Id. LUI
6. Ce nom est presque toujours enfermé dans un cartouche en souvenir du temps qu'Osiris a passé sur la terre. Je n'ai pas besoin de renvoyer le lecteur au Traité de Plutarque sur Isis et Osiris. Les doctrines que je viens d'énoncer s'y rencontrent à chaque page.
Un autre titre également fréquent d'Osiris est celui de ^^^^^^^ MeNKH. Les Grecs ont traduit ce MeNKH par EOi^t^ihç.
signifie^ uou pas le port des bietuf, (opfjioç àyaOûv), comme a traduit Plutarque *, mais le siège du bon, ou du bienfaisant, parce que c'est à Memphis que résidait Apis, l'image d'Osiris; mais ces preuves n'ajouteraient rien à une conviction qui doit être déjà suffisamment formée. Osiris est donc le médiateur entre Dieu et l'homme; il est l'être bienfaisant par excellence; il est, comme l'appelle M. de Rougé, le type et le sauveur de l'homme après sa mort *; il est, par conséquent, le Verbe. — Quant à l'ensemble de toute cette doctrine, on voit comment l'Egypte, distinguant dès l'abord le Logos de Platon du Verbe, a fait de celui-ci la lumière, principe de nos âmes et première émanation de Dieu; comment, considérant le soleil comme le foyer de cette lumière, elle a mis en lui la source de toute vie ; comment ensuite, dédoublant cette glorieuse manifestation du Dieu suprême, elle a vu dans Phré l'alpha et l'oméga de la vie humaine, puisque c'est de la lumière que sort notre âme et que c'est à la lumière qu'elle retourne, et comment enfin elle a vu dans Osiris le type même de l'homme conduit par le Verbe de Dieu à la vie étemelle. Nous connaissons donc maintenant Phtah; nous connaissons aussi Osiris, et, pour en revenir enfin, après ce détour un peu long, au taureau divinisé de Memphis, nous savons de quels rôles était chargés les divers personnages
1. De !s. et Osir. XX, S i Men-No/rc sïgtnhe le Siège duBon^ le cartouche si connu de Thoutmès HI [ Q ^m ^ J doit se traduire: Soleil ^ siège du créateur. C'est, comme on le voit, une formule qui résume toute la théorie du Verbe. On doit peut-être attribuer au sens philosophique contenu dans ce cartouche la coutume qu'ont eue les Égyptiens d'inscrire ce même cartouche sur des milliers d'objets , tous postérieurs à Thoutmès 11L