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traversé le Bosphore, devraient remonter jusqu'à Fembouchure de ce canal, seraient contrariés par les courants maritimes. Ils seraient de plus exposés à l'action des vents du nord à Test; ces vents les pousseraient contre les bancs de sable qui s'étendent devant la côté, où l'on ne rencontre aucun abri, depuis Saint-Georges jusqu'au débouché du canal de Kilia , c'est-à-dire pendant un trajet de 35 milles marins. L'entrée du canal serait donc très-pénible; mais la sortie ne serait pas plus facile, puisqu'elle serait encore plus directement contrariée par les yents dominant sur ce littoral.
M. Nobiling, en donnant une plus juste importance aux excellentes conditions qu'offre le bras de Kilia au-dessus de Wilkovo, et en ayant le désir d'être favorable au pays adjacent sur la gauche, et spécialement à la ville d'Ismaîl , a fait de diligentes études sur la possibilité de régulariser le fleuve de Wilkovo à la mer; et il a été amené à cette conclusion qu'on pourrait en effet le rendre navigable même près de la mer, soit en y établissant une bonne embouchure, soit en utilisant le bras actuel de Stam* boul, soit par un nouveau canal qui le remplacerait, soit enfin, comme M. Nobiling le propose en dernière analyse, en donnant la préférence à l'embranché-
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ment d*Ortchakof. Mais les travaux indispensables pour régulariser le canal, à partir des bancs de sable de Wilkovo jusqu'à Tembouchure dans la mer, seraient en si grand nombre et si considérables, la dépense et le temps qu'ils exigeraient seraient si grands, qu'il ne peut subsister aucun doute sur l'impossibilité de ce projet. On doit, en outre, considérer qu'il ne favoriserait en réalité que la navigation d'Odessa, de la mer d'Âzof et des autres échelles septentrionales et orientales de la mer Noire. On s'en convaincra encore davantage, si l'on réfléchit que le commerce de ces places avec les pays riverains du Danube supérieur et inférieur n'a qu'une très-faible importance eh comparaison de l'immense commerce qui prend la voie du Bosphore, soit pour entrer dans le Danube, soit pour descendre vers Constantinople et l'Archipel.
On a le désir de conserver à Ismaîl , et aux pays voisins dont les routes convergent dans cette ville, une communication facile avec la mer Noire et avec le Danube. Ce désir est plausible ; mais il ne peut cependant^ en face de tant et de si grands intérêts, justifier la préférence à accorder au bras de Kilia sur les autres embranchements danubiens.
Il ne. me parait. pas. non plus^que ce désir puisse
feire accepter une autre proposition de M. Nobiling, Cette proposition consisterait à profiter des ramifications secondaires de Changà et de Papadia, et à ouvrir, entre le Soulina et le Kilia, une communication qui procurerait précisément à Ismaîl une route navigable vers la mer Noire , outre celle qui lui resterait en remontant le Kilia même vers Galatz et le Danube supérieur,
La régularisation de ces deux embranchements secondaires, qui se détachent le premier de la droite du Kilia , et le second de la gauche du Soulina, serait un ouvrage 'de bien plus longue haleine que ne paratt le croire M, Nobiling. Outre la nécessite d'élargir, de rectifier et d'approfondir le canal régularisé et d'en assurer l'entrée et la sortie, il faudrait, dans cette hypothèse, en établir solidement et invariablement les bords. Autreriient cet embranchement régularisé , sujet comme il le serait h toutes les variations que subit un canal qui traverse une alluvion basse et instable, ne tarderait pas à perdre les bonnes conditions de navigation qu'on lui aurait primitivement procurées à grands frais.
. En supposant que la ville d'Ismaïl puisse se relever de l'état de décadence où elle se trouve aujourd'hui, et renaître à cette prospérité que peuvent
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lui promettre son heureuse position et la fertilité des pays environnants» il me semble que tout ce qu'on peut raisonnablement obtenir en sa faveur, c'est qu'on améliore ses établissements de ports et de plages et qu'on facilite l'entrée du Kilia près de Icbatal. En effet, bien que le parcours soit plus long, ce serait toujours assurer à Ismaîl une navigation certaine, non-seulement avec le Danube mais aussi avec la mer Noire, parle moyen du bras deToultcha, et successivement par celui des deux autres bras inférieurs qui serait préféré pour la régularisation définitive. C'est là un avantage qu'Ismaïl n'a jamais possédé, et qu'elle ne pourrait avoir par les embouchures obstruées du Kilia, qu'on ne peut guère se flatler de régulariser solidement.
Les considérations qui viennent d'être exposées me paraissent démontrer qu'il faut exclure d'une manière absolue l'idée du canal latéral du Kilia sur la gauche, et qu'il convient, au contraire, de profiter de l'un des deux embranchements entre lesquels se divisent le bras droit, qui court i)endant 5 milles, de Icbatal à Toultcha, pour se jeter dans la mer : je veux dire, ou l'embranchement central de Soulina, ou l'embranchement latéral de Saint-Georges sur la droite.