CHAPITRE XVIî
De s c ei pt i o n des modèles et des échantillons joints à ce Aîémoire (1).
JlLn appliquant au perfectionnement des ateliers de doreurs les moyens de salubrité cités dans le cours de ce Mémoire, on se trouve
(1) J'avais d'abord eu l'intention de supprimer ce chapitre en faisant imprimer ce Mémoire ; mais j'ai ensuite pensé que les échantillons et les modèles dont U s'agit, étant déposés au Conservatoire des Arts et Métiers, rue Saint-Martin , y étant exposée publiquement , et pouvant être ainsi examinés a volonté , il était mieux d'en publier la description , et de laisser cette partie du Mémoire telle qu'elle a été présentée à l'Académie.
J'invite les doreurs et les fumistes qui voudront construire de nouvelles forges à bien étudier ces modèles. Ils sont faits en bois , et sur une échelle assez grande pour qu'on puisse facilement comprendre tous les détails de construction qu'ils représentent. Les descriptions que contient ce chapitre rempliront d'ailleurs parfaitement ce but , et pourront même donner l'idée de quelcmes améliorations que j'ai eu soin d'y indiquer.
continuellement obligé de varier les constructions et d'arranger les appareils pour les localités. C'est cette diiEculté d'appliquer le même principe de mille manières différentes qui est en grande partie cause du peu de progrès qu'a lait dans les ateliers l'art de les rendre aussi peu insalubres que possible. Il ne faut donc pas se contenter d'indiquer le principe à suivre dans ces constructions; il vaut mieux multiplier les exemples, afin que chaque doreur puisse choisir celui qui présente le plus de rapport avec la position dans laquelle se trouve son atelier. C'est pour arriver, autant quie je puis le faire , à ce but, que j'ai joint à ce Mémoire les trois modèles difïèrens dont je vais donner la description.
Modèle î\° i.
Ce modèle représente une forge ordinaire de doreur sur bronze.
a. Côté de la forge où s'allume le feu de charbon de bois, et où se chauffent les pièces de bronze couvertes d'amalgame dont on veut volatiliser le mercure. On y place aussi le p la teau à brosser s et on y brosse les pièces da bronze chaque fois qu'on les retire de dessus ie feu.
b. Est le fourneau d'appel construit sous la hotte pour régulariser le tirage. La petite cheminée / de ce fourneau d'appel est construite en briques jusqu'à la hauteur de cinq à six pieds, mais au-dessus on ne la fait qu'en tuyaux de tôle ordinaire; le tuyau doit monter à peu près jusqu'au tiers de la hauteur de la cheminée de la forge, et doit être placé au centre du vide de cette cheminée, et isolé par conséquent des quatre murs.
c. Plaque de Ion te chauffée par le feu de charbon de terre allumé dans le fourneau d'appel b. Cette plaque est percée d'un trou sur lequel on pose le poêlon au mat , lorsqu'on veut faire fondre cette composition, ou un vase quelconque dont on désire échauffer le contenu. En fermant le trou par une rondelle en tôle, la plaque de fonte sert d'étuve. On peut alors y faire sécher les pièces de bronze dorées, après les différens lavages qu'on leur fait subir. En chauffant fortement cette plaque , on peut encore y passer les pièces de bronze plates ou de petites dimensions, aussi bien qu'on le fait maintenant en les posant sur des charbons de bois allumés.
d. Fente horizontale ouverte dans le bas de la cheminée i du fourneau d'appel. Le tirage de ce fourneau oblige l'air extérieur à entrer
par cette fente et à passer par la petite cheminée pour se rendre dans la cheminée gênéraie de la forge. On a ainsi le moyen de se débarrasser des vapeurs nuisibles que donnent la préparation de la dissolution mercurielle , cellede l'amalgame , fetc. , comme nous l'avons expliqué dans les chapitres où. ces opérations se trouvent décrites.
<?, c. Petites cheminées d'appel servant à établir un courant d'air au-dessus des baquets q et h y et à entraîner sous la hotte les vapeurs nuisibles ou désagréables qui peuvent s'en clewr.
f. Fourneau à mettre au mat. On peut économiser beaucoup en le chauffant avec du coak ou charbon de terre épuré.
g. Baquet à dérocher.
h. Baquet à mettre au 7?iat. Lorsqu'on se sert d'un tonneau, on doit le placer comme on le voit en i, figures 1 , 2 et 3, planche IV.
z. Cheminée du fourneau d'appel.
£.' Fenêtres vitrées donnant sur une cour , sur une rue ou sur un jardin, etc. , servant à éclairer l'intérieur de la forge.
/. Châssis garni de carreaux pour diminuer l'ouverture de la forge, sans empêcher l'ouvrier d'v voir les pièces de bronze , etc. , et d'y suivre les opérations dont il est chargé. On
se sert en outre de rideaux pour augmenter à volonté la vitesse du courant d'air ; on voit la disposition de ces rideaux en h , h , planche III ', et figure 1 , planche IV.
Dans ce modèle , le courant d'air établi sous la hotte , par le moyen du fourneau d'appel, entraîne au dehors toutes les vapeurs nuisibles. Le fourneau d'appel est le gouvernail de cet appareil. On peut, en chauffant plus ou moins ce fourneau, accélérer ou ralentir le courant d'air , et par conséquent celui des gaz délétères que l'on veut éloigner de l'ate'lier. On n'a ici aucun moyen de recueillir directement le mercure; ce métal, divise à l'infini, se trouve, comme dans les cheminées ordinaires de doreurs , mélangé à la suie et aux ordures qui sont entraînées et déposées par le courant d'air sur les parois de la cheminée. La construction de cet appareil donnerait le moyen de remplacer le charbon de bois par le charbon de terre , ce qui ferait une grande économie sur la dépense en combustible , et ce qui diminuerait Ja quantité d'acide carbonique formé autour des mains de l'ou-. vrier doreur.
Modèle k° 2.
Ce modèle représente une forse do doreur
construite dans l'angle formé par deux gros murs, et dans une situation différente de celle qui est représentée dans le modèle n° 1 ; les mêmes lettres indiquent ici les mêmes objets que ceux dont il a été parlé dans la description précédente : nous n'en ferons donc plus mention , et nous ne parlerons en détail que des différences qui existent entre les deux appareils.
Le fourneau d'appel b est construit dans ce modèle pour y brûler à volonté le combustible à flamme renversée. On suppose les deux portes du fourneau bien bouchées; le combustible allumé sur la grille o du fourneau d'appel h brûle à flamme renversée comme dans le fourneau de Dalesme, et de la même manière que le bois brûle sur les alendiers des fours à porcelaine, etc. etc. La flamme et la fumée passent sous la plaque de fonte c pour se rendre dans la cheminée i du fourneau d'appel b.
L'ouvrier doreur passe les pièces chargées d'amalgame sur les charbons allumés sur la grille o ; les vapeurs mercurielles suivent la marche renversée de la flamme , passent avec la fumée sous la plaque de fonte , et sont portées par la cheminée i dans la cheminée générale de la forge.
Ce fourneau peut encore servir pour passer les pièces de bronze par le procédé ordinaire; il suffit pour cela de remplacer la grille o par une plaque de tôle qui sert à boucher l'ouverture que l'on voit pratiquée dans la plaque de fonte au-dessus du foyer du fourneau b. On se sert alors de ce fourneau d'appel , comme nous l'avons dit à la description du modèle ii° 1 , et on y passe les pièces de bronze en les faisant chauffer sur un feu de charbon ou sur la plaque de fonte c , chau' fée assez fortement en dessous au moyen du charbon de terre.
La plaque de fonte c étant chauffée sur une grande longueur, donne le moyen de faire aisément sécher les pièces de bronze après leur lavage , d'entretenir chaud le poêlon au mat, etc. Cette plaque chauffée favorise aussi le service du fourneau à mettre au mat , f, et contribue à accélérer le courant d'air de la forge , etc.
Je n'ajouterai rien à cette description ; celle du modèle n° 1 peut servir à la compléter. On ne présente encore ici aucun moyen pour recueillir directement le mercure , mais nous verrons plus bas la description de deux appareils destinés à remplir ce but.
( >56) Modèle n° 3.
Ce modèle représente un appareil au moyen duquel le doreur peut retrouver la plus grande partie du mercure qu'il emploie.
Nous supposons l'atelier élevé au-dessus du sol au moins de un ou deux mètres.
La forge est construite à peu près comme celle du modèle n° 1. Le trou pratiqué dans la plaque de fonte , au lieu d'être au-dessus du foyer, est en m sur le côté, un peu adroite. Le fourneau d'appel b se chauffe comme les fourneaux ordinaires , et les pièces de bronze couvertes d'amalgame se passent en c sur la plaque de fonte fortement chauffée en dessous, ou couverte, si on le préfère, de petits charbons allumés. Cette partie c de la plaque de fonte où se fait cette opération, est recouverte par une espèce de moufle en tôle o , dont la partie supérieure est arrangée en caisse pour recevoir du charbon en poudre ou des cendres, etc. , destinés à en ralentir le refroidissement. On peut même se servir de cette caisse pour élever la température de lamoufleen tôle; il suffit pour cela de remplacer les cendres, el :c. , par du charbon'aliumé , comme on le fait dans nos cuisines lorsqu'on s'y sert du four de campagne.
Le mercure qui se réduit en vapeurs sous la
moufle de tôle o } prend la même direction que le courant d'air qui y est établi, monte dans le tuyau de tôle/?., dépasse la partie horizontale de ce tuyau , et redescend en le suivant dans sa. position renversée p' : en s'éloignant du foyer , le mercure se condense $ la portion qui redevient fluide dans le tuyau montant, retombe en bas du tuyau et coule par un petit tube qui y est fixé, jusque dans un vase rempli d'eau , placé sous la paillasse de la forge, derrière le fourneau d'appel b.
Le mercure qui se condense en suivant le tuyau de tôle descendant p ' , tombe dans le baquet q , qui est placé au pied du gros mur de la maison , dans une cour ou dans un jardin, etc. Ce tuyau de tôle, faisant siphon, et agissant d'après les mêmes lois , remplit parfaitement le but que l'on se propose. Il est inutile de dire qu'en alongeant la branche descendante , on augmente à volonté le tirage sous la moufle o; ce qui est souvent nécessaire dans le cas dont nous parlons, parce qu'il faut toujours, pour que l'appareil fonctionne bien , que le courant d'air descendant dans le tuyau de tôle j» ' soit plus fort que celui qui monte dans la cheminée Générale de la fbro;e. Je renvoie à la description du modèle n° 1 pour l'explication
des lettres dont nous n'avons pas parlé ici , parce qu'elles représentent Jes mêmes objets dans les' trois modèles.
Boite n° 4*
Cette boîte à coulisse contient les échantillons qui ont servi à déterminer la composition la plus convenable à employer pour la fabrication des bronzes dorés. Le tableau n° 1 qui est placé à la fin du Mémoire , et les étiquettes que l'on trouve dans la boîte audessus de chaque case, donnent tous les renseignemens que l'on peut désirer au sujet de cette collection.
Boite n° 5.
Cette boîte s'ouvre à coulisse comme la boîte n° 4 ; elle contient douze échantillons qui représentent la série des diverses opérations (|ue pratique le doreur sur bronze. Ces échantillons sont tous coulés avec l'alliage trouvé le pins convenable pour la fabrication des bronzes dorés , et qui est porté sous le n° 7 dans la boîte n° l\. Les étiquettes qui sont au-dessus de chaque échantillon indiquent l'opération que chacun d'eux représente. On trouve d'ailleurs à ce sujet tous les détails nécessaires en lisant les différens cha-
pitres du Mémoire où il est parlé des procédés que pratique l'ouvrier doreur.
Boite n° 6.
Cette boîte contient des échantillons de feuilles d'or enlevées de dessus des bronzes dorés 5 on y voit aussi des morceaux de bronze dorés dont l'or a été enlevé par les procédés décrits au chapitre XIV.