‹ Mémoire sur l'analogie de composition et sur quelques points de l'organisation des échinodermes;Chapitre 6 sur 21 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

DÉTERMINATION COMPARÉE DES DIVERSES PARTIES DU SQUELETTE DES ÉCHINIDES ET DES ASTÉRIES.

Le squelette des Échinides et celui des Astérides sont absolument comparables, ainsi que je l’ai écrit en février 1837 ; mais pour que cette comparaison soit exacte, il faut commencer par reconnaître les différents rayons dont se compose la boîte osseuse, quelle que soit sa forme, qui constitue le squelette périphérique des Échinides.

Ces rayons sont faciles à reconnaître dans les Cidarides ou les Oursins réguliers, où ils sont arrangés comme des méri-

(1) Cette seconde partie a été lue à l’Académie des sciences dans la séance du 28 février 1848. Vour le compte rendu de cette séance, p. 266 et suivantes. Les parties II, IIL et IV comprennent de nouvelles études sur les faits indiqués dans le titre de ce Mémoire. Ces nouvelles études ayant pris beaucoup plus d'extension que je ne l'avais d’abord prévu , me forcent de changer le titre de simple Vote, que j'avais d'abord donné à ce travail, en celui de Mémoire , dont les troisième et quatrième parties feront le sujet d'une lecture prochaine.

diens, et sont régulièrement soudés les uns aux autres, du pôle où est la bouche, au pôle où se trouvent l’anus et les orifices des organes génitaux.

Chacun de ces cinq rayons est symétrique, et se compose, dans la partie moyenne, d’une double série de pièces osseuses, que l’on doit déterminer comme les vertèbres; et, dans ses parties latérales, d’une série d’autres pièces osseuses, que l’on doit déterminer comme les côtes.

Celles-ci se soudent avec la partie correspondante du rayon voisin, et composent ensemble la région dite interambulacraire; tandis que la région que l’on nomme ambulacraire est la partie vertébrale d'un même rayon.

Les diverses pièces vertébrales ou costales, dans la nomenclature que nous avons adoptée, sont de même forme dans chaque série; elles ne diffèrent que par les proportions, qui vont en diminuant de l’équateur de la boîte osseuse à l’un ou l’autre pôle.

La composition rayonnée est absolument la même dans tous les autres Échinides réunis dans les familles des C/ypéastroïdes, des Cassidulides et des Spatangoïdes, telles que M. Agassiz les a reconnues et caractérisées.

Nous prendrons, pour le démontrer, une espèce de cette dernière famille, le Spatangue cœur, que l’on regarde généralement comme s’éloignant beaucoup de la forme rayonnée, et se rapprochant le plus de la forme symétrique.

Son squelette se compose de cinq rayons, comme celui de l'Oursin comestible. Ces rayons ont de même l’orifice buccal pour point de départ; mais comme cet orifice est transversal, et un peu en arrière du bord de la boîte osseuse, dans la face inférieure, on peut y distinguer un rayon impair et

deux rayons pairs. Le premier est perpendiculaire à la lèvre la plus rapprochée du bord de la boîte osseuse.

La paire qui vient immédiatement après ce rayon part de cette même lèvre, sur les côtés, et se dirige vers la périphérie, en s’arquant un peu du côté du rayon impair.

Les deux autres rayons partent de chaque commissure de la bouche, et se portent, en s’écartant très-peu l’un de l’autre, vers le bord le plus éloigné de cet orifice, où se trouve l'anus.

Ces cinq rayons sont de longueur fort inégale à la face inférieure de la boîte osseuse, à cause de la position de la bouche, qui est ici très-excentrique; ils convergent régulièrement, du côté supérieur, vers le centre de la voûte que forme la boîte osseuse, et où se trouvent les quatre orifices des organes génitaux et le pôle génital.

Îls se composent de même des séries de pièces vertébrales et costales que nous avons reconnues dans les Oursins réguliers.

Les pièces vertébrales diffèrent peu entre elles pour la forme, et même pour les dimensions, du moins à la face inférieure. À la face supérieure, elles diminuent à mesure qu’elles convergent vers le pôle génital.

Mais les pièces costales destinées à remplir les intervalles des rayons et à réunir ces rayons entre eux, sont d'autant plus grandes, que ces rayons sont plus écartés l’un de l’autre. Soudées entre elles à la face inférieure, sans doute pour la solidité des mouvements, elles sont peu nombreuses; mais elles correspondent de nouveau aux pièces vertébrales, par leur nombre, dans la face supérieure de la boîte osseuse.

La boîte osseuse des Spatangues présente donc une com-

position identique avec celle des Cidarides. On y démontre de même cinq rayons, qui vont de la bouche au pôle supérieur ou génital. Chaque rayon se compose également de deux séries de pièces vertébrales, qui en forment la partie moyenne, et de deux séries de pièces costales, qui sont réunies par suture aux deux côtés de celles-ci.

Les pièces vertébrales à travers lesquelles communiquent les appendices vésiculeux externes de toute espèce, soit tactiles, soit respirateurs, soit locomoteurs, avec les organes internes correspondants, ont, à cause de ces connexions, plus de constance dans leur forme et leur nombre, que les pièces costales qui n’ont pas cet emploi.

Mais la position excentrique de la bouche a entraîné de l'inégalité dans la longueur des rayons, des différences plus ou moins grandes dans l'étendue des intervalles qui les séparent, et dans les dimensions des pièces qui remplissent ces intervalles. Il en résulte que ces rayons ne sont plus symétriques, et que cette asymétrie se remarque uniquement dans la partie costale de chaque rayon.

Le déplacement de l'anus, qui s’est séparé du pôle génital, pour se poser entre les pièces costales de deux rayons, n’inlue presque en rien sur la forme et les dimensions proportionnelles de ces rayons et des pièces qui les composent. Aussi peut-il être percé à l'extrême bord, ou bien s’en éloigner plus où moins pour occuper sa face inférieure ou supérieure : cela ne forme pas un caractère différentiel important; les Zoologistes systématiques l'ont reconnu dans quelques cas. |

Ce qui vient d’être dit montrera qu'il en est autrement de la position de la bouche, de laquelle partent les cinq

rayons qui composent toujours la boîte osseuse des Échinides, pour converger vers le pôle génital.

Lorsqu'on s’est appliqué à ne voir dans les Spatangues que la différence dans leur forme générale, et surtout dans la position de la bouche et de l’anus, sans reconnaître leur composition rayonnée, formée de même de cinq rayons; on s’est arrêté, selon nous, à la surface, aux premières apparences, sans voir ce que cette comparaison des Oursins réguliers et des Spatangues , et par suite, de tous les Échinides, présentait de plus important, relativement à l’uriformaté de sa composition rayonnée.

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