DES PIQUANTS DANS LES ÉCHINIDES
Dans les Échinides, les piquants sont constamment articulés à un tubercule arrondi , plus ou moins saillant, appartenant à l’une des plaques vertébrales ou costales, comme une épiphyse appartient à son os chez les Vertébrés. La facette articulaire du piquant est plus ou moins concave, pour se mouvoir sur la convexité de ce tubercule, que l'on peut détacher ‘assez facilement de la plaque à laquelle il appartient.
Dans le Spatangue cœur (1),la partie articulaire de chaque piquant se compose d’une grande surface (a), inégalement conique, couronnée par une crête (b), à laquelle s’attachent les museles (2) de l'articulation ; son sommet est un tubercule sphérique (c), formant proprement la facette articulaire; au milieu de ce tubercule, il existe une fossette pour l'attache d'un ligament (d), semblable à celui qui fixe la tête du fémur
(1) PL AIT, fg..G- 1, 2.et, 3.
chez l'Homme et les Mammifères, au fond de la cavité articulaire correspondante du bassin.
C’est autour de ce tubercule que s'attache la capsule articulaire (4); elle se fixe d’autre part à la couronne de petits tubercules (f) qui entourent la base du mamelon articulaire (g) de la plaque. On voit de même, au pôle de ée mamelon, une fossette (.) pour l’attache de l’autre extrémité du ligament rond.
Il n'existe pas, dans les Vertébrés, d’articulation plus parfaite, pour la liberté des mouvements en tous sens, et mieux armée de muscles pour les produire, sinon avec une grande force, du moins dans toutes les directions, puisque de petits muscles entourent complétement cette articulation, ét peuvent la fléchir de tous les côtés.
La distance entre leur attache au piquant et le point d'appui de ce levier facilite encore leur action.
Dans le genre Æchinus (1) la partie du piquant entourée par les petits muscles (+) est plus régulière; elle est couronnée par uu cercle de tubercules (b), auxquels viennent aboutir les cannelures du piquant, et qui donnent attache aux petits muscles qui enveloppent aussi de toutes parts cette articulation. La saillie articulaire (a) du piquant a, dans son sommet, une fossette articulaire plus marquée ( /), dans laquelle pénètre le tubercule (d) de la plaque correspondante du squelette. Cette fossette n’a pas de trou pour l’attache d'un ligament rond. Nos espèces n'en présentent pas davantage dans les tubercules des plaques. Si quelques-uns paraissent
(1) PI. IE, fig. H-4.
enavoir, c'est par accident, lorsque le durcissement n'est pas complet dans l'axe du tubercule, comme à sa circonférence; aucun ligament d’ailleurs ne s’y attache.
Dans l’Oursin comestible et, selon toute apparence, dans toutes les espèces de ce genre, le ligament rond del’articulation manque. Il en résulte que les piquants sont beaucoup plus caduques que dans les Spatangues, et qu'après la mort les Oursins propres en sont très-souvent dégarnis en grande partie, tandis que les Spatangues ont conservé les leurs.
Il en résulte encore, ce que nous démontrerons dans le paragraphe suivant, que les piquants sont, chez le Spatangue cœur, les principaux organes du mouvement ; tandis que, chez les Oursins propres, ils paraissent partager plus également cette fonction avec les pieds vésiculeux.
La coupe transversale d’un piquant d'Echinus esculentus montre une partie axillaire incolore. Autour de cet axe, il y à un premier rang de lames minces, également incolores, qui forment comme des rayons séparés par des intervalles vides et réunis à leur bord par une lame circulaire. Au delà de cette lame, elles se continuent plus épaisses et montrent deux couleurs qui semblent indiquer encore deux autres époques d’accroissement.
Ces prolongements de la première série de lames manquent aux petits piquants, qui n'ont que cette première série et l'axe incolore qu’elles entourent.
Le tubercule articulaire de la plaque sur lequel se meut chaque piquant, faisant partie du même appareil de mouvement, le complétant, se développe avec lui, paraît comme une épiphyse sur chaque plaque, dont on le détache facilement.
QUO JS