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ET DES INDIGÈNES QUI ÉTAIENT CATHOLIQUES-ROHAINS

de même aussi, ce fiit pour hâter la réalisation de leurs souhaits qu'ils annoncèrent ce projet et déclarèrent que, dans lui très court délai, il ne resterait pas un seul caiJioîigué dans le royaume. Je trouve à cette idée une confirmation bie* forte. Le Comte Ormond, dans ses lettres des 37 janvier

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OBSERVATIONS, PBEUTES, (ch. m.) sfi7

et a5 février i64i-43) à »r W. Saint- Léger, impute la révolte générale de la nation, alors très avancée^ à la publication d'un pareil projet. Or, quand une personne d'une telle retenue, d'un caractère si réservé, si naturellement portée à ne jamais exprimer ses sentimens sur ce qu'elle ne pouvait que condamner dans les autres, et qui , lorsqu'elle était obligée de le faire, n'employait que les termes les plus mesurés, se trouve entraînée à formu* 1er une opinion semblable, ce doit être un cas très notoire. On n'a pas, que Je sache, conservé les copies de ces lettres; mais l'original de celle de sir WilliamSaint-Léger, écrite en réponse à ces lettres, démontre sufBsamment que telle était bien l'opinion de sa seigneurie; car, après avoir accusé réception de ces deux lettres, il se sert de ces expressions : Votre seigbbdrie^a raisoit de consi-

DÉKER l'iHDUEPBOHULGA-TIOIT DE CETTE SÉVÈRE HA- TERHIITATIOir d'EKTIRPËR LES IrLAJID&IS ET IX PAPISME DE CE ROTAUHE, COMME ATANT ÉTÉ PURLIÉE

HORS BE SAisoiT. » — Ormond , par Carte^ I, a63.

Ce Saint-Léger était lui-même un des principaux extirpateurs. Je prie le lecteur d'observer bien qu'il ne condamne pas le système de massacrer jusqu'au dernier des Irlandais. La seule chose à laquelle il trouve à redire , c'est qiie la publication de ces intentions ait été &ite hors de saison. On comprendra mieux néanmoins ses véritables

399 LIRUNIffi ET LES IRLARDAIS.

dispoffitioiMpar Une lettre de lord Upper Oisoiy » citée par Carte, dans laquelle il est dit t

« Que air William Saint-Léger (qui était lordprésident de Mun&ter) était si cruel et si impitoyable (ju'il Et exécuter des hommes et des femmes de la manière la plus exécrable ; qu'il ordonna, entre autres choses, défendre le ventre â une femme enceiniCy dee entrailles de laquelle on retira troie petite enfans dont les soldats s'amusèrent à traverser les corps avec leurs armes. Cet acte (ajoute lord Upper Ossory) en réduisit un grand nombre à une sorte de désespoir. » — Ormond, par Carte^ vol. m, p. 5i.

le conjure seulement les Anglais et les protestans de lire ces extraits d'historiens protestans, et de réfléchir combien de honte ils jettent sur le protestantisme en général et sur la nation anglaise en particulier. Âh! s'ils avaient à argumenter d'un tel fait contre les catholiques, nous n'en eussions jamais entendu le dernier mot !

Mais comme les cruautés commises par des individus pris isolément frappent davantage l'esprit et se gravent plus facilement dans la mémoire, je dioisirai quelques exemples du savoir-faire de ce sir Charles Coote, dont le nom s'est trouvé mêlé aux textes que j'ai cités. Pour remplir les vues du gouvernement anglais, on lui donna droit de vie et de mort. Notez bien la description suivante de ce personnage et de ses cruautés.

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OBSERVATIONS, PREUVES, (cit. m.) 589

« C'était assurément un spectacle affreux que

de voir chaque jour uk^foiile d'iitdividus vxécv-

Ti& Eir TERTC DB LA LOI UARTIALE, A LA DISCR^IOH

OU phit6t ah caprice de sir Charles Coote, .

HOMME FOUGUEUX ET SAHGUIITArRE ET REGARDA COMME TEL , h£hE PAR LES PROTESTAHS ANGLAIS.

Toutefois, tel était rhomme, que les lords-jugeschoisirent pour lui conBer une commission martiale, afin de mettre à mort les rebelles et les traîtres , c'est-à-dire tous ceux qu'il jugerait tels, ce qu'ilôt avec déliée et une sorte de luxe de cruauté. Et pourtant les justiciers siégeaient pendant tout ce temps en conseil, et les juges tenaient leurà audiences aux époques ordinaires dans leurs cours respectives. Mais, le croirait-on ! ils voyaient tout ce qui se passait et ils applaudissaient À un tribunal aussi extravagant que l'était celui de sir Charles Coote et à une exécution tellement illégale de la justice. » ~ I^ord Castelhaven , cité dans Çf' mond, par Carte, vol, i, p. 27'9-a8o.

Un autre exemple , du genre de services auxquels on employa sir Charles Coote, nous est donné sur l'autorité de Borlase, aussi bien que de Carte. La foi publique avait été engagée k la protection d'un M. Ring, l'un des gentilshommes assemblés à Swords. Les lords Justiotere observèrent leur foi jurée par l'envoi d'un détachement de cavalerie et d'infwiterie, le l5 décembre 1641» à dontarf, domaine de M. King, avec ordre de

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tomlier sur les habitans, de les tailler en pièces et de brùlei- le village. -

a Ces ordres, a ditBorlase, a furent parfaitement, bien exécutés. » — Siet. de la Réb.^ p. 63.

Carte ajoute :

« Sir Charles Coote, qui fiit nommé, sur la désignation spéciale des lords justiciers, pour diriger cette expédition, comme étant la personne la plus convenable pour exécuter leurs ordres, et connaissant tiîfeux gm qui que ce fût leurs intentions, pilla et brûla pour la valeur de quatre mille livres sterling, en maisons, blé et autres effets appartenantàM.King. » — Ormond, par Carte» lettre I, p. M9-

L'extrait suivant sera un peu long ; mais il sera fort énergique. Il a trait au meurtre du père Higgins, prêtre de la paroisse de Naas, homme de mœurs innocentes, humain et pieux, homme dont la réputation était sans tache. Cependant son innocence , son humanité active et sa piété , ne purent, au milieu de Dublin, même , sous les yeux du gouvemetnent, lui être d'aucun secours ! Chaque.partle de cet extrait à sa signification. Le plan de décourager les soumissions dans la crainte de £aire diminuer les. confiscations était bien digne de nos pieux gouverneurs protestans anglais. Voici l'histoire de cet assassinat :

« Les cruautés commises , en vertu de la loi martiale, sous sir Charles Coote, ont déjà été dé-

OBSERVATIONS, PREUVES, (ch. m.) 261 crites ; mais, vers cette époque, quand il fut jugé politique de décourager les soiuoissions qui devenaient fréquentes, le père Higgins, homme très paisible, pieux et inofifensif, qui s'était mis sous la protection du lord Ormond, et que sa seigneurie avait amené à Dublin, fut saisi un beau matin, et sans procès ou répit, 'sans que sa seigneurie en fût aucunement avertie, ilfutpendupar Us ordres de sir Charles Coole. Le père Higgins officiait comme prêtre à Maas, et, dans ce voisinage, il s'était

GEAITDEMEHT DISTINOnÉ , EM SAUVANT LES ANGLAIS DANS CE niSTfilCT DU PILLAGE FF DES MASSACRES; 11

en avait secouru plusieurs qu'il avait trouvés dépouillés et pillés , tant il était loin de s'être engagé dans la rébellion ou de lui donner aucun encouragement. Lord Ormond l'avait donc pris sous sa protection, lorsqu'il apprit l'exécution de cet homme innocent, pour le seul motif que c'était im prêtre, sa seigneurie en ût de vife reproches aux justiciers assemblés dans la chambre du conseil. Ils firent semblant d'en être surpris, ets' excusèrent d'avoir eu d'autre part à ff-affaire que d'avoir accordé à air Charles Coote une autorisation générale d'ordonner de telles exécutions (supplices) sans les consulter. T^ord Ormond insista pour que Coote fût jugé comme ayant fait pendre un sujet innocent, méritant] même, sans

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