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prononcer aussi calégoriquement, et il serait peut-être prudent de ne pas définir de cette manière les fibres qui donnent souvent au faisceau l'apparence d'un faisceau monocotjiédoné (plusieurs Composées, Ijappa). Dans les Protéacées {Hakea^ Banksia), il existe, à l'angle interne des gros faisceaux, une ou plusieurs fibres très-différentes des éléments du bois, mais absolument semblables aux fibres libériennes et aussi précoces que celles-ci. Elles prennent un fort développement dans la feuille, et c'est sur elles que repose le système de cellules épaissies qui constitue le squelette si curieux des feuilles de ces plantes. Sont-ce de véritables fibres libériennes ?
Il B. Le liber de formation primaire s'accroît par un faux cambium de formation postérieure. — Supposons que, dans le liber intérieur tel que je viens de le décrire, les cloisons nouvelles, au lieu d'être disposées très-irrégulièrement et de diviser indifféremment toutes les cellules du liber, s'orientent tangentiellement et se cantonnent de préférence dans la région . externe de manière Ji déterminer un accroissement franchement centripète, nous aurons un tissu qui ressemblera beaucoup à un cambium, mais qui s'en distinguera par son origine, par rirrégularité de ses fonctions et par son activité uniforme des deux côtés ou même tout à fait unilatérale ; on observe dans la nature tous les passages entre la multiplication irrégulière des éléments libériens et la formation de ce faux cambium ; dans beaucoup des plantes citées plus haut il n'est pas rare de voir les divisions s'opérer parallèlement, et si je sépare ces deux cas, ce n'est pas pour établir une division scientifique, mais uniquement pour faciliter la description de tous ces faits.
C'est dans les Solanées que nous trouvons les plus beaux exemples de cette nature. Dans le Lydum. barbarum^ le liber intérieur ne renferme pas de fibres, mais il est très-volumineux, et il s'accroît de l'extérieur vers l'intérieur par un faux cambium bien caractérisé. Dans le Capsieiim bicolor, le liber intérieur est beaucoup plus fort que le liber extérieur ; il est soutenu par quelques groupes de fibres placées à ses angles intérieurs, et se multiplie quelquefois par un faux cambium assez net et
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souvent très-abondant. Dans le Solandru hirsula^ le faux cambium est parfaitement caractérisé ; à la limite interne du liber intérieur se trouvent d'innombrables fibres libériennes trèsfortes, très-grosses, disposées généralement en petits paquets ordinairement allongés dans le sens radial.
Dans le C;/nanchum nwnspeliaciim et le Cerbera Mangkus, j'ai constaté la même particularité : dans cette dernière plante surtout, cette zone génératrice est très-nette, et les divisions tangentielles donnent constamment naissance, de part et d'autre, à des éléments libériens ; le faux cambium traverse les rayons médullaires, comme le fait le vrai cambium à l'extérieur.
m X. Le liber primaire ou secondaire se trouve à la face interne ligneuse du bois, et ne se produit qu^une fois. — Dans le Goodenia ovata (pi. 10, fig. 1), on trouve dans la jeune tige un certain nombre de faisceaux disposés en cercle ; mais bientôt cinq de ces faisceaux s'enfoncent de manière à toucher, par l'extrémité de leur liber, a la face interne du cambium qui passe par-dessus tout ce faisceau en conservant ses propriétés ordinaires, c'est-à-dire en formant du bois à sa face interne ; le bois recouvre bientôt complètement le liber, qu'on retrouve finalement tout près des trachées, non loin de l'axe de la tige; il est composé de cellules grillagées et de parenchyme. Comme il n'existe que des fibres libériennes primaires, il en résulte que les faisceaux qui ont du liber près des trachées n'ont pas de fibres libériennes en dehors du liber extérieur.
III B. Le liber est primaire ou secondaire; il se trouve à la face interne ligneuse du cambium; il se reproduit à des intervalles plus ou moins réguliers. — • Dans une Gentianée, le Chironia linoides (pi. 40, fig. 3 et 4), on trouve à la face interne du bois quelques faisceaux de liber composés de cellules grillagées et de parenchyme, et dont toute la section ne dépasse pas celle d'une cellule médullaire. Le bois secondaire commence par des fibres; plus tard, il se forme un mélange de fibres et de vaisseaux ; entre ces deux zones, on trouve de distance en distance de petits faisceaux de cellules à parois minces, cellulosienncs, et de cellules grillagées de structure complexe, avec des
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cloisons transversales obliques, marquées de trois ou quatre ponctuations grillagées superposées; à en juger d'après les états les plus jeunes, plusieurs de ces éléments appartiennent à une môme cellule mère, qui s'est divisée par des cloisons longitudinales en deux ou plusieurs parties inégales. Les systèmes des cellules sœurs correspondent exactement à la section des éléments ligneux voisins, et ne troublent nullement la régularité de structure du bois. Plus en dehors, par exemple à quatre ou six rangées de fibres de la première zone, le même phénomène se reproduit, de sorte que tout le bois est parsemé de petits îlots de liber, disposés suivant plusieurs zones concentriques.
Il existe dans les Acanthacées plusieurs exemples de cette nature. Dans Hexacentris coccinea (pi. H, fig. 2), on observe environ seize lames rayonnantes allant de Técorce jusqu'au bois primaire, et composées de couches alternantes de bois et de liber ; ces couches libériennes noyées au milieu du bois sont chacune bien plus puissantes que le liber extérieur; elles sont composées de cellules grillagées et de parenchyme ; les rangées de cellules qui touchent au bois renferment cette même matière granuleuse qui est connue dans les Bignoniacées, au contact des lames libériennes et du bois.
Dans le Thunhergia giandiflora^ la structure de la tifçe est très-semblable à celle à' Hexacentris^ sauf le nombre des lames. Il se forme d'abord du liber comme ([diU^ Hexacentris ; l'activité du cambium est très-exaltée en deux endroits opposés, puis elle décroît, et finit en mourant aux extrémités du diamètre perpendiculaire au premier. D'abord le cambium engendre du liber, puis, à une certaine distance, à l'extérieur, du cambium, le tissu se différencie suivant une zone et devient du bois; mais le cambium situé au-dessous s'éteint, et il s'en développe un autre à la face externe du bois nouvellement formé, et ainsi de suite (1).
Note sur l'effet physiologique de la position intérieure du liber. — La position intérieure du libéra certainement pour premier
(1) La formation de ces couches alternantes de bois et de liber mérite d'être éliiliée avec soin. Je n*ai pas consacré à cette étude h temps qu'elle exige.
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effet fie protéger très-efficacement cette partie si importante de la ti^e. Nous voyons dans presque toutes les plantes ligneuses grimpantes, qu'on réunit sous le nom de Lianes ^ une disposition particulière du liber, qui contrebalance le danger qui découle de la longueur et de la faiblesse de ces tiges : on sait que la rupture du liber en un point quelconque entraîne la mort de toutes les parties situées plus bas (Bignoniacées, Thunbergiées, Ménispermacées). Un exemple montrera qu'il y a véritablement, à ce point de vue, une relation biologique entre la structure et la forme de la tige. Les Thunbergia sont des plantes grimpantes, et possèdent la structure que je viens de décrire. Le Meyenia erecta^ qui ne doit être considéré que comme un Thunbergia droit, n'a rien de semblable ; sa tige est parfaitement normale. Parmi les plantes qui possèdent un liber intérieur, il y en a beaucoup de grimpantes, sarmenteuses, etc., (^omax^Solanum Dulcamaray Lycium barbarum^ Vinca, beaucoup d'Asclépiadées, les Convolvulacées, les Cucurbitacées.
On connaît cependant beaucoup de plantes grimpantes ou sarmenteuses qui sont dépourvues de liber intérieur, comme, par exemple, les Clématites, les Ampélidées, les Célastrinées, les Aristoloches, etc.