C. MM. les ingénieurs seront invités
1° A apporter, dans les parties sinueuses, les améliorations dont le coût, sera justifié par les avantages à obtenir ;
2° A donner 500 m de longueur au palier de la station de Clavières et 800 m à celui de la station de Mongon ;
3° A éviter de raccorder des déclivités sur des tabliers en métal.
D. Le maximum des pentes sera fixé à 0,0175 m et le minimum des rampes à 0,015 m.
E. Le tablier métallique du viaduc de Garabit ne sera pas exhaussé au-dessus de là cote 836 m, niveau des rails.
F. La rampe sera réduite à 0,012 m dans le souterrain d’IIerbouze.
G. Le garage de Garabit, au km 56, sera supprimé.
J’ai soumis l’affaire à l’examen du Conseil général des Ponts et Chaussées, lequel après en avoir délibéré,
En ce qui concerne le viaduc de Garabit :
Considérant que les Ingénieurs ont proposé pour cet ouvrage un type très satisfaisant en lui-même et qui, au double point de vue delà solidité et de la possibilité d’exécution, offre l’avantage d’avoir été appliqué déjà, dans des dimensions à peu près semblables et avec un plein succès, sur le Douro ; •
Qu’en présence de ces propositions fermes et bien motivées, il n’y a pas de raison pour faire appel à l’industrie privée et pour lui demander d’autres projets, dont aucun, quel que fût son mérite intrinsèque, ne présenterait la garantie de l’expérience faite, d’où résulterait pour l’Administration une responsabilité morale incomparablement plus gravé dans le choix à faire d'un type nouveau pour un ouvrage tout à fait exceptionnel au double point de vue de la hauteur et de la résistance requise contre l’action du vent ;
Considérant que l’ouverture d’un concours pour la recherche d’une autre solution entraînerait d’ailleurs un nouveau retard d’une année au moins ;
Considérant que l’avant-projet présenté est accepté en principe par la Compagnie du Midi, qui doit exploiter la ligne; adhésion importante au point de vue de la respoisabilité collective qui s’impose dans une œuvre de ce genre ;
Considérant que le type du pont du Douro étant admis, M. Eiffel, qui l’a conçu et exécuté, est évidemment plus apte que tout autre constructeur à en faire une seconde application, en profitant de l’expérience qu’il a personnellement acquise dans la première;
Qu’il serait d’ailleurs peu équitable, dans l’espèce, de confier les travaux à d’autres qu’à M. Eiffel, quand c’est son pont du Douro qui a donné aux Ingénieurs l’idée de franchir la vallée de Truyère par un nouveau tracé dont l’Etat doit retirer finalement une économie de plusieurs millions;
Considérant que ce concours de circonstances insolites est incompatible soit avec une adjudication publique ou restreinte, soit avec les restrictions imposées aux marchés ordinaires de gré à gré par l’article 69 du décret du 31 mai 1862 sur la comptabilité publique
Que l’administration se trouve dans le cas prévu par l’article 81 du même déoret, c’est-à-dire dans la nécessité d'agir en dehors des règles rappelées ci-dessus, et autorisée à procéder, sous sa responsabilité, au mieux des intérêts de l’Etat,
A émis l’avis qu’il y avait lieu :
1° D’approuver l’avant-projet du viaduc proposé parles Ingénieurs, et de les inviter à présenter un projet de marché pour l’exécution de cet ouvrage par M. G. Eiffel;
2° D’adopter les autres conclusions de M. l’Inspecteur général de Boisanger, telles qu’elles sont formulées dans les paragraphes A, B, C, D, E, F, G, ci-dessus reproduits;
3° De témoigner à MM. les Ingénieurs, ainsi qu’aux agents qui les ont secondés dans l’étude du nouveau tracé, la satisfaction de l’Administration pour l’initiative, le zèle et le dévouement dont ils ont fait preuve.
J’ai l’honneur de vous informer que cet avis m’a paru devoir être adopté et que je l’ai approuvé par une décision en date de ce jour, dont je vous prie de donner connaissance à la Compagnie du Midi ainsi qu’à M. l’Ingénieur en chef Bauby en lui transmettant les pièces ci-jointes, celles du nouveau projet sont revêtues de mon visa.
M. l’Ingénieur en chef devra, d’ailleurs, porter à la connaissance de MM. les Ingénieurs et agents sous ses ordres les éloges dont le Conseil général des Ponts et Chaussées a proposé de leur transmettre l’expression et qui m’ont paru également parfaitement justifiés.
Recevez, etc.
Le Ministre des Travaux publics.
Pour le Ministre et par autorisation :
Le Conseiller d’Élat, Directeur général des chemins de fer, Signé : DUVERGER.