‹ Mémoire sur l'Irlande indigène et saxonneChapitre 21 sur 41 · VIOLER JAMAIS POUR QUELQUE FAVEUR OU RÉCOM · texte numérisé non relu

VIOLER JAMAIS POUR QUELQUE FAVEUR OU RÉCOM

PENSE, n — Baron Finglas^s Hibemica, 5 1 .

Ce qui suit est de lord Coke, que l'on ne soupçonnera pas sans doute de partialité en faveur des Irlandais.

«' Plusieurs de ceux qui remplissent des fonctions en Irlande m'ont dit, et je sais en partie par m4(:Biérae qu'iii «'existe poinr dass le uohde

186 L'IBLAJVDE ET I^ IRLANDAIS.

CBB^IBir DK NATION QUI AlMS AOTJUfT lA lUSXIOa <]DB L&t lADAHDAJS ; Or , Ctttt «6rtu doit éttV H^C^t'

tairement accompagnée de bêttuetUp d'outre*. » — CW*,IV, Inst.,349.

Ce qiû suit est im pautge que l'oa a souveot cité du câèbresir JohnDaviea.

o Us continuèrent avec joie de vivre dans la condition de sujets, sans commettre aucune détection ou adhérer à quelque autre seigneur ou roi, tunt qn^Uë furent pretégéé et yeU9emée aveejui- He» , eans oppreesion d'un oâté ou impunité de l'autre^ Cas it n't a passodb ts soLkiL d'homhsb

m DE PEUPLE QCI AIMEHT MIEUX urTE ÉGALE ET IM- PARTIALE JtJBTICS QUE LES laLANDAIS, OU QOI DEHKU-

ttEAoïrr PLUS SÂtiBFAiTs DE SON ExécotiDH, bien fus ee toit gUii-^métnêe qu'elle atteigne, > *— Duviee. Htet^itrait.) ai3.

La société archéologique irlandaise a publié dernièrement, datislepremiw volume de ses Traitée rtlalifl à ^Irlande, un petit travail intitulé: C^tte deêetipHen de flrUmde , faite en t'année '1689, par Reberf Pujfne. Je lui empruste deux extraits qui confirment pleinement lei ^oges donnés à l'amour de la justice qui régnait chez les iriandais.

o Aucune nouvelle ne peut leur être p1<u agréa*^ Hé que cdic de hone Jugée placés parmi eux. Ils mtunproverlwqu'ils citent de bonne foi, j'en suit l^en cddvatecu; ce proverbe entiDéfim^-nutif^

OBSEBVATIONS, PKEUVEfi. (cH. it.) 199 ruifte-moif voulant parler de ToppreBsion de la pire espèce de nos compatriotes. Ils obéisBânt pono tuellement aux lois, ai bien que vous pouvez voya' ger à travers tout le pays sans avoir aucun danger ou aucun mal à redouter de la part du plus mauvais Irlandais, tandis que toos serez enAHDE*

MENT àlOi FAH LES MEItLEDSS. » — Pogt 4.

Ma prochaine citation présente surtout de l'intérêt au moment actuel ; elle prouve ce qu'étaient les corporations d'Irlande, à l'époque catholique, avant que le Protestantisme et l'Exclusion fussent devenus les mobiles dirigeans.

MAIS POUR CE QUI CONCERNE LA MANIÈRE DONT SE RÈGLENT LEURS AFFAIRES DANS LEURS CORPORATIONS, TOUT Y EST FAIT AVEC TANT DE SAGESSE, D'ÉQUITÉ ET DE JUSTICE, QU'ILS ONT DROIT AUX PLUS GRANDS ÉLOGES. Moi-même, j'ai, à diverses reprises, vu dans plusieurs endroits de leur juridiction, Tine vingtaine de causes jugées dans la même séance, avec une telle impartialité, que la plupart du temps, demandeur et défendeur s'en retournaient satisfaits. — Cependant nombre de perêonneê qui font êonntr bien haut leur amour pour ta pais, et dans le fond n'ont soif que de sang, blà^ ment ceci, et en général toute chotf bonne qttefait lé pauvre Irlandais. » — Ibid.

H n'y a rien de nouveau sous le soleil . la trflnquiUité qui régna en Irlande pendanC tout le temps

l&O L'IRLANDE ET LES IRLANDAIS.

que fut manifestée , rintention du cabinet Melbourne, d'administrer les lois avec impartialité, se trouve à des époques antérieures être provenue d'une cause semblable. Sir John Perrot s'était efforcé d'appliquer aux Irlandais une justice impartiale, et Hooker qui, dans quelques-uns de ses écrits, déveise sur les Irlandais le blâme et le mépris outre mesure, dit cependant que sur la fin de l'administration de sir John Perrot :

. « Chaque homme, un bâton blanc seulement à la main, et cependant porteur de grands trésors, aurait pu aller et est allé en effet sans crainte et sans danger partout où il voulait (comme le savait par expérience l'auteur de cet écrit); la brebis blanche gardait la noire, et tout le bétail couchait d'ordinaire dans les champs sans être ni volé ni pillé. » — Hooker, apud HoUinshed, VI, 370.

Écoutons à cet égard sir John Davies, et l'on dirait que c'est l'Attomey-Général du gouvernement Melbourne qui parle : .

« J'ose affirmer que pendant l'espace des cinq dernières années, il ne s'est pas trouvé atitant de mal&iteurs dignes de mort, dans les six grandes circonscriptions de ce royaume, qui est maintenant divisé en trente-deux sbires (comtés), que dans une seule circonscription de six sbires (comtés), par exemple la circonscription occidentale en An- ^eterre! Car il est vrai de dire qu'en tempe de paix le» Iriamtaiê ont plue dt peur d'offenêor la

OBSERVATIONS, PREUVIS. (ch. h.) 141 loi que les JtnglaU ou que toute autre nation pte ce soit. » — Daviee, p. aoo.

Quant au courage des Irlandais, il est peut-être oiseux d'invoquer pour preuve un témoignage protestant et hostile ; puisque amis comme ennemis admettent l'esprit chevaleresque des Irlandais, et que dernièrement les philosophes écossais ont dé' montré la supériorité de leur force physique. Je ne puis cependant m'ahstenir d'insérer la citation suivante d'Edmond Spenser :

a Tai entendu dire à plusieurs grands capitaines que nulle part, dans les armées, à l'étranger,

ILS n'ont vu un PLUS BEL HOMME QUE l'iRLANDAIS,

NI UK SOLDAT QUI MARCHE PLUS CODRAGEr SEMENT A

LA CHARGE. » — Irlande de Spenser.

Tels sont les nobles traits, les traits qui caractérisent le peuple irlandais. Fidélité à l'épreuve de toute tentative de corruption ou torture; fidélité que rien ne pourrait acheter, que rien ne pourrait intimider! « Piété et bonté pendant tout le temps que son peuple fut attaché (et il y est toujours) à la religion de ses pères. » Mais par-dessus tout cela s'élève et brille le titre glorieux a d'AHis i>e la justice. — AMIS d'une iGALE ET IMPARTIALE JUSTICE. »

Amis de la jiistice, non -seulement quand elle se déclare pour eux, mais l'aimant si chèrement qu'ils sont satisËiits quand son exécution tourne contre eux-mêmes! Kulle oatioDy«cous le ciel, ne surpasse leur valeur militaire ! Et de qui est le té-

iftS L'IRtANDE ET LES IRLANDAIS,

moifpiiagâ sur lequel m fendent les Irlandais pour revendiquer ta gloire de ces qualités! le témoignage d'étrangers, d'ennemis! Je défie le monde d'opposer un exemple semblable d'éloges décernés à une nation quelconque par des personnes non intéressées à ces éloges ou n'y participant pas.

On pourrait faire l'objection que près de trois cents années se sont écoulées depuis cette époque. Mais que dit la vérité de l'histoire? Que piontret-elle durant cette période? Les Irlandais ont -été durement éprouvés dans la fournaise de l'affliction ; ils ont été de toutes parts assaillia par la perfidie et la persécution; et cependant ils ont témoigné la fidélité la plus inébranlable k la foi, que dans leur conscience ils préféraient. Pour les suborner, de l'argwit? non. Pour les forcer à renoncera l'hommage qu'ils devaient k leur Dieu, la torture? non. Comparez leur conduite avec celle de toute autre nation sous le soleil ; et admettez (la vérité vousy force), admettra que la gloire d'une fidélité religieuse à toute épreuve appartient au peuple d'Irlande. Vous direz peut-être que leur foi était erronée, leur croyance fausse, et leurs

pratiques superstitieuses Soit, — supposez-le.

Leur ûd^té n'était pas moins religieuse ; c'était un attachement vif et profond à la religion qu'ils regardaient comme la véritable ; et ce trait distinctif, national de Ifeur caractère ne devrait pas même être terni dans l'opinion de ceux qui ne sont pas

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OB«{RVATIOflS, PniUTBSi (ca. ti.) iU

d'accord aveo eux, qaantà son objet. Non, Une sera pas terni dans l'esprit d'aucun homme juste et généreux-

De plus, nous voyons, durant la dernière administration, 1« même respect accueillir les tentatives faites par le gouvernement irlandais de purifier l'administration de la justice : le même calme s'ensuivit, par suite de l'espérance qui s'éveilla, que la justice allait avoir son cours.

De phis, suivez le mouvement national qui se manifeste en faveur de la tempérance. Il y a plus de cinq millions d'hommes qui se sont engagés à une abstinence totale de boissons enivrantes. Quelle nation sur la surface du globe pourrait opposer un pareil exemple? Mais on pourrait dire que ce mouvement de tempérance est passager. A ceux qui le pourraient dire , je réponds que le premier trait du caractère irlandais est la fidélité à ses résolutions ; — fidélité supérieure à la ^corruption , à la force , à la tentation ! Il est donc de mon devoir, je le sais, de déclarer solennellement queies Irlandais, ce ces amis d' une justice impartiale » , s'élèvent de toute la hauteur de leur oaractère national, audessus des habitans de tout autre pays du globe. Je suis donc fier de la terre de mes pères. Elle ne m'est pas moins chère par les maux qui lui ont été infligés, par l'oppression qui l'a accablée, par la tyrannie contre laquelle elle a combattu et à laquelle elle a survécu :

iM l'ihlânde et les irlandais.

« Ptai chire dini tu duptni. ta IriiUxa at tM oodâéi , aQii« Urutedn raonde i ks hcare* le> plni JcUttniea.s

Je nel'en aime pas moins pour l'esclavage qu'on lui a traîtreusement imposé.

a Honl Ui chalaat eaTBDÎnéM; doiii Ion Mit) qui jtiUit

Ne font que te rendre plus don loureuu ment cbir* i lea fili !

Leun oxuri, comme les petita de l'oiieaa du désert,

Boivml l'amour dtnt Gbti|u« goutte de fie qui coule de Ion Mia.v

Od aura sans doute remarqué que le changement opéré dans ]a religion , changement communément, mais fort improprement appelé « La Réforme , » — car cela ne peut en aucune façon être sérieusement appelé une Réforme, — eut lieu du-

' rantia période comprise dans le premier chapitre. Mais si j'ai omis toute mention à cet égard, c'est à dessein ," ayant tenu cette matière en réserve pour en faire l'objet d'un examen séparé et distincl;.

Quand Luther commença le grand schisme du seizième siècle, tout la chrétienté était cathoUque; conséquemment llrlande l'était. — Il est vrai que l'on a dit, — que ne dira pas en effet la bigoterie religieuse? — que l'Église catholique en Irlande ne reconnaissait pas l'autorité du pape, et était séparée de l'Église de Rome. Cette assertion a été gravement avapcéepar l'aichevêque Usher, qui en fut le principal fabricateur. Mais le judicieux révérend docteur Milner a clairement démontré qu'on trouve dans les ouvrages d' Usher lui-même l'évi-

' dence historique la plus concluante de l'entière fausseté de sa propre assertion . A cette controverse appartient du reste un curieux incident^ qui eut

1Ù6 L'IttLANDE ET LES IBLANDAIS.

lieu avant que Milner écrivît. Le voici. L'assertion dlJsher avait donné lieu à.de vifs débats; son crédit était évidemment attaqué; un de ses petits-fils, ecclésiastique protestant , résolut de réfuter ceux qui combattaient l'assertion de son grand-père. Il examina donc à cet égard soigneusement les autorités. Quelle ne fut pas sa surprise, en découvrant l'entière fausseté de l'assertion! Cette circonstance l'ayant amené à eitaminer le$ autres points dC' différence entre les catholiques et les protestans, il finit par résigner sa cure, quitter sa robe comme ecclésiastique protestant, et embrasser la profession de prêtre catholique.

On a pu observer souvent que dans tous les pays où !e protestantisme pénétra , il dut son introduction à des individus remarquables par la méchanceté de leur caractère et l'excès de leurs vices. Le protestantisme ne fut pas plus heureux en Irlande qu'ailleurs. — Il dut son- introduction, en Irlande comme en Angleterre , aux infâmes passions d'Henri VIII; mais en Irlande, son patron pr,incipal fiit l'archevêque Browne (comme on l'appelait; mais son titr^^l'archiépiscopat n'aurait pas soutenu la moindre investigation canonique). L'acte de suprématie , — cet acte qui investit si absurdemenl le roi, — et un tel roi, — du pouvoir spirituel,— passa, grâce à une fraude aussi " grossière qu'éclatante. Les représentans du clergé avaient, dès les premiers temps des Farlemens t&-

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OBSERVATIONS, PREUVES, (ch. ii.) IW

nus en Irlande, été reçus comme membres de ce corps. Il eût été impossible de faire passer l'acte, s'ils étaient restés dans la chambr* — Henri VIII coupa court à l'affaire; —il les expulsa. U obtint alors un acte du Parlement, qui déclara crime de •lèse-majesté de discuter la validité du mariage de la malheureuse Anne Boleyn, ou la légitimité de sa fille. Bientôt 11 obtint un autre acte du Pariemcnt^ aux termes duquel ce fut un crime de lèse-majesté que de soutenir cette validité ou légitimité. C'ett ainsi que leprot^stantisme fut proclamé loi du pa^ia.

U est assez curieux que l'acte d'Uniformité dut de passer en Irlande à une ruse aussi grossièw que comique. Voici ce que nous apprend l'historien : ( i )

« L'acte passa par Tariifice d'un certain M. ^anyhurst de Corduff, alors président de la chambre des communes en Irlande, qui, étant dans l'int^^ des Réformateurs , assembla clandestinement, un jour qu'il ne devait pas y avoir séance, un certain nombre de membres qu'A savait favorables à cet intérêt, et conséquemment eh l'absence de ceux qu*iL croyait devoir Ity être contraires. Mais les absensj ayant appriS ce qui s'était passé dans cette réamoa secrète, firent bientôt après, dans une séance eoa>plèle et régulière, insérer leurs [H^testàtiona ccmti« elle : sur quoi le Lord-Lieutenani les jn-it en pnrti* culier, et donna à un grand nombre d'entre eax.

(0 H. Ifidi, dansaon GiniUirttrti» Svm-Ktt.

avec force protestations et sermens, l'assurance que les peines du statut ne seraient jamais infligées ; ceux-ci le crurent trop facilement et souffrirent qu'il restât comme il était. — J'ai souvent, ajoute mon auteur,entendu affirmer ce fait comme ime vérité positive, par plusieurs personnes d'âge, qui vi- , vaientà cette époque; et je suis d'autant j^us porté à y croire que la promesse du Lord-Lieutenant fut si bien tenue, qu'en général cette loi ne fut jamais mise à exécution pendant tout le reste du règne ■d'Elisabeth, — c'est-à-dire, remarque Curry, probablement jusqu'à ce que fussent morts tous les snembres , ou au moins la majeure partie des ouembres à qui cette promesse avait été faite. »

V Sir Christophe Nugent soutint publiquement «flevant le roi le bruit traditionnel des Irlandais , ■que ce statut fut passé de la manière frauduleuse loi-d^us mentionnée, u — uinaleeta sacra, p. 43 ■• 11 est bon d'observer que ces actes du Parlement n^atteignaient qu'une &ible partie des habitans de Flrknde, dix comtés seulement étant représentés; le nombre entier des membres de la chambre ne s'élevait que de soixante à quatre-vingts. Il n'est pas nécessaire de dire qu'aussi loin que s'étendait la domination anglaise , la persécution fut vigoureuse. OA déploya, du reste, la plus atroce cruauté pour étendre le pouvoir du gouvernement anglais. Le docteur Johnson dit qu'on ne rencontre pas, - même dans les dix persécutions , d'exemple de sé-

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OBSERVATIONS, PREUVES, (ch. ii.) 149 vérité égale à celle que les protestans d'Irlande exercèrent contre les catholiques. Cela est littéralement vrai partout où s'étendait le pouvoir anglais. Le règne d'Edouard VI fut remarquable par l'incroyable ardeur avec laquelle fut poussé en Irlande le système de propagation du protestantisme.

Prenons cet exemple :

« Les moyens de conversion que se proposait d'employer en Irlande le protecteur ( Somerset ), se firent bientôt jour. Un parti de soldats , sortant' de la garnison d'Âthlone, tomba sur l'ancienne église de Qoumacnoise , détruisit les omemens et souilla ses autels. De semblables excès &rent commis dans d'autres parties du pays, et la première impression produite par les apôtres, de la religion réformée fut que le nouveau système sanctionnait le sacrilège et le vol. » — Histoire des guerre* «viles en Irlande , par Taylor, vol. I, pag. 167.

Mais ce fut sous le règne d'Elisabeth que la persécution contre les catholiques sévit avec la plus grande fureur ; de même que la politique de ses officiers, en organisant la famine et la peste, étendit sa domination , de même aussi s'étendit la persécution religieuse. Une multitude de prêtres catholiques furent massacrés de la manière la plus barbare; j'en fournirai deux exemples par les extraits sui vans :

Le premier est tiré de la Revue des guerres civiles en Irlande de Curry, pag. 9 ( note ) :

a Sous ce règne , parmi beaucoup d'autres prêtrei el évêquea catholiques romains qui furent mis à mort à cause de l'exercice de leurs fonctions en Irlande, Glaby O'fioyle, abbé deBoyle du diocèse d'Elphin, et Owen O'MuUceren, abbé du monas* tère de la Sainte-Trinité dans ce diocèse, furent pendus et écartelés par ordre de lord Gray en 1 58o. ïofanStephens, prêtre, pour avoir dit lamesse k Teague M'Hugh, fut pendu et écartelé par lord ' BurroOgbs en iSgy, Thady O'Boyle, gardien du monastère de Donegal, fut assassiné par les Anglais dans son monastère] six frères furent tués dans le monastère de Moynihigan ; John O'Calyhor et Bryan CTrevor, de l'ordre de Saint-Bernard, lurent massacre dans leur monastère de Santa-Maria , en Ulster , de même que Felimy O'Hara, frère lai t il en fut de même aussi d'^eas Penny, prêtre, de la paroisse de RiUagh , qui fut tué k l'&utel dans son église paroissiale; Cahall M'Goran , Hory O'DonntJlan, Peter O'Quillan, Patrick O'Kenna, Georg* Power, vicaire-général du diocèse d'Ossory, Andrew Stretch de Limerick, Bryan O'Muirihirtagh» vicaire^énéral du diocèse de Clonfiart , DokAiow O'Molony de Thomond , John Relly deLouth, Stephen Patrick d'Annaly , John Pillis, frère , Rory M'Heniea , Tirrilagh BTlnisky , frère lai, périrent. Tous ceux dont les noms viennent après Eneas Penny , ainsi que Walter Faman, prêtre , succombèrent dans le château de Dublin ,

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OBSERVATIONS, PREUVES, (ch. ii.) 151 ■ soit à la suite d'une captivité douloureuse, soit au milieu des tourmeiis d'une atroce torture. » Re- 9u^ historique de Curry, ch. l(note).

Le pttssage suivant est extrait des lettres à un Prébendier deMilner.

o Les lois pénales n'étaient pas, en général, moins sévèrement appliquées contre les catholiques d'Irlande , bien qu'ils formassent la masse de la population , que contre ceux d'Angleterre. Spondanus et Pagi rapportent les horribles cruautés exercées par sir William Dniry sur F. O' Hurle, O. S. F, , archevêque catholique de Câshel. Cet infortuné, étant tombé entre les inaitis de (Je gouverneur sanguinaire, en l'année iS^g, fut d'abçrd mis à la torture. On lui plongea les jambes dans de fortes bottes pleines de chaux vive et d'eau, le forçant à les y laisser jusqu'à ce qu'elles fussent brûlées jusqu'à l'os, et cela afin de le contraindre à prêter le serment de suprématie, ce qu'ayant refusé, il fiit attaché au gibet au milieu d'une foule d'autres barbaries. Il avait cité Drury à comparaître avfic lui devant le tribunal du Christ dans l'espace de dix jours; et, chose étonnante ! ce dernier tnourUt durant cette période dans des souffrances tertîbles. Voyez dans VHihernia Dominicana, de BoUrke, line liste beaucoup plus longue et un récit bien plus circonstancié des Irlandais qui furent martyrisés, surtout sous le règne d'Elisabeth pour motifs de religion. C'irAit chose

152 LIBLANDË ET LES IRUNDAIS.

ORDllfAIRE DE FRAPPER SUR LA PIERRE LES t£t£S TOHDUES DE LEUR CLERGÉ JDSQd'a CE QUE LA CER- VELLE EK JAILLÎT. À d'autres, on enfonçait des aiguilles sous les ongles, ou bien même on les leur arrachait. Beaucoup fiirentét endus sur « le rack (instrument de tortiire) » ou furent écrasés sous des poids énormes. D'autres furent évenlrés et furent , contraints de soutenir leurs entrailles avec leurs mains. A d'autres enfin on déchirait la chair avec des instrumens armés de pointes en 1er. u {Lettres à un prébendier par Milnerj Lett. V (note).

Tai puisé l'anecdote suivante dans l'ouvrage déjà souvent cité de Carew :

« Vers la fin du règne d'Elisabeth, les troupes de Sa Majesté assiégeaient le château de Goghan. On apprit qu'il s'y trouvait un prêtre romain (classe d'hommes à laquelle on ne faisait jamais de quartier). Les a^iégeans avaient aussi entre leurs mains le frère du constable qui avait la garde du château. Alors l'officier commandant manda à ce dernier que, s'il ne lui rendait pas inunédiatement le château , il pendrait son fi>ère à sa vue ; mais, voulant sauver la vie du prêtre qu'ils chérissaient, les assiégés retusèrent obstinément de céder. Làdessus l'officier pendit sous leurs yeux te frère du constable ; toutefois, quatre jours après, le prêtre étant parvenu à s'échapper en lieu sûr, le constable demanda grâce et rendit le château. » — Pacata Hihemia, p. 358.

OBSERVATIONS, PREUVES, (cb. ii.) l&i

' Les remarques de rat auteur sont toutà-Êtît caractéristiques. Il continue -ainsi :

« Je rapporte cet incident pour que le lecteur puisse mieux voir en quelle estime et quelle vénération ces Irlandais ignorans et superstitieux ont un prêtre papiste; pour sauver celui-là leconstaMe consentit à laisser périr son £rère. »

■ Carew oublie, il oublie complètement! que le meurtre du frère du constable fut le crime d'un o£Bcier éclairé! tandis que le commandant irlandais « ignoFMit et superstitieux » avait trop de conscience pour être le complice du meurtre d'un homme innocent, d'un homme qui n'avait commis d'autre crime que d'être prêtre ! Ignorant et superstitieux , en vérité! Ah! je me hâte de rétorquer l'accusation, avec Une petite variante seulement ! Le commandant anglais et l'écrivain anglais sont entièrement ignorans de toutes les règles de la morale et sont également brutaux et sans principes dans l'acte et dans le commentaire.

Mais il existe un contraste d'une nature plus élevée et plus glorieuse,. Cest le contraste de la persécution violente et sanguinaire du gouvernement anglais protestant avec la conduite humaine et vraiment chrétieDue des catholiques irlandais redevenus puissans. Les règnes de Henri VIII et d'Edouard VI passèrent. I^ reine Marie monta sur le trône. Le catholicisme fut restauré en Irlande sans difhculté, sans aucune espèce de lutte. Comment les

oatholf^^ les catholiques îrlandaift agirent-ils envers les protestans qui les avaient persécutés jusqu'au dernier moment? Gomdwnt tes catholiques agi(«nt>4ls? Je prendrai la réponse dans un livre publié» il ; a quelques années, par M. William Patuellf gentilhomme protestant d'une position sociale élevée, frère d'un ministre d'état.

« Une preuve plus écktante que les catholiques irlandais, sotts le r^e de la reine Marie, furent très peu entichés de bigoterie religieuse, peut être tirée de leur conduite envers les protestans, quand les protestans furent & leur merd.

R S'il aUait raisonner d'après te bdileau qu'ont tracé du caractère indélébile de la religion catholique» ses adversaires, nous devrions nous attendre à rencontrer les catholiques irlandais ayant recours  tous les raffînëihens de persécution que leur sug^ géraient les doubles motife de xèle et de représailles : les t^tholiques Irlandais, dans toute l'impunité d'une bigotfeKe triomphante , chassant de leurs cachettes les misérables hérétiques : le clergé catholique faisant touler à flots le sang humain devant l'ftutel du Dieu de miséricorde, et jouant à la' fitce du ciel ces drames qui font pleurer les anges.

« Mais ce n'est pas cela. — Bien que sous les deu» règnes précédens on eût traité avec bien peu ti'égard les sentimens religieux des catholiques romains, et leurs sentiqiens comme hommes,

OBSERTATIONS, PREUVÏS. <cii. ii.) IM

ib firent de leur ascendant un usage aussi sag«

, que modéré. — ils ne coKSBHVtiUEîT poimt db rbs-

sEtfTiHSnr DU passé! ils ne vobm^oxwi Àoctins

PROJETS DB DOMIKATIOn rCTDIlE.

u Leland lut-ntéme admet que le seul exemple qui se produisit du Zèle papiste, fut l'annulatioa des concessions Êittes par l'archevêque Browne, au détriment du siège de Dublin, et cette démarche était certes aussi agréable aux règles du droit ■ et de l'équité qu'au icèle papiste.

" IjCs danseurs de la Réforme, sous les règnes précédens, ne furent en aucuhe façon vexésj ou bien, comme l'historien protestant se platt à le dire ; Oh iéè laissa se retirer dans Vombre mhb prendre garde à etut.

« Tel fut Fespritgébérâl de tolérance, que afiAU»

eotJP DE FAHILtKS AlTGLAtSES, AMIeS bi LA RÉFOBHE, SE RiFOGIÈRÉlrt EN IRLASDE ET f PROPÉSSÈREHT tCURB OPIMIOMS ET LEURS CULTES SAMS èlKZ MOLESTÉES.

« Les protestana irlandais, vexés de ne pouvoir produire uii seul exemple de bigoterie de la part des catholiques, durant ces heures d'épreuve pour eux, ont inventé une histoire, probablement aussi fausse qu'elle est puérile, de persécutioh projetée (mais persécution venant du gouvernement anglais et non dé^ catholiques irlandais), et tellement la bigoterie pervertit toute candeur et renverse tonte idée de bon goût, que Je comte de Cork luimême, l'arclietêque Usher, et l^mment le doc-

teur Lelaod o'ont pas eu honte de soutenir ce

conte à dormir debout!

tt Combien devraient rougir ces hommes pervers et superficiels, qui n'ont pas craint de dire que les Irlandais sont bigots et rebelles par la nature même de leur religion, et qui ont avancé cette fausseté en dépit des faits mêmes, et contre l'évidence historique la plus manifeste !

« Les catholiques romains irlandais, des bigots !

LES CATHOLIQUES ROMAINS IRLABnAIS SOBT LA SEULE SECTE QUI AIT JAMAIS RECOUVRÉ LE POUVOIR SAKS BXCRCER LA VËNGEANCe!

V Produisez, si vous le pouvez, un plus éclatant exempte dans la page entière de l'histoire? Étaitce là la conduite de Knox et de Calvin? Ou du brutal conseil d'Edouard VI, qui signa ses décrets de sang avec des larmes? Etait-ce là la conduite des protestons irlandais? — Pamell's Historical ^pology, p. 35-37-

Dans cette misérable histoire de dissensions et de cruautés, qui partant de la réforme vient aboutir à nos jours, on ne trouvera pas d'exemple d'un peuple catholique ou protestant qui ait mérité au même point que les catholiques d'Irlande cette magnifique récompense, qui provient de l'approbation générale. — Non, il n'en existe pas ud exemple. — Le protestantisme ne peut se vanter d'aucime chose de cette espèce.. — Quels sont aussi les catholiques d'aucun autre État qui peuvent ofîrir

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OBSERVATIONS, PREUVES. («. n.) 157 une telle preuve pratiqué de générosité chrétienne ? Quel contraste entre les catholiques anglais et irlandais! Vous trouverez quoi? ï.jes protestans anglaia fuyant la persécution des catholiques anglais, et obtenant un refuge, un abri, la sécurité, où? En Irlande. La persécution dirigée contre les protestans par la reine Marie, pesa lourdement sur la ville de Bristol. Que firent les négocians de Dublin^ les négocians catholiques, et qui alors formaient la corporation ? lis louèrent, et cela est bien connu, ils louèrent soixante-quatorze maisons , toutes meublées, pas moins que cela! qu'ils remplirent de protestans anglais réfugiés de Bristol et de ses environs. Ds les logèrent, ils les nourrirent, ils veillèrent à leur conservation, et les renvoyèrent sains et sau& en Angleterre, quand la mort de Marie y rendit le pouvoir au protestantisme, et permit aux protestans anglais de se venger avec dix fois plus de sévérité de leurs compatriotes catholiques. Oh! honte aux protestans anglais d'avoir fait usage de ce pouvoir pour persécuter de nouveau, avec la plus odieuse inflexibilité, les généreux, les nobles catholiques d'Irlande !

Voyons ! que je donne une autre citation d'un écrivain protestant moderne d'un mérite littéraire et d'une intelligence rares. En entrant'en matière pour traiter le règne de la reine Marie, il s'exprime ainsi :

iS53. « La restauration de l'ancienne religion

a'aacQtnpIit sani violence j aucune tentative de pers^ution coDtre les proteslans ne fut faite ; ET PLU- SIEURS DES ANGLAIS QUI FUYAIENT LE ZÈLE FURIEUX DE MARIE, TROUVÈRENT UNE RE- TRAITE SURE PARMI LES CATHOUQUES D'IR- LANDE. Ce n'est que justice à rendre aux individus de ce parti tant calomnié, d'ajouter que sur les trois occasions où ils eurent le dessus, JAMAIS ILS NE FIRENT TORT A QUI QUE CE SOn' DES MEMBRES OU DE LA VIE, POUR LE FAIT DE PROFESSER UNE RELIGION DIFFÉRENTE DE LA LEUR. En souffrant la persécution ils ont appris à être miséricordieux, comnie ils l'ont prouvé sous le règne de Marie, durant la guerre de 1641 à 1648, et pendant le court triomphe de Jacques II. » — Histoire des guerres civiles d'Irlande, par Taylor, vol. I, p. 169.

Je ne puis mieux terminer me» observations sur la générosité des catholiques qu'en donnant un extrait de l'historien Leiand , que ses préjugés et ses intérêts rendaient nécessairement des plus hostiles au peuple catholique et à sa religion. Il confirme en effet tout ce que j'ai dit relativement à la générosité montrée par les catholiques irlandais pendant le triste règne de la reine Marie. Si quelque chose Cuvait fiaire taire la malignité rancunière avec laquelle les Irlandais sont attaqués dans leur caractère ainsi que dans leurs propriétés, ee ser^t cet - aveu si clair de leur parfoite tolérance

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OBSERVATIONS, PHEtJVES. (CB. H.) 119 epvôrs les protestais pendant le règne ^ h rtàm Marie ; surtout quand il procède d'un aust) foiv mldable adversaire que le docteur («land< le citerai ses paroles ; —

« L'esprit du sèle papiste qui assouvissait toute sa vengeance en Angleterre, se BORNA ainsi fari heureusement en Irlande à ca»ser les wi9* d'nn prélat mal famé {^ksayoïr : BroTfvne, l'arcnevèque protestant de Publia ) et à stigmatiser s«£ descei>^ dans d'un nom ignominieux. Ia douceur du gouvernement irlandais peripit ^ux défenseurs de la réfornje qui n'étaient pas sortis du royaume de a© tenir dans l'ombre sans qu'on prit garde à eux, — > Nul ardent adversaire du papisme ne se mit en avant et ne provoqua ainsi les sévérité& dfl la per> sécution, toute la nation semblait retombée dans la stupide tranquillité de l'ignorance et de la superstition ; dont elle s'était à peine éveillée. Et y comme , par ce fait , elle échappa aux effets de la rancune diabolique de Marie, plusieurs fauilles

ANGLAISES AMtES D« tA BifOKUE SE KÉrOGIÈSXIlT KII IRLANDE ET PURENT T PBQFES5EH EV 8ECBET IfDBS OPIRIONS ETLEVR CVLTESAirSQu'oNT fÎT ATTENTIOH

ou SANS ^RE MOLESTEES. » — tUstoAre d'IriamAe , juir Leland, liv. IIÏ, ch. 8.

, Les citations suivantes pourront sembler d^Y)^ au mérite qu'ont eu les Irlandais en résistant au torrent de cette dévastation religieuse appelée la réfor* me, mais les faits qu'elles contiennent, caract^sent

tellement le protestantisme de cette époque, que je ne puis m'empécherdelesmettresous les yeux du public. La première de mes citations concerne les évêques protestans, et le lecteur sourira, je pense, de l'empressement avec lequel l'auteur, qui n'est autre que le grand poète Spenser , divulgue l'excuse des prélats protestans, s'ils s'approprient lesdîmes. On s'imaginerait peut-être', que s'il n'y avait pas d'ecclésiastiques pour recevoir les dîmes on ne devrait en aucune façon payer de dîmes. Sien échangetdes dîmes, il n'était pas même offert au peuple. l'ombre d'une valeur quelconque, on pourrait croire qu'il ne devrait pas être demandé de dîmes. Mais le poète Spenser, d'accord en cela avec le prosaïque Stanley de nos jours, est d'une opinion dianiétralement opposée, et pense, qu'il y ait prières ou point de prières, de religion ou point de religion , de prêtres ou point de prêtres, qu'importe?-^les dîmes! les dîmes! les dîmes! sont dans tous 'les cas, et dans toutes les éventualités , dues pour engraisser les évêques, n'y eût-il pas de curés fonr paùre là-dessus:

tt Quelques-uns (les évêques protestans) dont les diocèses sont dans des contrées éloignées , quelque peu en dehors de la vue du monde, ne confèrent en aucune £açon les bénéfices qu'ils ont à distribuer, mais ils les gardent en leurs propres mains et emploient leurs domestiques ou palefreniers, à en recueillir les dîmes et les fruits , avec

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OBSERVATIONS, PREtJVES. (ca. ii.) 161

lesquels plusieurs achètent de grandes terres ethâtissent de beaux châteaux. Si à cet égard une question s'élève , ils se retranchent derrière un prétexte très vraisemblable et une valable excuse , ils disent qu'ils h' ont poiht de dighes miiriSTRES A QUI LES coHEÉBER ! ! ! » — Spenser, i4o.

Il parait donc que le mot magique « dîmes » se trouvait mêlé à chaque évolution du protestantisme, qu'il y eût ecclésiastique ou non, —bons, mauvais ou ^indiftérens. Examinons maintenant le cas où il y avait en réalité des curés pour recevoir ces dîmes , et faisons une évaluation de leurs mérites d'après le témoignage de Spenser. En parlant du clergé protestant d'Irlande , il dit :

<c Quelques désordres que vous remarquiez dans l'église d'Angleterre , vous les y trouverez et audelà , savoir : Simonie grossière , cupidité avide , incontinence de la chaii; paresse insouciante, et généralement tout ce dérèglement de vie qu'on rencontre dans le bas clergé. » — Spenser, i3q.

Voilà le tableau que trace Spenser du caractère du clergé protestant à son époque.

Voyons maintenant quel caractère ce zélé protestant donne , pour en avoir été le témoin , au clergé catholique. !Nous trouverons , je le dis avec orgueil, qu'il soutenait le même caractère de zèle et de piété à cette époque que de nos jours , et que de temps à autre il arrachait des éloges, même à ses ennemis les plus acharnés. Voici ce qu'en dit

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m L'tKLANDË ET LES IRLANDAIS.

Spensef , loKqu'il compare sa conduite avec celte des ministres protestans : on croirait vraiment qne c'est quelque franc adversaire de nos jours qui parle !

« C'est une merveille en vérité de voir-la diffé" rence qui existe entre le lèh des prêtres papistes et les ministres de l'évangile : il y en a qui viennent d'Espagne , de Rome , de Reims , k travers d« longues fcitigues et de dangereux voyages , là où ils savent que les attendent le pétil et la mort, sans aucune perspective de récompense ou de fi' chesse, dans leseul but d'entraîner le peuple dans le giron de l'église de Rome. Nos paresseux ministres, à nous, ont tout grand ouvert devant eux le chemin du crédit et de la considération; lepaysléur offre des bénéfices, sans peines et sans périls ; eh bîen!'quâ font-ils ? ils ne veulent ni pour or, ni pour argent , ni pour l'amour de Dieu , ni par zèle pour la religion , ni pour tout le bien qu'ils pourraient faire en gagnant des âmes à Dieu; ils ne veulent pas , disje, se laisser tirer de leurs lits bien chauds, pour veiller à la moisson d«Dieu. » — Spertêet, a54-

Voîlà d'un autre côté le caractère qu'attribue Carte au clergé protestant de cette époque : iï s'accorde parfaitement avec le rapport de Spenser : — •

(c Le clergé de l'église établie était en général ignorantet sans instruction, débauché, d'une via ainsi que d'une conversation très relâchées , négligent de ses cures , et se souciant fort peu d'obser-

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OBSERVATIONS, PREUVES, (ca. n.) m

Ver l'uniformité et la décence dans le service divin. « — Carte, 1 , 68.

Nonobstant l'ignorance et l'immoralité du clergé légalement institué , il manifesta parfois assez de Ssèle anti-calhoUque pour blasphémer et insulter notre dÎTiU Sauveur, en outrageant ses emblèmes qui sont regardés comme sacrés et vénérables parmi les catholiques. J'en donnerai un exem|^e :

« Un certain Hewaon, ministre anglais de Swordjt, se jeta avec violence sur un certain Horish du même lieu, et lui arracha un crucifix qu'il pendit à une potence, avec ces mots awdetsus : au secouas,

ARRIVEZ TOUS , CAS LE DIEtI DES PAPISTES £ST £ir

DANGER. Sur la plainte d'Horish à l'état, et ïa production du cfucifix lacéré et complètement défigaré, sir Geoffry Fenion, secrétaire, insulta le pauvre homme, lui arracha le crucifix et le Jeta à terré sous ses pieds; et Horish, pour avoir témoigné l'intention de se plaindre de cet abus, fut jeté en prison. » — Théâtre des religions catholique et protestante, p. 117.

IjCs emblèines de notre Sauveur paraissent surtout avoir porté ooîbrage à la piété raffinée de sir Geoffiry Fenton.

a Le même sir Geofiry Fenton exposa un pauvre diable au pilori, à Dublin, avec le portrait du Christ à son cou, parce qu'il avait porté le susdit portrait , devant un de ses amis mort, à la cérémonie de Ses funérailles. » — ■ Jitrf., p. 1 18.

16& L'IRLANDE ET L^i IRLANDAIS.

On se fera mieux une idée de la violence de la persécution contre les catholiques irlandais, pendant le r^ne d'Elisabeth, si nous nous reportons pour un moment .à ses procédés sanguinaires contre les catholiques d'une partie plos favorisée de son empire, — l'Angleterre. — A. cet égard, je renverrai à l'autorité d'un écrivain catholique , et je puis d'autant plus le faire, que l'exactitude de ses assertions a eu à soutenir l'épreuve de l'examen critique d'un adversaire puissant et virulent, — le docteur Sturges. — On trouve dans la septième édition de l'ouvrage célèbre du docteur Milner, intitulé : Lettres â un Prébendier, pages qS, 96, le passage suivant :

a J'ai, dit le docteur Milner, recueilli les noms de deux cent quatre personnes mises à mort pour cette seule raison (savoir, qu'elles étaient catholiques), principalement durant les vingt dernières années du règne d'Elisabeth. De ce nombre, cent quarante-deux étaient des prêtres, trois des dames, et le reste écuyers, gentilshommes, métayers; parmi eux, quinze furent condamnés pour avoir nié la suprématie spirituelle de la reine, cent vingt-six pour avoir exercé leurs fonctions de prêtres, et le reste pour s'être réconcilié à la foi catholique, ou avoir aidé ou soutenu des prêtres. Je trouve, en outre, une rektion particulière où figurent la plupart des noms de quatre-vingt-dix prêtres ou 1^* ques catholiques, qui moururent en prison , sous

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OBSERVATIONS, PREUVES, (ch. ii.) 165

le même règne, et de cent cinq autres qui furent bannis à perpétuité ; je ne dis rien d'une infinité d'autres, qui furent fouettés et mis à l'amende ou dépouillés de leurs propriétés , jusqu'à ruine complète de leurs familles. Cinquante gentilshommes catholiques Airent, dans une seule nuit, tout-à-coup arrêtés et jetés en prison, à cause de leur refus d'entrer à l'église. Vers la même époque, je trouve encore un nombre égal de gentilshommes de Yorkshire , conduits prisonniers au château de York, pour le même motif; la plupart y périrent. Ces malheureux furent chaque semaine , et cela pendant une année entière, traînés de force dans la chapelle du château pour y entendre le service établi. Un écrivain contemporain (le docteur Bridgewater) a publié un rapport duquel il résulte que douze cents catholiques avaient été , de manière ou d'autre, victimes de cette persécution, antérieurement à f année i588^ c'est-à-dire pendant la pé-, riode de la plue grande douceur, v — Lettres à un Prébendier, par Milner, lettre TV.

Pour démontrer l'intensité de la persécution et la nature horrible des cruautés commises par la protestante Elisabeth et ses conseillers protestans, j'ajoute l'extrait suivant; le docteur Milner s'adresse ainsi à son antagoniste, le révérend docteur

tf Puisque, Monsieur, vous m'obligez à entamer cedégoùtantsujet, jevous dirai, qu'à l'égard de la

t,t.iOOglc

m visumi ET LES iblandais.

plupart des victimes catholiques, les- dispositions de la loi leur iiu-ent etrictement et littéralement appliquée»; on les pendit, on les décrocha ensuite tout vivans de ta potence, et ils furent démembrés, déchirés , et leurs entrailles furent littéralement brûlées en leur présence; après quoi ils furent décapités et écartelés. Qn employa un temps très considérable à exécuter cette boucherie ; cela dura, une fois, plus d'une demi-heure. J'ajouterai qu'u» grand nombre de ces patieus aussi bieir que d'autres catholiques, qui ne subirent pas ta peine capitale , furent mis à la question par une cruauté inouïe et 9u mépris de toutes ]m lois, afin de leur extorquer des preuves contre eux-mémf s ou leurs filtres, p — Uid., lettre IV.

, C'est un objet dp pénible curiosité que de contempler les moyens auxquels les honiraes avaient recours pour s' entretuer au nom saint et sacré de Ja religion- Le sommaire succinct suivant, qui se trouve dans une note à la lettre lY des teWr«» à h» Prébendier , donnera une idée de plus des instru* mens qui étaient familiers aux persécuteurs protestans pendant le règne d'Elisabeth :

(t Camden, dans ses jânnalea, en parlant du la* msviii£. CATa^\an,à\\, qu'Une fMtpMtelUmtnt tortura qt^il ne pût encore signer son nom. U paraît d'après la relation d'une de ces victimes (i) que les

(i) CinpHin , Btitn , Cgttiun ■ ^latwpoil) «le-

OBSERVATIONS, PBEUVE8. (ce. ii.) i67 tortures suivantes étaient en usage contre les catho liques à la Tour : i" L'instrument de torture ordinaire "(the common rack) sur lequel les membres étaient étendus à l'aide de leviers, a" La fille du boutuTy instrument ainsi appelé* avait la forme d'uQ cerceau dans lequel le corps était courbé jusqu'à faire toucher la tète aux pieds. 3" La diambre appelée petite aiee ; c'était un trou si petit ^ qu'une personne ne pouvait ni rester debout , ni se coucber, ni s'asseoir dedans. 4° ^< ganteletê de fer. » — Diar. Rer. Gest. in Turri Lond.

a Dans certains cas, des aiguilles étaient enfoncées sous les ongles des prisonniers. Noua pouvons juger ds la cruauté avec laquelle les catholiques étaient torturés par le passage suivant d'une lettre de John NicboUs au cardinal Allen , où sans' doute il cherche à atténuer le crime de son apostasie ^ à excuser la perfidie dont il s'était rendu coupable en accusant ses frères catholiques : «■ Non bona ret est corpus iêto erueiato longitte fieri per duosferè pedeaquàmnaturaeoHceêsit. s Sir Owen Hopton , lieutenant de la Tour , était ordinairement l'instrument intermédiaire dans ces cruautés ; mais quelqtiefois Elmer, évêque de Londres , les dirigeait. Dans une occasion il fit cruellement fouetter une jeune fille de bonne naissance , ne la pouvant pas convaincre d'assister au service public. »

Je ne puis m' empêcher de remarquer que rien

n'a jamais été moins fondé que l'idée que le protestantisme était favorable à la liberté de conscience, ou que les protestans n'étaient pas persécuteurs. Le contraireest directement la vérité. Konseulement les protestans persécutaient les catholiques , mais ils se persécutaient les uns les autres jusqu'à la mort. Il n'est pas de trop de lire à ce sujet dans le livre du docteur Milner, les notes attachées à la lettre IV, pages 65 , 66 , de la septième édition. Je cite la suivante :

ECOSSE. « On peut dire que la réforme y commença par l'assassinat du cardinal Beatoun , auquel Knox participa, et au sujet duquel Fox dit, dans ses ^ctes et monumens , que les meurtriers furent poussés parfesprit de Dieu. En r56o, le parlement décréta tout à-la-fois l'établissement du calvinisme et la peine de mort contre les adhérens de l'ancienne religion. « Tant les individus qui venaient d'échapper à la tyrannie ecclésiastique, dit Robertspn , mirent d'indécente précipitation à suivre l'exemplen {Histoire d'Ecosêê). y oyez aussi la réponse des presbytéiiens au roi eC au conseil , en iSgô, relativement aux comtes catholiques de Huntly , Errol , etc. , savoir, que , comme* ils ( les comtes ) avaient été coupables d^idolâtrié , crime méritant la mort , le pouvoir civil ne pouvait pas les épargner.

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