CHAPITRE II
D e Vor employé pour préparer l'amalgame.
JLes doreurs emploient ordinairement de l'or qui leur est vendu comme or fin , maïs qui n'est souvent qu'au titre de 998 à 996 millièmes. Quelques ouvriers se servent même de ducats , dont le titre varie depuis 976 jusqu'à 983 millièmes 5 mais il leur arrive alors souvent d'éprouver beaucoup de difficultés pour préparer l'amalgame.
En employant de l'or allié avec beaucoup d'argent , l'amalgame se préparerait assez aisément ; mais la dorure qui serait faite avec l'alliage triple du mercure de l'or et de l'argent aurait une teinte verte qui, n'étant pas de mode, serait rejetée parle commerce. L'en*-
ploi de l'or allié de cuivre présenterait plus de difficultés , parce que cet alliage résiste fortement, lorsqu'il est à bas titre, à l'action du mercure 5 il donnerait d'ailleurs une amalgame grenue et difficile à étendre sur le bronze , et la pièce qui en serait dorée ne présenterait qu'une teinte plus ou moins rougeâtre et désagréable à l'œil.
L'ouvrier doreur ne doit donc employer que de l'or pur ou presque pur (1) pour préparer son amalgame ; il doit le réduire , au moyen du marteau ou du laminoir , en feuil-
(i) J'ai vu des ouvriers doreurs préférer l'emploi de l'or contenant quelques millièmes d'alliage, à celui de l'or pur. M. Houard m'a dit que l'or le plus convenable était celui qui contenait i4 n.illièmes d'argent et 6 millièmes de cuivre pargramme. Tous prétendent qu'alors l'amalgame se forme mieux , qu'elle reste plus pâteuse, qu'elle est moins grenue et qu'elle s'applique plus facilement sur le bronze , et dirent qu'en employant de l'or au titre de ~^ , il faut y ajouter une plus grande quantité de mercure pour pouvoir employer l'amalgame avec facilité , et qu'alors les déchets que l'on éprouve sont plus considérables. En supposant ces observations fondées , il resterait à examiner s'il n'y aurait point un avantage réel, sous le rapport de l'art , à employer l'or pur , et s'il ne serait pas convenable d'engager les ouvriers à s'habituer à employer l'amalgame qui serait préparée avec cet or.
les aussi minces que possible , afin de favoriser l'action du mercure , et pour rendre plus facile la dissolution de l'or dans ce métal. L'or fin en poudre ? provenant des affinages , conviendrait bien pour la préparation de l'amalgame 'y mais la crainte d'être trompé en l'achetant , détourne les doreurs de s'en servir , et leur fait donner la préférence à l'or en lingots ou à l'or déjà réduit en feuilles. La belle couleur de l'or, la flexibilité , ou, pour mieux dire , la mollesse de ces feuilles , sont les caractères extérieurs que consultent les doreurs ; achetant ordinairement trop peu d'or à la fois pour trouver le paraphe de l'essayeur sur la partie de lingot qu'ils reçoivent du marchand 9 ou pour pouvoir en faire vérifier le titre , il n'est pas étonnant de voir la cupidité pro^ fiter de l'impossibilité où ils sont de s'assurer de la pureté de l'or qu'ils achètent. Le seul moyen que les doreurs auraient d'éviter cette fraude, serait donc de ne s'adresser qu'à des négocians honnêtes , et de ne pas préférer le bon marché que leur font des marchands d'or et d'argent qui ne rougissent pas de tromper leur confiance.
(ai)