SIXIÈME OBSERVATION
Blennorrhagie traitée pendant un mois et demi par Le baume de copahu ; engorgement du testicule gauche: traitement anti-phlogistique; usage infructueux de l’opiat balsamique ; administration à l’intérieur de l'extrait de douce-amère ; vésicatoire : l’écoulement persiste. Injections avec de nitrate d'argent ; le malade quérit en peu de jours.
Dupuy , soldat au 33° rég'ment de ligne, âgé de 33 ans, d’un tempérament bilioso-sanguin , eut en 1832, à Paris, une blennorrhagie dont il se guérit à la faveur de tisanes émollientes et du baume de copahu. Vers les derniers jours de juillet 1834, il en contracta une seconde, pour laquelle il subit, en ville , un traitement particulier pendant un mois et demi ; mais le testicule gauche s'étant engorgé, Dupuy se vit dans l’obligation d'entrer à S'-Éloi, le 25 août 1834.
L'emploi des anti-phlogistiques suffit pour faire disparaître l’orchite ; mais ce fut en vain que je donnai l’opiat balsamique, la blennorrhagie persistait toujours. Une dartre que portait le malade à la région poplitée, put me faire croire un instant que l’écoulement était entretenu par le vice herpétique, et j'eus alors recours à l'usage
(#4) des sudorifiques et des bains hydro-sulfureux. La dartre ayant résisté à ce mode de médication , et l'écoulement n’ayant point disparu, je me décidai à faire subir au malade un traitement anti- vénérien (le sublimé en pilules ) : la dartre disparut en effet, mais l’écoulement existait encore.
Je prescrivis alors les injections avec le nitrate d'argent; ef quoique le malade , en les faisant, eût ressenti dans le canal un peu plus de douleur que d'ordinaire , dès la quatrième injection l'écoulement avait cessé. Le malade sortit de l'hôpital, six jours après.
Réflexions. — Ici la maladie se présente sous une forme plus compliquée : il y'a eu à la fois orchite el blennorrhagie , que j'ai combattues par les saignées et les balsamiques. L’écoulement ne cédant pas, j'ai cru un moment à l'existence d'un vice herpétique , et plus tard à celle d’un vice vénérien. Le sublimé ( deuto-chlorure de
mercure), donné à l'intérieur (1), a fait dispa-
(1) Je ne saurais trop recommander aux médecins qui administrent le sublimé à l’intérieur, de suivre la formule suivante:
2% Sublimé corrosif, . . . & X.
Dissolvez dans s. q. d’eau distillée, et incorporez dans s, qe
d’amidon, afin que le mélange soit exact, pour 100 pilules.
}1 convient aussi que ces pilules ne soient pas pré
raître la dartre , mais l'écoulement n’en était pas moins tenace, et il n'y a eu que les imjections avec le nitrate d'argent qui aient pu en triompher. Or, il y a tout lieu de croire que l'écoulement était réellement vénérien; et si le mercure, qui a été pris en pilules, n'a pas mis un terme à la blennorrhagie , c’est qu'il existait probablement, dans un point de la muqueuse génito-urimaire , un état morbide, que des applications locales pouvaient seules effacer. |
N'oubliez pas que, cette fois-ci encore, malgré le peu d'ancienneté de la maladie et la disparition toute récente de l’orchite, les injections n’ont produit aucune espèce d'accident ; et par quelle fatalité veut-on que des injections aussi innocentes occasionent des coarctations de l’urètre ? N'est-ce pas admettre presque un effet sans cause?
parées trop long-temps à l'avance , sans quoi elles se durcissent , et séjournent dans l'estomac sans y être digérées. J’ai vu déjà trois cas d’empoisonnement produits par cette cause. Le malade n’a été guéri, “qu'en vomissant un très-granud nombre de pilules.