G. CROMWELL
La chair frissonne, — le coeur est accablé sous l'atrotâté, l'impiété et le blasphème sans ^1 d'une telle dépêche, — mais les exclamatif>Ds afEùblissent les horreurs qui nous enserrent ainsi.
Peut-être se rencontrera-t-il Aes gens d'une crédulité assez dénuée de bon sens pour s'imaginer que le parlement anglais fut révolté de' la cruauté de Cromwell , et qu'il censura au moins s'il ne punit p^s sa barbarie sanguinaire. — Point du tout, — les vietimet étaient des catholiques irlandais f et il est évident que le parlement anglais, non-seulement n'avait pas de sympathie, mais pas même l'ombre d'un sentiment d'humanité pour les malheureux indigènes d'Irlande. Pour comble d'atrocité anglaise, lisons l'extrait qui suit des joiunaux de la chambre des communes :
« 1640, le a octobre. La chambre reçut ce jourlà des dépêches du lord-lieutenant Cromwell, datées de Dublin, 17 septembre, rendant compte de la prise de Drogbeda. Pour ce succès important
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' OBSERVATIONS, PREUVES, (oh. ni.) 819
(les troupes du parlement en Irlande* 't^ chambre prescrivit UN JOUR D'ACTIONS DE GRAGÇS qui devait être observé le i" Dovembre prochain dans toute la nation. Elle ordonna aussi qu'ime déclaratioil serait rédigée et expédiée dans chaque comté, expliquant .les motifs qui avaient fait établir ce jour d'actions de grâces. — Une lettre de remerciemens fut aussi votée au lord-lieutenant d'Irlande, pour être aussi communiquée à ses officiers; on remarquera dans -Cette lettre, QUE LA CHAMBRE APPROUVA L'EXÉCUTION FAITE A DROGHEDA, comme étant un acte de yu«/Û!« pour les uns et de miséricorde pour d'autres, à qui il pourrait servir d'avertissement. » — Histoire fariementaire, vol. III, p. i334.
Le hideux catalogue des crimes anglais me tue et me dégoûte ; je pourrais multiplier, centupler tes exemples; mais j'en ai assez; infiniment plus qu'assez, donné pour convaincre toute créature humaine que nul pays sur la surface du globe n'a jamais tant souffert de la part d'un autre pays que l'Irlande a souffort de l'Angieterrej et qu'il n'existe pas im pays sur la terre aussi entaché d'infernale cruauté que l'Angleterre dans sa conduite envers l'Irlande !
Une bigoterie religieuse enflammait et augmentait l'hostilité nationale de l'Angleterre contre les Irlandais. Pour montrer combien l'objet d'exterminer U peuple catholique d'Irlande pour favan^
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J20 L'IRWNDE- ET LES niLANBAIS; . .
iage d» h religion protet^antAy , était clairement - avoué par les premières autorités de Tétat , je cir' terai ici le témoignage suivant-, que je trouve k la pag, 55 d'un: livre des faits et gestes de CromvïeU', intitulé Cromwelliana. ■
« la avril, 1649. Ceux qui fuj^nt nommés pour se rendre d'ans In chambre dti conseil rdativement au subùde de 1 ao,ooo liv. st. ( 3,ooo,ooo fr. ) vinrent à Guildbair. te premier qui prit la parole fut M. Lisie ; après lui ,c;e fut M. WhitJock , qui prononça un discours très babile pour réclamer du parlement l'allocation de la somme ci-dessus pour le service d'Irlande ; à M. Wbitlock succéda le lord . che( baron Wild qui sollicita la même chose en faisant valoir plusieurs argumens. Il établit, entre autres, une juste distinction à Vigard de la guerre dans ce royaume , comme r^ ayant pas lieu entr» protestanse.f protestons ou indépendans et ■ presbytériens, mais entre papistes et protestawsj ildltquec'étaitlàlenœud de l'affaire; j-a papacté
oc LE PAPISME ÉTANT CHOSE QUE l'oN DE DEVAJT PAS
souïFRin DAMS CK ROYAUME ; maxioie qui d'ailleurs s'accordait parfaitementaveccelledn roi Jacques r% souverain des trois royaumes : « Plante» l'Irlande de puritains , et DÉRAaNlîZ LES PAPISl'ES— "■et alors vous serez tranquilles.» ,
Cromwell se gorgea de sang humain. U exécuta les massacres les plus hideux ; massacres prémédités, de sang-froid, persévérans. Il a Souillé
OBSERVATIONS, PREUVES, (ch. m.) 321 les atonales d'Angleterre d'un crime plus noir , qu'aucun de ceux qui ont jamais souillé les fastes d'une autre nation.
Et — après tout — pourquoi ? qu'y gagna-t-il ? Quelques quatre ou cinq années d'un pouvoir incertain et précaire ! Et si son hideux cadavre fut enterré dans un royal sépulcre, il le fut, pourquoi seulement? pour que ses- os en fussent retirés et transférés à la potence!
Était-ce donc pour cela qu'il massacra délibérément des milliers d'hommes, de femmes et d'enfans? La gracieuse épouse et l'innocent et bel enfant, — un enfant âgé de sept ans seulement! — du colonel Washington ?
On a souvent dit que ce n'était pas le peuple, mais bien le gouvernement d'Angleterre, qui était coupable des tentatives faites pour extefminer la nation irlandaise. L'observation est absurde. Le gouvernement eut en tout temps dans ses massacres des Irlandais l'approbation du peuple anglais. A présent même, le ministère est populaire en Angleterre, en raison inverse de la haine qu'il manifeste pour le peuple irlandais; et cela est une proposition d'une vérité historique et perpétuelle. Mais c'est surtout dans les guerres Cromwel- Hennés que la distinction entre le peuple et le gouvernement ne pourrait jamais s'appliquer. Ces guerres-là furent solennellement les guerres du peu-
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pie anglais. Elles furent solennellement les guerres les plus cruelles et les plus sanguinaires qu'aient jamais eues à supporter les Irlandais.
Le résultat naturel d'un massacre fait sans aucune distinction des paysans désarmés partout où les soldats anglais pouvaient les attraper, fiit, commec'était naturel, une affreuse femine. L'homme à la charrue fut tué dans le champ à moitié labouré. Ije laboureur reçut la mort en bêchant. Le moissonneur fut lui-même moissonné. Une famine universelle et sa compagne nécessaire, — la peste, — couvrirentla terre. Un témoin oculaire, — employé lui-même à faire cette chasse à mort aux Irlandais, — a laissé la description suivante: et quoique les victimes fussent des Irlandais , il est cependant possible qne leurs misères pourront aujourd'hui arracher quelques larmes à des yeux anglais. Ce fut ainsi que se consomma la puissance protestante anglaise :
a Vers les années i65a et i653, la peste) et la famine avaient tellement ravagé des pays entiers, qu'une personne pouvait voyager l'espace de vingt ou trente milles sans voir une créature vivante, ni homme, ni bête, ni oiseaux ; tous étant ou morts ou partis de ces lieux désolés; nos soldats racontaient des merveilles de l'endroit où ils aperceraient quelque fumée; c'était chose si rare en effet que de voir ou fumée de jour, ou feu et chandelle de nuit. Et quand il nous arriva de trouver
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OBSERVATIONS, PREUVES. («■ ni.) 228
deux ou trois pauvres cabanes, il n'y avait dedans que des hommes très âgés, avec des femmes et defe enfans , et ceux-là , comme le prophète, auraient pu faire cette plainte : « Nous sommes devenus comme une bouteille dans la fumée, notre peau est noire comme un four, à cause de la terrible famine.» J'ai vu 'ces misérables créatures arrachant d'un fossé de la charogne puante, \ noire et pourrie , et j'ai appris de personnes digues de foi que ces infortunés déterraient des cadavres pour les manger : mais l'histoire la plus tragique dont j'aie jamais entendu parler me fut racontée par un officier commandant une compagnie de cavalerie,
qui, FAISANT LA CHASSE AUX TORIES, PENDANT UNE
NniT OBSCURE, découvrît une lumière, qu'elle prit pour un feu, tel que les lories avaient coutume d'en allumer dans ces campagnes désertes pour faire cuire leurs provisions et pour se chauffer; mais, en s' approchant de plus près, lui et sa troupe virent que ce n'était qu'une cabane en ruines, et l'ayant entourée, quelques-uns descendirent de cheval et, regardant par la fenêtre , ils aperçurent un grand feu de bois, et une bande de misérables vieilles femmes et enfans assis autour, et entre eux et le feu, était étendu un cadavre qui grillait, et duquel, à mesure que le feu le rôtissait, ils coupaient des tranches et les mangeaient. » — Des intérêts de l'Irlande, par le colonel Lau?-ence, %' partie, pages 86, 87.
SiU L'IRLANDE ET LES IRLANDAIS.
Tels furent, je le répète, les moyens diaboliques par lesquels le protestantisme et le pouvoir des Anglais parvinrent à asseoir définitivement leur ascendant en Irlande.
OBSERVATIONS, PREUVES ET EXPLICATIONS