‹ Mémoire hydrographique sur les bouches du Danube, tr. de l'italienChapitre 7 sur 15 · VI · texte numérisé non relu

VI

DÉPENSE ET TEMPS NÉCESSAIRES POUR LES OUVRAGES STABLES DU CANAL SAINT-GEORGES, ET OPPORTUNITÉ DES TRAVAUX PROVISOIRES A SOULINA.

Il me serait impossible de donner un avis sur le montant présumable des ouvrages projetés pour la régularisation du canal de l'embouchure de Saint- Georges. D'abord , ma cécité m'empêche de comparer les calculs aux dessins des ouvrages; et ensuite, je n'ai aucune connaissance positive des éléments d'estimation, qui dépendent totalement des conditions locales. Il me semble pourtant que les calculs de M. l'ingénieur en chef Hartley peuvent mériter toute confiance , soit à cause de l'aptitude distinguée que prouve le travail présenté par lui, soit à cause du long séjour qu'il a fait sur les lieux et des recherches diligentes auxquelles il s'y est livré. Il a eu par là

l'occasion de prendre des informations exactes sur la valeur des matériaux et sur le prix de la main d'œuvre.

Du reste, je crois, relativement au coût des travaux, que l'emploi exclusif de la pierre vive, des ciments hydrauliques et des pierres artificielles, n'apportera pas une différence sensible avec ce que coûterait l'emploi du bois. Je ne crois pas non plus qu'en dirigeant l'axe du canal de l'embouchure plutôt à l'est-nord-est qu'à l'est-sud-est, cette disposition puisse influer sur le montant final du devis. Mais en admettant pour les digues un tracé parfaitement rectiligne, il est évident qu'on apportera de l'économie dans la dépense et dans la durée de l'exécution.

C'est pourquoi on est fondé à croire exact le montant total des travaux qui, selon le devis de M. Hartley, s'élève à fr. 22,024,000 »

En ajoutant le 10 0/0 pour dépenses imprévues 2,202,400 »

on obtiendra le total de '. 24,226,400 »

Il faut observer que dans cette somme se trouve compris le mon-

A reporter fr. 24,226,400 >

Report fr. 24,226,400 »

tant de la rectification du grand coude qui se trouve au-dessous de Gâlinowack, opératio.n certainement utile , puisqu'elle raccourcirait le canal de 3 milles et ferait éviter un trajet sinueux. Mais, ainsi que l'observe judicieusement M. Hartley, si elle est désirable, elle est cependant loin d'être nécessaire, parce que le coude dont nous parlons n'oppose aucun obstacle vraiment sérieux à la navigation. Il me semble donc que pour le moment on peut laisser les choses telles qu'elles sont, en attendant l'époque où l'accroissement du commerce pourra justifier les dépenses qu'exigerait la rectification. Mais, provisoirement, si nous retranchons du total du devis la dépense afférente, qui est de 612,000 i

le montant total se réduira à . . . 25,614,400 >

70 MÉMOIRE UrDROGRAPUIQUE

Dans ce devis, on suppôt que la dijjue de droite et celle de gauche ne sont pas poussées en nier au delà d'une profondeur de seize pieds. 3Iais si, pour les rais^jns indiquées dans le paragraphe précédent, on doit prolonger la di(pie gauche jusqu'à ce que son extrémité trouve un fond de vingt-sept à trente pieds, et celle de droite un peu au delà de seize, il est évident que la dépense sera accrue; et partant, je pense qu'elle doit être portée en chiffres ronds jusqu'à SB millions de francs, en tenant compte de Taccroissement proportiomiel de dépense que causera la profondeur plus grande de la mer là où devra s'exécuter le prolongement.

Quant à la durée des travaux, je crois que les douze années entre lesquelles M. Hartiey divise toute l'opération seront plus que suffisantes. Je n'hésiterais même pas à dire que, si l'on prenait de bonnes dispositions comme on le doit pour une œuvre si importante, et que l'on oi^anisàt comme il convient les chantiers, les transports et les autres moyens de mise en œuvre, les travaux pourraient être poussés avec une activité telle que neuf ou dix ans suffiraient à l'achèvement, en supposant même que ces grands préparatifs préliminaires exigeassent une année entière.

Je dois faire observer ici que je ne puis comprendre comment M. Nobiling, après avoir reconnu que la régularisation du canal Saint-Georges offrirait sûreté et stabilité plus grandes, en est venu à proposer la régularisation du Soulina, sous ce prétexte que les travaux seraient utiles à la génération présente et non point seulement aux générations à venir. Cet argument est radicalement faux, puisqu'il supposerait que la régularisation du canal Saint-Georges exigera un nombre énorme d'années, tandis qu'on peut être, certain qu'en donnant aux travaux tout le développement et toute l'importance qu'ils ont dans les propositions de M. Nobiling, le temps nécessaire à l'exécution n'excéderait pas quatorze ou quinze ans. Certes, ce n'est pas renvoyer l'achèvement de l'ouvrage aux générations futures. En second lieu , quand bien même un long laps de temps serait réellement nécessaire pour exécuter tous les travaux du canal Saint-Georges, il en résulterait moins d'inconvénients pour le commerce que si l'on donnait la préférence à ceux du Soulina, quoique ces derniers fussent plus promptement réalisés. Pendant qu'on travaillera à la régularisation du premier de ces deux canaux, on conservera au commerce la même liberté d'action dont il jouit

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