IV
Le virus de la vache ne se montre pas sujcl à l'affaiblissement comme le virus humain.
Si les faits que je viens d'énoncer démontrent le peu d'efficacité de la vaccine humaine à repro-
duire sur d'autres, en maintes circonstances, la vaccination, en est-il de même de la vaccine animale? Arrive-t-il la même chose avec le pus recueilli sur la vache? C'est ce qu'affirme l'auteur du mémoire. Nous croyons d'autant plus volontiers qu'il s'est prononcé de bonne foi, qu'il n'a pas vu d'autres vaccinations opérées avec le pus de la vache que celles qui ont été pratiquées il y a quelques années, par le signor Troja, et qui n'ont pas toutes abouti. Nousmême, dans nos premiers essais, nous rencontrâmes quelquefois plus de difficulté à réussir avec le pus de la vache qu'avec le pus humain. Mais maintenant que nous croyons en avoir découvert la raison, maintenant que nous nous sommes assuré que le manque d'effet était uniquement dû à la densité, à l'épaisseur plus grande du véhicule du virus de la vache, et à ce que s'il se dessèche facilement avant que l'absorption ait pu s'effectuer à l'endroit inoculé, en modifiant la méthode, nous avons très bien réussi. Il nous a suffi d'obliger, par certains procédés, la lymphe à pénétrer dans les petites incisions pratiquées pour l'inoculation, et de la tenir pendant quelques instants au contact de
l'endroit inoculé dans l'état de fluidité, en la soustrayant à l'actien et au contact desséchant de l'air, pour que presque toutes les vaccinations ainsi faites fussent couronnées de succès, et de plus de succès que celles que l'on pratique avec le pus humain.
Nous sommes donc en droit de réputer fausse l'assertion de notre auteur, pour ce qui est du peu d'efficacité du virus vaccinal animal, semblable en cela au virus vaccinal humain. Voici les faits qui déposent en notre faveur :
i°Dans la saison la plus chaude, aux heures les plus caniculaires, la vaccination avec la lymphe recueillie sur la vache a obtenu plein succès.
2° Des enfants débiles ou vaccinés à plusieurs reprises sans résultat avec la vaccine humaine, ont immédiatement contracté le vaccin animal (i).
(i) Nous nous abstiendrons volontiers de rapporter ici nombre de faits qui pourraient prouver jusqu'à l'évidence notre assertion; en répétant les expériences, le Comité pourra vérifier toutes nos observations, et nous nous plaisons à l'espérer. Nous n'en citerons qu'un qui regarde personnellement l'auteur du mémoire. Il avait à plusieurs reprises et à peu d'intervalle vacciné sans succès un
(4i ) 3° Les enfants vaccinés avec le pus de la vache, et ceux qui le sont avec le pus recueilli sur les premiers, fournissent une lymphe très apte à reproduire de nouvelles vaccinations. Il semble que l'activité du virus soit en raison directe de sa proximité avec celui de la vache. Cette observation fut faite pour la première fois par le signor Amantea, dont la sincérité, dont l'expérience dans l'art auquel il fait tant honneur sont connues de tout le monde. Dans les successives vaccinations de bras à bras souvent répétées, l'efficacité du pus s'amoindrit et se réduit à celle du vaccin ordinaire.
4° Le pus sec de la vache, après un espace d'une, deux ou trois semaines, est demeuré d'une grande efficacité à reproduire par inoculation la vaccine. Rien de semblable ne s'obtient de façon constante avec la lymphe vaccinale humaine (i).
enfant; cet enfant fut presque immédiatement après vacciné par nous, avec pleine réussite, au moyen du vaccin de vache.
(i) Un jeune médecin de la province de Salerne auquel nous avions maintes fois envoyé du vaccin humain recueilli avec le plus grand soin, mais qui était toujours resté inutile, reçut de nous en cadeau une croûte de vaccin pris sur la vache. 11 nous remercia et nous dit qu'à
Observation.
Si ce dernier fait est avéré, ainsi qu'il appert de nos observations, on trouvera dans le pus vaccinal recueilli directement des vaches le moyen facile et prompt de disséminer, avec certitude et avec célérité, la vaccine dans toutes les localités du royaume les plus éloignées de la
diverses reprises il en avait vacciné plusieurs enfants, qui tous prirent le vaccin; son efficacité ne prit fin que lorsqu'elle eut été entièrement employée à une série de vaccinations. Mêmes effets ont été observés par d'autres médecins à qui nous avions envoyé de ces croûtes.
Plus un tel fait est démontré vrai, plus il doit être intéressant pour les progrès de la vaccine et pour l'humanité. Nous voudrions que l'on instituât des expériences comparatives, et ces expériences, l'auteur du mémoire aurait dû leur faire précéder la publication de son travail sur l'inutilité et les dangers de la vaccination animale. De toute façon, voici l'expérience que nous proposons :
Que l'on recueille du l'irus vaccinal humain, de la manière que l'on voudra. Les croûtes passent pour avoir le plus d'efficacité si l'on veut vacciner à sec avec succès; que l'on choisisse donc des croûtes de vaccine humaine et qu'on les mette entre des plaques de verre soigneusement gardées. Qu'au même instant on recueille des croûtes vaccinales de vache et qu'on les conserve de même entre des plaques de verre. Les premières et les secondes, dans des paquets clos et scellés, seront mises sous bonne garde.
capitale, où il serait malaisé de transporter le pus frais, et inutile le plus souvent d'en envoyer du sec obtenu par la méthode ordinaire.
La prompte réussite de la vaccination avec le pus obtenu d'après notre méthode soustrairait, au contraire, à la variole un nombre peut-être considérable d'individus, en cas d'épidémie, circonstance dans laquelle on recourt en hâte à la vaccine en tous les pays du royaume, tandis que bien souvent, avec le pus humain, les premières, les secondes et les troisièmes inoculations demeurent inutiles. Ce n'est pas une seule fois qu'il est arrivé en pareil cas que, pendant qu'on se mettait à la recherche d'un nouveau vaccin, que l'on en expérimentait l'efficacité une fois, puis une autre, on perdait un temps précieux ; l'épidémie acquérait de l'extension, la variole
Deux ou trois semaines après on commencera à faire usage de ces croûtes et on vaccinera avec les premières tel nombre de sujets que l'on voudra, et comme il plaira. Un nombre égal de sujets sera vacciné avec les croûtes de la vache, soit par nous-même, soit par quiconque voudra prêter l'oreille aux attentions que nous lui suggérerons. Nos propres expériences nous rendent certain que les premières vaccinations, pour la majeure partie, manqueront de succès, et que les secondes, c'est-à-dire les vaccinations animales, seront presque toutes suivies d'effet.
(44) multipliait ses victimes, disséminait sa meurtrière contagion, de telle sorte que ceux-là mêmes sur qui par hasard avait déjà commencé à se développer la vaccine, ne pouvaient bien souvent échapper à sa fureur.
Cette plus grande certitude de réussite que nous rencontrions dans le pus recueilli sur la vache, a souvent été le seul motif de la préférence que nous lui accordions sur la vaccine humaine, quand nous avions à vacciner des enfants menacés d'une imminente contagion variolique.
Estimera-t-on peu de chose cet avantage qu'offre la vaccine animale? Le salut de tant d'individus, dans les épidémies varioliques, ne dépend-il pas de la prompte réussite de la vaccination? Combien de fois, dans les huit ou dix jours d'une vaccination opérée inutilement, la variole ne s'est-elle pas développée, alors que certainement elle aurait été prévenue par une vaccination d'un effet plus sûr et qui aurait abouti au succès? Combien de fois des parents imbus de préjugés et voyant l'inutilité d'une première inoculation, se sont-ils refusés à faire pratiquer une nouvelle expérience sur leurs
(45) enfants, qui par la suite sont devenus des victimes de la variole? Mais rentrons dans notre chemin.
Les faits exposés nous certifiant que la lymphe vaccinale humaine, recueillie sur des sujets débiles, valétudinaires, aboutit rarement au succès, que la chaleur, l'air, etc., en rendent souvent inefficace l'inoculation; qu'à peine desséchée elle perd souvent toute efficacité, et que même fraîche, dans les meilleures conditions, elle manque parfois d'effet, n'en doit-on pas conclure que chez l'homme, pour une multitude de raisons, elle peut subir des modifications qui en amoindrissent les qualités utiles de contagion par le moyen de l'inoculation?
Si nous observons au contraire que, dans n'importe quelle saison, la lymphe vaccinale recueillie sur la vache demeure apte à la vaccination; si nous voyons des enfants, inoculés d'abord inutilement et à maintes reprises au moyen du vaccin humain, recevoir promptement la vaccination au vaccin animal, quoique chétifs ou malsains; si nous trouvons le virus sec de la vache, après deux ou plusieurs semaines, encore apte à produire la vaccine par inoculation ; si
nous réfléchissons, en outre, que, dans le cours de la vaccination avec le pus recueilli sur la vache, les phénomènes vaccinaux sont plus accentués, plus sensibles; que le pus des vaccinations successives faites de bras à bras est d'autant plus efficace qu'il se rapproche davantage de la vaccine animale dont il a été dérivé, ne sommes-nous pas contraints de confesser que tandis que le vaccin humain est susceptible d'affaiblissement, si, au contraire, on le restitue à la vache et qu'on l'y reprenne pour le transporter sur l'espèce humaine, il acquiert une nouvelle vigueur?
La raison médicale suggère de nouveaux arguments en faveur de notre thèse.
Les conséquences que nous avons jusqu'à présent tirées des faits sont également soutenues et appuyées par la raison médicale.
En fait, si la variole vaccinale n'est pas une maladie qui se soit jamais spontanément observée sur l'homme, si on ne la trouve que
chez les vaches, il est juste de conclure que l'organisme de cet animal est plus propre au développement de cette maladie que ne l'est l'organisme de l'homme. Telle est la raison pour laquelle l'inoculation de la variole vaccinale aux vaches réussit très facilement et aboutit certainement aux succès.
Si l'homme contracte cette maladie seulement par inoculation, c'est une sorte de violence, d'ailleurs heureuse, que l'on fait à son organisme, inapte au développement spontané de l'affection. Pour preuve, on n'a qu'à réfléchir un peu à la bien plus grande facilité avec laquelle dans l'espèce humaine s'acquiert par inoculation la variole naturelle, et à la fréquente difficulté de réussite de l'inoculation vaccinale (i). Cela provient sans doute de ce que la première maladie, développée originairement chez l'homme, trouve dans son organisme
(i) Le signor Vv'oodville, en pratiquant des expériences comparatives à l'hôpital d'inoculation de Londres, observa que sur cinq cents individus, plus de la moitié avaient refusé la vaccine, et qu'ils contractèrent facilement la variole naturelle. (Observations sur la paccine, par Squirrel.)
une aptitude plus grande que la vaccine, originairement développée chez les vaches.
Par conséquent, pour que la vaccination prenne sur l'homme, il faut que son organisme possède l'aptitude à contracter le contage, à le retenir, à le multiplier dans l'endroit inoculé, pour que de là il se répande dans tout le système, ou, en d'autres termes, il faut une disposition du sujet que l'on vaccine ; il est nécessaire encore que la lymphe vaccinale dont on se sert possède toute son efficacité pour pouvoir surmonter l'aptitude moindre de l'organisme à être attaqué par cet agent.
Que l'aptitude et la disposition de l'organisme, qui aura à recevoir et à développer l'action de la vaccine, soient choses nécessaires, nous n'en doutons pas ; mais il est difficile d'expliquer en quoi consiste cette aptitude.
Nous croyons que l'intensité de l'action absorbante des vaisseaux à ce destinés y joue le principal rôle. Voilà pourquoi les enfants chez lesquels on observe une peau sèche et comme squameuse ne contractent la vaccine qu'avec une extrême difficulté, et pourquoi, après que l'inoculation a été vainement pratiquée sur
(49) quelque partie du corps, elle réussit sur une autre, peut-être parce qu'on rencontre là un endroit ou mieux fourni de vaisseaux absorbants, ou plus propice à l'absorption.
Néanmoins, outre cette facilité plus ou moins grande d'absorption, il faut encore rencontrer l'aptitude de l'organisme et peut-être aussi celle des humeurs à produire et à développer la vaccine, aptitude qu'on ne saurait bien définir, qui peut parfois faire défaut et qui est parfois soit annihilée, soit affaiblie par une variole précédente, par une vaccination antérieure, etc.
Pour autant que nous croyions nécessaire cette disposition individuelle à contracter la vaccine, nous ne pouvons convenir avec l'auteur du mémoire qu'à elle seule doive s'attribuer le succès ou l'inutilité de la vaccination. L'efficacité, l'énergie de la lymphe vaccinale qui doit créer le germe reproducteur de nouvelles vaccinations, nous semble de plus grand poids à cet égard.
L'efficacité, la force du virus, de son point maximum à celui où elle est nulle, présente un grand nombre de degrés intermédiaires. La vaccine recueillie sur une pustule en pleine
vigueur, avant l'apparition de l'aréole, est énergique durant son évolution, prompte à se manifester, bien caractérisée dans ses phénomènes. Une pustule sur son déclin, après la rougeur, ne produit qu'une vaccine souvent pénible, de caractères peu marqués, lente à apparaître.
Parfois une dégénérescence ou un manque complet de résultat en est la conséquence. Une vaccination pratiquée avec le pus sec fait souvent attendre une semaine ou plus avant de produire son effet, et, quand celui-ci a lieu, l'évolution, la petitesse de la pustule qui en résultera, présenteront les caractères de la faiblesse du germe où elle a été puisée.
Nous ne saurions spécifier en quoi consiste cette plus grande vigueur, cette plus grande force du pus vaccinal, qui fait qu'une vaccination a sur le système une action plus prompte et plus déclarée, qu'elle aboutit au succès avec plus de rapidité et d'énergie. Mais les faits nous obligent à avouer que cette vigueur, comme sa multiplication, est due à celle de l'organisme vivant qui l'élabore, à la plus grande énergie avec laquelle cet organisme peut réagir pour changer les humeurs ordi-
naires de la machine humaine en humeurs vaccinales analogues à celles qu'il a reçues en germe par l'inoculation. Il en résultera que plus l'activité de l'homme sera énergique, dans les limites de la bonne santé, plus son organisme vivant sera plein de vigueur, plus complète sera la transformation, l'élaboration des humeurs ordinaires en lymphe spécifique vaccinale. Au contraire, plus son système sera débile, plus son organisme sera suspect, d'autant plus incomplète, d'autant moins prononcée sera la transformation opérée des humeurs ordinaires en fluide vaccinal. Ce fluide ensuite, reçu alors qu'il n'a pas toute la perfection requise, s'éloigne d'autant plus du virus vaccinal, qu'il tient plus des caractères des humeurs ordinaires qui en forment les éléments. On dirait que dans une goutte de liquide recueilli d'une pustule vaccinale sur un sujet débile et malsain, quelques molécules seulement ont reçu une faible empreinte qui les rapproche de la nature du virus vaccinal, mais que ces molécules errent à la nage entre une foule d'autres, qui constituent le reste du fluide, et qui n'ont pu recevoir aucune transformation à
cause de la faible réaction de l'organisme qui les fournit.
Il serait téméraire de vouloir expliquer en quoi consiste cette transformation qui s'opère dans les humeurs ordinaires pour qu'elles deviennent vaccinales, analogues à celles acquises, comme un germe, par l'inoculation. L'affinité ne peut apporter ici qu'un médiocre secours à l'explication, et certainement on est redevable de tout a la vitalité, à l'organisation. En effet, l'organisme vivant, gravant sur les humeurs animales des empreintes qui échappent à l'œil le plus attentif du physicien, aux observations les plus attentives du chimiste, rend également difficile la tâche de définir en quoi consistent le contage vaccinal, sa force, sa faiblesse, etc. Mais si malaisé qu'il soit de rendre de tout cela une raison satisfaisante, il n'en reste pas moins vrai que la matière vaccinale est susceptible de divers degrés d'activité, et en conséquence, sans doute pour une foule de motifs, d'une sorte d'abâtardissement chez l'homme.
Cette conséquence sera estimée encore plus juste, si l'on songe que l'organisme humain doit être considéré comme étant d'une aptitude
moindre à la production de la vaccine, qu'il ne contracte que par inoculation, et qu'il n'a jamais spontanément. Si l'aptitude et la vigueur de l'organisme sont nécessaires à la production d'un pus vaccinal vigoureux et fort, si elles suffisent seules à donner une nouvelle efficacité au virus qui, recueilli sur un sujet débile, était lui-même affaibli et dégénéré, qui ne voit que sur une vache parfaitement saine, chez qui la vigueur et l'aptitude de l'organisme à reproduire un pus vigoureux sont à un degré éminent, ce pus devra devenir encore plus énergique, plus fort et plus actif?
L'auteur du mémoire ne comprend pas qu'une lymphe vaccinale affaiblie, chez laquelle l'aptitude à reproduire des vaccinations nouvelles est débilitée, une fois restituée à la vache, puisse acquérir une nouvelle vigueur. Tout le monde le comprendra pourtant, en s'appuyant sur ses propres principes. En effet, puisqu'il a admis qu'un pus affaibli, recueilli sur un sujet débile ou malsain, acquiert une nouvelle vigueur, et par l'évolution et par la tendance à se reproduire, aussitôt qu'il est transplanté sur un sujet sain et robuste, pourquoi lui sera-t-il impossible
de comprendre que transplanté sur la vache qui, outre la vigueur de l'organisme, possède une aptitude plus grande à contracter cette maladie, il deviendra plus fort, plus énergique?
Si l'affaiblissement du virus par divers accidents, dans les vaccinations au vaccin humain, est démontré non seulement possible, mais réel, et par les faits et par la raison médicale, nous ne pouvons toutefois décider si cet affaiblissement est durable, à ce point que, passant par une certaine quantité de sujets, le virus doive s'affaiblir de plus en plus et devenir inutile au but que l'on se propose. Puisque nous n'avons pas le courage de l'affirmer, encore moins pourrons-nous nous persuader de cette prétendue vérité ■pathologique, à savoir que les contages demeurent toujours tels qu'ils sont, c'est-à-dire inaltérables, toujours semblables à eux-mêmes, alors que nous voyons aujourd'hui la lèpre, autrefois si commune et si horriblement contagieuse, entièrement disparue, et la maladie vénérienne, si homicide à sa première apparition parmi nous, devenue maintenant en général si clémente.
S'il nous plaisait de pousser l'analogie plus
loin, nous pourrions dire que de même qu'une plante, apportée sous un climat différent de son climat natal, est sujette à des modifications, à des transformations, ainsi la variole vaccinale, transférée de l'animal à l'homme, recevant chez ce dernier des modifications qui en affaiblissent l'efficacité, peut sans doute un jour devenir si faible que son activité soit réduite à rien, ou à peu près. La plus grande aptitude à reproduire ce vaccin, l'évolution plus énergique de celui-ci sur les sujets qui se rapprochent le plus de l'inoculation faite au vaccin de vache, nous fournissent des arguments qui ne sont pas à dédaigner. Nous n'aurons cependant pas la hardiesse de pousser nos vues si loin dans l'avenir. Il nous suffit d'avoir prouvé que beaucoup de causes, dans l'état actuel, affaiblissent le vaccin humain; que celui-ci, inoculé à la vache, puis repris d'elle pour de nouvelles vaccinations, manifeste clairement avoir acquis une plus grande force, une activité plus marquée, et par son évolution et par sa facilité à se transmettre par inoculation, sans devenir ou plus incommode ou plus dangereux.