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mutuellement , etc. Il est rare , en pareil cas , qu'un travail incomplet puisse prétendre aune couronne, non pas précisément parce qu'il est incomplet , mais parce qu'il ne peut l'être sans manquer plus ou moins le but qu'il devait atteindre ; et tout cela , je le répète , parce que le résultat scientifique est le seul objet du concours. Il n'est question de l'auteur dont on couronne les travaux, que pour éveiller chez tous ceux qui pourraient comme lui contribuer à l'avancement de la science , le désir de se lancer dans la même carrière.
Dans le concours ouvert en exécution du testament de Moreau de la Sartlie, il s'agit de tout autre chose. Ce médecin philosophe , pour encourager les élèves à se livrer à une branche des études médicales beaucoup trop négligée et dont il connaissait bien tout le prix, légua sabibHothèque à celui d'entr'eux qui ferait preuve des connaissances les plus étendues en littérature et en philosophie médicales. Le but du concours est donc de reconnaître, parmi les compétiteurs , celui que l'étendue de ses connaissances en ce genre , désigne pour légataire de M. Moreau. Il est donc évident que ce que l'on demande à chaque dissertation , ce n'est pas le tableau complet de la matière qui y est traitée , mais la mesure des connaissances de l'auteur. Si cette conséquence ressort de la nature même du concours» elle se montre tout aussi clairement au premier examen qu'on fait de l'ensemble des questions proposées. Si l'Académie n'en avait pas jugé de la sorte , ou la question eût été la même pour tous les concurrens, ou du moins la vue principale qui aurait réglé le choix des sujets , se serait rapportée avant tout à la parité de leur étendue. Or assurément cette considération n'a été, comme elle ne devait être , que secondaire pour l'Académie. Que l'on compare la question qui m'est échue avec celle qui la précède [comparer les principaux noso-
( va ) f^raplus entre eux, déterminer l'influence des travaux nosologiques sur la mcdecine-'pratique) , il serait difficile de choisir deux sujets qui entrassent mieux dans l'esprit du concours qui nous est ouvert : l'un et l'autre sont également propres à fournir aux concurrens l'occasion de montrer ce qu'ils savent en littérature et en philosophie médicales ; il placent ces derniers dans une position également avantageuse ,- également difficile ; mais si on veut les comparer sous le rapport de leur étendue , et les soumettre l'un et l'autre à la condition d'être traités d'une manière également complète , je soutiens qu'il n'y a plus entre eux aucune parité.
Ceux qui ont intérêt à me faire des objections , diront peut-être qu'on ne me demandait qu'un aperçu rapide des découvertes en anatomie pathologique , etc. , et non une histoire détaillée. Mais il faut bien s'entendre à cet égard. Pour faire un aperçu de cette espèce, quelque rapide qu'on le suppose , il faut établir d'abord l'état où se trouvaient la connaissance et le traitement des maladies ;, il y a trente années , comparer ensuite cet état avec celui où on les voit aujourd'hui , et déterminer , au milieu des progrès qui ont marqué cette péx^iode , ceux dont est redevable à l'anatomie pathologique. Mais est-ce là tout encore ? fallait-il rapporter chaque découverte à l'écrivain le plus récent qui Ta proclamée ; ce qui eût été si souvent un contre-sens historique ? ou plutôt n'était-ce pas le premier de nos devoirs de suivre la série sucessive des accroissemens qui ont enrichi la science , et de distribuer à chacun les éloges qui lui reviennent pour la part qu'il y a prise ? Or , de quelque manière qu'on traitât le sujet , si l'on voulait le faire consciencieusement et d'après les sources , tout ce travail restait le même. L'ouvrage pouvait être abrégé , mais non le sujet ; on pouvait mettre de la rapidité dans l'exposition , mais non dans les recherches et dans la critique.
( viii ) On me reprochera peut-être encore d'avoir trop souvent franchi les Hmites de trente années qui me sont prescrites par les termes de la question. Je n'ai que peu de mots à répondre : j'avais à déterminer quels sont , parmi les travaux qui ont rempli la période dont je m'occupe , ceux qui constituent des découvertes réelles ; je devais donc nécessairement les comparer avec les travaux antérieurs ; et quand les ouvrages publiés à la fin du dernier siècle ne représentaient pas d'une manière exacte et complète le véritable état de la science , il a bien fallu aller chercher h leur source les vérités oubliées ou méconnues , et accorder à leurs auteurs , quoique anciens , leur part d'une reconnaissance dont je ne suis point avare à l'égard des modernes.
N. B. Je n'avais point à traiter la question générale de l'iitililc des recherches anatoTnico-pathologiques , et des inconve'niens qui auraient pu résulter de l'importance exage're'e que voulaient leur donner ceux qui prétendaient en faire l'unique base de la pathologie , ou constituer avec elles une science à part : cette question n'en est plus une au • jourd'hui, et la de'termination précise du rang qu'occupe l'anatoniie pathologique parmi les principaux moyens qu'emploie la méthode expérimentale ou philosophie d'induction appliquée à l'étude de l'homme malade, est un point sur lequel on est généralement d'accord. J'avais seulement à déterminer l'influence des recherches nécroscopiques faites depuis trente ans sur le diagnostic et sur la thérapeutique. Tantôt j'ai énoncé directement les résultats que fournissait à cet égard l'examen comparatif de ces branches de la médecine aux deux termes extrêmes de la période que j'étudie ; le plus souvent ces résultats sont implicitement compris dans une histoire des progrés simultanés du diagnostic et de l'anatomie pathologique. J'ai cru devoir préférer cette méthode , pour éviter des répétitions continuelles, et la sécheresse inséparable d'une revue qui se serait bornée exclusivement à l'exposition de recherches faites sur les cadavres.