‹ Memoire pour les ouvriers typographesChapitre 15 sur 25 · DU TRAVAIL DES FEMMES DANS L'IMPRIMERIE · texte numérisé non relu

DU TRAVAIL DES FEMMES DANS L'IMPRIMERIE

«Quand lesfabricaots anglais, énormément enrichis par les machinesrécentes, vinrent se plaindre à M. Pitt et dirent ; « Nous n'en pouvons plus, nous ne gagnons pas assez ! » il dit un mot effroyable qui pèse sur sa mémoire : « Prenez les enfants. •

«Combien plus coupables encore ceux qui prirent les femmes, ceux qui ouvrirent à la misère de la fille des villes, à l'aveuglement de la paysanne, la ressource funeste d'un travail exterminateur et la promiscuité des manufactures I Qui dit la femme, dit l'enfant ; en chacune d'elles qu'on détruit, une famille est détruite, plusieurs enfants et l'espoir des générations à venir. »

C'est par ces nobles paroles que M. Michelet a commencé le chapitre émouvant qu'il a consacré à l'ouvrière dans son beau livre de la Femme.

Le rôle de la femme, en effet, est d'être mère de famille, de tenir la maison,

de soigner et d'élever les enfants. C'est à l'homme surtout de gagner ce qui est

nécessaire au ménage, et à la femme d en organiser économiquement la ' de

pense. L'homme et la femme ont deux missions spéciales qu'on ne peut inter

vertu* ni confondre sans danger.

- — Vous ne voulez donc pas que la femme travaille? nous dit** on. *— S mais chez elle et en famille. Son domaine, c est le foyer domestique. En faisant que le mari travaille à droite et la femme à gauche, vous brisez le foyer et détiniisez le sanctuaire de la fymille.

Si, dans le rude temps où nous vivons, les nécessités de la vie lui commandent souvent de travailler au-dehors, la femifie du moins ne devrait être occupée qu'à des métiers de femme. Or, nous voyons aujourd'hui cette anomalie que des hommes sont employés à des métiers de femme et des femmes à des métiers d^honmie. Ainsi, les magasins de nouveautés sont remplis déjeunes commis, et de pénibles travaux de manufactures sont exécutés pai* des femmes.

Les industriels, eux-mêmes l'avouent, n'emploient la femme que pour payer un moindre salaire, et toutes les familles en souffrent. Ce que la femme gagne» Thomme le gagne en moins.

Et comme la femme est fille, mère, épouse, si toutes les femmes font concurrence à tous les hommes, il entrera bien moins d'argent dans les ménages, et il y aura plus de labeur et moins de profit.

Lorsque la femme est à l'atelier, il y a une foule de choses qui ne se font point dans le ménage, ou qu'il faut payer, ce qui augmente les charges. Et pour les enfants, on est réduit soit à n'en pas avoir, soit aies mettre à la crèche ou au tour.

On connaît cette règle de morale : « Voulez-vous savoir si une chose est bonne, demandez-vous : qu'arriverait-il si chacun en faisait autant ? »

Or, généraliser l'emploi des femmes dans les ateliers, ce serait amener la dépopulation.

11 est question, en ce moment, d'appliquer les femmes au travail de l'impri* merie.

Ceux qui trouvent pour les femmes du peuple cette innovation naturelle, que penseraient-ils d'une autre innovation qui consisterait à ouvrir aux femmes sans fortune de la bourgeoisie, les carrières de notaire, de percepteur ou d'avocat ?

(4'est oublier que le droit de chacun a sa limite dans le droit d' autrui et qu'on ne doit jamais avoir la liberté de faire ce qui nuit au prochaiu.

La liberté illimitée de l'industrie n'est pas à invoquer ici, puisque le brevet d'imprimeur est un privilège.

Voici du reste un autre genre de considérations :

L'intoxication saturnine, qui est une calamité pour les femmes employées

daos Iç9 fonderies en caractères, a donné lieu à des études de physiologie expérifoentale, applicable dans une entière proportion aux Imprimeries typographiques dont Tatmosphère est viciée par la présence des mêmes agents toxiques.

Suivant le compte rendu présenté en janvier 1861, à la Société de biologie par M. le docteur de Luys, secrétaire, relativement aux ellets de Tintoxication saturnine dans les fonderies, et mentionné par la Gazette médicale^ il a été çon~ staté que sur lAl grossesses, 10 enfants seulement ont pu dépasser Tâge de

trois ans.

A une époque où les progrès de la science tendent h transformer les moyens de fabrication du blanc de céruse, du verre, etc. , pour conserver la vie plus longue aux ouvriers qui périssent jeunes dans ce genre de production, n* est-il pas inhumain d'ouvrir dans d*autres brancnes d'industrie, une carrière qui anéantiit le principe de la maternité chez les femmes !

L'introduction des femmes dans l'imprimerie semble mise en avant surtout pour entraver la révision du tarif typographique, dont pas un patron aujourd'hui n'oserait plus constater ouvertement l'indispensabilité.

Dès septembre dernier, M. Jules Claye, maître imprimeur, agitait dans une brochure la question de recourir aux femmes en qualité de compositrices, comme une sorte de menace de nature à faire renoncer les ouvriers à cette révision*

c Nous voyons, disait«il^ quelques imprimeries qui ne craignent pas d'employer eu grand nombre des enfants, lesquels travaillent pour moitié du prix alloué aux ouvriers; d'autres emploient des femmes avec succès. Cet usage tend à se développer et à s'établir ailleurs qu'en France. >

Et, à Tappui de ces asssrtions, M. Claye citait le journal anglais le Globe :

c L'emploi des femmes dans rinipriuierie mérite une sérieuse considération.... l.a typographie Victoria, qui n'emploie que des femmes, et c|ui Tut fondée en mars 1860, a triomphé de toutes lesdifticultés.... Ses pertes proniièrcs seront largement compensées par les profits qu'ils tirent et tireront du travail des fennnes, payé beaucoup moins cher que celui des hommes. »

M. Claye ajoutait :

« Ces faits sont assez significatifs, et ne donnent-ils pas à penser que le métier de compositeur qui , depuis son origine, a été aux mains des honmies, est eu voie de désertion pour passer dans celles des femmes? >

M. Claye s*attira de la part de M. Coûtant, ouvrier typographe, une victo^ rieuse réplique»

c Ce qui séduit TAiiglais et ce qui vous plaît aussi dans remploi des femmes au lieu d'hommes, c*est de c payer beaucoup moins cher, d'îijouter une économie nouvelle à toutes les autres.... > Mais, à peine son apprentissage terminé, le mariage enlèvera la femme; il faudra toujours recommencer des apprentissages.... Fera-t-on prononcer aux ^enmies des vœux éternels, indélébiles, et prendre l'engagement de servir jusqu'à la mort les intérêts de leurs patrons ?» (1)

Nous espérons que le travail des femmes dans rimprimerie n'est point chez messieurs les patrons un projet définitivement arrêté, mais que c'est simplement une tactique malheureuse à laquelle ils renonceront après môr exameii, de façon que la Conférence mixte puisse, sans encombre, mener à bonne fin la révision du Tarif.

Jeudi, 30 janvier 1862.

M. Paul Dupont a cru devoir écrire une lettre à propos de notre article du TRAVAIL DES FEMMES DANS l'imprimerie. Nous dous omprossons de publier cette lettre, bien qu'elle soit moins une réponse qu'une apologie. Nous comprenons qu'un industriel cherche à gagner le plus possible, mais ce que nous comprenons moins, c'est qu'en faisant ce qu'il regarde comme une bonne affaire, v tienne à la parer des beaux dehors de la morale et de la philanthropie.

Les réflexions de M. Dupont, «loin d'avoir ébranlé notre conviction, la confirment. Et c'est ce que notre réplique fera voir.

• « Paris, 27 janvier,

c Monsieur le rédacteur,

« Votre numéro d*hier contient, sur le travail des femmes dans l'imprimerie, un article dont les principes me semblent fort contestables. Permettez-moi , puisque mon nom s'y trouve cité, d'apporter ma part d'observations dans l'étude de cette importante question.

« L'auteur de cet article, M. A. Lévy, s'appuyant sur l'opinion de M. Michelet, dit que le seul rdle de la femme est d'être mère de famille, de tenir la maison, de soigner et d'élever ses enfants. Sans doute, s'il pouvait en être ainsi, les choses seraient beaucoup mieux ; mais ce sont là de fort belles théories toujours démenties par la réalité des faits^

« Le temps n'est plus où la femme Ûiait le lin qui suffisait aux besoins de son intérieur : nous vivons dans un siècle de fer, et ce n'est qu'aux prix d'un rude labeur qu'il est possible de faire face aux dépenses toujours croissantes de la vie. Ni M. Michelet, ni

(1] Voir la Brochure ouvrière: du salaire des ouvriers compositeurs, par Coûtant. Li« '4)rairie Poulet-Malassis.

Tauteur de Farticle n'indiquant pas d'ailleurs les moyens d'assurer à la femme celte heureuse situation, il faut, en attendant , accepter les choses telles qu'elles sont, et se borner à les améliorer paY tous les moyens possibles, c'est-à-dire praticables.

La famille, c*est un fait incontestable, n'existe pas pour roavrier. Son salaire étant presque toujours insuffisant pour les besoins de son ménage, sa femme et ses enfants doivent aller travailler de leur côté pour subvenir à la <lépense commune.

La fille elle-même est obligée de chercher en dehors une occupation qui suffit à peine à la nourrir, s'il s'agit de couture, et la laisse exposée à mille dangers lorsque son atelier est situé à uhe grande distance. D'autre part, le chef de la famille prend tout ou partie de ses repas hors de chez lui et n'y rentre même que fort tard ; s'il est retenu par des travaux de nuit, le ménage se trouve ainsi abandonné.

Afin de remédier autant que possible à cette situation, j'ai eu la pensée de continuer, non à Paris, mais dans l'annexe de mon imprimerie, à Clichy, une organisation 'ouvrière perfectionnée, et ayant pour base une participation dans les bénéfices.

Donner de l'occupation, dans le même local, afin qu'ils restent réunis, au père, à la mère, aux enfants : fournir à tous un appartement sain et à bon marché ; — améliorer la nourriture par des achats en gros, tel est le problème que j'ai essayé fie résoudre* C'est celui-là même que signale l'auteur de votre article qui voudrait voir le mari et la femme trouver à côté l*un de Vautre leur occupation de chaque jour.

Déjà deux maisons ont été construites et appropriées ; les loyers sont de plus de 30 pourcent au-dessous des prix ordinaires, indépendamment de la jouissance d'un jardin particulier. Trente ménages y sont depuis plusieurs mois installés dans des conditions de confortable et d'économie qui ne laissent rien à désirer.

Malgré le grand nombre de locataires agglomérés, je n'ai eu à constater aucun des inconvénients qui se sont produits dans les cités ouvrières et cela probablement parce que tous travaillent dans la même industrie, qu'ils y sont intéressés, et qu'ils se considèrent comme de véritables associés. Au surplus, les plans sont dressés pour la construction de Tomaisons plus petites, ayant chacune son jardin, et destinée à deux ménages seulement.

L'imprimerie, il faut le reconnaître, est de toutes les professions, celle qui se prête le mieux à une organisation ouvrière, puisqu'elle peut occuper à la fois des hommes pour imprimer, composer ou diriger des machines, — des enfants pour recevoir les feuilles, — des femmes pour la brochure, la réglure, le satinage du papier et le polissage des caractères de fonderie.

Pourquoi donc, je le demande, n'ajouterait-on pas à ces moyens de travail pour les femmes la composition, qui ne présente d'autre différence que d'être moins pénible et mieux payée ? C'est, dites-vous, parce que la vie d'atelier, dans une imprimerie, est dangereuse à cause des agents toxiques qui se dégagent des caractères, et qu'il est inhumain d'ouvrir une carrière qtû anéantit le principe de la materniié chez la femmes.

A cela, je répondrai par des faits. Sur les 5 à 600 personnes que j'occupe dans mes ateliers, on compte 104 femmes, soit le cinquième environ, et je n'ai ouï dire qu'elles eussent eu à souffrir de l'atmosphère dans laquelle elles vivent. Soyez persuadé, monsieur

le rédacteur, qu'il en sera aiu&i pour celles qui s'occuperont plus tard de U compoiition.

Vous parlex de la question d'économie, dissimulée sous une démonstration philanthropique. PQrmettei-moi encore sur ce point de n^étre pari de votre avis. L'économie dans la main^d'QBUvre est toujours très-désirable, et surtout h une époque où les produits de rindustrie étrangère vont avoir un libre accès sur nos marchés.

Je ne pense paSj en ce qui concerne rimprimerie, que le travail des femmes doive nmener une diminution sensible dans les prix de revient ; mais en fut^il ainsi, les ouvriers de ma maison, qui sont dans une situation particulière, ne sauraient s'en plaindre* puisque, eu définitive, cette économie ajouterait aux bénéfices qu'ils partagent avec moi.

Vous reconnaîtrez donc, monsieur le rédacteur, que non-seulement 11 n*y a aucun motif raisonnable de supprimer pour les femmes le travail de la composition typographique, mais au contraire qu'il faut y applaudir etl'encourager, alors surtout qu'il aura pour but de rétablir et de fortifier la vie de famille.

Agréei&i monsieur le rédacteur, Tassurance de mes sentiments les plus distingués.

Paul DopoPiT, Imprimeur et député au Corps législatif.

Noua deoianderons d'abord à M. Dupont : pour quel motif voulez^vous employer des femmes? Les hommes ne manquent pas; ce n'est donc point par nécessité, mais par spéculation. Et vous-même le confessez quand vous dites :

« Je ne pense pas, en ce qui concerne rimprimerie, que le travail des femmes doive amener une diminution sensible dans les prix de revient. »

Donc vous prévoyez une diminution. Et si selon la proportion actuelle, voua ployez à la femme 7 ou 8 ce que vous payez à V homme 10 ou 11, ce sera une diminution notable.

Vous ajoutez, il est vrai, que, en fût-il ainsi, les ouvriers de votre maison ne •auraient s'en plaindre» puisqu'on définitive. cette économie ajouterait aux bénéfices qu'ils partagent avec vous. Or, la somme mise au livret de chacun de vos ouvriers actionnaires a été, dans la meilleui^ année, 20 fr.

Bel avantage, en vérité, d'avoir cinq ou six francs de plus dans la participation des bénéfices, avec la perspective de voir baisser son salaire quotidien d'un tiers ou d'un quart ! Gela revient à dire : concédez-moi comme ouvrier une baisse de un franc sur votre salaire, et, comme associé, vous retrouverez deux sous.

Et, en effet, le but qui est poursuivi par Tintroduclion des femmes dans rimprimerie, c'est de faire baisser le salaire de l'homme par celui de la foiQQMi sauf à faire baisser celui de la femme par l'enfant et celui de tous par

les machines. Un de vos collègues n'a pas craint de le dire : • J'emploie les femmes comme machines, au même titre et avec le même droit. »

1^ chef d*mie manufacture est louable d'améliorer le sort des femmes qu'il emploie. Mais que penser d'un industriel qui aggrave le sort de ses ouvriers sous le prétexte de travailler au bonheur des femmes qu'il introduira dans ses ateliers ?

Vous pi*étendez que le travail de compositrice d'imprimerie est convenable

pour la femme. Bien que les citations de M. Michelet semblent peu vous plaire, toutefois nous citerons encore l'observation que voici :

En réalité, la femme ne peut travailler longtemps ni debout, ni assise. Si elle est toujours assise, le sang lui remonte, la poitrine est irritée, Testomac embarrassé, la tète injectée. Si on la tient longtemps debout, conmie la repasseuse, comme celle quj compose en imprimerie, elle a d'autres accidents sanguins. Elle peut travailler beaucoup mais en variant l'attitude^ comme elle fait dans son ménage, allant et venant.

Vous déclarez que le danger du travail des femmes dans l'imprimerie est maginaire, et aux statistiques médicales les plus authentiques, vous opposez un fait personnel. Nous ferons remarquer que les iOh femmes que vous employez comme brocheuses, plieuses, satineuses et régleuses, ue touchent pas au plomb.

Les ateliers de brochage et de satinage sont séparés de ceux de la composition; quant aux ouvrières régleuses, leurs ateliers sont au troisième étage, tandis que la composition se trouve au premier. Mais cela ne prouve rien pour les compositrices qui respireraient directement les émanations du plomb.

Vous avez < pour but, dites -vous, de rétablir et de fortifier la vie de famille, » et vous ouvrez une nouvelle voie à la promiscuité des hommes et des femmes dans les ateliers. Croirez-vous remédier au mal parce que vous emploierez ensemble les hommes, les femmes et les enfants de la même famille?

Vous n'accepterez donc pas de célibataires? Et que ferez-vous des veufs et des veuves? Les familles seront vouées au mër?e métier, hommes, femmes et enfants. Aujourd'hui, l'ouvrier, pour ne point perdre son gagne-pain, doit plaire à son patron. Que sera-ce quand il faudra que lui, sa femme, ses enfants ne déplaisent en aucun jonr de l'année ni au patron, ni à la femme, ni aux fils du patron ?

Vous offrez aux ménages des logements à 30 0/0 au-dessous du pair. Mais quand on aurait parqué les travailleurs dans des espèces de cités ouvriëreSi pour les avoir constamment sous la utain, et qu'on les tiendrait, non plus seulement comme patron, mais comme fournisseur et comme propriétaire, qu'au-

rait-on fait autre chose que de les attacher à la glèbe industrielle ? Et voilà, en effet, le dernier root de votre système d* organisation ouvrière perfectionnée.

C'est comme cette participation aux bénéfices que vous faites sonner si haut et que les ouvriers résument ainsi ; « En définitive, on nous inscrira d'une main une vingtaine de francs sur notre livret, pour nous retirer de l'autre 200 fr. de notre poche. »

On donnera, dites-vous, un bénéfice aux ouvriers ; — mais on commencera par les mettre à la porte ; et quand on demande ce qiie deviendront ces ouvriers qui travaillent pour la même maison depuis plusieurs années, et que Von va remplacer par des femmes, vous répondez : Ils feront comme les rouliers ont fait lorsqu'on a établi les chemins de fer.

Il est interdit à tout imprimeur d'avoir la moindre casse en dehors de son local, et vous avez obtenu la faveur d'une annexe que vous allez monter avec des femmes, c'est-à-dire à bas prix. Est-ce pour faire une telle concurrence à vos collègues, que l'on vous a ainsi avantagé ! Pour essayer de soutenir la concurrence, il faudra donc que vos collègues, eux aussi, substituent le travail des femmes au travail des hommes !

Pourquoi invoquer le traité de commerce avec l'Angleterre pour couvrir un gain anormal. Toujours ainsi, à chaque amélioration introduite pour la masse, l'on voit des individus essayer d'en attirer sur eux seuls le profit.

Un impôt est-il mis sur le propriétaire, vite il le fait au décuple retomber sur les épaules du locataire.

Il est impossible que le traité de commerce nous donne en France les misères excessives du prolétariat anglais, Et c'est pour cela que nous demandons que la corporation typographique soit organisée de telle sorte qu'il y ait des Chambres corporatives qui examinent, discutent et adoptent les moyens de lutter avec la concurrence étrangère, car seulement ainsi on trouvera des moyens qui profitent non à quelques-uns, mais à tous.

Vous dites qu'il n'y a pas de famille pour l'ouvrier, et vons en prenez bien sdsément votre parti. Le remède est pourtant très-simple : c'est que l'hemme puisse gagner assez pour lui et sa famille.

Mais que dirait-on si, au lieu d'augmenter le traitement de certains petits employés ou fonctionnaires, il eût été dit à l'agent voyer, par exemple : Si votre traitement ne suffit pas à faire vivre votre femme et vos enfants, que votre femme et vos enfants aillent casser des pierres sur la route.

p, 5, A demain notre réponse à la lettre que nous a adressée M, Guiraudet maître imprimeur.

Samedi, 1" février 1862.

Nous avons reçu ces jours derniers, de M. Guiraudet, maître imprimeur, une lettre qui présente la questioh du travail des femmes dam Imprimerie sous un jour particulier, et que, par conséquent , la loyauté nous fait un devoir de reproduire. On y verra comment il s'élève contre « la spéculation qui consiste à faire composer au rabais, dans des ateliers de femmes ■, ce qui est la condamnation de ceux de ses confrères qui voient surtout ■ dans le travail des femmes yne diminution dans les prix de revient. » Et Ton y remarquera également qu'il demande que les femmes soient payées dans l'imprimerie le même prix que les hommes, ce qui n'est qu'une proposition spécieuse que nous montrerons être pleine de dangers pour le salaire de la femme comme pour le salaire de l'homme.

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