PILES MÉTALLIQUES
§ 1er. — Dispositions générales.
Les piles ont la forme de troncs de pyramides, dont les arêtes ou arbalétriers sont constitués par des caissons en tôles et cornières convenablement entretoisés.
Dans la plupart des ponts que nous avons construits, et notamment dans le pont du Douro, les arbalétriers étaient constitués par des caissons rectangulaires complètement fermés. Dans le projet actuel, lés grandes faces des piles, c’est-à-dire celles qui sont transversales au tablier et qui résistent à l’action du vent, sont constituées comme des poutres rigides à double paroi, d'une disposition tout à fait analogue à celle employée pour l’arc ; c’est-àdire que les arbalétriers ne comportent plus que trois faces formant une coupe horizontale en LJ dans laquelle viennent s’insérer les entretoisements horizontaux et diagonaux, dont Informe générale est celle d’un grand caisson en treillis. L’avantage de cette disposition est de permettre une visite facile de toutes les parties de la pile ; on peut repeindre et entretenir, en temps voulu, toutes les faces des arbalétriers tant intérieures qu’extérieures. En outre, par rapport aux efforts latéraux du vent, ces grandes faces, dont chacune forme une véritable poutre à grand treillis, présentent une résistance beaucoup plus considérable que celle d’arbalétriers réunis par des entretoisements en cornières. La rigidité individuelle des diagonales se trouvant con-
sidérablement augmentée par la forme en caisson qui s’oppose à tout mouvement de flambage, il est permis de les faire travailler avec sécurité aux efforts de compression. Il n’en était pas ainsi avec les formes habituellement employées, qui se rapprochent plus ou moins de celle d’une tringle, et qui sont susceptibles de travailler seulement dans le sens de la traction, en fléchissant sous l’effort de compression . Avec ces derniers entretoisements, on remarque qu’il se produit des vibrations très sensibles quand, par suite du balancement de la pile sous l’action du vent, les diagonales passent presque subitement de l’effort de compression à un effort de traction, ou inversement. Il n’est pas besoin de dire que rien d’analogue ne se produira avec nos diagonales indéformables, et que la rigidité de la pile en sera considérablement augmentée; on aura, en outre, toute facilité pour augmenter la hauteur des étages, diminuer le nombre des entretoisements et donner à la pile un aspect plus élancé.
§2. — Dimensions principales.
Les piles métalliques qui supportent le tablier droit, du côté Marvejols, sont au nombre de quatre; le tablier droit du côté de Neussargues ne comporte qu’une pile intermédiaire.
Ces piles sont divisées en un certain nombre d’étages variant de trois à six, d’une hauteur courante de 10 m, mesurée suivant l’axe des arbalétriers. Les hauteurs mesurées suivant la verticale se trouvent naturellement un peu moindres et sont résumées dans le tableau suivant, qui donne la hauteur verticale des piles, depuis le sommet du couronnement jusqu’à la maçonnerie.