CHAPITRE PREMIER
La vaccination opérée avec le virus de la vache manifeste dans ses effets une énergie plus grande, sans être ou plus dangereuse, ou moins préservatrice de la variole humaine.
Il ne nous semble pas inutile de rappeler ici tout d'abord les faits qui démontrent sans équivoque que la vaccination animale, — ainsi appellerons-nous celle qui s'obtient directement de la vache, — n'est pas plus dangereuse dans son évolution ni dans ses conséquences que la vaccination humaine, c'est-à-dire que celle qui s'obtient de l'homme précédemment vacciné. En fait, les sujets vaccinés avec le pus de la vache jouissent de la meilleure santé ; ils n'ont éprouvé pendant l'évolution vaccinale que la même indisposition,
les mêmes phénomènes constatés dans la vaccination humaine. Seulement, nous avons observé une énergie plus grande dans ces phénomènes, compagnons ordinaires de l'évolution vaccinale. L'aréole vaccinale, la chaleurfébrile qui l'accompagne, ont été un peu plus sensibles, spécialement lorsque les inoculations se trouvaient avoir été multipliées sur un même sujet, et avec elles les causes d'irritation (i). Nous pouvons néanmoins affirmer que, cette légère tempête calmée, les enfants sont aussitôt revenus à leur état naturel, sans que le système général de leur petit organisme, par la pâleur du visage, l'inquiétude consécutive, phénomènes si fréquents, au moins
(i) Tout le monde sait que l'intensité et l'extension de ces phénomènes peuvent se modérer à volonté. La rougeur vaccinale, par exemple, si elle est trop étendue, cède à l'application de remèdes locaux, à la suppuration provoquée de la pustule, etc. La chaleur fébrile est proportionnée au nombre et à l'extension des pustules qui font éruption, et dont la production est uniquement déterminée par l'inoculation. Une seule pustule suffisant à préserver de la variole, on peut donc restreindre le nombre des inoculations sur le même sujet, si l'on veut que l'inflammation fébrile soit très légère. En général nous estimons, sinon dangereux, pour le moins inutile, de multiplier les inoculations sur le même sujet.
durant quelques jours, après la vaccination ordinaire, ait manifesté la moindre altération, le moindre trouble. Chacun pourra s'assurer de la vérité de ces faits en consultant la note que nous donnerons en Appendice.
La vaccination animale n'est donc pas nuisible. Ni la vie ni la santé de ceux qui s'y sont soumis n'a été d'aucune manière compromise.
Elle est donc inoffensive.