vers les bouches du Kilia, et que par suite elles contribuent à accroître l'encombrement formé par les matières déposées par le fleuve lui-même à ses embouchures. Ce sont précisément ces matières qui font que, si devant l'embouchure d'Otchakof les profondeurs de 6 à 50 pieds sont éloignées seulement de 1,500 pieds, celles de 60 pieds ne se rencontrent qu'à 10,500; et la plage sous-marine n'y a qu'une pente très-douce, de'l pied de hauteur sur 300 pieds de longueur.
Dans ses premiers rapports et ses premières études, M. Spratt avait bien reconnu le risque auquel on s'exposerait en tentant d'améliorer l'em-
bouchure du Kilia, risque qui provient tout à la fois du peu de profondeur de cette embouchure, de la grande extension des atterrissements qui se trouvent au-devant, et de la formation du delta, qui s'accroît sans cesse, bien que lentement. Mais tout à coup M. Spratt déclare avoir changé d'opinion. D'après ce qu'il m'est donné de pouvoir recueillir de son nouveau rapport que j'examine, il me semble qu'il se fonde en premier lieu sur la comparaison d'anciennes cartes russes, dont je ne veux certainement pas contester l'authenticité, sans toutefois en garantir l'exactitude, et en second lieu, sur des observations relatives à la direction des vents et à l'action prépondérante des vagues de la grosse mer et des lames du fond. Ici, M. Spratt oublie trop, ce me semble, l'action des courants littoraux, bien autrement prépondérante, parce qu'elle est continuelle et de direction constante, l'action des vents contraires n'étant capable de la détourner qu'accidentellement et temporairement, tandis que les vents favorables en accroissent toujours l'effîcacité. M. Spratt attribuait cependant une grande influence a cette action des courants littoraux, et il déclarait qu'elle était de nature à faire disparaître les effets de la régularisation du Soulina. Mais M. Spratt
n*en tient plus aoean compte quand il s*agit de la régularisation de Tembranchement d'Otchakof.
Pour ma part, je n'entends pas nier la grande influence des lames du fond sur la création et l'extension des plages et des bas-fonds. Mais, rapl^elant ici ce que j'ai dit dans mon premier Mémoire, je répète qu'après avoir creusé et abaissé la plage sous-m'afine jusqu'à la profondeur où la mer est toujours tranquille, ces lames n'auraient plus la force de prolonger la haute plage découverte ni d'obstruer Tembouchure du port, si les fleuves, par leur action directe ou par TeAFet des courants, ne rétablissaient incessanunent cette mince plage sous-marine que déplacent les lames du fond. On ne peut admettre en principe absolu que la mesure des efiets soit proportionnelle à l'intensité de la cause; car la cause, tout en restant puissante, ne produira que des effets nuls ou insensibles si la matière sur laquelle elle doit agir vient à manquer. Un port qui s'ouvre dans une côte rocheuse ayant devant elle une grande profondeur de mer, aura beau être exposé aux coups des plus violentes tempêtes, il ne verra pas son embouchure s'atterrir. C'est que les ondes ne peuvent pas remuer le fond et en soulever les sables, qui se trouvent au-dessous
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(lu niveau où l'agitation de la mer se fait encore sentir. Si au contraire le port est ouvert dans une côte sujette aux alluvions des fleuves, on pourra réussir à le garantir contre les effets de ces alluvions, en resserrant le canal de Tembouchure entre des digues poussées jusqu'aux grandes profondeurs de la mer. La digue opposée aux courants littoraux arrêtera contre elle les sables traînés par les courants mêmes et soulevés par les vents qui battent la digue à revers, et elle empêchera ces sables d'entrer dans le canal. L'autre digue sera un obstacle contre l'introduction des sables que les marées, poussées par les vents contre la digue même, soulèvent de la plage inférieure. Enfin les têtes des digues, portées aux grandes profondeurs, tiendront lieu de côte naturelle rocheuse, et empêcheront les effets des lames du fond.
Pour appuyer ces vérités sur un exemple pratique, il sera nécessaire de le chercher en un lieu où la lutte d'action entre les lames du fond et les courants littoraux ne soit compliquée par l'intervention d'aucun fleuve qui, parcourant le canal, jette ses eaux troubles à son embouchure. Cet exemple se présente d'une manière assez concluante dans la régularisation du port de Malamocco. Dans la note qui accom-
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iriiiii tous les saUlt^ s'arriimulent sur une grandi- ♦Rendue et à une grande hauteur derrière le talus extérieur de la digue ; et ^i une partie de ces sables est encore entraînée par les courants plus au large, ils se précipitent et se disfiersent à une profondeur telle qu'ils ne peuvent plus être sc»ulevés par les lames du fond. Ils ne sont plus dans rembouchure , et elle est devenue un passage si parfaitement libre que, comme on le sait, elle est déjà praticable pour les firégates armées, ce qui jusque-là, et à aucune époque, n était arrivé pour l'ancienne embouchure.
De ce que le bras d*Otchakof a une masse d*eau moindre que celle du Saint-Georges, M. Spratt eu tire un autre ai^ment pour admettre que les atterrissements seront plus lents à se former devant la première de ces embouchures que devant Tautre. Mais là, il me semble qu*il y a contradiction avec le principe que M. Spratt lui-même a posé: à savoir qu*un courant puissant, et par conséquent une masse d*eau considérable est nécessaire d*une manière permanente dans le canal de Tembouchure, pour que cette masse d^eau ait la force de pousser au large les matières qu'elle transporte, et pour détruire les bancs de sable déjà existants, ou qui
pourraient se former devant l'embouchure. Véritablement, si Ton ne voulait pas admettre ce principe, il faudrait reconnaître, à ce point de vue, que tout l'avantage est à l'embranchement de Soulina , qui a la plus faible portée. A ce propos, je ne pourrais que répéter l'opinion que j'ai déjà émise dans mon premier Mémoire. Lorsque, entre les divers embranchements dans lesquels un grand fleuve se divise en se jetant dans la mer, il s'agit de choisir celui qui, assujetti à une régularisation systématique, offre les plus grandes chances de réussite, il ne convient de donner la préférence ni à l'embranchement qui a la plus grande portée, ni à celui qui en a une trop petite. Établir la portée la plus convenable serait un problème trop difficile à résoudre à priori. Les seules observations naturelles peuvent décider la question, et ces observations me paraissent, comme je l'ai déjà dit, plaider en faveur du canal Saint-Georges. C'est par ce canal que coulent les S/â?**, c'est-à-dire un tiers à peu près de la portée totale du Danube. Cette quantité est considérable. Mais le Soulina n'a que les a/â?", c'est-à-dire moins d'un treizième de la portée totale. Quant à celui de Kilia, il à les 17/27*, c'est-à-dire presque les deux tiers de cette même portée, çir-
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constance que je considère comme la cause principale de sa division en tant d'embranchements secondaires avant qu'il ne se jette dans la mer.
Mais quand bien même on pourrait admettre ce principe que, pour retarder les ensablements au débouché d'un embranchement régularisé d'un fleuve à eaux bourbeuses, la petite quantité d'eau que cet embranchement contient fût une circonstance avantageuse, il ne me semble pas que M. Spratt en pût tirer argument pour préférer l'embranchement d'Otchakof. En e£fet, bien que le Kilia réunisse, un peu au-dessus de Wilkovo, presque les deux tiers de là portée entière du Danube, il n'en laisse plus qu'une petite part au bras d'Otchakof, parce qu'il se divise ensuite en cinq embranchements pour se jeter à la mer.
M. Spratt avait précédemment repoussé avec beaucoup de bon sens la préférence qu'on voulait donner au Soulina, en montrant que c'était une vaine espérance de croire que, le banc qui se trouve devant cette embouchure étant moins élevé, il aurait été plus facile d'y ouvrir un passage qui eût la profondeur nécessaire; et il ajoutait qu'il fallait absolument faire entrer en compte tant d'autres travaux considéraMes , qu'il aurait été ensuite nécessaire
d'exécuter tout le long du même canal de Soulina. Mais M. Spratt, tout en faisant ces très-justes observations à l'égard de ce dernier canal, -croit, quand il s'agit de celui de Kilia, qu'il est possible de se borner aux travaux de la simple canalisation de l'embranchement proprement dit d'Otchakof et de son embouchure. C'est là un système qui me paratt très-éloigné de la vérité.
En accordant qu'aucun travail ne soit nécessaire au canal de Kilia, pas plus à son origine en aval d'Ichatal d'Ismaïl , où son entrée est viciée par des bancs étendus, que tout le long de son cours jusqu'à Wilkovo ; en n'attachant même aucune importance à l'irrégularité de la section de ce canal au .tronc de Kiliiska Chérinah, qui pendant les basses eaux ne présente pas peu de difficultés à la navigation, je ne sais pas comment on peut supposer que de nombreux et dispendieux travaux ne seront pas nécessaires dans le bassin de Wilkovo. En adoptant cette idée, on risquerait de voir par la suite les eaux du Kilia changer de direction , soit en s'ouvrant de nouvelles embouchures, soit en versant la masse d'eau d'un de ses embranchements dans un autre. Ces craintes sont fondées sur la variabilité continuelle des nombreux embranchements du Kilia ,
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qu'ont déjà fait connaître les études antérieures et les renseignements fournis par tous les ingénieurs et hommes de mer qui s'en sont occupés. On sait aujourd'hui surabondamment que, pour établir un sûr passage du Kilia, il serait tout à fait insuffisant de se limiter à régulariser l'embranchement et l'embouchure d'Otchakof. D faudrait, en outre, étendre les travaux à la régularisation de tout ce vrai labyrinthe hydraidique que présente le bassin de Wilkovo, et il faudrait procurer un régime stable aux autres embranchements et aux autres bouches entre lesquelles se divise le canal de Kilia en entrant dans la mer; entreprise qui, à mon a\is, serait énorme, coûteuse et d'un succès incertain.
Ces réflexions servent plus spécialement à démontrer combien il serait peu prudent d'entreprendre la rectification d'Otchakof, sans s'occuper en même temps du régime des autres embranchements qui sont au sud, ainsi que de l'embranchement de Bielgorod, qui tourne plus vers le nord. En effet, puisque M. Spratt voit à l'embranchement d'Otchakof et sur les autres embranchements du Kilia cet avantage que, se trouvant plus au nord, les matières qui en sortent seront transportées par les courants littoraux dans les embranchements du
sud qu'ils encombreront, on devrait, pour le même motif, donner la préférence à celui de Bielgorod.
Notons, toutefois, que M, Spratt, tout en croyant pouvoir restreindre ses travaux à la seule régularisation de rOtchakof, ne méconn&it par pourtant qu'il est possible que, par la suite, le besoin se fasse sentir sinon d'établir le régime de toutes les autres embouchures du Kilia, du moins de pourvoir aux barrages des deux bouches de Rakof et de Bielgorod pour accroître l'Otchakof. M. Spratt calcule qu'avec ces barrages, la quantié d'eau de cet embranchement sera rendue égale à celle qui coule par le Saint-Georges, non compris toutefois le bras d'Olinka. Mais de cette façon « il me parait que M, Spratt se met en contradiction avec luimême. Il attribue la plus grande permanence des profondeurs dans l'embouchure d'Otchakof à la moindre quantité d'eau trouble, et, partant, de matières jetées à la mer par le fleuve. Or il est évident que, si en grossissant l'Otchakof on le rend d'une portée égale à celle du Saint-Georges, la permanence des profondeurs obtenues à l'embouchure de celui-ci sera beaucoup plus assurée, puisque les eaux, en poussant les boues en avant, les feront précipiter dans ces profondeurs, beaucoup plus grandes