II
Faits qui démontrent qu'en même temps que la vaccine, quand elle est prise sur l'homme, ou peut acquérir d'autres maladies par inoculation.
La vaccination, envisagée comme inoculation d'un virus qui, du sujet qui le fournit, doit être transféré à un autre qui le reçoit, a beaucoup de caractères communs avec l'inoculation de la variole humaine. Chez les deux, la matière virulente n'attaque pas le système, si d'abord elle
ne s'est élaborée et multipliée à l'endroit même de l'inoculation, élaboration à laquelle la pustule qui fait éruption en cet endroit et qui précède les symptômes constitutionnels, sert d'officine. Toutes les deux envahissent le système dans des délais analogues. Or, les apôtres de l'inoculation de la variole humaine, s'abandonnant trop à leur zèle et à leur enthousiasme, se mirent également à soutenir d'abord qu'il n'était pas possible, au moyen de cette inoculation, de contracter d'autres maladies que la variole, quand bien même le sujet admis à fournir le germe variolique en aurait eu actuellement d'autres. Les faits les mieux avérés vinrent bientôt imposer silence à leurs assertions trop hasardées. Ils l'avouèrent de bonne foi et s'imposèrent pour règle, à eux-mêmes aussi bien qu'aux autres, de ne plus se servir à l'avenir, pour l'inoculation, que du pus de sujets entièrement sains, indemnes de toute autre maladie.
Le signor Guyot, l'un des premiers, puis le signor Lavater, fils du célèbre physionomiste, en portent témoignage (i).
(i) Le signor Guyot, un de ceux qui contribuèrent le plus aux progrès de l'inoculation de la variole humaine en
Si donc le virus variolique humain, qui semble avoir plus de force et d'activité, n'a pas pu étouffer et rendre nulle l'action d'autres contages avec lesquels il s'est parfois trouvé mêlé, combien moins le pourra la vaccine, quand sa lymphe bien plus bénigne se trouvera associée à d'autres germes de maladies et inoculée avec eux?
Laissons de côté l'analogie, revenons à la
France, affirme expressément qu'il n'est pas indifférent de recueillir le germe variolique sur un sujet sain, ou sur un sujet attaqué, en même temps que de la variole, d'autres maladies. Il certifie avoir eu des preuves positives d'autres maladies communiquées en même temps que l'inoculation variolique, et pose comme règle qu'il faut choisir des sujets sains pour recueillir le pus variolique. (Mémoires de l'Académie de chirurgie de Paris.)
Le signor Lavater, après avoir réfuté l'opinion de certains médecins sur Yimmiscibilité du pus variolique humain avec d'autres contages, établit une sorte de loi, appuyée sur des faits incontestables, et d'après laquelle on peut réellement acquérir d'autres maladies par inoculation, en même temps que la variole.
Dans les Actes de l'Académie de Londres, rapporte encore Lavater, on peut lire que la rougeole a été inoculée avec la variole à trois enfants. Un enfant inoculé avec la matière virulente d'une femme variolique, affectée en même temps d'aphtes et d'esquinancie, se trouva atteint de toutes ces maladies. Cet opuscule est inséré dans l'ouvrage sur les Maladies des enfants, de Girtanner,
vaccine. Les adversaires de notre méthode de vaccination demandent des faits qui prouvent la miscibilité de la vaccine avec d'autres virus. Nous pourrions en avancer un grand nombre, mais n'en ayant conservé registre que dans notre mémoire et ne pouvant pour cette raison les rapporter corroborés de quelque circonstance exacte, ce qui serait indispensable, nous les laisserons de côté, nous réservant de les faire connaître quand nous aurons pu en recueillir les menus détails (i). Pour le moment, nous n'en
(i) A mesure que notre souvenir nous suggérera des faits de cette nature, et que l'exercice de notre profession nous donnera l'occasion d'en vérifier les détails, nous ne manquerons pas d'en prendre note; nous avons commencé déjà, et nous tirons de notre portefeuille une observation qui peut trouver place ici. Une gamine, fille du signor Ginestous, demeurant rue San-Giacomo, fut vaccinée étant en parfaite santé à l'âge de six mois. Le pus avait été recueilli sur un sujet quelconque, vacciné par une sagefemme du Comité. La vaccination eut un cours régulier, mais peu de jours après l'enfant se trouva atteinte d'ophtalmie, puis de tumeurs qui dégénérèrent en pustules. Cinq mois sont aujourd'hui écoulés depuis l'inoculation pratiquée, et les pustules sur la tête, aux cuisses, à l'abdomen tendent à se perpétuer, à se multiplier, malgré tous les remèdes qu'on lui administre. Ce qui prouve le mieux que ces pustules ne doivent pas être attribuées à la vaccine, mais à un autre virus infectant inoculé avec elle.
rapporterons que deux dont les circonstances sont restées trop fortement imprimées dans notre esprit pour que nous ayons pu les oublier.