EXAMEN, SANS PROCÈS, ET SANS ORDRE SPÉCIAL POUR
l't autoriser. Les justiciers, soit qu'ils l'y eussent
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poussé , soit qu'ils fussent résolus d'appuyer leur favori dans un acte qui leur était agréable^ ne voulurent pas le livrer. Le fait seul d'avoir fait pendre un homme de réputation, méritoire à beaucoup d'égards, et irréprochable en tout » sftuf sa religion , nous porte à croire QU'ILS AVAIENT L'INTENTION QUE CETTE GUERRE FUT EN- TENDUE ETRE UNE GUERRE DE RELIGION.
Mais l'avoir lait pendre d'une telle manière', en vertu du droit des armes, par l'autorité seule de sir Charles Coote, contre toute justice et toute humanité^, quand il avait été amené là, et était sous la protection de lord Ormond , cela ne pouvait avoir d'autre but que d'empêcher toutes soumissions, ou bien de commettre envers sa seigneurie un tel manque d'égard, qu'elle pût être provoquée à résigner sa commission et à ne plus s'opposer à eux dans le conseil. » — ■ Pfamer, p. 1 8a .
Je donnerai maintenant la version de Garendon sur le même sujet, parce qu'elle montre la brutalité même des soldats qui étaient sous les ordres d'OrmOnd, pendant qu'il servait le parti anglais. Il ne parait pas cependant que ces soldats eussent connaissance que ce fût un prêtre. lia étaient prêts à le tuer tout simplement parce qu'il était papiste.
« Le marquis d'Ormond, ayant reçu avis qu'un parti de rebelles devait se rendre à jour fixe à Naas, fit avancer des troupes daiu l'espoir de la sgr-
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OBSERVATIONS, PREUVES, (oh. m.) 263 prendre; et marchant toute la nuit, il entra de bonne heure le matin dans la ville, d'où les rebelles, Bur quelque avis^ venaient de s'enfuir. Quelques-uns des soldats trouvèrent dans la ville le révérend M. Higgins, qui aurait très bien pu partir aussi facilement que les autres s'il avait craint qu'il y eût danger à rester. Quand on l'eut amené devant le marquis, il s*avoua volontiers papiste, et ne nia pas sa résidence dans la ville, d'où il avait refusé de fuir avec ceux qui étaient coupables, parce qu'il savait non-seulement être très innocent, mais parce qu'il croyait pouvoir en fournir la preuve jusqu'à l'évidence, ayant, par sa seule charité et grâce k son ascendant , préservé un grand nombre de protestans anglais de la rage et de la fureur des Irlandais : c'est pourquoi il supplia seulement le marquis de le protéger de la violeoce de ses soldats et de le placer en -sûreté à Dublin, afin qu'on le jugB&t si on l'accusait de quelque crime. Le marquis en fit la promesse et la remplit, mais non sans risque, car lorsque le bruit se fut répandu parmi les soldats que c'était un papiste, l'officier, à la garde de qui il avait été confié, fut assailli par eux; et ce fut tout ce que le marquis put faire que de lui venir en aide et d'apaiser la mutiiterie. Lorsqu'il arriva à DubUn, il informa les lords justiciers du prisonnier qa*il avait amené avec lui; du bon témoignage qu'il avait reçu de sa conduite pacifique; des peines-
qu'il avait prises pour détourner, ceux auprès desquels il avait de l'influence, de prendre part à la rébellion ; et d'une infinité de charitables services qu'il avait rendus, et dont les preuves ne pouvaient pas manquer, puisqu'il y avait alors à Dublin plusieurs personnes qui devaient purement à lui la vie et ce qui leur restait de fortune. Lord Ormond ne doutait aucunement qu'il ne fut digne de protection. Peu de jours après, tandis que le marquis ne soupçonnait nullement que le pauvre homme fut en danger, il apprit que sir Charles CootSy qui était Prévôt- Généra {Prevost'Marchal genend), twtait fait sortir de prison, et mettre â mort, dès le matin, avant le jour, ou tout du moins quand il ne/aisait que de paraître : de laquelle barbarie le marquis se plaignit aux lords justiciers ; mais si loin "était-il de pouvoir feire censurer l'autre , qu'il se trouva lui-même mis en suspicion pour avoir pensé que la marche suivie était autre qu'elle ne devait être. » — Hist. de la Réb. irl., par Clarendon.
Je désire spécifier particulièrement les cruautés de sir Charles Coote dans le comté de Wicklow. // Jaut se rappeler que les crimes de Coote ne sont POINT les crimes d'un seul individu. Le gouvernement qui le choisit et l'employa est nécessairement responsable de ces crimes. Voici le court et énergique détail donné par Leiand, d'une de ces expéditions dans le comté de Wicklow :
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OBSERVATIONS, PREUVES. (<ai. m.) SfiS,
a Sir Charles Coote, dit Leland, pour venger
les déprédations des Irlandais, commit, sajts pbo-
VOCATiOIf, sans DISTlIfCTlOn ET IHPITOTA^EHEnT UN
TEL cABiTAGE dans la ville de Wicklow qu'il rivalisa avec les plus grandes extravagances des gens du nord. » — Hiêt. éPIrlande, par Leland, livre V, chap. 4-
Fort de cette confirmation, je n'hésite pas à donner le détail suivant des cruautés anglaises dans le comté de Wicklow, tiré d'une brochure publiée à Londres dans l'année i66a, quoiqu'elle ait été écrite par im catholique irlandais. Mais comme l'auteur en appelle avec confiance à des témoins (i) protestans qui vivaient alors, et qu'il est même Confirmé dans les plus importans de ses exposés par Leland et Warner, l'un et l'autre ecclésiastiques protestans, il est manifeste qu'on peut en toute sûreté comjpter sur la véracité de ses détails.
COMTÉ DE WICKLOW.
n Octobre 1641. Trois femmes, dont une était une dame enceiryie, et un jeune garçon, furent pendus sur le pont de Neuragh, par ordre de sir Charles Coote , durant sa première expédition dans ce comté; il força son guide de souffler dans
(i) Ptml leg protaiiaiu de diitinetion qui TiTuent a]on, at i qui l'tuteuT de ta brochure citée à présent en spp«lte pour la Térité de mh déuili.mDliJT Audtey Herryn, air Robert fiaouab (le pire de ladj HouBtialh) et plnMeun officiet* icncnns •> auin*.
Mb pistokt et le tua ainsi. Il ût aussi, durant la même expédition, pendre un paurre boucher appelé ThoiL&s Mac William. M. Dan. Conyam, de Glanely, &gé et incapable de porter les armes, fut râti jutqu'à e» que mort ê'ensuiv* par le capitaine Gee, du régimfflit du colonel Crafford : et p^idant les marches de 1641, 1643 et i643, l'armée anglaise tua tous ceux qu'elle rencontra dans ce pays, quoiqu'il n'y eât aucune aecusatioH df meurtree commis dan» ledit comté sur dei protestans par « V^battaet. » Dans le temps de l'Usurpateur, le capitaine Barrington, en garnison à Arklow, tua
DOHAGH O'DOTLE DE KiLLECABSOW, Et PLrS DK CIKQ CBirrSAlIiaESQ0liTAIERTSOCSSA.PnOTECnOH{
ci il êit hien connu que la plus grande partie du peuple /Ut égorgée. »
Id suit un autre passage du même écrivain, confirmé par Carte et Warner. Ces historiens protestans le donnent en abrégé, mais le détail est plus ample dans la citation suivante :