‹ Mémoire sur l'anatomie comparée de l'écorce: ThèseChapitre 9 sur 19 · I. Les glandes résinifères et oléifères · texte numérisé non relu

I. Les glandes résinifères et oléifères

Les glandes résinifères et oléifères canaliformes qui se trouvent dans le tissu fondamental se rattachent d'ordinaire trèsnettement aux faisceaux fibro-vasculaires, comme l'a très-bien démontré M. Van Tieghem pour un grand nombre de plantes. Leur structure est très-nette et très-constante : une, deux ou plusieurs assises de cellules, différentes par leur forme des cellules parenchymateuses voisines, sont disposées autour d'un méat intercellulaire où elles déversent le produit de sécrétion (Guttifères, Ombellifères, Composées).

A ces glandes canaliformes se rattachent les glandes sphériques particulières, sans relation avec les faisceaux fibro-vasculaires, souvent décrites, accompagnées de destruction de cellules, des Aurantiacées, Rutacées, Diosmées (2), Amyris (3).

Il ne m'appartient pas de faire l'histoire de tous ces organes, mais il fallait les nommer, à cause de leur position dans l'écorce primaire et de leur constance, qui fait de leur présence ou de leur absence un caractère anatomique des plus importants.

(1) Anmles des tcieiices naturelles, 6° série, 1. 1, p. 176.

(^) Voyez, pour la formation de ces glandes, la note de M. i. Cliatin {Comptes rendus, t. LXXXI, p. 502).

(3) Van Tieghem, toc. cit, — A. Engler, Siudlen uber die VerwandtscMft d, Rutaceœ, etc. {Bot, Zeit., 1874).

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IV. De différentes modifications que subit Técorcc primaire par les progrès de l'âge.

Parmi les modifications qui peuvent se produire spontanément (c'est-à-dire sous l'influence d'un périderme situé plus profondément), il faut citer, outre la sclérification, un aplatissement des cellules accompagné d'une espèce d'accolement des parois cellulaires, avec oblitération plus ou moins complète des cavités cellulaires, suivie ou non d'épaississement, et qui peut conduire à la formation de masses cellulosiennes compactes très-volumineuses. M. Wigandt a donné à des formations semblables le nom malheureux de prosenchyme corné ^ nom que je transformerai simplement, quand il y aura lieu, en celui de parenchyme corné^ qui s'accorde mieux avec la forme des cellules.

Ce phénomène se produit souvent avec une netteté parfaite dans les plantes herbacées, dont la gaine pro lectrice se subérifie. Ainsi, dans le Gentiana asclepiadea^ les deux assises extérieures de l'écorce primaire conservent leur forme primitive ; mais les cellules des deux ou trois rangées qui viennent ensuite s'aplatissent ; leurs parois s'épaississent et s'accolent, de manière à former sur la coupe transversale une traînée cellulosienne marquée de distance en distance de petites fentes ou de petites lignes, derniers vestiges des cavités cellulaires. Cette masse cellulosienne est séparée de la gaine Gasparienne par une seule rangée de cellules.

Nous verrons que ce phénomène assez rare, quand il n'est pas provoqué par une cause quelconque, comme le ralentissement dans la circulation par l'établissement d'un périderme ou la compression exercée par d'autres parties douées d'un accroissement très-vif, se présente souvent dans le rhytidome, et ne manque pas non plus dans le liber mou, où il acquiert souvent une grande importance.

Annexe à Vécorce primaire. — Les rayons médullaires, qui appartiennent au tissu fondamental, ou les grands rayons^ pré-

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sentent une structure conforme à celle de Técorce primaire. Dans la partie externe, les cellules sont même souvent rangées régulièrement et disposées transversalement; elles peuvent se diviser comme celles de l'écorce primaire, et écarter ainsi les faisceaux libériens; dans la partie interne, leurs cellules se dirigent radialement (à moins que la partie parenchymateuse de la tige l'emporte de beaucoup sur la partie fibro-vasculaire) et ne se divisent pas.

La hauteur des rayons médullaires primaires dépend du parcours des faisceaux eux-mêmes, et par conséquent, jusqu'à un certain point, de la production des feuilles sur l'axe. Il y a un certain nombre de plantes où ils s'étendent sans interruption d'un nœud à l'autre, et où les fibres libériennes primaires sont parallèles.

Tantôt les cellules restent minces ou s'épaississent toutes d'une manière uniforme; tantôt certains groupes de cellules se sclérifient. La sclérification se fait de préférence au niveau des premières fibres libériennes, et les parties dures forment alors avec les fibres un cercle solide autour des tissus intérieurs. Les cellules des rayons médullaires contiennent, comme celles de l'écorce primaire, de la chlorophylle, de l'amidon, des cristaux, et souvent du tannin.

La forme des rayons médullaires primaires est sensiblement supplémentaire de celle des faisceaux libériens. Quand ceux-ci présentent une section triangulaire avec un angle dirigé en dehors, les rayons médullaires ont une section triangulaire avec un côté tourné en dehors (Malvoïdées). La forme peut varier jusqu'à une disposition à peu près inverse, et je pense qu'elle n'est pas sans importance pour la botanique descriptive.

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