‹ Mémoire présenté à Son Altesse Royale Mgr. le duc d'Orléans, régent de France [microforme]Chapitre 4 sur 8 · D DD SC · texte numérisé non relu

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dont les dessins paraissent avoir été tracés par lui-même, ce qui en soi serait déjà un mérite qu’il ne faudrait pas dédaigner. L'ouvrage dédié au Duc d’Orléans est digne, sous ce rapport, du goût artistique de ce prince. Il contient 41 planches, contenant chacune d’elles un grand nombre de gravures. Le frontispice représente le Temps dictant à l’histoire les admirables récits de l’Ancien et du Nouveau Testament (1).

Un Dictionnaire Historique attribue au Père Lafitau une « Vie de Jean de Brienne, empereur de Constantinople,” laquelle aurait vu le jour en 1727; mais il nous a été impossible de nous assurer de l’exactitude de cette assertion. En 1733, il publia ‘ l’Histoire des Découvertes et des Conquêtes des Portugais dans le Nouveau Monde,” 4 vols. in-12. Le titre de cet ouvrage est incorrect, puisque l’auteur y décrit les conquêtes des Portugais en Asie et en Afrique plutôt que celles qu’ils ont faites en Amérique. A partir de cette publication on ne trouve plus le nom du Père Lafitau que dans une lettre qu’il écrivit de Paris en 1738. Ses derniers instants ne nous sont guères plus connus que les commencements de sa vie: l’année même de sa mort n’est pas très certaine ; toutefois on la place géneralement en 1740. Nous avions espéré trouver sur lui quelques renseignements précis, queloues détails dans les régistres du Sault St. Louis ; mais la perte de ces intéressantes annales, brûlées dans l’incendie de l’église de St. Rézis, où elles avaient éte transportées par le Père Gordon, est d’autant plus irréparable qu’il n’en existe pas même de copie au greffe.

D'un autre côté, les dictionnaires biographiques de l’Europe disent peu de chose de l’historien des vieilles races de l'Amérique ; mais, en revanche, ils sont très explicites et tout particulièrement renseignés à l’égard d’un de ses cousins, évêque de Sisteron, qui,

. aux yeux de l’histoire, a le tort d’avoir été l’ami sinon la créature

du cardinal Dubois (2).

(1) Les exemplaires de cet ouvrage sont devenus assez rares et dispendieux. Il en existe plusieurs dans le pays. Celui du commandeur Viger est enrichi des notes précieuses de M. Joseph Marcoux, missionnaire des iroquois de St. Régis, puis du Sault St. Louis, de 1813 à 1855, c’est-àdire pendant 42 ans. Savant philologue, il composa une grammaire et un dictionnaire de la langue iroquoise, et plusieurs autres ouvrages encor: inédits. Voir les Lettres sur l'Amérique de M. Marmier, et la Promenade en Amérique de M. Ampère.

(2) Pierre François Lafitau, évèque de Sisteron, naquit à Bordeaux en 1685, d'un courtier de vin, et dut sa fortune à son esprit. Il entr: fort jeune chez les jésuites et 8’y distingua par son talent pour la chaire. Ayant été envoyé à Rome au sujet des disputes élevées par les jansénistes contre la bulle Unigenitus, il plut à Clément XI. Devenu évêque, il prit une part très active à la lutte prolongée entre Port-Royal et le= jésuites. Il publia plusieurs ouvrages de polémique et plusieurs mandements. Ses ouvrages sont : “ Histoire de la Constitution Unigenitus,” 1757 et 1758, 2 vols. in-12 ; ‘“ Réfutation des anecdotes où mémoirc< secrets sur l’acceptation de la bulle Unigenitus par Villefort,” 3 vols. in-12 ; “ Histoire de Clément XI,” 2 vols. in-12 ; ‘ Sermons,” 4 vols. in-

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Grâce, cependant, à un portrait qu’un homme, qu’il faut toujours nommer quand il s’agit d’antiquités canadiennes, M. Viger, a tiré de l’oubli, nous pouvons donner à nos lecteurs une idée assez précise de re personne du célèbre missionnaire qui fait l’objet de cette notice. (1)

Le Père Lafitau était de taille ordinaire, il avait les traits de lu figure fins et délicats, le teint blanc et coloré. Son front, ses yeux et toute l’expression de sa physionomie, indiquaient une vive et pénétrante intelligence Sa contenance devait être pleine de noblesse et d’une douce fermeté. En un mot, il nous apparait comme un de ces hommes d’élite qui peuvent renoncer à la gloire humaine ; mais que cette gloire va couronner partout, dans la cabane du sauvage, dans le désert, tout aussi bien que sur un théâtre plus élevé.

HosricE VERREAU.

12; “ La Vie et les Mystères de la Ste. Vierge,” 2 vols in-12, et plusieurs petits ouvrages ascétiques. Il mournt en 1764, à 70 ans, au château de Lurs, qui appartenait aux évêques de Sisteron.—Dict. Hist. de Feller.

(1) Le portrait que nous offrons à nos lecteurs était, ainsi que celui de Charlevoix, à la mission du Sault St. Louis, où personne, sauf M. Marcoux, n’aurait pu les identifier, ce qu’il lui était facile de faire par la tradition transmise de missionnaire en missionnaire. Le commandeur Viger les fit restaurer et copier, par M. Duncan, pour son riche album. Le portrait de Charlevoixa été aussi reproduit par le pinceau de M. Antoine Plamondon, pour la cabine du vapeur qui portait le nom de

l'historien de la Nouvelle-France. Cette toile a dù périr aveé le vaisseau, brûlé il y a quelques années.

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