‹ Mémoire sur l'art de dorer le bronzeChapitre 11 sur 40 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Du mercure qu'emploient les doreurs,

JLiES doreurs emploient le mercure pour faire l'amalgame d'or et pour préparer la dissolution mercurielle qui sert à appliquer cette amalgame sur le bronze bien décapé. Le mercure employé dans ces opérations doit être parfaitement pur; s'il ne l'était pas , les métaux étrangers qu'il contiendrait seraient déposés avec l'or sur la surface du bronze, et y détruiraient tout l'effet de la dorure ou lui donneraient une teinte désagréable.

Le mercure pur doit être brillant; il ne doit pas faire la queue ou laisser de traces après lui lorsqu'on le fait rouler sur une feuille de papier ployée en caisse ; il ne doit pas laisser de résidu lorsqu'on le passe à la peau de chamois ; il doit être entièrement volatil , et doit passer en entier à la distillation dans le récipient.

Si le mercure que l'on veut employer ne possède point ce degré de pureté ? il faut es,-

sayer de l'y ramener, en le faisant passer à plusieurs reprises à travers une peau de chamois, et en séparant à chaque fois l'amalgame qui reste sur la peau. Si ce procédé ne suffit point , on est obligé de laver le mercure , s'il contient des ordures, de le sécher et de le distiller dans une cornue de verre, ou, ce qui est mieux , dans une cornue de fonte , en ajoutant au col de la cornue un linge mouillé, et trempant par son extrémité inférieure dans un vase plein d'eau. On lave bien le mercure qui a passé à la distillation j on le fait sécher avec soin , en le chauffant dans un vase de terre, de verre, de tôle ou de porcelaine, et on le conserve dans une bouteille, à l'abri de la poussière , pour s'en servir au besoin.

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