‹ Mémoire sur HelvétiusChapitre 7 sur 12 · RARE · texte numérisé non relu

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« que l'esprit, ce sont ses termes, ne s’estime que par l'intérêt qu’on y trouve; » mais il y en mêle incidemment une autre, qui est que la vertu ne s’estime également que par l'utilité qu’elle procure. Or, contre ce que lui commandaient l'ordre naturel de ses pensées, et la fidélité à son premier dessein , il finit par donner à celle ci comparativement à celle-là, un tel développement et de telles proportions qu’il la fait insensiblement passer du second plan sur le premier, et que pour des yeux même assez attentifs il peut sembler, en dernière fin, que ce qui l’occupe avant tout, c’est la doctrine de l'intérêt dans son acception la plus générale et la plus commune, et non l’application, on le peut dire, singulière, qu’il en fait à l'appréciation des qualités de l'esprit. Or, c’est là, évidemment une confusion, un défaut de composition, je le répète, qu'il importe de relever.

Que pour s’en convaincre en effet on veuille bien suivre l’auteur, dans le long parallèle qu’il institue, point par point, entre les deux termes qu'il compare, entre l'esprit et la probité, et on n'aura pas de peine à reconnaître qu'il tend constamment à y faire prédominer celui-ci sur celui-là, et à développer sans proportion, ce qui se rapporte à l'un, aux dépens de ee qui touche l'autre.

Ainsi il veut d’abord montrer que dans les relations les plus particulières, dans celles qui constituent la société d'homme à homme, « chacun donne le nom d'esprit à l'habitude des idées qui lui sont utiles, comme instructives ou agréables. » Or, dans cette vue que fait-il ? ilentre dans de longues explications pour prouver qu'il en est de même de la probité, considérée dans de semblables relations, et qu'elle aussi « chacun ne l'appelle dans autrui que l'habitude des actions qui lui sont utiles: » et à ce

sujet, sentant bien que cette proposition ne saurait aller toute seule, il ajoute: «Il y a, il est vrai, quelques hommes auxquels un heureux naturel, un désir vif de la gloire et de l'estime, inspirent, pour la justice et la vertu, le même amour que la plupart des hommes ont pour la richesse et la grandeur » (p.180). Mais la classe la plus nombreuse ne donne le nom d’honnêtes qu'aux actions qui lui sont personnellement utiles. Un juge+ absout un coupable, un ministre élève un sujet indigne: l’un et l’autre sont justes aux yeux de leurs protégés (p. 182), il n’y a même point de crimes qui ne soient mis au rang des actes honnêtes par les personnes auxquelles ces crimes sont utiles. « On obéit toujours à son intérêt et l’on juge de toutes les actions en conséquence. » Si l’univers physique est soumis aux lois du mouvement, l’univers moral l’est à celle de l'intérêt, ou à cette espèce de gravitation de soi sur soi, comme l’appelle d'Holbach, à laquelle chacun cède. Avant d'aller plus loin, et sans discuter encore cette théorie d'Helvétius , il convient néanmoins de noter ici l'espèce d'exception qu’il y fait en passant, et sans qu’elle semble à ses yeux tirer à conséquence, lorsqu'il parle de ces hommes qui ne sont pas conduits par l’intérêt, et recherchent la justice et la vertu par un autre motif que celui de l’utile. Il y a donc, peut-on lui demander , de la justice et de la vertu indépendamment de l’utile? Il y a donc, dans le cœur humain, une autre règle de détermination , un autre principe de conduite que l'intérêt personnel? mais alors que devient cette prétendue loi du monde moral, cette espèce de gravitation d'un autre ordre, qui, comme celle qui pousse les corps, doit être universelle ? Est-ce encore une loi? Du reste à quoi tend tout ce raisonnement? À conclure par suite de l’analogie établie en principe par l’auteur, entre la

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probité et l'esprit, que l'esprit n’a pareillement de mesure d'appréciation que l'intérêt qu'il présente. D'où , pour prendre de ces exemples, trop familiers à Helvétius et que lui reproche Voltaire , l'estime qu’on doit faire de Marcel, le maître de danse, de Ninon et de la Lecouvyreur, à cause de leurs pensées , qui, traduites en actes , ici en galanteries, là en belles façons, ont droit, aux yeux de l’auteur , à être jugées avec faveur ; ces personnes ont leur utilité dans le plaisir qu'elles procurent. « De sorte que, comme le dit encore Helvétius, pour estimer les idées d'autrui, il faut être intéressé à les estimer. »

Ce n’est pas qu’il n’y ait, reprend-il, comme au sujet de la probité, quelques hommes amis du vrai, quelques philosophes, quelques jeunes gens qui estiment avant tout les idées vraies et lumineuses; mais le plus grand nombre fait autrement et en matière d'idées comme en matière d'actions, règle son jugement sur son intérêt. a Car, il y a pour nous nécessité de n’estimer que nous dans les autres » (p.195). Mais s’il y a une telle nécessité, peut-on répondre à son tour, pourquoi certains hommes, au dire même de l’auteur, y échappent-ils? pourquoi ont-ils une autre mesure d'appréciation ? quelle est encore ici cette nouvelle exception, qui tourne éyidemment contre la théorie dont il s’agit? Elle ne l’arrête cependant pas, et, reproduisant sa thèse sous un aspect ou plutôt à un degré nouveau, il essaie de prouver qu’ilenest de l'esprit par rapport à une société plus étendue, comme à l'égard de celle de particulier à particulier , et dans ce but il revient à son procédé habituel de la comparaison de l'esprit avec la probité, à laquelle il fait toujours, dans ses développements, la part beaucoup plus large.

Qu'’estime une société, qui sans être encore publique, n’est plus cependant tout-à-fait privée, dans la conduite et

RO D les actions d'autrui ? l'intérêt qu’elle y trouve. Seulement quand elle est animée de vues trop limitées, trop personnelles, au lieu de considérer l'intérêt le plus général, c’est un intérêt plus borné qu’elle consulte et écoute : en quoi elle se trompe et se fait illusion. « Aussi le moyen, dit Helvétius, d'échapper aux séductions des sociétés particulières et de conserver une vertu inébranlable au choc des intérêts particuliers, est de prendre dans toutes ses déterminations, conseil de l’intérêt public » (p. 210).

Prendre conseil de l'intérêt public! qu'est-ce à dire ? D'abord y a-t-il un autre intérêt que l'intérêt privé, et la prétendue publicité dont il s’agit ici n’est-elle point simplement une affaire de chiffres, qui ne signifie autre chose, sinon qu'un plus ou moins grand nombre d'’individus ont chacun en particulier le même intérêt personnel? Ensuite qu'est-ce dans ce cas que consulter l'intérêt public? n'est-ce pas uniquement regarder si son intérêt propre est celui du grand nombre, et ne faire état de celuici qu’autant qu'il convient avec celui-là, qui seul vaut par lui-même, et doit prévaloir sur tout autre? En d’autres termes, l’utile pour soi avant tout, pour soi seul, s’il ya lieu; pour soi et pour autrui, si on y trouve son avantage, comme aux dépens d'autrui, si on y a profit, n'est-ce pas là en abrégé toute la morale d'Helvétius? morale toute d'intérêt, et de cet intérêt qui se réduit à la satisfaction de la sensibilité physique, doctrine d’égoïsme et de sensualisme, aux préceptes de laquelle il ne mêle de loin en loin des maximes d’un autre caractère, que pour nous donner ou se donner le change, et se soulager par une inconséquence des suites fâcheuses de ses principes, qui doivent parfois lui peser.

Maäis ce n’est là qu’une remarque que je jette en passant, et que je laisse à développer, pour revenir à la

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suite de mon analyse. Plus tard je la reprendrai pour y insister plus expressément. |

Si dans les sociétés particulières on n’estime la probité que par l’utile, on n’y fait pas, poursuit l’auteur , d'autre appréciation de l'esprit. En veut-on des exemples, mais j'avertis que je choisis, je ne pourrais tout citer: Un Fakir, dans une société de sybarites, serait regardé avec cette pitié méprisante, que des âmes sensibles et douces ont pour un homme qui perd de tels plaisirs en vue de biens imaginaires. Une femme galante trouve peu d’accueil parmi des prudes et réciproquement ; les géomètres ont plus d'estime pour les physiciens que pour les poètes ; d'ordinaire on plaît dans le monde, non en approfondissant aucune matière, mais en voltigeant incessamment de sujet en sujet ; et en général dans chaque société l'intérêt personnel est l’unique règle d'appréciation des mérites de l'esprit. |

Et ce qui est vrai de l'esprit considéré par rapport à des sociétés particulières, c’est également de l'esprit par rapport à cette société générale , qui s'appelle le public. Le public lui aussi juge des idées par leur utilité, comme au reste de la probité.

Cependant Helvétius pense avec Duclos que dans certains cas c’est non-seulement à l'utilité d’un art, mais à sa difficulté, à sa nouveauté, à d’autres circonstances et surtout à ses moyens d'exprimer la beauté qu’on accordeson estime. N'est-ce pas encore là une exception, de laquelle il résulte qu’en esthétique comme en morale, après une première règle de jugement qui est l’utile, on en propose une autre, qui est le juste ou le beau.

Enfin, l’auteur envisage l'esprit et la probité par rapport aux siècles et aux peuples divers, mais en commençant par la probité et en s’y arrêtant beaucoup plus,

comme si c'était le sujet principal dont il eut à traiter; toujours le même vice de composition.

Il avance donc que « dans tous les siècles et dans tous les pays la probité ne peut être que l'habitude des actions utiles à sa nation » (p. 214) ; et pour le prouver il examine deux opinions dont l’une consiste à considérer la vertu comme relative, et l’autre comme absolue, et il partage la première ; ce qui l’y détermine ce sont des faits, tels que le vol permis à Sparte, le meurtre des vieillards autorisé parmi les sauvages , différentes coutumes, qui , toutes révoltantes qu’elles paraissent, ont cependant été, en certains temps et en certains pays, approuvées (p. 280).

Sa conclusion est que la probité ou la vertu varie selon les idées que l’on se fait du bonheur, dont la vertu n’est que le désir (p. 283). Elle lui parait évidente ; cependant, pour mieux l’appuyer encore, il croit devoir distinguer entre la vertu de préjugé et la vertu véritable. La première est celle qui ne conduit pas au bonheur public et toutefois chez la plupart des nations elle est plus honorée que l’autre. — Mais alors, peut-on faire remarquer à l’auteur, ce n’est donc pas par l'intérêt que ces nations l’estiment, et alors aussi que devient cette prétendue règle de jugement des actions que l’on donne comme universelle. — Du reste, est vertu de préjugé, celle par exemple des bramines avec leurs bizarres superstitions , celle des prètresses de l’île de Formose, et celle des peuplades du Congo vendant leur parents ou leurs enfants. — Toujours même objection ; mais si dans tous ces usages on trouve son utilité ou son plaisir, n'est-on pas justifié par là même. Et quand on nous rapporte avec une complaisance qui n’est ni de bon goût ni de bonne compagnie, qui même semble parfois d’un étrange relâchement, ce

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qui se fait au Tonquin, à Siam, dans l'Orient , quand on nous parle dans le même sens de l’amour grec, en prouve-t-on mieux ce qu'on appelle les vertus de préjugé; l’utilité, la sensualité, n’est-elle pas toujours là pour tout expliquer et tout légitimer. On a beau dire ensuite qu’on n'a pas prétendu se faire l’apologiste de la débauche, mais seulement donner des notions plus nettes des deux espèces de vertu, et mieux faire connaitre le mal pour indiquer le remède, il n’y a pas moins dans tout cet étalage de faits honteux, beaucoup d’inconvénients et fort peu de démonstrations. Qu’après nous avoir saturés de lels détails, et en être venu jusqu’à vanter l'utilité des femmes galantes pour l'emploi qu’elles font de leurs richesses, on déclame contre les moralistes qui recommandent la modération dans les désirs, que l’on cherche à les tourner en ridicule, et que l’on dise d'eux: « Rien de plus dangereux dans un état que ces moralistes hypocrites, qui, concentrés dans une petite sphère d'idées, répètent continuellement ce qu’ils ont entendu dire à leurs mies et recommandent la modération des désirs. …… Ils ne sentent pas que leurs préceptes, utiles à quelques particuliers, placés dans certaines circonstances, seraient la ruine des nations qui les adopteraient ; » il n’y a pas lieu de s’en étonner. Un moraliste du bel air , et qui n’écrit pas pour effrayer de ses sévérités un monde frivole et voluptueux, doit prendre en quelque pitié ces instituteurs des âmes simples et honnêtes, qui ont la petitesse de leur prêcher la modération dans les désirs, et à la rigueur le renoncement et le sacrifice ; et tout au plus peut-il condescendre jusqu'à leur conseiller de substituer dans leurs maximes le langage de l’intérét. à celui de leur étroite et quelque peu naïve sagesse; ce qui n'empêche pas notre auteur dans une de ces réflexions qui lui échappent parmi ses fréquen-

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tes contradictions de s’écrier : C’est par un oubli absolu de ses intérets personnels qu’un moraliste peut se rendre utile à sa patrie. (p. 310).

Mais l'esprit à son tour et toujours en parallèle avec la probité, est aussi considéré par Helvétius relativement aux siècles et aux pays divers. On sait d'avance quel sera le résultat de ce nouvel examen : « L’estime pour les différents genres d'esprit dans chaque siècle est proportionné à l'intérêt que l'on a de les estimer » (p. 323). « Le goût c’est l'intérêt » (p. 335). Comme nous l'avons déjà vu , même principe en esthétique qu’en morale; l'utile en tout et par-dessus tout. Ainsi, comme prédicateurs on préférait Menot et Maillard au xve° siècle, et Bourdaloue au xVIF', affaire de goût, c’est-à-dire d'intérêt. Affaire de goût et d'intérêt encore, que l'espèce de prédilection que l’on a eue pour Corneille au xvir, et pour Racine au XVIIIe. «Une certaine faiblesse de caractère, suite nécessaire du luxe et du changement arrivé dans nos mœurs, nous privant de toute force et de toute élévation dans l’âme, explique cette différence de penchants, de même que la préférence que l’on donne aux comédies sur les tragédies » (p. 559). Le beau n’est donc pas plus chose en soi que le bien : il n’est que ce que le fait l’utile, et l’utile, il ne faut pas l'oublier , n’est dans la rigueur de cette doctrine, que ce qui touche et réjouit les sens, que ce qui satisfait la sensibilité physique. Avec la sensibilité physique pour sujet et pour juge, et l'utilité pour objet et chose à juger, faites si vous le pouvez de la critique, faites cette haute application des plus délicates de nos facultés à la perception et au goût des plus exquises vérités de l’ordre spirituel et moral; tentez cette impossibilité, et bientôt vous vous convaincrez que , réduits aux termes auxquels Helvé- Yétius vous enchaîne, avec les sens d'un côté, et ce qui

ss SAS plaît aux sens de l’autre, vous ne pourrez prononcer du beau que comme d'une saveur, d’une odeur, d’une couleur ou d’un son, et par cela qui seul juge de ces propriétés, par le palais, l’odorat, la vue et l’ouie; c’est-àdire que vous n’en prononcerez plus et que vous vous bornerez tout au plus à dire quand il vous arrivera de trouver certaines belles choses qui sont utiles, qu’elles valent par l'utilité et non par la beauté. Ainsi, pour reprendre l’exemple même d’Helvétius, dans Corneille vous apprécierez, au sein des hautes régions où il emporte votre âme, non plus cette poésie supérieure et idéale qui vousravit dans ce que votre cœur a de plus grand et votre raison de plus pur , mais cette propriété qu’il pourra par accident, par une de ces rencontres où les choses les plus sublimes se joignent aux plus basses, avoir également, de vous rendre le corps plus dispos et de vous procurer un certain bien-être, et ce sera avec lui de l'hygiène que vous ferez, et non de l’esthétique, non, j'oserai le dire, de cette religion de la grandeur dans la beauté, qui donne bien aussi une certaine santé, mais à l’âme qu'elle purifie et sanctifie dans ses plus nobles parties, non au corps auquel elle ne s’abaisse pas ou qu’elle ne touche que de loin. Ainsi encore dans Raciné vous estimerez moins cette divine suavité d'inspiration et d'expression qui n’est pourtant pas sans éclat et sans force, mais qui avant tout abonde en chants soutenus d'amour et de tendre harmonie, que cette vertu, si par hasard il l’a, de-carésser votre mollesse, de flatter votre sensualité, d’être pour vous un objet de luxe, et un moyen raffiné de voluptueuses jouissances. Est-ce là du goût, est-ce là de la critique ? Ce n’est que de l’économie politique appliquée à des choses dont elle n’est pas juge.

Ces observations qui conviennent à ce qui précède ,

NT A conviennent également à ce qui suit dans notre auteur. IL s'agit en effet de l'esprit envisagé par rapport aux différents pays. Or, c'est toujours chez lui la même règle d’estime proposée, et la même règle d'estime, selon nous , à rejeter. Il pense que ce genre d'esprit, qu’on appelle l'éloquence, n’est si fort prisé dans les pays républicains , que parce qu'il ouvre la carrière des richesses et des grandeurs. N'est-ce pas encore dire que soit aux yeux de l'orateur, soit à ceux des auditeurs, ce don et cet art tout ensemble, cette puissance toute spirituelle qui s'adresse à l'intelligence par les idées, et au cœur par les passions, qui dans son excellence et sa force vaut avant tout par la vérité et ce qu’il y faut de beauté pour éclairer , toucher et persuader les âmes, n’est cependant, dans l'opinion des hommes que chose de négoce, instrument de bien-être, objet qui se vend et s’achète ni plus ni moins qu’une étoffe, qu’un bijou, qu’un meuble de luxe, que fabrique pour le gain un ouvrier intelligent , et que paie pour son plaisir un consommateur intéressé et souvent. une dupe. Voilà tout le secret de cette espèce de production qu’on nomme. l’éloquence; métier et marchandise , rien de plus, rien de mieux. Ainsi jugée et tarifée l’industrie de la parole, est-elle assez méconnue, est-elle assez dégradée, est-elle assez exclusivement vue par ses tristes et bas côtés? Et cependant même lorsqu'il arrive que celui qui s’y livre la détourne de son noble et légitime but, et l’applique à des desseins qu'il ne saurait avouer, ne faut-il pas, s’il veut encore trouver ou conserver en lui quelque vertu de persuasion, qu'il ait, ne füt-ce qu’en passant , quelque généreuse conviction, quelque entrainante. passion? Ne faut-il pas de même que ceux, auxquels il parle, recherchent auprès de lui autre chose qu'un amusement de l'oreille, qu’un plaisir des yeux,

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