‹ Mémoire sur HelvétiusChapitre 6 sur 12 · DL · texte numérisé non relu

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flexions. Qu'est-ce au fond, et dans son essence que l’histoire de la philosophie ? un long et fécond commerce avec les plus éminents des esprits, qui se sont appliqués à la connaissance de Dieu, de soi-même et du monde. Or, comment vivre longtemps dans cette forte intimité, sans essayer à son tour de mettre de tels exemples à profit, sans tenter, dans la mesure d’une sage indépendance, de faire aussi pour sa part acte de libre raison et de philosophie ? Comment rester toujours à l’état de critique et ne pas aspirer, si modestement qu’on s’y porte, à celui de penseur! En tout l’histoire est une école; en philosophie elle doit être une école de philosophie ; le serait-elle en effet, si on se bornait à y apprendre ce que d’autres ont pensé, sans jamais s’y exciter à penser par soi-même. Un peu de philosophie au terme de l’histoire n’est certainement pas un excès, et la maxime qui dit non l’histoire pour l'histoire, mais l’histoire pour la philosophie, n’est certes pas une témérité ; il faudrait bien plutôt y voir l'expression d’une sagesse qui ne se confie qu'après épreuve en ellemême.

Si ce peu de mots suffisent pour protester contre l’opinion, qui tendrait à faire de l’histoire de la philosophie une œuvre d’érudition et nullement de philosophie, j'aurai maintenant moins mauvaise grâce à annoncer qu’après avoir exposé et discuté la théorie de l’amour contenue dans le deuxième discours du Livre de l'Esprit , j'aurai à en proposer moi-même une autre, sous la forme d’une solution à cette double question : Qu’est-ce qu'aimer, et qu’aimons-nous ?

Je commencerai par faire remarquer dans ce deuxième discours, un grand défaut de composition, dont on n’a peut-être pas toujours été assez frappé. L'auteur n’y veut en principe établir que cette thèse, savoir :

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