‹ Mémoire sur l'art de dorer le bronzeChapitre 6 sur 40 · XXXV · texte numérisé non relu

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momentanément leur tremblement; c'est pourquoi ils en usent lorsqu'ils ont à faire quelques ouvrages où il faut plus de sûreté et de précision delà main. J'en ai connu à quile laitage faisait fort bien, mais cela n'est pas général. Ils peuvent toujours en tenter l'emploi.

Il faut , autant que possible , quitter les habits de travail hors l'atelier, à plus forte raison lorsque l'on est dans le cours du traitement de cette maladie , parce qu'ils sont imprégnés de vapeurs mercurielles. La propreté est d'ailleurs de première nécessité pour les gens de cette profession, et j'ai toujours vu que ceux qui étaient sales, étaient plus fréquemment atteints que les autres de tremblement.

Par ce traitement , les malades reviennent peu à peu à la santé, et sans qu'on voie de crises remarquables; car on ne peut donner ce nom à de légères moiteurs qu'on observe quelquefois pendant sa durée.

Quant aux moyens hygiéniques propres à préserver les ouvriers doreurs des vapeurs mercurielles , votre méthode de construire les fourneaux les a rendus inutiles , et je crois, Monsieur, devoir les passer sous silence, puisqu' aujourd'hui ils seraient sans but. Il en serait de même de cette lettre , si on ne savait par expérience que l'homme reçoit toujours avec lenteur les choses qui lui

sont le plus profitables.

> J'ai l'honneur d'être, etc.

Paris , ce a3 juin 1818.

( XKXVJ )

Liste et adresses des doj^eurs qui ont fait construire des appareils salubres , en suivant les plans donnés dans ce Mémoire et les idées de perfectionnemens qui y sont indiquées.

MM. Denière et Matelin , rue d'Orléans, n° 9,

au Marais.

M. d'Artois, place des Victoires, n° 4* M. Lambert , rue Sainl-Sauveur , n° 3o. M. Delaunay, rue du faubourg du Temple, n° 1. M. Cuérin jeune, rue des Gravilliers, n° ^5. M. Meurt, doreur sur argent, rue des Arcis, n° 18. M. Touchard , rue Saint-Martin, n° 67. M. Godin , rue Beauregard , n° 36.

M. Gravet , rue Beaubourg , n° ^8.

M. Gravet, rue des Douze -Portes, n° 10, au

Marais.

M. Thomire , rue Boucherat , n° 7.

M. Camus, rue Saint -Denis, passage Lemoine,

M. Lebesgue, rue Saint-Sauveur, n° 3o.

M. Duval, rue Saint-Sauveur, n° 4l« M. Fortier, rue Saint-Avoie, n° 4^- M. Neveux, rue Meslée, n° 21.

M. Pvoux, rue Frépillon, n° 5.

( xxxvij )

M. Février, rue Phelippeaux , n° 3^.

Mme Liquière , doreuse de montres , place Saint- Saiut- André -des -Arcs, n° 26.

Je terminerai cette liste en citant M. Lenoir , successeur de M. Ravrio, qui fait construire en ce moment un atelier de doreur complet rue des Filles- Saint-Thomas , n° xg , et en annonçant que plusieurs doreurs viennent d adreser leurs demandes à Son Excellence le préfet de police , ce qui va nécessairement beaucoup augmenter le nombre des forges perfectionnées par les moyens que je propose.

J'iuvite les doreurs à visiter les ateliers cités plus haut, et surtout à voir ceux qui sont nommés les premiers, et où l'on s'est le plus conformé aux plans que j'ai donnés.

Je recommande encore d'aller voir au Conservatoire des arts et métiers, rue Saint-Martin, les modèles et les échantillons dont je parle dans mon Mémoire , et qui sont exposés publiquement dans une des salles de cet établissement. Les ayant sous les yeux, en lisant ce Mémoire, les doreurs l'entendront mieux , sentiront tout l'avantage de ces constructions , et se décideront facilement à suivre l'exemple donné par ceux de leurs confrères que je viens de citer.

( xxxviij )

Noms et demeures des architectes, des constructeurs et des ouvriers , etc. , auxquels les doreurs peuvent s' adresser avec confiance pour faire exécuter les appareils ou les outils cités dans mon Mémoire.

Les doreurs qui voudront faire construire les appareils nécessaires pour assainir d'anciens ateliers , ou qui auront à faire établir des forges nouvelles , pourront s'adresser à M. Malaky , architecte , rue d'Aguesseau , n° 12 , ou à M. Dubois, architecte, rue des Vieilles-Tuileries , n° 43 , faubourg Saint- Germain.

MM. Malary et Dubois sont ordinairement indiqués avec l'autorisation de Son Excellence le préfet- de police pour les constructions ordonnées dans les ateliers jugés insalubres -, il sont donc parfaitement au courant des moyens de salubrité et des appareils que je propose d'employer, et les doreurs, en s'adressant à eux, sont assurés d'avoir de suite leurs ateliers aussi bien arrangés que les localités le permettront. ,

Quant aux appareils en tôle pour les doreurs de petits objets , comme roues et platines de mon-

( xxxîx ) très, etc., je conseille de s'adresser à M. Chantre au, tôlier, rue des Boulangers , n° 24 , quartier du Jardin du Roi ; à M. Va mot , ingénieurmécanicien, rue du Cloître-Notre-Dame, n° 4> et à M. Grun, mécanicien, rue des Fossés-Saint- Victor, n° 3^.

On peuf surtout s'adresser à M. Grtjn pour la construction des châssis vitrés qui servent à rétrécir l'ouverture des forges de doreurs. Il fait ces châssis , en fer , avec une graude perfection , et à des prix fort modérés. Il les pose aussi de manière à les rendre mobiles, au moyen de contre-poids, etc. , ce qui donne la facilité de rétrécir plus ou moins , et à volonté , l'ouverture de la forge sans cesser d'y voir dans l'intérieur les opérations que l'on doit y pratiquer.

J'ajouterai que les doreurs pourront trouver des gants de vessie ou des gants ordinaires doublés de vessie, chez M. Friet, gantier, rue Saint-Denis, en face de la rue de Tracy. Ce fabricant, auquel s'adressent déjà presque tous les doreurs , m'a promis d'avoir toujours de ces gants tout faits pour les ouvriers qui voudraient s'en servir.

Je terminerai cette série d'adresses en recommandant aux doreurs de faire essayer leurs déchets par les essayeurs du commerce , et de les faire ensuite traiter à façon (s ils ne peuvent pas les traiter euxmêmes) , soit par M. Houard , fondeur de déchets d'or et d'argent, rue du Cimetière-Saint-Nicolas, n° 19, soit par M. Fot, au collège des Grassins,

(xl)

rue des Amandiers , au haut de la Montagne-Sainte- Geneviève.

J'ai rassemblé , je crois , ici ? tous les renseignemens nécessaires pour mettre les doreurs à même de profiter des moyens de salubrité et des procédés économiques dont je parle dans mon Mémoire. L'honneur que m'a fait l'Académie en me décernant le prix fondé par M. Ravrio 7 me fait une loi de m'occuper de l'art qu'ils exercent , jusqu'à ce que leurs ateliers soient complètement assainis. J'invite donc les doreurs qui voudront me consulter, à m'écrire ou à venir me trouver à la Monnaie , sans crainte de m'ètre à charge : je répondrai à leurs questions lorsque je le pourrai ; je leur expliquerai avec plaisir le jeu des appareils salubres que j'ai fait construire dans le laboratoire des essais , et je leur démontrerai ainsi tous les avantages que procure la construction des nouvelles forges.

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