‹ Mémoire sur l'efficacité des injections avec le nitrate d'argent cristallisé, dans le traitement des écoulemens anciens et récens de l'urètreChapitre 12 sur 15 · TREIZIÈME OBSERVATION · texte numérisé non relu

TREIZIÈME OBSERVATION

Blennorrhagie chronique : cautérisation de la portion prostatique, accidens inflammatoires ; l'écoulement persiste. Injections avec Le nitrate d'argent, guérison.

Gay, soldat au 33° régiment de ligne , âgé de 34 ans , d'un tempérament éminemment sanguin , portait, depuis environ un an, une blennorrhagie à laquelle il avait opposé, dans le principe, un traitement à la fois anti-phlogistique et balsamique, qui n'avait eu aucun effet, lorsqu'il entra à S'-Éloi , le 7 octobre 1834.

Après l'usage préalable de quelques nouveaux moyens, toujours insuffisans, Gay fut soumis à la : cautérisation de la portion prostatique de l’urètre ; c'est moi même qui la pratiquai. Cette opération fut bientôt suivie d’hématurie , de fièvre et de rétention d'urine. Aussi fallut-il employer un traitement anti-phlogistique très-énergique.

Un mois et demi s'était écoulé , et la blennorrhagie persistait encore , mais sans douleur. Les injections avec le nitrate d'argent furent dès-lors mises en usage, et sans occasioner le moindre accident. Les deux premières suffirent pour arrêter l'écoulement ; cependant on en fit encore une dizaine. La guérison paraissant de plus en plus solide , Gay se rendit sous les drapeaux.

Réflexions. — Quoique la blennorrhagie fût ancienne, et que tout donnât lieu de penser que la muqueuse de l'urètre avait déjà passé à l'état fongueux, la cautérisation n’a pas donné le résultat que j'étais en droit d'en attendre. Ce moyen est donc susceptible d'échouer , tout comme les injections ; mais ce que les injections ne produisent pas, et ce qui est presque inséparable de la eautérisation, ce sont la douleur , l’hématurie, la fièvre, et autres symptômes que Gay lui-même a offerts. . On me dira peut-être que les injections n'ont fait qu'achever ici une guérison déjà bien avancée ; mais , il y avait près de deux mois que la cautérisation avait été pratiquée, lorsque j'ai eu recours aux injections. Ne pourrait-on pas, d'ailleurs, retourner l'argument , et l'appliquer aux faits que j'ai cités en faveur de la cautérisation ?

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