‹ Mémoire sur l'emploi de l'iodure de potassium pour combattre les affections saturnines, mercurielles et les accidents consécutifs de la syphilisChapitre 2 sur 9 · HE · texte numérisé non relu

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S VIL — Cas de maladies suturnines 1.

Les dentellières sont exposées à l’intoxication saturnine par suite de leur contact avec la poussière de carbonate de plomb qui sert au blanchiment des dentelles. En général, les précautions hygiéniques les plus simples ne sont jamais observées dans la plupart des ateliers.

Me Sweerts, dentellière, âgée de 42 ans, vint me trouver à l'École vétérinaire, vers 1850, dans un état si déplorable qu’il me serait difficile de le déerire exactement; il faut Pavoir vue pour se rendre compte d’un amaigrissement aussi hideux et d’un délabrement aussi Complet; le teint était terreux et plombé, les yeux étaient hagards ; elle né pouvait ni marcher, ni faire aucun mouvement sans aide; elle ressentait des douleurs atroces dans la tête, l’abdomen et tous les membres. Depuis plusieurs années, elle se ruinait en médicaments, etc. etc., sans soulagement permanent; elle était forcée de garder le lit pendant des mois entiers, ete., etc.

Elle ne pouvait plus faire usage ni de ses bras , ni de ses doigts: la paralysie était complète.

Lors de sa première visite, au commencement du mois de mai, ses membres étaient glacés, et cependant la température était élevée; elle avait été abandonnée par plusieurs médecins.

J'avoue que je fus effrayé de ces phénomènes, et j'eusse reculé vis-à-vis de ce cas, si les expériences faites sur des chiens ne m'avaient appris que l'on peut, sinon guérir, au moins soulager efficacement les cas les plus graves.

Le traitement fut commencé avec prudence, à la dose de 0,5 d'iodure de potassium en augmentant graduellement. |

Au bout de quelques semaines, la malade était méconnaissable; dès les premiers jours les douleurs diminuèrent, la paralysie semblait s’effacer petit à petit; indépendamment de l’usage interne, je lui faisais faire des frictions avee une pommade d’iodure de

1 Je décris en chimiste et non en médecin, résumant autant que possible les observations.

(19) potassium légèrement alcalin surles mains etsur Les bras; elle couchait avec des gants humectés d’iodure de potassium, dont j’exaltais les propriétés en l’employant à l’état d’iodure légèrement ioduré.

Au mois d’août, elle pouvait travailler et ne souffrait plus depuis quelque temps. | je da

Au lieu de continuer dès le début l'emploi de l’iodure de potassium seul, il avait été combiné avec l'emploi de l’iodure de fer en pilules ou en sirop.

Ce ne fut que vers le mois d'octobre que son état fut tel, qu’elle abandonna toute médication.

Elle était parfaitement bien, ne souffrait plus, pouvait marcher longtemps san fatigue ; le teint, quoique pâle encore, ne ressemblait en rien à ce qu'il avait été; elle restait maigre, mais, relativement à son état primitif, on pouvait la considérer comme jouis sant d’un certain embonpoint. Elle était devenue gaie et vive; sa paralysie avait disparu; ses mains et ses bras conservaient . encore une certaine roideur, mais elle travaillait facilement, mieux qu’elle ne l'avait fait depuis nombre d'années. |

J'ai, à différentes reprises, pris, au moyen du plâtre, le moule de la main et du bras droits de cette femme, ces moules me mettaient à même de me rendre compte exact des progrès de la cure, comme l'écriture des malades trembleurs me permettait de juger de l’amélioration graduelle et continue du tremblement. La différence entre les premiers plâtres pris en mai et les derniers pris vers la fin du mois de septembre, était réellement frappante.

Vers la fin de septembre, je pouvais la considérer non comme guérie absolument,mais au moins dans un état très-satisfaisant, et tel qu’elle n’avait jamais été en meilleure santé depuis plus de dix ans, d’après ce que son mari et elle-même me déclaraient.

J'ai suivi longtemps cette malade, alors qu'elle ne prenait plus d’iodure. Jallais la surprendre à son atelier; son état se maintint ou s’améliora pendant longtemps encore, malgré son travail pour le blanchiment de la dentelle au moyen du blane de plomb.

Faut-il le dire, plusieurs fois, je lui trouvai, de la poussière de carbonate de plomb sur les vêtements et sur les mains. Je lui prédis une rechute et cessai de la voir.

La rechute n’arriva qu'environ deux ans après, mais elle fut terrible; j'étais absent pendant la période aiguë; elle eut des coliques, des crampes, de douleurs PP ARE affreuses avec délire, etc. , etc.

Elle fut d’abord traitée par les purgatifs, puis ensuite par l’iodure de potassium, qui la guérit de nouveau et bien plus rapidement que la première fois.

Je la perdis de vue; elle succomba en novembre 1855; j'étais absent de Bruxelles depuis 1854, ne m'occupant que des soins de ma propre santé.

Ce cas si grave, suivi deux fois de guérison, prouve l'efficacité de l’iodure de potassium dans ces sortes de maladies; de plus, il prouve qu'il n’est jamais trop tard pour l'essayer, et qu'il est suivi de succès, alors que tous les autres traitements échouent, puisque, dans le cas présent, la malade avait été abandonnée par plusieurs médecins.

M. le docteur P. De Caisne a fait des observations analogues, qui sont publiées dans le Bulletin de l’Académie royale dé médecine de Bruxelles ; 1859.

S VIIL — Affections mercurielles. — L'äge des individus affectés ne paraît pas être un obstacle à la cure par l’iodure de potassium.

1. — Au commencement de l’année 1850, le nommé Mathys Vandekerkhof, ouvrier, employé dans une fabrique de poils destinés à la chapellerie, est affecté d’un tremblement tel, qu’il ne sait plus faire aucun usage de ses mains, à peine peut-il marcher, il bégaye fortement par suite de son tremblement; un repos de cinq ou six semaines a très-peu modifié son état. |

Le manuscrit que je mets sous les yeux de l'Académie donnera une idée de ce tremblement; il a mis environ un quart d'heure pour tracer les signes cabalistiques qui doivent représenter son

uom; il lui était très-difficile d'atteindre l’encrier avec la plume; croyant que ma présence le gênait, je l’ai quitté; toutes les taches du manuscrit proviennent de la difficulté avec laquelle il dirige ses mains; il oublie même parfois une des lettres de son nom. en écrivant, etc. etc. |

Cet homme, âgé de. 64 ans, de constitution Iymphatique nerveuse, avoue qu'il était incapable de travailler depuis quelque temps sans avoir préalablement pris un bon verre de genièvre ; il répétait la dose quatre fois par jour, c’est-à-dire qu'il en consommait régulièrement un demi-litre par jour; il avait pris cette habitude depuis un an‘environ; ce ne fut qu'avec la plus grande difficulté que j'obtins de lui de diminuer cette consommation exagérée et habituelle de liqueur alcoolique; vers la fin de son traitement, elle ne s'élevait plus qu’à un quart de litre; mais des compagnons m'assuraient qu’il continuait à prendre son ancienne dose.

Cet homme fut traité comme je le fais ordinairement, il ne tarda pas à reprendre son même travail; il pouvait être considéré comme guéri, comme le prouve le second spécimen de son éeri- . ture, après avoir pris 100 grammes d’iodure de potassium.

M. le docteur F. Martin a suivi les premières phases du traitement de cet homme. Voici ce qu’il en disait après que le malade eut consommé ces 400 grammes d’iodure : Cet homme est changé du tout au tout. Je me fais un devoir de signaler cette appréciation d’un habile médecin. |

Comme il était anémique, je remplacai l’iodure de potassium par l’iodure de fer en pilules. Il en consomma une quantité correspondante à 100 grammes d’iode, à sa volonté. Il alla de mieux en mieux.

Je le vis de temps à autre pendant plus d’un an après sa cure, il était parfaitement bien, ne tremblait plus et continuait son ancien travail sans en être incommodé.

Il mourut, en 1852, à l'hôpital Saint-Jean, où il était entré comme étant atteint de phthisie pulmonaire. Son acte de: décès porte : « Mort à la suite d'hémorragie intestinale. » Je crois devoir faire observer qu'il n’est fait aucune mention de tremblement dans les archives de l'hôpital.

(2290 HT. — Le travail de Vandekerkhof est tel, qu'il est en contact avec de la poussière de poils; l’intoxication mércurielle se produit d’une tout autre manière chez les ouvriers chapeliers, par suite de leur contact avec des chapeaux humides ; un second cas mérite d’être cité.

Le nommé F. S$. Dassy, âgé de 60 ans, est affecté d’un tremblement si violent qu’il ne peut plus travailler depuis le mois de septembre 1851 ; trois mois de repos et diverses médications n’avaient pas amélioré sensiblement.sa situation. |

Il vint metrouver dans les premiers jours de 1859, il était fortement accablé, il tremblait de tout son corps,si je puis m’exprimer ainsi; le tremblement durait depuis cinq ans; mais avait augmenté en 1851 au point de ne plus permettre au malade de travailler régulièrement; en effet, dès le mois de juillet, le travail était très-difficile et souvent interrompu, mais en septembre il devint impossible; les premiers phénomènes s'étaient déclarés assez brusquement après un travail assidu vers la fin d’une saison. Le malade était sujet à des espèces de convulsions ou tremblements brusques instantanés /trekkingen/. I suffisait de le fixer pour voir ses tremblements augmenter instantanément et le faire bégayer..

La médication iodurée eut une action assez prompte et assez complète pour qu'il pût reprendre son travail dès les premiers jours de février; vers le mois de mars il était rétabli; cette amélioation rapide était d'autant plus remarquable que j'avais été obligé de ménager les doses d’iodure qui, portées assez rapidement à trois grammes, durent être diminuées par suite de maux de tête violents; ce malade m'offrit un phénomène qui n'apparait pas ordinairement: ses veux furent larmoyants pendant quelques jours.

11 est mort pendant mon séjour à l'étranger, en 1854.

HI. François Bridoux (Wauters), chapelier, né à Bruxelles, le 44 mai 4797, sortait, à la fin du mois d’août 1850, de l'hôpital Saint-Antoine, à Paris; il y avait passé six semaines; des bains de vapeur, des bains soufrés lui avaient été administrés; on lui avait

(25) appliqué des ventouses dans la région lombaire, des vésicatoires dans les reins, etc., etc. ; son état ne s’était guère amélioré.

Revenu à Bruxelles, un médecin distingué diagnostiqua un ramollissement du cerveau et demanda son entrée à l'hôpital Saint-Jean; mais il n’y fut pas admis, j'ignore pour quels motifs.

Lorsqu'il vint me trouver, son tremblement était très-violent, il ne savait pas écrire, mais il traça quelques croix: très-mal faites ; sa cure par l’iodure de potassium, sans aucun adjuvant, marcha très-rapidement ; car, après une vingtaine de jours, il traçait des croix sans presque trembler, les lignes étaient fermes et droites, tandis que les premières étaient tout à fait irrégulières.

Après deux mois environ, on pouvait le considérer comme guéri; il quitta alors Bruxelles pour aller travailler en province et en France, mais il revint de nouveau en Belgique, en 1854, pour retourner en France, à Charonne, près Paris, en 1856; il v séjourna jusqu’à la fin de 1857.

En mars 1858, il était à Bruxelles; il sortait de l'hôpital Saint- Antoine où il avait été soumis à une médication interne; pendant ces trois mois, on lui avait administré alternativement des bains de vapeur et des bains sulfureux; il n'avait pas pris moins de soixante-quinze bains. Il était soulagé, mais tremblait encore; selon lui, ce long traitement n'avait pas amélioré son état comme la simple cure par liodure de potassium en 1850,

Je n’ai pu me procurer des données exactes sur le traitement qui avait été suivi à l'hôpital Saint-Antoine à Paris; mais la date de son entrée et celle de sa sortie, qui sont conservées dans les archives de cet établissement, prouvent que cet homme me disait la vérité.

Il s'était cependant remis au travail quelque temps après sa rentrée en Belgique, mais des circonstances malheureuses et son tremblement l'avaient amené au dépôt de mendicité de la Cumbre, près de Bruxelles. |

M. le docteur Rasse, médecin principal, et M. le docteur Fourdrain, médecin adjoint, ont, à ma prière, examiné ce malade, qui aété soumis par eux à l’usage del’iodure de potassium, depuis les premiers jours de février jusque vers le 20 avril; il a pris environ 250 grammes d'iodure; M. Bailly, pharmacien de la Cambre, a eu

l'obligeance de soigner particulièrement l'administration d’iodure de potassium donné à ce malade. Le tremblement, très-fort en février, est presque nul aujourd'hui; la marche vacillante est devenue ferme, mais on ne peut pas encore dire qu'il soit absolument guéri.

Je crois devoir faire remarquer tout particulièrement l’âge de cet ouvrier, il a 67 ans. De plus, le traitement a été opéré dans la plus mauvaise saison d’une année exceptionnelle par sa rigueur.

Je ne doute pas, et c’est l'avis de MM. Rasse et Fourdrain, que de simples soins hygiéniques et la belle saison n’améliorent encore son état. Il lui faudrait une nourriture plus substantielle que celle des dépôts de mendicité. |

Je crois devoir faire remarquer, à cause du diagnostic cité plus haut (ramollissement du cerveau), que l'intelligence de cet homme est intacte; sa mémoire est assez fidèle pour répéter, en 1864, à MM. Rasse et Fourdrain, des observations correspondant parfaitement avec les notes écrites que J'avais prises sur son état en 1850. |

IV. — Le nommé Seghers, âgé de 40 ans, travaille dans une fabrique de glaces depuis 1849.

Il vint me trouver vers le 15 janvier 1864; il tremble depuis quinze mois environ; le tremblement lui est survenu vers le mois de septembre ou d'octobre 1862; il me déclare que ce phénomène a fortement augmenté en quelques jours ; avant son tremblement il visitait souvent le médecin dé la société des secours dont il était membre; ses indispositions nombreuses consistaient en tiraillements dans les entrailles et en maux de tête. En général, on combattait ces symptômes en lui administrant des pilules purgatives; depuis cinq ou six ans, il s’est habitué à prendre tous les mois une purge de sulfate de magnésie.

Il a consulté trois médecins, à employé les remèdes proposés, bien qu'on ne lui eût donné aucun espoir ou peu d’espoir de guérison; mais il me déclare que, malgré tout ce qu’il a fait, son tremblement a toujours été en augmentant depuis plus de deux ans.

Entre autres, on lui a administré tous les jours, pendant trois

mois consécutifs, un litre de tisane sudorifique faite avec un mélange de racines de salsepareille et de squine, de bois de gaïac, écorces de sassafras, additionnés de 4 1}, gros d’acétate d’ammoniaque; malgré ce traitement le tremblement augmentait.

Qu'on me permette de faire remarquer que cette médication est d’un prix élevé, même lorsque les pharmaciens la livrent à des prix très-réduits; elle a occasionné une dépense équivalente au prix de trois à cinq kilogrammes d’iodure de potassium, quantité bien plus que suffisante pour enlever radicalement le tremblement mercuriel à plus de dix ouvriers qui se trouveraient dans les conditions du sieur Seghers.

Voici maintenant quel était son état au moment où il a commencé le traitement par l’iodure de potassium. Il était si souffrant qu'il ne pouvait plus travailler régulièrement, et depuis une dizaine de jours, il s'était vu obligé de cesser tout travail; il était incapable de monter ou de descendre des escaliers sans être soutenu par une autre personne; depuis quelque temps, il lui était impossible de manier les glaces et de les couper, soit à main libre, soit en s’aidant d’une règle ou d’un guide.

Ses nuits étaient mauvaises, il était sujet à ressentir des secousses brusques pendant le sommeil.

Lorsqu'il commença le traitement, il était encore à l'atelier; mais on lui laissait toute liberté, son patron ayant pour lui beaucoup de bienveillance. a

Il se remit au travail, après trois semaines environ de traitement, c’est-à-dire après avoir trop rapidement, à mon avis, consommé 50 grammes d’iodure de potassium; le mieux était très-notable, bien qu’il eût exagéré les doses par suite d’un malentendu ou peut-être intentionnellement, espérant guérir plus vite en s’administrant des doses plus fortes. |

Après quelques jours de traitement, sa femme s’aperçut que les secousses nocturnes diminuaient, il n'avait encore pris alors qu'environ une trentaine de grammes d’iodure.

Il n’a éprouvé aucun dérangement, si ce n'est. le coryza; il m'annonça spontanément avoir ressenti le goût du cuivre d’une facon persistante; ce phénomène s’observe toujours lorsque les

doses d’iodure sont élevées rapidement, et cette saveur métallique est pour moi le meilleur indice que la guérison s'opère.

La seule plainte qu’il fit portait sur des maux de tête, second indice de l'effet utile du médicament; mal que le malade doit subir, mais dont on atténue les effets en diminuant les doses, etau besoin, en les interrompant pendant deux ou trois jours. Je crois devoir faire remarquer que ce malade a pris l'iodure avec beaucoup d’irrégularité; qu'il a interrompu le traitement à plusieurs reprises et que sa santé lui permet cependant de voyager et de travailler avec la plus grande facilité. F

D’après ce qu'il me dit, toutes ses forces lui reviennent; la marche de la maladie présente des observations en tout semblables à celles que j'ai faites jadis sur le sieur Lieben et sur presque tous les malades que j'ai traités.

Les organes de la génération avaient repris depuis le traitement une énergie telle que, comparés à ce qu'ils étaient auparavant et à ce qu'ils sont maintenant, il croyait, me disait-il, pouvoir la représenter par le rapport de 1 : 5, ce qui me parait exagéré.

Seghers a eu neuf enfants; un seul est mort à la suite de la petite vérole; tous ses enfants sont bien portants et tous ont été conçus avant sa maladie; le dernier a dix-huit mois.

Le cahier sur lequel ce malade écrit tous les jours quelques mots est bien fait pour inspirer la confiance aux médecins; l'écriture du 14 janvier est illisible ou à peu près; celle du 10 mai est nette, et l’on ne rencontre pas une seule lettre tremblée dans toute une page.

Seghers, toutefois, n’est pas absolument guéri, il tremble enencore un peu, lorsqu'il a fait un travail fatigant; mais Je ferai remarquer qu'il a pris sa médication avec une irrégularité des plus fâcheuses et qu’il n’a encore consommé qu’un tiers, cent grammes environ, de la dose que je crois nécessaire pour une cure complète, et que j'estime à 250 et même à 500 grammes.

Une circonstance particulière, que je signale aux médecins praticiens , a nécessairement du retarder la cure de Seghers.

J'ai dit que les adjuvants de lPiodure de potassium me paraissent inutiles, et qu’un traitement. commencé par ce médicament

n a pas besoin d’être compliqué par d’autres. Vers le 20 février, alors que l'amélioration était notable, le malade me demanda la permission de prendre une purge de sulfate de magnésie; M. le docteur Jacobs, médecin de l'École de médecine vétérinaire, qui l'observait, n’y trouvant pas d’inconvénient, l’accorda, bien que, ni lui ni moi, nous n’en voyions la nécessité; mais le malade, étant habitué à se purger, on le laissa faire. Il fut indisposé à tel point qu'il resta une semaine entière sans pouvoir retourner à l'atelier; il fut forcé d'interrompre l'usage de l'iodure, du 18 février au 14 mars.

Je crois donc être dans le vrai en pensant que l’iodure de potassium, au besoin des tisanes légères et du sel marin à doses un peu plus élevées que d'habitude dans le régime, quelques soins de propreté et hygiéniques suffisent dans le traitement, et qu’il faut un motif grave pour le compliquer; d'autres observations viennent encore à l’appui de cette opinion.

Non content de décrire l'observation sur les données de Seghers, j'ai voulu m'assurer que tous les renseignements fournis par le malade étaient exacts. Ils m'ont été confirmés en tout point par le chef de la maison où il travaille; l’état présent du malade a été constaté par l’un des médecins cités plus haut; celui-ei a été trèssurpris du changement survenu; cette appréciation est d'autant plus intéressante que ce même médecin n'avait vu le malade qu’à une époque où il n’était guère accablé, comme lorsque j'ai commencé cetle cure encore incomplète actuellement !.

V.— Je n'avais pas encore rencontré de femme parmi les malades dont l’intoxication était due au mercure. L’an dernier, ce cas s’est présenté. À la fin du mois de juillet 1865, la nommée Vanvossen-

! La cure de Seghers s’est faite après mes deux communications à lAcadémie ; elle prouve, une fois de plus, que j'étais en droit de dire à la classe que la guérison s'obtient avec la certitude d’une préparation chimique, le lavage, d'un sel, par exemple ; de l’eau et du temps suffisent dans ce dernier cas; de l'iodure de potassium et du temps enlèvent le tremblement. M. le Dr Jacobs a observé ce malade et à pu constater, en médecin, tout ce que j'ayance. Je me fais un devoir de le remercier du concours qu’il m’a prêté dans cette circonstance.

hoven était affectée d’un tremblement mercuriel si intense, qu’elle ne pouvait plus travailler; elle avait de la peine à saisir les objets usuels, souvent ils lui échappaient spontanément des mains; elle ne travaillait presque plus, les moindres émotions augmentaient ses tremblements; cette femme, d’une constitution très-robuste, sanguine, était en même temps très-colérique. Ses tremblements augmentaient après les moments de colère à tel point qu’elle ne pouvait se tenir debout. Elle a environ quarante ans, et travaille, depuis l’âge de seize ans, à la préparation des poils pour feutre.

Son tremblement s’est déclaré depuis un an environ et il a constamment été en augmentant.

Elle a commencé à prendre de l’iodure de potassium à la dose. de 0®"-5, à partir du mois d’août, sans discontinuer le léger travail par lequel elle pouvait encore se rendre utile; mais en très-peu de temps elle a repris son travail ordinaire, et avant la fin du mois d'août elle pouvait s’y livrer sans plus de gêne qu'avant sa maladie; bien plus, en septembre, l’ouvrage était pressant, la besogne augmentée, elle travailla davantage tout en continuant à prendre liodure de potassium, se guérissant au contact des matières qui avaient occasionné sa maladie. Le hasard place, sous ce rapport, cette malade dans des circonstances analogues à celles dans lesquelles la guérison d’autres malades a été obtenue.

À la fin d'octobre, elle avait pris 200 grammes d’iodure de potassium; elle n’avait jamais été mieux portante.

Vers le 15 janvier, j'ai revu cette femme, elle avait recommencé à trembler légèrement. Je soupçonne qu’elle n’avait pas pris les précautions que je lui avais prescrites; il me fut facile de constater la présence du mercure dans un anneau d'argent qu’elle portait depuis quelque temps. Elle fut très-rapidement guérie une seconde fois; mais je lui prédis de nouvelles rechutes si elle ne prend pas les précautions hygiéniques que je lui ai recommandées.

En terminant, je dois ajouter que M. le docteur Sélade, médecin de l’École de médecine vétérinaire, a suivi avec attention la plupart des cas signalés et d’autres que je n’ai pas cru devoir décrire. Je me fais un devoir de le remercier pour le zèle qu’il a mis à me seconder.

Je suis toujours heureux de pouvoir invoquer le témoignage des médecins; celui de M. le docteur Sélade m'est très-précieux, car il a pu suivre plusieurs traitements complets et constater l’amélioration progressive constante et sans aucune exception pour tous les malades qui se sont présentés à l'École de médecine vétérinaire.

S IX.— Des cas rebelles. — La quérison est-elle complète? Y a-til des cas dans lesquels la médication est inefficace?

Les expériences nombreuses que j'ai faites sur des chiens ont constamment eu un caractère de certitude qui ne s’est jamais démenti; quelle que füt la gravité de mal, je guérissais par l'administration de l'iodure de potassium ou, à ma volonté, j'exaltais passagèrement les phénomènes morbides au point parfois de pouvoir tuer les animaux qui se trouvaient sous l’influence des composés de plomb ou de mercure.

Il est à ma connaissance que des médecins qui ont employé convenablement le traitement ioduré ont tous vu leurs malades guérir complétement , ou au moins leur état s'améliorer assez notablement pour qu’ils pussent se passer des soins du médecin.

Dans le tremblement mereuriel, la guérison perfaite est certaine, c’est une question de temps et de soins, rien de plus, surtout si le malade peut se procurer une nourriture complète et suffisante : pain, viande, légumes, quand lappétit lui revient avec les forces.

Malheureusement, dans la plupart des cas, on traite des malades dont la constitution est très-affaiblie, dont la maladie dure depuis des années; la guérison alors marche si lentement que le malade n’a pas toujours la patience de pousser la cure jusqu'au bout; quand son amélioration est suffisante, il se remet au travail sans prendre les précautions hygiéniques les plus simples, sans achever son traitement en un mot; les rechutes arrivent.

Il faut avoir traité ce genre de malades pour savoir avec quelles

difficultés on lutte dans la pratique; et chose étonnante sous ce rapport, elles sont les mêmes à Bruxelles, à Paris, à Idria et à Almaden; si je constate les difficultés qu’on éprouve avec les malades, je ne dois pas cacher toutefois qu’on en rencontre aussi avec les médecins praticiens , que leur responsabilité rend parfois timorés dans l'administration d'un médicament inoffensif dans toutes les affections qui ne proviennent pas d’une intoxication métallique; en effet, l'iodure de potassium a joui longtemps de la réputation d'être un poison; on comprend, du reste, leur hésitation dans l'application à haute dose d’un corps qui, mal préparé ou mal administré, a pu donner lieu à des accidents, comme je le montre par les expériences sur liodate de potassium qui sont décrites plus loin.

Les faits que j'ai observés me permettent d'affirmer que l'iodure de potassium amène toujours et avec certitude une amélioration notable, et ils m'ont amené à admettre qu'aucun cas n’est assez grave pour que l'iodure de potassium ne parvienne pas à le guérir tant qu'il s’agit du tremblement mercuriel, pourvu que le malade veuille continuer à prendre l’iodure assez longtemps, peu importe l’âge de celui-ci et quel que soit le délabrement de la constitution. |

Est-ce à dire que l’on peut guérir l’hydrargyrie dans tous les cas que la pratique peut présenter? On peut en douter, mais on peut aussi, comme nous le verrons plus loin, admettre la guérison complète dans des cas déterminés’, où toutes les autres médications ont échoué.

Quant aux maladies chroniques dues aux intoxications par les composés de plomb, elles m’ont paru en général plus difficiles à guérir radicalement, et leur traitement complet doit avoir une durée plus longue , si J'en juge par les quelques cas que j'ai pu bien observer: dans les cas difficiles , j'engagerai toujours le médecin à ne pas -perdre de vue que le traitement doit nécessairement être long et qu’il ne doit pas être fait d’un seul coup; il est utile d'interrompre l'administration de l'iodure, de laisser le malade revenir à son état normal où naturel et de recommencer Padministration après ces interruptions; bien mieux, le malade

parüt-il complétement guéri, encore est-il utile de voir l'effet de l'administration après plusieurs mois, et de constater la guérison par la disparition complète du plomb dans l'urine comme l'ont fait MM. Karl Oettinger et V. Kletzinsky.

Tout ce que je puis ajouter, c’est que je serais heureux de voir un médecin me présenter un cas absolument rebelle; je n’en connais pas ou je n’en ai Jamais rencontré. J’ai toujours vu au minimum une amélioration rapide et notable dans l’état des malades.

Je crois que l’on peut admettre raisonnablement que les empoisonnements métalliques chroniques sont toujours guérissables complétement, quand on les combat chez des individus dont certains organes essentiels ne seraient pas frappés de mort, et dans lesquels le renouvellement de la matière dans les parties organisées s'opère encore; et l’on serait tenté de croire que la cure absolue serait toujours atteinte dans un traitement qui pourrait durer environ sept ans; car je crois qu’en général les physiologistes admettent que cette période est nécessaire au renouvelle-" ment des principaux matériaux qui constituent l’homme adulte; mais ce serait là une limite extrême qui ne se présenterajamais. On sait que le renouvellement des matériaux de l’économie diminue avec la rareté des vaisseaux, avec l’âge des individus, d’après la nature des organes, des tissus, ete.; quant aux nerfs et aux parties centrales du système nerveux, leur mode de régé-. nération ou de renouvellement est bien peu connu; la durée d’un traitement qui enlèverait les dernières traces de métaux nuisibles variera donc dans des limites très-étendues.

Il faut bien remarquer que nous sommes dans l’ignorance presque complète du lieu où le mercure et le plomb peuvent se fixer dans l’économie, et, par conséquent, de la facilité que les composés de ces métaux présentent à l’action de liodure de potassium ; il me semble done qu'avant d'admettre l'impossibilité de la cure, il faudrait pouvoir prouver que ces métaux, en se fixant sur des nerfs sensitifs et moteurs, ou sur des parties centrales du système nerveux , paralysent leur action d’une facon permanente, ou qu’ils les frappent de mort.

S X. — Des cas douteux.

Les médecins sont parfois exposés à être mal renseignés par leurs malades; en voici un cas: une dame avait été traitée en vain par trois médecins pour des douleurs de l'estomac, accompagnées de nausées, etc.

Il me parut, un jour, que ces symptômes morbides pouvaient avoir une origine métallique; la dame habitait une maison tenant à une fabrique de plomb de chasse; on y préparait aussi l’alliage arsenical qui permet la granulation du plomb.

Je fis part de mon observation à notre collègue M. Gluge; il eut la complaisance de donner des soins à cette dame, qui fut traitée par l’iodure de potassium. =

Les médications précédentes n’avaient amené aucun soulage-

ment; ilen fut tout autrement sous l'influence de l’iodure de potassium, les douleurs cessèrent très-vite, la malade reprit son aspect habituel. Avant son traitement, elle avait le teint jaune verdâtre, qui rappelle une maladie du foie, teint qu’on appelle plombé ou terreux, et que les ouvriers peintres‘présentent souvent.

Des précautions hygiéniques furent prises par les voisins, et les crises ne se renouvelèrent plus. |

Il y a de cela douze à quatorze ans environ; elle eut quelques indispositions depuis, mais aucune ne se représenta avec des phénomènes analogues à ceux que l’iodure de potassium enleva.

il pouvait y avoir dans ce cas une complication dans les obsertions; car, si d’une part, il y avait du plomb, d'autre part, il pouvait y avoir de l’arsenic ou les composés de ces corps dans les fumées et les poussières auxquelles la malade était exposée.

C’est à titre de renseignement que je signale ce fait; il vient à l'appui de quelques observations qui prouvent que les médecins praticiens ont affaire plus souvent qu'ils ne le soupconnent à des affections métalliques; et quand on voit ces affections se présenter sous tant de formes et avec des symptômes si différents, on est

#25) tenté de croire que les vases usités dans l’économie domestique donnent souvent lieu à des états morbides dont la cause peut échapper au médecin mal renseigné par son malade.

Quoi qu’il en soit, doit-on, si mon observation, plausible du reste, est réelle, s'étonner du nombre de maladies dans lesquelles la médication par l’iodure de potassium produit de bons effets? Quand on voit les phénomènes morbides si divers et si différents occasionnés par les intoxications lentes, occultes, par les composés de mercure et de plomb, si souvent employés en médecine, on peut même se demander, avec quelque apparence de raison, si le zinc, le cuivre, le nickel et leurs alliages, qui entrent dans la composition d’ustensiles d'économie domestique, n’occasionnent pas des indispositions qui pourraient être combattues avantageusement par l’iodure de potassium?

On s’explique non-seulement, de cette facon, comment ce sel a été préconisé dans tant de maladies de nature si différente, mais dans beaucoup de cas on peut déterminer pourquoi ce médicament est suivi d’heureux effets.

On verra plus loin quelques considérations sur le doute que j'élève ici en posant les questions suivantes :

La malade était-elle réellement sous l’influence d’une intoxication plombique et arsenicale ?

Son teint plombé biliaire n'’était-il pas dû à une affection du foie ?

Pourquoi, dans cette seconde hypothèse, la malade guérit-elle ?

Comment expliquer la guérison ?

Quelques expériences seront disceutées à ce sujet au paragraphe XXXIV.

Le |

$ XI.— Les médications anciennes, employées dans les affections saturnines et mercurielles, soulagent les malades dans la période aiguë ; aucune ne guérit la maladie chronique.

Jetons un coup d’œil rapide sur les médications préconisées, principalement dans les coliques de plomb et le tremblement mercuriel.

On emploie les purgatifs organiques et inorganiques, associés

aux lavements purgatifs et calmants, les diurétiques divers : la limonade sulfurique, les vomitifs, soit seuls, soit associés avec des purgatifs , les extraits renfermant des bases organiques, l’opium, la noix vomique, les bains sous toutes les formes, ete.; dans les coliques de plomb, on suit encore généralement le traitement dit de la charité. Quelques-uns de ces médicaments sont employés dans les affections mercurielles, le traitement de la charité entre autres.

Je me permettrai de faire remarquer que plusieurs fois des ouvriers, interrogés sur leurs maladies précédentes, m'ont appris que des préparations de strychnine, loin de diminuer le tremblement mercuriel, l’avait exalté; cette année encore, j'ai observé un ouvrier atteint de coliques de plomb, qui a eu un tremblement persistant après avoir pris, pendant trois jours, un médicament qui lui occasionnait, me disait-il, de fortes secousses. Je pus m'assurer, en consultant les registres de l'hôpital, qu’on lui avait administré de l’extrait de noix vomique.

Quand on examine la longue liste de médicaments qu’on trouve signalés principalement dans les observations faites dans les hôpitaux de Paris, on n’y retrouve aueun médicament capable d’agir chimiquement; je ne reviendrai pas sur ce que J'ai dit, il y a une quinzaine d'années, au sujet du sulfate de magnésie, de l'acide sulfurique et des bains destinés à provoquer des transpirations; quant aux médicaments ayant pour but d’enlever les douleurs, ils offrent des avantages que le médecin seul est capable d’apprécier en les administrant, non en vue de guérir, mais en vue d’apporter un soulagement momentané.

Je dois faire observer qu'aucun de ces médicaments ne guérit, et que la plupart d’entre eux n’excluent pas l'emploi simultané de l’iodure de potassium, excepté la limonade sulfurique. Je ne vois pas la nécessité de cette limonade, qui, dans la plupart des cas où les acides minéraux peuvent être indiqués, serait remplacée avantageusement par la limonade d'acide phosphorique ou de phosphate acide de chaux, si facile à préparer, et d’une acidité bien plus agréable.

Dans les cas de maladies saturnines, on guérit la colique en quelques jours, mais on laisse les malades sous Pinfluence de la dyscrasie plombique; ils sont soulagés de leurs douleurs, mais la cause de la maladie persiste, c'est l’opinion de praticiens distingués.

Dans les cas des maladies mercurielles on soulage parfois, mais le plus souvent la cause du mal reste entière.

Il faut bien l’avouer , dans l’un et dans l’autre cas, c’est l’iodure de potassium seul qui constitue le remède efficace; mais, s’il faut de l’iodure de potassium, il faut aussi, comme je l'ai montré, un laps de temps voulu pour guérir, et, en général, les malades désirent quitter au plus tôt l'hôpital.

Ne pourrait-on donc pas remettre une dissolution d’iodure de potassium au malade sortant de l’hôpital? Il s’en servirait en vivant dans sa famille et guérirait même en continuant à exercer son métier insalubre. ;

$ XIT. — Effets de l’iodure de potassium dans les empoisonnements par les composés de zinc.

Plus une nation est civilisée, plus l'usage des métaux s’y trouve répandu ; s’il en résulte certaines jouissances de confort et de luxe, il ne faut pas se dissimuler que parfois des inconvénients sont attachés à ces avantages; ces inconvénients sont d’autant plus graves, au point de vue de l'hygiène, que dans beaucoup de cas ils peuvent provoquer des indispositions dont les causes échappent tant aux malades qu'aux médecins.

Que de coliques de plomb occasionnées dans notre pays par

l'usage des pompes à bière munies de tubes en plomb! Que d’in-

dispositions par suite de la préparation de mets salés ou acides dans les casseroles communes vernissées au plomb! Aussi doit-on louer l'autorité d’avoir interdit l'usage des composés de plomb dans l'émail employé pour les casseroles de fer. J’ignore pourquoi elle n’a pas étendu son interdiction jusqu'aux casseroles communes en terre ordinaire, bien plus usitées que les premières dans notre pays.

Je pense que les médecins luttent souvent dans leur pratique contre des empoisonnements métalliques aigus, peut-être même chroniques, dont ils sont loin de se douter.

Ainsi, je vois encore aujourd’hui mettre en vente publique des matériels de brasserie dans lesquels le fer zincqué ou galvanisé joue un grand rôle; on peut même se demander comment ces choses sont possibles dans un pays où il y a un conseil supérieur d'hygiène, dans une ville capitale où se trouvent réunis des commissions médicales et des conseils d’hygiène du gouvernement, de la province et de la ville! |

J’ignore si certaines brasseries ont conservé les bacs refroidissoirs en zine que j'y ai vus fonctionner, à mon grand regret, vers 4850. J'ai cru devoir avertir le brasseur, qui me montrait son usine, des dangers qui pouvaient résulter de ce fait pour la santé des consommateurs

Je n’ai pas fait l'analyse de bières sortant d’un établissement pareil; le brasseur était convaincu que rien n’était supérieur au zinc pour les refroidissoirs; il n’y trouvait qu'un inconvénient, ils s’usatent trop vite ! mais il assurait que sa bière était excellente.

Or si le zinc s’use, il se dissout et, par conséquent, il devrait être proserit chaque fois qu'il s’agit de la préparation d’aliments, soit solides, soit liquides.

Je pense qu’une bière qui entre dans la consommation journalière, et qui contiendrait de petites quantités de composés de zinc, ne serait pas absolument inoffensive pour celui qui la consommerait constamment ; et il me parait prudent au moins d’admettre entièrement l'avis de MM. L. Dekonincek et E. Gaulthy, Annales du Conseil de salubrité publique de la ville de Liége, t. XII.

On m'’assure qu’à Liége même on fait encore usage aujourd’hui

de refroidissoirs en zinc dans les brasseries; bien plus, dans la province du Hainaut plusieurs usines spéciales fabriquent des ustensiles de brasseries en fer galvanisé; il paraît que des usines pareilles se sont établies dans le département du Nord, en France.

L’usure rapide des refroidissoirs en zinc, qu’un brasseur de Bruxelles constatait en ma présence, doit prouver que le zine se dissout, et doit se retrouver dans la partie liquide de nos bières qui sont très-souvent acides ; fût-il, du reste, précipité par les sels minéraux de l’eau qui sert à la fabrication ou par certaines matières organiques que le moût de bière peut renfermer, sa présence dans ces produits n’en pourrait pas moins être nuisible; les résidus insolubles se donnent au bétail et servent parfois à la préparation des vinaigres communs.

Quoi qu'il en soit, ne peut-on pas se demander si un médecin qui se trouverait vis-à-vis de phénomènes anémiques dont il ne se rendrait pas bien compte, ne pourrait pas avoir rencontré un cas d’empoisonnement lent par du zinc?

Voici, du reste, quelques expériences qui pourront être consultées, mais qu’il serait nécessaire de répéter avec soin en examinant les lésions anatomiques d’après la rapidité de la marche et des particularités de la maladie.

On administre à un chien un gramme d’oxyde de zine par jour; on le trouve mort le septième jour.

Un second chien en reçoit la même quantité, mais à partir du troisième jour il refuse toute nourriture; on ne put lui administrer une dose régulière; on mélangeait plus ou moins d’oxyde avec ses aliments ; il résista vingt et un jours, mais il était trèsmal dès le commencement, et il déclina graduellement.

Une petite chienne, robe noire et poil ras, reçut un gramme d'oxyde de zine par jour, mais en même temps un gramme d’iodure de potassium ; le traitement fut continué, pendant vingt-trois jours, sans phénomènes morbides; il y avait eu 48 heures d’interruption vers le dixième jour, par suite de l’inondation de l’École de médecine vétérinaire; elle n’avait présenté qu’un amaigrissement assez peu prononcé. Le vingt-troisième jour, on suspendit

l'administration de l’iodure de potassium, mais en continuant à donner Foxvde de zine : trois jours après, elle était très-souffrante et sans appétit; l’amaigrissement fut très-rapide en cinq jours; les yeux étaient ternes et chassieux.

Rien n’est plus curieux que les alternatives de bien et de mal que cet animal a présentées ; en effet, on suspend l'emploi du zine, et l'iodure de potassium, administré seul pendant trois jours, amène une amélioration notable; on suspend ensuite l’iodure de potassium pour administrer l’oxyde de zinc, deux jours suffisent pour amener un affaissement considérable , qui disparait de nouveau après une cure de quatre jours à l’iodure de potassium; mais quatre jours du régime à l’oxyde de zinc l’abattent à tel point qu’il ne se lève que difficilement; l’animal est roide, mange mal, a la colonne vertébrale voütée en contre-haut; malgré l’affaiblissement et le délabrement, trois jours de la cure à l’iodure amènent une grande amélioration, à partir de laquelle on est résolu de mettre fin à l'expérience en administrant un excès d'oxyde de zinc; à partir du troisième Jour, l’amaigrissement est notable et a fait des progrès rapides pendant trois jours; la chassie est extraordiuairement abondante, l’animal n’obéit plus à la voix; le septième jour les yeux sont fermés, la respiration est lente et haute, les battements du cœur sont lents et très-forts; l'animal, couché sur le flanc droit, ne se lève plus, sa température paraît très-abaissée ; il fut trouvé mort le lendemain dans la position qu'il occupait la veille; la paille qui lui servait de litière n’était pas dérangée.

Voici, sous forme de tableau, comment les doses d’iodure de potassium et d'oxyde de zine ont été administrées à cette chienne pendant les cinquante et un jours que l'expérience a duré :

23 jours, de chaque matière. . . . . . un gramme. Dow Toxydé de Zinc seul NEO, — 3 — iodure de potassium seul . . . —

7. 0xyde,de zinc seul, . .::4 1.0: — iodure de potassium . . . . . — “CDTI MERE Pie L — — jodure de potassium . . . . . — OLVG TO ZIMEN PIE SONT ANIME SENTEXCES.

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