ADJUGER IINCONTINENT AU ROI PAR ACTE
DU PARLEMENT. » — Strafford , I , pag. 353.
Nonobstant l'insufËsance complète des litres du roi, comparés à ceux des possesseurs des titres contre lesquels on admettait qu'il y avait une possession adverse de presque trois siècles, — Strafford néanmoins résolut de travailler à cette iniquité jusqu'à ce qu'elle fut entièrement consommée. Enflé de ses succès en Roscommon, Mayo et Sligo, il tenta de commettre nn vol semblable au préjudice des habitans du comté plus ricbe et plus populeux de Galway. Mais là, il se vit frustré de ses espérances pour longtemps. — En dépit de . tous ses artifices, ^le jury rendit un verdict favorable aux défendeurs; chose qu'ils étaient tenus de faire pour le peu qu''ils eussent égard à l'évidence ou à leur serment. Mais que tout homme juste et raisonnable fasse attention aux conséquences.
Voici les paroles de Strafford :
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OBSERVATIONS, PREUVES, (ch. m.) 241
« Nous avisâmes alors aux moyens de venger l'honneur et le bon droit de Sa Majesté, non-seulement à l'égard des jurés eux-mêmes, mais aussi à l'égard du shériff , qui avait organisé un jury tellement incapable , nous pensons même, choisi à dessein , pour statuer sur une affaire d'ime telle importance et d'une conséquence à majeure.
a Nous mimes h achériffà l'amende de i ,000 /»• vres sterling (a5,ooo fr.) , payables à Sa Majesté, et nous obligeâmes les jurés à comparaître dans la chambre du château où nous crûmes convenable de punir leur obstination avec une juste sévérité. » — Stra/Jhrd, lettre I, p. 45i,
Nous allons voir quelle fat cette juste sévérité exercée contre les jurés.
a Us furent mis chacun à une amende de 4|000 livres sterliiig (ioo,ooofr.) ; leurs terres farent saisies, et on les garda en prison jusqu'à ce que leurs amendes fassent acquittées. » — Ormond , par Carte.
Leland ajoute :
a Les jurés de Galway durent rester en prison jusqu'à ce que chacun eût payé son amende de 4,000 liv. st. et eût Ëlit, à genoux, amende honorable devant le tribunal. » — Leland ^ livre TV, chap. I.
Dans là même dépèche de Strafibrd, où il annonçait l'atrocité qu'il avait commise, en mettant le shériff à l'amende et en faisant incarcérer les
3â3 L'IBLiNDE ET LES ISLANDAIS,
jurés, il propose de simplifier l'affaire de cette manière t
a Nous avons donc décidé que moi, le député^ je donnerai incontinent aux doctes avocats du roi. Tordre de mettre dans une forme légale les droite du roi (à moins que dans sa sagesse, Sa Majesté ne trouve à propos d'en ordonner autrement), ce qui, nous le pensons, pourrait se faire valablement et se régler par une procédure devant la cour de l'échiquier £K SÂisjssAiri pora sa majesté les tebees oEB JUBÉS et de tous ceux gui ne réclament pas la faveurotlerteparSa Majesté dans la proclamation.» — Straffbrd^ livre i, p. 453-
11 reconunandait cependant d'autres précautions. — U recommandait :
« Que Sa Majesté daigne m'autoriser, moi, son député, à ajouter deux cents hommes aux troupes à cheval .déjà enrôlées ici, sans qu'3 y ait cependant aucime augmentation de dépenses pour Sa Majesté, quant à ce qui regarde le capitaine et les autres officiers ; mais que de cette façon les anciennes troupes se trouvent renforcées par la disr tribution entre elles de ces nouvelles recrues, de la manière que moi , le député de Sa Majesté, je jugerai convenable, ou comme il m' arrivera d'être mieux dirigé par Sa Majesté.Nous conseillerions en tout temps cette augmentation de cavalerie ; mais à bien plus forte raison aujourd'hui— y«*}«'d ce jiw ' eoit établie la plantation projeify... Car il sera né-
OBSEBTÂTLONS, PREUrES. («s. ni.) SU cessaire qu'une troupe de cavalerïe soit présente pour observer, et, comme un excellent auxiliaire, ' pour encourager les prc^rès de la plantation.» — , Strafford, livre I, p. 453-454.
On se rappellera qu'au commencement de ces enquêtes, de ces inquisitions plutôt, Strafiord, après s'être assuré d'un- jury pour le comté de Roscommon , avait fait parade de cette grande libéralité de la couronne qui pennetlait aux avocats de défendre contre elle-même les droits du peuple. '
a Quant à ces hommes de loi , qui se sont tellement exercés contre les droits de la couronne, nous jugeons convenable que ceux, à qui nous permettrons de prendre'ainsi la parole, soient tenus de prêter le serment de suprématie ; s'ils refusent , ils seront forcés de se taire, et ne pourront plus exercer leur profession comme ils le font à présent. Car il serait peu décent qi|e ceux-là profitassent des faveurs et des grâces de Sa Majesté, qui ont la hardiesse de s'opposer ainsi à ses intérêts. » — Stra/ford, livre I, p, 454.
Il est donc manifeste que la , permission de se servir d'un avocat fut donnée dans la seule ^pecr tative que cet avocat négligerait son devoir envers ses cliens et trahirait sa propre conscience pour être agréable au lord-député. Les avocats trompèrent cette attente impie. Ils furent, en conséquence, privés de l'exercice de leur profession parce qu'ils
ne Toularent pas prêter le serment de suprématie. Ici je ne puis m'empécher de raconter un fait qui est arrivé de mon temps. U y avait dans le barreau irlandais un individu qui pratiquait exclusivement dans les cours criminelles et qui , grâce à ses menées, fut pendant vingt ans environ le conseil exclusif de toutes les personnes poursuivies par la couronne. Cet homme-là toucha néanmoins pendant les dix-huit dernières années de sa vie une pension aecrètede 3oo liv. st. ('j^Sao/'r.) par an de la couronne? Le public 'n*eut connaissance de ce ^t qu'après sa mort. Pourquoi cette penéion futelle donnée?
Revenons à Wçntworth et aux,moyens qu'il employa pour obtenir un jugement conforme à ses vues. En voici un échantillon :
a Votre Majesté a gracieusement daigné, sur mon humble avis, ACC<yiDER4 SHBLLincsPAB livre