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S3Û fIBUNDE ET LES IRLANDAIS.
.plétetpenf ^os la loeilleiire dasse des écrivains américains.
Le docteur Lingard, dont l'ouvrage est le seul qui mérite le nom d'une histoire d'Angleterre., a très justement omis toute mention de ce que l'on appelle « le massacre irlandais. » Il a donné dans ses notes la raison de cette omission. Il est impossible que qui que ce soit puisse lire cette raison sans y puiser la plus parfeite conviction de la fausseté absolue de l'histoire racontée par Clarendon et Temple. On se rappellera que Clarendon fixe le grand massacre comme étant arrivé subitement le aS octobre. Il ne faut que lire les extraits suivans des notes de Lingard, notes pour lesquelles il s* appuie d'autorités incontestables pour être entièrement convaincu que le prétendu massacre du a3 octobre est purement une "fiction :
a ÎTous avons les dépèches ( des lords justiciers) du a5 octobre, avec les documens y attachés {Journaux dea Larda, Vf, 4'^ j Nalson, II. Sï^-S^i) : MAIS IL N'ï EST PAS QUESTION D'UN SEUL MEURTRE. Après avoir détaillé le soulèvement et le pillage commis par les insurgés , ces journaux ajoutent : Quoique ce soit beaucoup trop , c'eat TOUT ce que noits avona entendu dire jusqu'àpréaent qu'ila aient faif. (Journaux, ibid f Nahon, II, 5i6. — Lingard, X, 4^4 1 "ote (A.)-
L'extrait suivant est, peut-être, plus convaincant encore, car il montre que les lords justiciers enre-
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OBSEBVATIONS, PREUVES, (cb; m.) lii gistrent soigneusement le meurtre de dix individus de la garnison de Mellifont, château de tord Moore.
Dans la quatrième (dépêche) du a5 novembre on décrit les progrés de la rébellion, a Dans les deux comtés , aussi bien de Winkloe que de Wexford, tous les châteaux, ainsi que tes maisons des Anglais, avec tous leurs biens, sont tombés au pouvoir d^s rebelles qui, dans leur fureur et leur rage, ont chassé les Anglais, leurs femmes et leurs enfans, dépouillés de tout, de tout jusqu'à leurs vêtemens. Les rebelles grossissent aussi dans te comté de Longford, et leur violence s'accroît avec leur nombre. Les rebelles d'Ulster sont devenus si forts qu'its-ont assez de monde pour en laisser derrière eux dans les places dont ils se sont emparés vers le nord, et pour mettre le siège devant quelquesunes dont ils ne se sont pas encore rendus maîtres... Ils ont déjà pris Mellifont, château de lord Moore, quoique avec une perte de lao hommes environ des leurs ; et là ( de sang-froid ) ils ont assassiné DIX de ceux qui avaient courageusement défendu la place.... Dans le comté de Meath aussi, les rebelles volent et dépouillent les protestans anglais jusqu'à la distance de six milles seulement de Dubhn. » — (/Wrf. p. 900.) — Lingard , X, 4^6 , note (A).
L'extrait que je vais donner confirme bien plus encore, s'il est possible, le ^t qu'aucun massacre
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général n'a pu avoir lieu. H contient, à la vérité, luie accusation de grande inhumanité de la part des Irlandais : mais remarquez bien qu'accusation n'est pas preuve du l^t prétendu, au lieu que cette espèce d'accusation démontre qu'une autre et plus mauvaise accusation ne peut être soutenue. Cet extrait prouve du reste la promptitude avec laquelle on accuse les Irlandais, à tort ou à raison, de tout ce qu'il est possible de produire contre eux; mais il -ne les accuse point du massacre par l'épée d'un seul prolestant.
Il est bon de remarquer aussi que pendant tout ce temps les lords justiciers eux-mêmes faisaient, au moyen de sir Charles Coote et d'autres de leurs favoris, mettre à mort de dessein prémédité tous les cathoUques irlandais , armés ou non armés, hommes, femmes et enfans, qu'ils pouvaient attraper. Ces scélérats avaient donc le plus vif intérêt à accuser faussement les Irlandais de cruauté. H est manifeste que rien n'aurait pu leur être plus agréable qu'un acte qui leur eût permis d'établir contre les Irlandais des accusations de massacre ou de meurtre. L'absence de toute accusation semblable est donc une absolution; une déclaration d'innocence à proclamer partout:
Nous avons une cinquième dépêche du 37 novembre : — « Les troubles sont devenus à présent si universels , que presque partout, même autour de cette ville à la distance de quatre milles , non-
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OBSEBVATIONS, PREUVES, (ch. iii.) 333 seulement les rebelles de pur sang irlandais , mais les gens du pays, hommes, femmes. et enfans, s'associent et tombent sur leurs voisins qui sont Anglais et protestans, les volent et les dépouillent de tout ce qu'ils ont, et c'est ce que nous ne pouvons pas empêcher.» — {Nalson, 90a). J'ajouterai une sixième dépêche du 1 4 décembre: — <c Ils continuent à exercer leur rage et leur méchanceté contre les Anglais et les protestans ; ces derniers, laissent-ils pour plus de sûreté leurs effets ou leurs bestiatix chez quelques papistes , ils exposent ceux-ci à être chassés par les rebelles qui s'eniparent des biens et des bestiaux de ces papistes. A la suite de nouvelles résolutions, ils ont, par le temps qui court , ajouté un degré de plus à leur cruauté antérieure et un degré de la nature la plus grave. Ils ont proclamé que si un Irlandais recelait ou secourait quelque Anglais, ou lui fournissait les moyens de s'échapper sain et sauf, ce* Irlandais encourrait la peine de mort; de telle sorte que, biet^ qu'ils ne fassent point passer ces Anglais au fil de l'épée , ils ont la complète assurance de leur mort, car, avec autant de certitude et beaucoup plus de cruauté, ils les détruisent par ce moyen plus efficacement qu'ils n'auraient pu le faire a^ec l'épée. Ils s'en vont d'ailleurs proclamanf partout qu'ils n'abandonneront pas la partie tant qu'il restera en Irlande un seul individu de race anglaise. » — Ibid.j p. 91 1 . ^ Lmgard , X , 467 , note ( A ).
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Reste une autre preuve fournie par les lords justiciers , de l'entièite fausseté du récit de tllarendon et de Temple. — La voici :
a Le 23 décembre les mêmes lords justiciers délivrèrent une commission à Henry Jones , doyen de Kilmore , et à sept autres ecclésiastiques , en ces termes : « Sachez que nous vous donnons par les présentes plein pouvoir et autorité d'appeler devant vous, et d'interroger sur les sainis évangiles — aussi bien touteâ Içs personnes qui ont été volées et dépouillées, que tous les individus qui peuvent donner témoignage à cet égard , leur demandant quels vols et quelles spoliations ont été commis à leur préjudice depuis le aa octobre demierj ou seront ci-après commis à leur préjudice ou à celui de quelque autre d'entre eux : quelles ont été ou sont les particularités du fait, en quoi consiste ce' dont ils ont été ou seront dépouillée?? quelle est la valeur de ces objets? quels sont les auteurs du crime ? quels sont leurs noms ? quel est l'endroit de leur ancienne ou de leur présente demeure? quel jour ou quelle nuit lesdits vols ou spoliations commis ou à commettre ont eu lieu? quelles perfides ou déloyales paroles ont été prononcées? quels discours ont été tenus? quels actes ont été commis par ces brigands ou quelqu'un d'entre eus, et cela combien de fois? vous enquérant en un mot de toutes autres circonstances concernant lesdits particuliers et chacun d'eui. El
OBSERVATIONS, PREUVES, (ch. m.) 335 vous, nosdits commissaites , vous devez consigner par écrit tous les interrogatoires, et lesen- . voyer à nos justiciers et à notre conseil de notre royaume d'Irlande. » — Temple, Rébell. irlandaise y 137.
Il est absolument incroyable que s'il y avait eu UN massacre quelconque de protestans par les Irlandais , on eût entièrement omis de commander une enquête relative à un sujet d'une si grande importance j dans une commission telle que la précédente. Le massacre eût été nécessairement le trait principal dans une information de cette espèce. Cependant une commission est promulguée pour s'enquérir d'affaires , d'une importance , en ' comparaison triviale, ^ns qu'il y soit inséré un eeut mot , un seul, toucbant le massacre prétendu ! c'est en vérité o le rôle de Hamlet omis à la prière générale. »
Des preuves multipliées ne feraient qu'affaiblir l'évidence qui résulte de ceUes que nous avons données.
On éprouve une sorte de soulagement à donner quelques exemples de l'espèce de preuves produites pour démontrer la réalité du prétendu massacre. Le premier que je donnerai est l'extrait sui- . vant de V Histoire de la Rébellion irlandaise , par sir John Temple :
«Des centaines d'ombres de protestans, dit Temple, qui avaient été noyés parles rebelles ail pont
de Portadown , furent aperçues se tenant debout dans la rivière , et furent entendues demandant à grands cris vengeance contre les rebelles. Une de ces ombres fut vue avec les bras en l'air, et se tenant dans cette posture depuis le ag décembre jusque vers la fin du carême suivant. »
L'exemple qui suit est tiré du témoignage d'un personnage ni plus ni moins important qu'un évéque protestant. Et quand un évèque protestant insulte à tout ce qui est dans les bornes delà probabilité , ;£n de noircir les catholiques irlandais , il serait en vérité amusant de conjecturer un peu ce que ne devait pas faire le menu fretin des in venteurs de fables :
Le docteur Maxwell, évêque protestant de Kilmore, qui, ditBorlase, était une personne dont on n'a jamais osé révoquer en doute ou l'intégrité m\ la candeur , a décrit dans son prolixe examen,' les différentes positions et les gestes de ces apparitions ( les spectres des protestans) , comme ayant été quelquefois vues de jour et de nuit , se promenant sur la rivière à Portadown ; quelquefois secouant leurs épées nues; quelquefois chantant des psaumes; et d'autres fois poussant des crisperçaos d'ime manière effrayante et hideuse. Cet évèque ajoute qu'il n'a jamais entendu qui que ce fût se permettre même de douter de la vérité de ce récit ; mais qu'il ne voulait contraindre la foi d'aucune personne, attendu qu'A n'avait pas vu
OBSERVATIONS, PREUVES. (». m.) :37 les spectres lui-même de ses propres yeux ; qu'autrement il avait autant de certitude du fait , qu'on en peut moralement exiger en de telles matièreë. » — Borlaae , Histoire de la Rébellion Irlandaise, appendice , pag. 693 .
Je terminerai par une citation solennelle de Warner, qui peint le véritable caractère des historiens protestais de cette époque désastreuse :
«IL EST ASSEZ FAaLE, DIT CET ECCLÉ- SIASTIQUE PROTESTANT, DE DÉMONTRER LA FAUSSETÉ DES RELATIONS TOUCHANT TOUS LES HISTORIENS PROTESTANS DE CETTE RÉBELLION. " — Warner, p. 196.
OBSERVATIONS, PKECVES ET EXPLICATIONS
L'objet de cette quatrième partie demesexplicâ- Uona et preuv'es est de rendre aussi saillant que possible le contraste qui existe entre les act'es du parti anglais etprotestant, et la conduite des catholiques irlandais. Et après avoir choisi tant d'exemples, auxquels j'aurais pu en ajouter des centaines en- CorCj des épouvantables cruautés commises par le parti anglais protestant, — je suis fotcé de déclarer, et je leiiMttte avec le plus amer regret, que je ne trouve pas le moindre adoucissement à ces horreurs provenant d'actes d'humanité ou de miséricorde générales ou individuelles. Ce n'est partout que meurtre sur meurtre, -^ assassinat sur assassinat, — massacre sur massacre — d'hommes, de' femmes et d'enfans. Point de repos delà main — ni de l'épée ! Personne qui s'interpose pour protéger et sauver les victimes de l'assassinat; ou s'il exitte de rares exemples, tels que celui du colonel Washington, qui voulut sauver un enfant de sept ans , c'est une tentative inutile, la victime est sacrifiée.
Mais avec quelle triomphante et exhilarante joie je considère la conduite des catholiques irlandais pendant la guerre civile. Quelle abondante moisson je fais, et cela en puisant dans les historiens
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OBSERTATtONS, PREtves. ^n. in.) m prot«6tanB;car, iicetégard,je n'aurai git««reeours à d'autres; quelle abondante moisson je &is d'actes de mansuétude» de patience et de miséricorde, de protectioDetdebonté,debienveillance et de charité! Comme les horreurs de la guerre sont adouciespar l'exercice multiplié de l'humanité la plus tendre. Oh ! quel contraste I quel glorieux contnute I
Ce contraste est plus frappant encore quand nous revient à la mémoire ce souvenir que, tandis que les catholiques déployaient ces vertus, les protestans ne Élisaient que commettre les horribles cruautés dont j'ai cité tant d'exemples.
D'un côté, un esprit infernal, qui encourage le parti protestant au massacre et au meurtre ; del'autrC) l'angéliquebienveillance des cathohques irlandais, protégeant et sauvant de l'épée, autant que possible, tous ceux que le véritable conàfeat fvait épargnés!
Je commencerai parle témoignage général porté par les écrivains protestans des intentions humainés des Irlandais. C'était en Ulster que le soulèvement fut d'abord forcé d'éclater. Dans cette pro* vince, presque tous les protestans étaient écossais. Cependant Carte a conservé le fait suivant. — Au commencement du soulèvement —
« Les Irlandais onnoncértnt par «ne pmelamatioHf ttcela, eoue peine de mori, q*e'auevnEeMaaia ne eerait molesté dans son corpsy ses bien* 9H jHS terres. » •— Oimondt par Carte^ I, 17^.
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Jusqu'àquet point ces Écossais méritaient-ils une décision si humaine et si juste, de la part des Irlandais ? C'est ce dont pourra se rendre compte quiconque voudra bien se rappder que ce fut la garnison de Carickfergus(presqueentièremeDtcomposée d'Écossais) qui commença l'œuvre du massacre, en assassinant dans leurs lits trois mille habitans , ou réfugiés sans armes , dans l'île de Magee!
L'aveu qui suit est du libertin Temple, aveu qui cadre si mal avec l'objet principal de son histoire ! Lui aussi, en parlant du commencement du soulèvement, a ce passage :
« La résolution fut prise (par le parti irlandais) de ne tuer personne, à moins d'y être nécessairement contraint par la résistance.»— 2Vmp/e, p. 65.
Leland méme,ranti-Irlandais, l' anti-catholique, Leland formule en d'autres termes le même aveu :
« Dans le commencement du soulèvement, la résolution fut prise (par les Irlandais) de conduire cette entreprise sur tous les points avec le moins d'effusion de sang possible, d ->— Leland , Uv. V , chap. 3.
Le lecteur devra se rappeler que j'ai cité beaucoup d'autorités protestantes pour démontrer ce qu'aucune personne, du reste, qui a la moindre connaissance de l'histoire de ces temps, ne songera ànier, que l'objet du parti anglais, des lords justi* ciers eux>mémes, était l'extirpation des catholiques
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OBSERVATIONS, PREUVES, (ch. m.) 341 d'Irlande, soit Irlandais indigènes, soit d'extraction anglaise. Pour inculquer ce souvenir au lecteur avec plus de force, je transcrirai de nouveau un ' passage de Carte :
« Les lords justiciers avaient à cœur 0'EXTIR- PEB, non-seulement les simples Irlandais, mais aussi toutes les anciennes familles anglaises qui étaient catholiques romaines , et de faire une nouvelle plantation dans tout le rçyaume, dans laquelle Ha ne pouvaient manquer d'avoir une bonne part. » — Carte, l, 33o.
Cependant, on avoue que les Irlandais, forcés de se préserver de l'EXTIRPATION, résolurent', comme première, règle de leur co^uite, de répandre aussi peu de sang que possible !
J'ai donné tant d'exemples des cruautés exercées par sir Charles Coote et son fils] (qui fut ensuite créé lord Mountrath pour ses services et ceux de son père) que j'ai hâte et désir de commencer ma collection de faits démontrant l'humanité des Irlandais par un événement concernant sa famille. Le voici :
(t Lady Mountrath et sir Robert Haunah, son père, avec Leaiicoup d'autres s' étant retirés à Belleek pour motif de sûreté, se transportèrent tous sains et saufs à Mannor Hamilton ; il est bon d'observer que ladite dame et les autres, avant d'arriver à Mannor Hamilton, se rendirent chez M. Owen O'Rorle, qui tenait une garnison à Dru-
m L'IlUiANDE ET LES IRLANDAIS.
mahtir pour les Irlandais, et dont le frère ét^it prisonnier de sir Frederick Hamiltog. Or* ledit M- O'Rorke, ayant tant de personnes de qualité sous sa main , manda à sir Frederick de mettre m liberté son frère, sur quoi il les lui renveirait toutes saines et sauves ; mais sir Frederick, au lieu de mettre en liberté son frère, IJE FIT PENDRE LE JOUR SUIVANT, action qui aurait bien pu" exciter# ce gentilhomme à se venger, s'il n'eût pas eu plw d'humanité que l'on n'en pouvait attendre en telle occurrence et dans des momens de si grande confusion ; TOUTEFOIS, IL RENVOYA TOUTES CES PERSONNES SAINES ET SAUVES, LES LAIS- SANT ALLER QiU ELLES DËSÏBAJENT. » — M»cueil, p. 97.
Je doute beaucoup qu'il y ait ries ds plus beau ' que ce fait dans l'histoire moderne ou ancienne. 11 semblerait que sir Frederick Qamilton connaissait bien l'humanité de O'Borke quaim il commit T atrocité d'exécuter Je frèr^de O'Rorke, tandis que ce chef tenait tant de personnes de qualité dans ses mains. Mais sir Frederick n'avait rien k craindiw : O'Rorke était .catholique irlandais; et, bien qu'il endurât la douleur du mevir-tre de son frère, il ne put cependant supporter l'idée de souiller son âme du sang d'un prisonnier.
Le prodiain e&emple que je donnerai est c^ui d'un baronnet catholique, en jÛUHster- Il &ut le
OBSERVATIONS, PREUVP, (91. m.) m répéter à satiété, afiii que l'on puisse bien apprécier la valeur de tels actes d'bumaailé. L'on devra constamment avoir présent à la mémoire que le parti anglais protestant massacrait partout les malheureux catholiques quand il te pouvait faire.
Au commencement de la rébellion^ sir Richard Everett, baronnet, envoya les plus riches colons anglais de son pays, avec leur bétail et leurs effets, dans les quartiers anglais. Quant attx pltis pauvres, au nombre d'environ quatre-vingt-huit fersonnes, il les garda et tes conserva à sa propre, charge jusqu'au milieft de juin i643; alors il les transféra à Mitchelstown; et quand dans la suite cette place se rendit aux Irland&is, il envayft chercher ces familles, qui éttfient très pauvres, et les soutint pendant long-temps. Aussitôt que la cessation des hostilités eut lieu, quelques-uns-des pauvres tenanciers revinrent le trouver, et il 1^ étabht fA les protégea sur ses terres jusqu'à l'arriyéede Cromwell dans la contrée.» — Ortnond, par Carte, vol. I.
L^ prochain exemple de l'humanité irlandaise quç je mettrai sous les yeux de mes lecteiirs se passa dans le comté de Cavan, où la guerre civile exerçait sa fnrenri et où «onséquçroment quelques protestons perdirent la vi&, Car.te dit % furent assassinés!) . Soit, je suis peu disposé à pallier ]'effusinn du sang, même ^ar l'emploi d'un mot.
« Grâce à l'humanité de M. Philippe O'ReiUy,
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Sft& L'IRLANDI^ ET LES tItUNDAIS.
Fun des chefs les plus distingués des rebelles, c'est à peine s'il y eut des assa^inats dans le comté de Cavan. Ceux des proteatans qui se mirent aous sa protection furent traneportéê saine et saufs aux quartiers anglais^ et ceux qui furent dépouillés et réduits à la pauvreté, il les nourrit et les habilla jusqu'à ce que se présentât u^eoccasion de les renvoyer. Parmi ceux-ci se trouva M. Henri Jones, . neveu du primat TJsher et doyen de Kilmore , qui, bien qu'il fût devenu partisan notoire dëCro'mwell, fut promu à l'évêché de Clogher, et ensuite, après la restauration, à l'évêché de Meath. » — Ortnond, par Carte, vol. I.
En faisant mention [p. a84] des cruautés atroces commises dans'Ie comté deTipperary par le parti anglais protestant, j'ai déjà parlé du meurtre prémédité el sans provocation de Philippe Byan et de plusieurs autres. Tai dit aussi que , par représailles, les habitans assassinèrent treize individus du parti anglais. Le paragraphe suivant faisait pai> tie de ma citation ; mais il convient tellement au . sujet actuel que c'est un devoir pour moi de le répéter ici :
(t Tous les autres Anglais furent sauvés par les habitans de cet endroit dans leurs demeures, et les biens qu'As leur confièrent leur furent intégralement rendus. Le docteur Samuel Pollen (protestant), chancelier de Cashel «t doyen de Clonfert, ainsi que^p femme et ses enfaus furent sauvés par
OBSERVATIONS, PREUVES, (cakt. m.) 345
le père James Saul, jésuite. Plusieurs autres prêtres romains se distinguèrent en cette circonstance parleseiïbris qu'Us firent pour sauver les Anglais; particulièrement Joseph Everard et Redmond English, tous les deux franciscains, qui en cachèrent quelques-uns dans leur chapelle et même sous leur autel... J^S' Anglais qui furent ainsi préservés du danger lurent, selon leur désir, envoyés dans le comié de Cort, avec une escorte des habitans irlandais de Cashel. » — Ormond, par Carie, I, ^6"].
£n faisant mon choix d'exemples de l'humanité du parti catholique, je rencontre dans le passage suivant un intérêt qui réclame pour lui une attention toute particulière :
<t Le docteur Maxvell, par suite évêque de Kilmore, dépose que madame Catherine Hovenden, veuve, et mère de sir Phelim O'Nial, a conservé dans sa propre maison vingt-quatre Anglais et Ecossais, et les y a nourris pendant trente-sept semaines à même ses provisions; et que quand ses enfans la forcèrent de s'éloigner, à l'approche de notre armée, elle les laissa eux ainsi que le déposant, en liberté, -r- Que le capitaine Alexandre Hovenden , son fils, conduisit, d'Armagh à Drogheda, trenle-cinq Anglais, dont qudques-uns étaient gens de qualité, et cela quand on pensait qu'il y avait des ordres secrets pour les assassiner. Il en envoya vingt autres sains et saufe à Newry, et il ne voulut pas les confier à d'autre escorte que
m L'IRLANDE ET LES IBLAMOAIS.
lui-même. « — Carte, et Appendic^à l'Histoire delaRéboUion irlandaise, par Sorlaae.
De plus, il De faut pas oublier que toute cette charité et cette humanité étaient montrées et ex£r> cées par les catholiques durant les cruautés atroces du parti protestant, cruautés dont j'ai donné des exemples dans les pages précédentes. On trouve, h cet égard, dans Warner, un passage très important, qui a trait à la conduite des gentilshommes catholiques de Munster. Voici ce qu'en dit Warner :
« Des témoignages nombreux et honorables constatent 'que lord et lady Muskerry ont pris soin et veillé à la conservation d'un grand nombre d'Anglais. Mon-seulement ils leur ont sauvé la vie en les préservant de la fureur de l'ennemi, mais ils eo ont préservé plusieurs des angoisses du froid et de la jaim, après qu'ils avaient été dépouillés et chassés de leurs habitations, La vérité est que tous les gentilshommes de cette partie du royaume (savoir Munster) avaient grand soin d'empêcher l'effusion du sang et Iti pillage des Anglais, bien que cela fût souvent impossible, u —' Hietoire d6 h Rébellion en Irlande, par ff^arner.
Cependant, ce lord Muskerry fut ensuite barbarement exécuté par les partisans de Cromwejl. On dit que son épouse fut traitée de la même manière.
Voici un autre exemple : il est 'du chef illustre de U maison de Mountgarret, ancêtre du comte «ctuel de Kilkenny ■ Ce p^wanage y déploie le ca-
OBSERVATIONS, PREUVES, (chaf. m.) »hl
ractère que Ton doit naturellement attendre d'un membre de cette illustre famille. Brave soldat e» bataille, — l'humanité personnifiée envers un ennemi sans armas.
a Dans)a province de Munster ci-dessus men- .tionnée, dit Carte, lord Mountgarret prescrivit, par proclamation, sous les peines leg plus sévères, à ses compagnon^, de ne faire aucun tort aux habitons anglais, soit par coup» et blessures, soit par Ifi pillage; et ilj^ussit si bien dans son projet de les préserver de mal, guil n'y eut pas la moindre ^fusion de sang. Mais il lui fut impossible d'eni* pêcher la populace qui le suivait à cet effet, de piller et Anglais et Irlandiais, papistes et protesians, Mns distinction. — Son autorité ne sulfit pas pour arrêter cette violence. Toutefois un individu ayant le rang da gentilhomme, M- Richard Cantwell (issu de M. Qtntwell de Painstown, homme très Pttimé dans son pays), ayant transgressé ses ordres et pillant en sa préseiice, il le tua d'un coup de pislxi^ let.» ■ — Ormond, par Carte.
Maintenant je donnerai quelques exemples de la manière dont les Irlandais traitèrent leurs ennepiiSf tombés après la victoire entre leurs mains.
te Je pris Atby d'assaut, dit lord Castlehaven, et fis toute la garnison (700 hommes) prisonnière. J'en fis présent à Cromwell, le priant parlettre de ■ne traiter de la même manière, si quelques-uns des miejis tofnbaient en son pouvoir. Mais il &t
peu de cas de ma politesse; car quelques jours après jl assiégea Gowran, et les soldats s' étant mutinés lui rendirent la place avec leurs officiers, sur quoi il fit mourir Hammond, le gouverneur, avec quelques autres officiers. » -^ Caatlehaven, 107.
Voici un autre exemple qui slatisfait plus encore , puisqu'il preuve que les soldats eux-mêmes rivalisaient de grandeur d'âme, avec leurs officiers, témoignant la même horreur de la cruauté.
(t Le jour suivant Rathfarnham fut pris d'assaut , et tous ceux qui s'y trouvaient furent faits prisonniers ; et bien que 5oo soldats eussent pénétré dans le château avant aucun of6cier supérieur , U n'y eut cependant pas un seulhomms de tué{ je vous dis cela en passant , pour faire voir la différence qu'il y a entre nous et les rebelles (de Cromwell} dans l'usage de la victoire.» — Lettres de lord Ormond, II, p. 408.
Ainsi, il paraît que les soldats irlandais eux-mêmes cessèrent de verser le sang , au moment qu'il n'y avait plus de résistance. Je pourrais multiplier facilement les exemples , mais ceux que j'ai choisis sont tellement solennels qu'il est inutile d'en chercher davantage. Je ne puis cependant m'abs* tenir de donner le suivant, c'est encore un magnifique titre de gloire pour la maison de Mountgarret :
« A la même époque le fils aînée dudit lord Mountgarret, le colonel Edmond Butler, prit pos-
OBSERVATIONS, PREUVES, (ch. m.) 3à9 session de Waterford, sans qu'aucun des habitans de quelque pays ou religion qu'il fut , fut tué ou pillé; et ceux des protestans anglais qui dési- ' rèrent quitter la ville *, eurent la permission d'emporter leurs effets partout où ils voudraient. » — Ormond , par Carte.
Comparez maintenant la manière dont les Irlandais catholiques exécutaient les conditions de reddition , avec la conduite du parti^protestant en semblable conjoncture. VoiciVexemple catholique : <c Quand Birr se rendit au général Preston, janvier i64a , les articles furent fidèlement exécutés, . et le comte de Castlehaven , son lieutenant-général, transporta la garnison et les babitans, au nombre de 800 personnes sains et sau& à Àthy au milieu d'une longue marche de deux ou trois jours à travers les bois d'Irregan et des contrées désertes.» — Ormond, par Carte , vol. ï.
Il y a beaucoup d'exemples de cette espèce fort louables pour le parti irlandais. Je choisis ce qui , suit:
a Les villes de Clonmell et de Carickmagriffît, en ïipperary et Dungarvan, furent successivement surprises par M. Richard Butler de Rilcash , second frère du marquis d'Ormond , et il eut tant d'influence sur ses compagnons, qu'il les empêcha non-seulement d'assassiner, mais même de piller ; ses ennemis eux-mêmes ont rendu justice à sa
iM LiltUNDB m LES tALAtlbAtS.
lolHcitude et à la bobleftse de seà pi*océdés. » ^^ Oftnond, par Carte.
En voici un autre : ^ -
Callan et Gowran furent pris t»^ la même époque par des personnes envoyées tout exprès par lord Mountgarret, êana aucune effunon de gang y il y eut bien à la vérité qiielque pillage , mais il ne s'effectua qu*avec peu de violence, car on redoutait des plaintes, et encore se boma-t-il à des troupeaux de race anglaise, que Von vola aussi bteh auxlfldndais qui en possédaient qu'aux Anglais. » '^ Ormondf par Carte.
Je donnerai encore un exemple plus circon-" stancié:
« James , lord Bunboyne , apprenant la prise de Fethard, par Theobald Butler, et étant commandant en chef de la baronie de Myddlethyrde , eu vertu de concessions spéciales faitesfà quelquesuns de ses ancêtres , pour des services rendus à la couronne d'Angleterre , s'y transporta le jour suivant, etpritle commandement delà ville. Il dispersa la populace , et forma une garnison des principaux habitans de la place et du voisinage. // mit immédiatement les anglais en liberté^ leur rendit Uttrt effets et Ua envoya en sûreté à Tbughall, et'aufrei placés qu'ils choisirent pâur leur retraite. Parmi eux se trouvaient deux ecclésiastiques , dont l'un M. Hamilton,'fut envoyé sursademande^chez
OBSEBVATIONSi PREUVES. (CB. m.) S«
)a cottiteue d'Ormond. » — OrtÂondf par Ca»éi Que le lecteur maintenant établisse un parallèle entre les extraits que j'ai donnés et qui témoignent de la cruauté des protestans anglais avec ceux qui témoignent de la générosité chevaleresque des chefe irlandais et de leurs troupes : les cruautés anglaises ne sont palliées et adoucies par aucun acte de générosité, ou aucun trait d'humanité ; leur horreur detûeure entière, l'extermination était leurobjet, le' meurtre et le massacre incessant leurs moyens.
3é ne puis, je crois, terminer d'une manière plus convenable cette partie de mes explications de l'histoire irlandaise, qu'en empruntant à l'évêque Burnet la description suivante du traitement que reçut des Irlandais le révérend docteur Bedell^ ' évêque protestant de Rilmore , homme de grande humatiité et de grand mérite. Il tomba entre les Inains des Irlandais, durant les plus mauvais jours de la rébellion. Les Irlandais non-seulement ne lui firent point de mal, mais ils prirent grand soin de tous les individus — (protestans conséquemment) — quile vinrent trouver, en demandant protection .---^ Bref, ilsle traitèrent avec bonté, et le protégèreiit tant qu'il vécut; et, à sa mort, ils l'honorèrent. Cette relation touchante est empruntée à la Fie de Sedell, par Burnet :
a. Pendant tout le temps que le docteur Bedell évêque de Kilmore lut prisonnier des insurgés qui sans aucun doute avaient beaucoup de prêtres.
us L'IRLANDE ET LES IRLANDAIS,
parmi eux , U ne fut jamais iiiterrompu dans l'exer- . dce de son culte , bien que non-seulement sa maison et tous les bâtimens adjacens» mais aussi l'église et le cimetière , fussent remplis de gens qui venaient enfouie à lui pour être protégés, si bien que du a3 octobre, jusqu'au i8 décembre suivant , lui , et tous ceux qui restaient près de lui» jouirent , par miracle , dit le docteur Bumet , d'une tranquillité parfaite, et quand il mourut à l'âge de 71 ans, rEvéquetitulaire(i)dece diocèse, bien que le révérend docteur Bedell eût converti son frère , prêtre papiste , à la communion de l'église établie, permit qu'on l'enterrât dans im terrain consacré, et les Irlandais lui rendirent à ses funérailles des honneurs extraordinaires. En effet, les chefs des insurgés ayant assemblé leurs troupes , accompagnèrent son corps au cimetière en grande solennité ; et prièrent M. Clogy, l'un de ses aumôniers de l'inhumer selon les rites de son église. Ils firent à son enterrement, une salve de mousqueterie, s' écriant en latin : Me requieacat uUimus^ngloritm! <c Puisse le dernier des Anglais reposer en paix ! » Edmond , Farrilly, prêtre pa- [Hste , s'écria en même temps, O- ip anima mea eum Bedello I «Plût à Dieu que mon âme fut avec Bedell, » — Fte de Bedell, par Févéque Bumet.
(i) LuécéqueicatbollqiieiioDt«iuiî d«i>igiié),fMrMqu'ilj portent k litre taHJouirJeipriTiléijes, ou pouêilir tel bieni que lie proUaUn ont tuoipéi. (iVoM du tradutUar,)
OBSERVATIONS, PREUVES, (ch. ih.) 3ft
. Tai maintenant terminé les citations qui font contraste entre la brutale férocité du parti protestant anglais, et l'humanité pleine degénérosité des Irlandais catholiques durant la guerre civile. Je procéderai ensuite à quelques autres ezpIicatioDs de la conduite du parti adverse pendant cette période funeste.
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f OBSERVATIONS;
PfeBtVËS Et ËXPLlCAtlÔfii.
CHÀpnrBE in. — partie v.
Cefttj je le répète j Uii fait singUlièr^iént cilrieux, que, tandis que le parti anglais iMtt. \é pltiS fort intérêt à calomnier les catholiques irlandais, il ait encore conservé tant de traits d'humanité et de miséricorde de la part des Irlandais; et qu'en même temps il n'ait pas tenté d'énoncer un seul acte.de bonté, de charité, d'humanité ou de miséricorde de la part des diefs du parti protestant anglais. L'extermination des Irlandais était leur but , conséquemment l'extermination fut leur unique labeur. Je ne puis, malgré la recherche la plus minutieuse, découvrir un seul exemple où l'on ait épargné la vie de l'Irlandais, ayant ou n'ayant pas les armes à la main ; de l'homme irlandais, de la femme irlandaise, ou de l'enfant irlandais. Je ne crois pas que de tels exemples existent. 'J'espère qu'il y en a, parce que s'il y en a, la publication de cet ouvrage portera assurément quelqu'un à les rechercher et à les produire. Il serait à désirer que l'on put adoucir l'horreur qui ressort de l'atrocité du sanguinaire parti protestant d'alors. Il serait à désirer pour l'amour de l'humanité que les cruautés des Anglais eussent quelque mitigation provenant au moins d'un acte solitaire de vertu.
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OBSÊftlrATtDlVS, PREUVES, (ba. in.) 86S Qil'bti he 6*iitiagitie pas qtie je l'ignore; je saik que Gromwell lui-tnême observa accidentellement la foi des traités; je sais qu'il a parfois exécuté k convention faite quand des hommes arnjés avaient stipulé quartier avant de se rendre. En quelques occasions ce fut pour lui la meUleure politique d'agir ainsi , de be pas pousser inévitablement au désespoii- tous les IrlandaU artnés. Mais ce^ actes mêmes de justice furent extréliiemeht rares. U y en eut beaucoup qu'atteignit l'accusation d'indigne itifîdéllté. La pet^die de iOn premier massacre à Droghedà place toute pd^onne qui serait tentée de prendre sa défense en fAisoh dé l'accomplisB»mettt de certaines stipulations, eh maintes circonstances, dans une position qui n'est certes pas la plus digne d*envie. Potir dire vrai, jainais ne s'est encore montré dans aucun pays un être infernal tellement noirci de crimes , tellement souillé de sang, qui puisse être comparé à Cromwell et à sa clique de sanguinaires enthousiastes bibliques eti Irlande.
Le profond intérêt que le parti anglais avait à calomnier les irlandais est manifeste. L'atroce ini'quité d'accuser faussement de crime les Irlandais liit commise pour donner aux Anglais ces avantages.
Premièrement. — > Ces fausses accusations serviraient à rendre moins odieuses les horreurs, au> hument sans palliatif aucun , des massacres exécu-
35fl L'IRLANDE ET LES IRLANDAIS,
tés parle parti protestant anglais. Elles donneraient à ces massacres l'apparence d'une représaille envers les Irlandais pour leurs crimes. Pourtant, la triste vérité est qu'une représaille qui s'exercerait au moyen du massacre d'hommes, de femmes et d'enfansiunocens, serait une pauvre excuse pour une telle inhumanité , une telle barbarie. Mais encore est-elle une excuse , et il ne pouvait pas y avoir d'autre palliatif. '
Secondement. — Elles serviraient (comme elles servirent en effet) d'excuse pour saisir toutes les terres des Irlandais, et les déclarer confisquées au profit du parti Cromwellien.
Trmnémement. — Elles serviraient — et elles servirent en effet — pour autoriser l'ingrate famille des Stuarts à laisser entre les mains des soldats de Crotilwell , ou à con,vertir à son propre usage les terres des fidèles catholiques irlandais, qui avaient combattu, versé leur sang, eteoufiert dans la cause de Charles I", et dont les propriétés étaient restées la proie et le butin des ennemis de ce monarque, de ces ennemis qui le traînèrent à, l'échafaud; butin d'ailleurs auquel le duc d'York participa pour une étendue de quatre-vingt mille arpeas de terre; le duc d'York, qui fut depuis le misérable et le méprisable Jacques II.
Avec des motifs aussi puissans pour calomnier, et pour persévérer dans la calomnie , on ne sera pas sui'pris de Irouver que toute recherche, quant
OBSERVATIONS, PREUVES, (ch. m.) 357 à la vérité des faits, fut refusée , ou d'une manière méprisante, ou sous les prétextes les plus frivoles. Lea Irlandais réclamèrent souvent avec instance l'enqu^e la plus complète. Et quand ses nécessités de position contraignirent le roi à leur ofirir une amnistie, lea Irlandais refusèrent réellement d'accepter awmne amnistie pour aucun» personne de leur parti qtte l'on pourrait prouver être coupable de meurtre^ de violation de quartier, ou de quelque cruauté inhumaine. Ce qui suit est la 19* proposition adressée au roi, avec une remontrance sur leurs griefs, par les catholiques confédérés, assemblés à Trim, en i64a :
«Dix-neuvièmement. — I^es sujets catholiques de Votre Majesté ont été taxés de beaucoup d'inhumaines cruautés qu'ils ne commirent jamais, c'est pourquoi les supplians de Votre Majesté , pour leur justification, et pour manifester au monde entier le désir qu'ils éprouvent que toutes personnes calomniant ainsi soient trad.uites en justice, DÉSIRENT QUE DANS LE' PROCHAIN PAR- I^MENT, TOUS LES MEURTRIERS NOTOI- RES, LES VIOLATIONS DE QUAJtTIER ET LES INHUMAINES CRUAUTÉS. COMMISES DE PART ET D'AUTRES PUISSENT ÊTRE LE SUJET DE DÉBATS ET D'INTERROGA- TOIRES DANS LEDIT PARLÏMENT, SI VO- TRE MAJESTÉ LE 'JUGE A PROPOS; E;1' QUE CEUX QUI PARAITROlfr ETRE COUPA-
iAkx>^c
158 VltlLANDE ET LES IRLANDAIS.
BLES SOIENT EXCLUS DE L'ACTE D'OUBL^ ET PUmS SELOIi LEimS mérites. » — Sor~ JaM,p. 191.
Le lecteur ne sera pas surpris d'apprendre que cette proposition fut rejetée à l'instigation du parti protestant anglais. Ce seul fait de refus sera concluant pour l'esprit de tout homme raispnpatile quant à la culpabilité ou à l'innocence des partis respectifs.
En 1643, on conclut une paix appelée « la cessation » — entre les catholiques confédérés et les amis du roi en Irlande , ayant le marquis d'Ormond à leur tète : et de nouveau une paix en règle en i648. -^ l'vne et à l'autre de ces occasions les catholiques irlandais refusèrent d'accepter une indemnité pour toutes personnes convaincues de ■ meurtre , de violation de quartier, ou d'inhumai- ' nés cruautés. Tout au poutraire leurs chefs désiraient que toute personne qui avait répandu hors de combat le sang humain fût punie comme elle méritait de l'être. ' ,
Dans les deux paix conclues ( par les catholiques irlandais ) avec le marquis d'Ormond, savoir, c^les de i643 et de 1648 , ils exclurent expressément du pardot^ tous ceux de leur parti , qui avaient commis de semblables cruautés. Et longtemps avant l'une ou l'autre dç ces paix , lpr4 Cjanricard témoigna « que c'était /« désir de /(| Malùuf entière S^'m^/^ ^h 'p'**?*^^ 4e çf^ çrtf^-
OBSEpVATIQWS, PREUVES, (bb. ui.) SSfl t4t4esetêmpk* frappant fiOMr toute iapMtérifé. n -r- OrvQntl , par CarU, vol. III. a Et le marquis d'QriaQn<l llltmêpio avoua que ceux qui s'arro- ' gçai^nt le ppuvpir parmi les Irlai^dais , les avalent ' depuis longtemps désavoués , et manifestaient un ' ardent désir qu'ils pussent être traduit^ en jugg- ' ment. » — JM.
Etipp , Ifîs (:atlioHquefi irlandais agirent précisément fpmme agiraient des hommes innocens, ne ' cberobant pas à protéger les Êttnéans ou les dissolus de leur propre parti , qui dans l'outrageuse li- . cenoe de la guerre civile, auraient tué quelque protestant hors du champ de bataille , ou commis ' d'autres meurtres quelconques. Au contraire , les catholiques irlandais cherchèrent avec empressg- ' ment à faire pimir sans miséricorde tous individus s'étant ainsi rendus coupables. L'extrait suivant , tiré du Hev. Peter Walsh , tend en- core plus à explique^ ces transactions; et il' est regardé , par les écrivains protestâns non-seule- ■ : ment de son époque , mais de toutes les époques subséquentes, comme un témoin digne de ^i : - *
a Sans insister plus longtemps , dit M. Walsh , sur dfis particularités, le corps entier de la no- i blesse et de? gentilshommes catholiques d'Irlande , adressa , par ses agens à Oxford , en i643 , une < , requête à Sa Majesté , tendant à ce v que tous le«. nuiwinf commit det doux cété», dana cette guêvte, . fuHant h âiiftt d^ifn êxqmen ufprafanâi dont un
futur parlement , et que tes auteure de ce* même» meurtres fussent exclus de tous les actes d'indem- • nité et d'oubli. Mais pour ce qui était de cette ■ proposition, les agens protestans , qui , eux aussi, étaient alors auprès du roi à Oxford , la rejetèrent t ; sur quoi on a observé avec raison que lemandait. pourquoi cette offre des Irlan- :usés a toujours été r^'etée ou éludée refus fut dans la suite réitéré plus d'une ■ leurs accusateurs, il n'y a pas un homme s qui ne comprenne bien que c'est parce Irlandais n'étaient point coupables des arbares et inhumains dont ils étaient accuses, ei parce que ceux qui les accusaient si exorbi- '•tammpnt se trouvaient eux-mêmes ou des gens ment sus&ptibles d'être accusés d'un ad nombre de crimes et de meurtres comle théâtre d'Irlande où ils avaient joué es, et de plus parce qu'en effet ces forfaits n partie les leurs; en effet, plusieurs de idus ne s'étaient pas moins exercés sur le le la Grande-Bretagne elle-même, et s'é< ndus coupables du plus horrible forfait uisse imaginer, par le meurtre sanguiii exécrable du meilleur et du plus> innorois. » — Réplique de Peter PiTalsh à une I de qualité.
es actes officiels des cathoUques confédétt conformes à ce principe pur et honora-
OBSERVATIONS, PREUVES, (en. m.) 361 ble : le principe d'uae enquête sur les crimes de fait commis des deux côtés ; le principe de déchar- , ger les innocens et de punir les coupables. Et ce principe de justice fut répudié et rejeté par le parti protestant!
Dans toutes les parties de ces transactions, il y a quelque chose de singulier et de frappant. Les catholiques confédérés furent en possession du pouvoir depuis Tannée i643 jusqu'à l'année 1649. Ik furent les maîtres et eurent la direction de presque toute l'Irlande, à l'exception seulement de Dublin et de quelques autres villes. En i644) 'Is étaient à Yapogée de leur puissance. Leur assemblée générale se réunit à Kilkenny, tit des lois et régla la marche du gouvernement. Cette assemblée était composée presque exclusivement de catholiques; l'Exécutif (parti revêtu du pouvoir exécutif) l'était entièrement. Cependant ces hommes ne fur rentjamai/i, pas même une seule fois, acatsés d'avoir fait une settle loi intolérante , ou un seul ré' fflèment intolérant, ou une seule ordonnance intolérante ou bigote ! Ils ne persécutèrent pas un aeul protestant', et on ne les accuse même d'aucune persécution semblable. Voilà ce dont les catholiques d'Irlande ont bien raison d'être fiers.
J'ai déjà démontré par des extraits tirés des écrivains protestans (1), le fait universellement admis,
(OPuodletTaylor.
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3«3 li'IIll,ANpE ET m IRLAIfPAW.
qi4e 1^ catholiques coafédéi^ pe pftr^outèrent
jamais uif $efil prot^tai^t.
Or, si le lecteur veut bien tourner * 1* Pï'ge a83 (de l'éditioD anglaise), il y trouvera les ordres sanguinaires publiés contre les Irlandais par le parlement anglais; le refus positif de donner quartier aux Irlandais. Et surtout à la page 374 (édition anglaùe), il trouvera lesordresd' extermination donnés à Dublin par les lords justiciers, et portanf la datedu i3 février 1641, dans lesquels, soit dit en passant, chaque mot est l'expressioi), de cette cruauté sanguinaire dont ils se repaissaient. Il y verra l'ordre de détruire toufee les villes où les rebelles avaient des secours ou un refuge^ et « de tuer et détruire tous les hommes y demeurant^ en état de porter les armes. » Oui, c'est bien cela, bien qu'ils fussent ionocens eq pensées, en paroles ou en actions, de toute espèce de crimes ! Le contraste qu'offre avec cette inexprimable barharie la conduite des catholiques, maîtres du pouvoir, fait peine et plaisir toutà-la-foîs. £n mai 1643, les fédérés catholiques ecclésiastiques etlaïquQs s'assemblèrent en synode nationa} à Kilkenny. lia menacèrent, non-seulement de F autorité temporelle, mais aussi des foudres spirituelles de l' Eglise catholique, içuseeux qui,pendant îa guerre, commettraient quelque cruauté.
Je proids la description suivante à^ p&l» ê
blée ç^tïiolique, d'un liistorien protestait, le docteur Warner :
« C'était, dit le docteur Warner, un synode gêné-: rai de tous les évèques et ecclésiastiques papi$tes d'Irlande. Trois de« archevêques titulaires, six autres évêques, les fondés de pouvoir de cinq autres, outre leç vicaires^néraux et autres dignitaires, étaient présens à ce synod^. Et comme ce sont le$ actes et les ordonnances tout simplement du clergé catholique romain d'Irlande, représenté en synode, je pense qu'on tombera volontiers d'accord sur ce point, que ce qu'il pourrait y avoir en eux de condamnable doit être attribué aux folies et aux vices de certains individus en particulier et non pas à la foi catholique en général. » — Warner^ Bis$. 4e ia Rébeilion if landaise, p. aoi.
Je donnerai maintenant trois des articles adoptés unanimement dans ce synode :
« Articles convenus, ordonnés pi conclus d^ns le congrès général (catholique) tenu à Kilkenny, en mai i64a.
« Nous déclarons que la (présente) guerre, ouvertement catholique, est légale et juste ; que si, I dans cette guerre, quelques-uns des catholique^ sont trouvés agir par quelque motif particulier ff injuste, par avarice, cruauté', vengeanc«f ou haitfe, au aucfatos autres «emklaJiles intentions gr^e^^s ^t i/Ujfales , nous les 4^çlaroms eu éfat de Jiufta^
iX^oogic
et d'être frappée des eengurea eceUaiaatiquea , si
(étant avertis) ils ne s'en corrigent pas.» — Rueh- «wr/A, V, -5i6.
R Nous voulons et déclarons ; touê ceux qui aeaaaeinentj démembrent ou hleaeent grièvement ; ioue voleurSf apoUateure illégaux, voleura d'effets queleonqueaf concusatonnairea , nuaai bien que ceux qui lea favoriaeat , lea reçoivent ou ha aident en aucune manière que ce aoit ^ EscoHMcniÉs; et ils doivent rester ainsi jusqu'à ce qu'ils se réforment et fassent satisfaction complète, et ils ne le sont pas moins que s'ils étaient proclamés et excommuniés nominativement.
a Nous ordonnons à tous et à chacun des généraux, colonels, capitaines et autres officiers de notre armée catholique, à qui il appartiendra, de faire aévèrement punir taua les transgresseurs de notre auadit ordre, touchant lea aaaaaaina, les auteura de mutilationa, et ceux qui battent, pi/lent et volent; et a'ila y manquent, ?toua ordonnona aux prêtres deparoiaaea, curée, au chapelaina , reapectivement, de les déclarer interdits; et disons qu'ils seront excommuniés s'ils ne font pas rendre la aatîafaclion due à la république et aux partiea offensées. Et ce les prêtres ou chapelains de paroisses observeront, sous peine d'excommunication sur une sentence prononcée ipso facto, d — Sorlasej p. laa; et Rj^viorik, V, 5ao.
Ainsi, les actes publics des catholiques C4}iifédé-
OBSERVATIONS, PREUVES, (ch. m.) 365
rés contrastent aussi favorablement avec les actes publics du parti protestant, que la générosité et l'humanité des catholiques irlandais, armés et non armés , contrastent avec les atrocités des protestans anglais.
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Ç^âËftVÂTfONS, .
PREUVES ET ËXPLIGÂTiONS.
CHAPrntE m. — pahtie vi
D'après les citations que j'ai faites de divers historiens, celui qui aura pris la peine de me suivre a dû voir comment s'était établie la puissance Cromwellienne, c'est-à-dire à travers quels torrens de sang, à travers quelles scènes de cruauté épouvantable et satanique !
Je vais à présent montrer comment l'on disposa des Irlandais survivans.
« Les affaires des catholiques confédérés étant devenues tout-à-faitdésespérées et irréparables,lemarquisdeClanricard quitta l'Irlande, en i652, emportant aveclui l'autorité royale.» — {Sorlase, Réb.irlandaise.) «Etdansrespaced'un an, à partir decetle époque, Mortogh O'Brien, le dernier des commandans irlandais, se soumit au parlement, sous les conditions ordinaires de déportation; par faveur de laquelle ( ajoute Borlase ) vingt - sept mille hommes avaient été chassés cette année-là. » o Cromvrell, dit un historien récent, afin de se défaire d« ses ennemis, n'hésita pas à déporter quarante mille Irlandais de leur patrie, pour aller remplir toutes les armées de l'Europe des plaintes de sa cruauté, et de l'admiration de leur propre
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0BSttinïitï»s;i>kBBvÊs. (ba. hi.) mi
Sret&gnèi vtiU I) partie i"; 'p: 16^.) — Réhue ai Curtf, p. 386.
J'ai donné assez de preuves pour déntontrër qilë le projet du parti prbtesbint anglais était l'éttËi*^ mibation entière du peuple irlandais. ï'our purger dficatetnént le pays d^ Irlandais indigèheâ, 11 ëtàit etpédieht iâAi doUte de Hé défaire d'ut! aUssi grahd nombre qUtî ptMslbtè d'individbS kpml Yigè tikÛtaire. Ce fut de cette manière que l'on disposa d^ ^ttgt-sept mille pièrtoitne» mëttUôHtiéëÀdànà le âerhiê^ éitrâit; tltlSibUlrS autres détàchéilitehs, côm* pt^nant d'Uh & i|uàH* itiille liommes chacun, SoUs le ' cbWriiàhdemeiild'offlclferSiriandaiBifureht trâhsiétêi par GtTimw«ll iet ioU goùverheWbnt datte ki états de priiicâ étrangère.
i/bâ» Hk tie *'arrêièreill pAs les èttoriùltèà dès tyran» ttu pbiiVbii^ tjft tiiAlheurieuti ayant i*ige ûÂ- Utait^, (tul aVttiettl échappé auitaàssàcrfe, àtt hftWbné, d'après Uh cfeiicUl tertâln, de pluî de quàraiite niill«, ftti^t tenVfeyés prtendre dtt service 1 l'ëimt^er, sur te fetttaitoéttt de lï;uHjpe, surtdut ett Espagne et eh Beljgil^ue'. D» trouvèi^ U tibtë sûU YtuiK dans LiitgftHd :
« Selon Petty (p. ï8')),8ixïinilfejeunesliomQieset femmes lurent chassés. Lynch (Camhrenaia Everau9, in fine) dit qu'ils fiirent vendus comme esclives. Broudin , dans son Propugnaculum (Pragae , anno 1669)^ porte le chifire des exilés à cent mille.
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a Ultra centum millia omnis sezus etxtatis, e quifous aliquot millia in diversas Âmericae tabbacaiias insulis relegata sunt ; a p. 692. Dans une lettre que je possède, écrite en 1 656, il est dit : > Catholicos pauperes plenis navibus mittunt in Barbados et insulas Americae. Credo jam sexagînta millia abivisse. Ëxpulsis enim ab initie inHispaniam etBelgium maritis, jam uxores et proies in Âmericam destinantur. » — Angleterre , par Lingard , toI. X, p. 3o6.
Ainsi, nous voyons d'après Broudin qu'il y eut plus de cent mille personnes de tout âge et de tout sexe proscrites, dont plusieurs milliers furent, comme il le dit, relégués aux îles des Indes-Occidentales. Nous apprenons aussi, d'après une lettre originale en la possession du docteur Lingard, que les vaisseaux étaient remplis des plus pauvres classes d'entre les catholiques et qu'on les transporta à la Barbade et dans d'autres îles des Indes-Occidentales, a Je crois, dit l'écrivain, qu'il y en a déjà soixante mille de partis; car, dans le principe, les maris ont été transférés en Espagne et en Bdglque, aujourd'hui ce sont leurs femmes et leurs enfans que l'on destine pour les deux Amériques. » Il serait bien inutile, en elifet , de se récrier contre aucune cruauté commise à cette époque. Ces malheureux exilés périrent par centaines et par milliers. De toutes Its myriades de déporli'a, pas un seul ne survivait au bout de vingt ans.
OBSEBTATIONS, PREUVES, (cb. m.) 269 Y a-t-il aucune espèce de crime qui n'ait été . commise contre les Trhindais par les agens barbares du gouTernement anglais?
Dans la correspondance de Thurlow, la formation des troupes de matelots recruteurs ( Freisgatufs ) , pour ramasser la jeunesse mâle et femelle destinée à la déportation, est décrite en détail. Quelques personnes ont cru que le système adopté par le monstre qui gouverne aujourd'hui la Russie, de se saisir des jeunes femmes parmi ses sujets polonais pour les envoyer à ses colonies militai- , res, était tme invaition à lui ! Mais il n'y a point d'atrocité assez grande pour n'avoir pas eu son prototype dans les brutalités commises envers le peuple d'Irlande par quelques-uns de ses gouvemans anglais. C'est chose bien triste que d'avoir à lire un exposé semblable :
« Après la conquête de la Jamaïque , en i655, < le Protecteur, afin de la peupler, proposa de faire transporter dans cette île mille garçons et mille filles irlandais. D'abord on ne demanda que des jeunes femmes. À cette demande fut faite cettb réponse : — Quoiqu'U faille user de force pour les enlever ; cependant comme cette mesure est toute dans leur intérêt; que d'ailleurs le public doit, selon tgute probabilité, en retirer un grand avantage, il n'y a pas de doute que vous ne puissiez en prendre autantque vous le jugerez à propos? » — Tàurloe, IV, a3, «Dans la lettre suivante, H. Gromwell dit:aJe
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m riBLANDE ET LES IBUNMIS.
crois que cela pourrait être ausù avantageux à ^os a£&ires 1^-bas qu'aux nôtres ici^ que vous jugeassiez à propos d'envoyer quinze cents à deux mille jeuiies gens de douze à quatorze ans au lieu *usmentioDDé. Nous pourrions bien nous passer d'eux| ei. ils vous seraient utiles. Qui ^t d'ailleurs si cela n*est pas le moyen d'en faire des Anglais, je 'devrais plutôt dire des chrétiens ( p. 4p) " ^ Thur^ loe r^ond : Le comité du conseU a voté qu'on prendrait mille filles $t autant de garçons pour cet objet. » (p. ^5.)
Juste ciel ! voilà ooninwnt les Anglais « firent le bien n du peuple d'Irlande ! les jeunes femmes devaient être enlevées de force d'entre les bras de leurs mères, de leurs soeurs» arrachées de leurs demaires patemdles !' et pour être transportées sous un climat étranger et malsain! « Oh! mais, disaient les goùvemans anglais, tout cela est pour leur Inen ! ! 1 » Et puis voyez donc le sang-fi*oid avec lequel Henry Cromwdl se propose d'en faire a des Anglais et des dbrétien% n des uingltM et des chrétiens U.
Mais non. Tout commentaire est inutile.
Toutes ces choses paraissent im songe hideux. Elles seraient parËûtement incroyables si elles n'étaient si parËtitement certaines !
Il eu restait Ixop cependant pour rendre possible l'horrible cruauté de les égorger tous. — Le gouvemeuent irlândai»^ composé comme il l'était
0BWBV4TJ(WS, PPHJVÏS. («s, MI.) Î7J
des offîciéns supérieurs iu pouvoir ré^d^e, eut i«e»urp ^ uù p)au tout oj^Kwé- --^ Voici Je conipt^rm^ àe )euw procédés^ uH ({m le douge tofvd
« ïJs trouvèrent que l'EXTIEPATIOIÏ entière de l^uatiou(qu'ilsavaientrinteption de consomuier) était par eile-méme excessivement difficile, et qu'elle portait en elle un sentiuieot d'boirewi; si ^aude, qu'elle ^t quelque impr<ession sur ieiu^ propres CfSurSf bi^n qu'ils fussent aussi durs qu« lerocher. Après une destructionde tant de milliers d'hommes par ^la peste, qui exerça ses ravages à b«vantout len^auma, peuple feu, LeierMlafa* mine, «t enfin après le trao^rt de milliers d'indi* vidus dans les pays éb^ngers, il restait étendant ^leore une pc^uiaiicm si nombreuse , qu'ils se savaieDt qu'^i faire : et bi»i que les survivant âis- •eut ixvù déclarés proscrits, qu' ils n'eussent raueimséquence droii à rien au monde, il fallait bien néanmenns qu'iU résidassent qudque part. On imagina donc un expédient auqu^ fut donné le nom d'acie • iêgrâee. Ily avaitune large étendue de tenitoire^ Cannant la moitié au moins de la province de Gonnaugbi, et séparée dû reste par une longue tÀ large rivière. U peste et PLUSIEURS MAiSfiACHËS en araîfl!^ presque fait un désert. Ils exigèrent que tous les Irlandais se retirassent dans cet espace ainsi limité, à un jour fixe , aouspeine de mortf ât tout ceux qui, après ce iempa^tàt seraient trouvée
S7S LIRLANDE ET LES IBUNDAIS.
datu toute autre partie du royaume, hommef fimt' me ou enfant, SERAIENT TUÉS PAR QUICON- QUE LES VERRAIT OU LES RENCONTRE- RAIT. — La terre , comprise dans ce district le plus stérile du royaume, &t , par la grâce et miséricorde des vainqueurs, assignée à ceux de la nation , qui y lurent enclavés en telles proportions, qu'elle pouvait à peine, et grâce à un travail excessif, subvenir aux nécesûtés conservatrices de Texistcnce.» — Fte de Clarendon, vol. Il, p. i iG.
On dirait qu'il y avait parti pris par tous les gouverneurs anglais d'Irlande , on pourrait croire qu'ils avaient tous résolu qu'aucune espèce d'injustice ne serait omise dans la liste de leurs crimes envers llrlande. — Nulle cruautéplusgrande en effet que cette transplantation (comme elle était techniquemei)t appelée) ne pouvait être exercée sur des clôtures humaines, à qui l'on accordait la liberté de vivre. — Cette cruauté était raffinée, — car les tyrans eurent soin de pourvoir au cas échéant du rétablissement de l'autorité royale. — Us eurent la bassesse de forcer les malheureux gentilshommes irlandais à donner des décharges de leurs anciennes propriétés, décharges dont usèrent, pour les plus mauvais desseins, et le dissolu monarque qui récupéra le trûne, et ses conseillers plus dissolus encore.
Clarendon poursuit ainsi le récit de la transplan- . tatiou :
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OBSERVATIONS, PREUVES, (ch. m.) 373 tt Âus personnages, à qui furent enlevées de grandes quantités de terre dans d'autres province^, ils assignèrent les plus grandes parts proportionnelles comprises dans ces ressorts ; si bien que quelques, individus, sans obtenir jamais la cinquième partie de ce qui leur avait été enlevé dans de bien plus fertiles provinces, eurent, surtout après qu'ils se furent construit des maisons, des moyens sufBsans d'existence. Mais pour qu'ils ne s'enorgueillissent pas trop de cette miséricordieuse donation , une stipulation fut attachée à cet arrangement, par suite de laquelle ils durent donner des décharges . de leurs droits et de leurs titres antérieurs à la terre dont ilsavaient été dépouillés, en considération de ce qui leur était présentement octroyé, déclarant s'interdire à tout jamais, tant pour eux que . pour létirs héritiers, le pouvoil* de réclamer à aucune époque leur ancien héritage. Que devaientils faire? Il ne leur était pas permis de sortir de ce , district pour aller ailleurs subvenir à leurs besoins ; et sans cette concession ils auraient fait , comma tant d'autres â qui cela arrivait journellement, ils seraient morts de faim. Dans cette déplorable extrémité, au miheu de cette consternation, ils furent obligés de se soumettre aux plus diu'es conditions de leurs vainqueurs ; ils acceptèrent et signèrent des transports de propriété et des décharges tels que les avaient préparés, en faveur, d'euxmètoes les dominateurs, afin qu'ils pussent jouir
874 l'iRLANÏtÊ Ëf tE» îtUtiMIS.
âeceétèttes qui appaftébaient à d'autres honttties.» — Vie de Ctarendan, il, ïi6, 117.
Alorâ les usurpateurs aurais déclarèreat que rirladdd était pacifiée. Cétait, k la lettffi, la i^ de Taeite ;
a Ubi Hilitudiiieia fuimit, pacem appallaul. v
Ils avaient fait une solitude; lAais (^ h'étftlt pu d'une terre stérile etiijculte, t^ était d'une magni* fique et plantureuse terre. Ils étaient cbarméfl de l'habiter, ces officiers et ces soldat»! Ils fit^ut te* nir le plus grand nombre qu'ils purent de leiint compagnons, paren^i et amis.
J'insérerai maintenant une esqulHS dé la m»* îfière dont les Cromwelliéns divisârait rirlonde entre eux;
fc Le 36 àeptetnbrë 1653^ le pâfletbMf ftnglolg déclara que les rebellés d*It4and« étaient lubjo^ gués et que la rébellion était finie. Là^eMus oa procéda il la distribution de leurs terres, eu vertu de l'Acte de Souscription, 17' Caroli. Oette détJi* sion étant notifiée au gouYerneittent d'Irlande, lord Broghill, plus tard coffite d'Ôrfery, propOM à un conseil de guerre composé de tous les cotnniatt>deurs pour le parlement» que le royaume «1^ tier Hit arpenté et qu'on fit le rdevé du nombre d'arpeus avec leur râleur; que tout'si^dat présenterait ensuite aa demande d'arrérages; et qti'au inoyen du lort, an dominait A ^que
OBSERVATIONS, PREUVES, (m. m.) 87S kommeun nombre d'arpenséquivalensà la quotité de sa demande. » — Fie SOrrery , par Monic».
Nous verrons à présent ce qui advint de cette proposition :
a Cette proposition fut agréée ; et toute llrlande ayant été arpentée, le meilleur terrain fut évalué i 4 shillings seulement Tarpént, et quelques arpens à I penny (a 90Us)[^iV d'Orrery , par Morriee^ vol. il, p. 117]- Les soldats tirèrent au sort dans quelles parties du royaume leur seraient assignées leurs portions (Onnonrf, par Carte, H, 3or). De grands abus furent commis dans 1er réclamations que 6rent ces aventuriers relativement à l'argent qu'ils avaient avancé au commencemoit de la guerre; car on mitde côté pour eux des bartAmies tout entières, et ils employèrent alors leurs propres mpenteurs pour faire ces mesurages. » — Ib.f Id.
Je remarquerai ici que l'arpentage général, qui était &it en conséquence de la proposition de lord BroghiH, est le même qui est désigné sous le nom dei'ai^>«Qtage de Down (fhe Domt Survejf) , grâce auquel sir W. Petty, l'ancêtre paternel de l'actuel marquis de Lansdown, obtint une part magnifique.
Au milieu de cette rapine, on se prendra k sourire en voyant le choix que Cromwcjl fit pour luimême, bien que sa mort prématurée ait empêché la réalisation de ses plans :
« GromweH tétait réservé pour lui-même une
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176 LIBUNDE ET LES IBLANDÂIS.
bonne et large part (c'était, je me le rappelle, la province entière de Tipperary), sous le litre de domaine (comme il l'appelle) de l'état. Nul aventurier ni soldat ne pouvait prétendre à son lot dans cettecontrée. SauBdoute^il voulait que l'état et cette part contribuassent à agrandir sa propre famille. On ne «aurait imaginer combien facilement et paisiblement tout ce grand royaume/ut enlevé à aea seigneurs et propriétaires légaux, et fut divisé et donné entre ceux qui n'y avaient aucun autre droit que celui que confère le pouvoir de se l'approprier. » — Vi» de Clarendon, vol. II, p. 117.
On fera bien de se rappeler, lorsque nous viendrons à traiter du règne du roi Charles U, quels furent ceux qui obtinrent la plus grande partie des tmres des royalistes irlandais :
« Nul n'obtintde si largesparts que ces hom~ mes qui avaient été les instrumens de P assassinat du roi. Toutes les terres qu'ils jugeaient à propos d'appeler non productives, on les leur octroyait gratis ; elles leur retournaient comme telles , bien qu'ils n'en eussent jamais eu d'aussi bonnes et d'aussi profitables. * — Ormond, par Carte, n, 3oi,
« Les terres obtenues par les soldats comme non productives f et comme telles comprises dans la liste envoyée au bureau de l'inspecteur (5«rveyor'so^ce) se montaient 3605,670 arpens. De cette manière, le royaume entier fat divisé entre
OBSERVATIONS, PREDVES. (oh. m.) 877
les soldats et les aventuriers ayant de l'argent, n — JBtffue, par Curry^ p. 388.
Ainsi furent compé tés le massacre et le pillage du peuple irlandais.
Mais l'iniquité n'était point complète; elle ne pouvait l'être sans l'intervention de ce qu'on appelait des « cours de justice. » J^ crois qu'il n'y a pas d'exemples dans l'histoire anglaise de la perpétration d'aucune scélératesse envers le peuple d'Angleterre , d'Ecosse et d'Irlande, dans laquelle miloi*ds les juges n'eurent pas leur part pleine et entière du crime. £n conséquence, Cromwell institua ses «coursde justice» en Irlande. Elles étaient Êuuilièrenient appelées les abattoir* de Cromvmll.
HA.T3TES-C01IRS BE JUSTICE ER IBULirDE.
«. VcTS-cette époque, un nouveau tribunal, sous le titre de haute cour de Justice, fat érigé par les usurpateurs dans différentes parties des ^ux ^yaumes, afin de traduire en justice les rebell^et les mal-intentionnés, c'est-à-dire, ceux qu'on regardait encore comme fidèles au roi. Celle qui siégea à Dublin, en i653, fut en outre (i) autorisée à entendre et déterminer toutes les accusations de massacres et de meurtres faits ou commis depuis le premier jour d'octobre 1641 , c'est-à-dire tous
(t) SOeUioH <tlHamU , pir BorUu.
87» L'IHUimS £T LES ntLAimAis.
cettx qai auraient commis, Inventé, aidé, assisté, ' favorisé, poursuivi ou contribué à auctm desdits massacres mi meurtres, ou qui auraient assassiné après quartier .donné. D'après les sentences iniques et sanguinaires souvent prononcées dans ces cours, elles étaient communément appelées les abattoirs deCromwell {i); car il n'était pas permis d'y plaider sur faits et articles : d'ailleurs contre un« accusation de choses feites, disait-on, douze anné^ auparavant, quelle défense aurait-on pu faire en> tendre? En outre, la parole sanguinaire, les horribles imprécations de l'accusateur, et l'aspect non moins imposant de la cour, tout cela avait pour etkf de confondre entièrement le» priSonniers étonnés, de manière qu'ils venaient devantces tribunaux comme des moutons à l'abattoir. > — Bxvue des guerres civUes en Irlande, par Curry, p. Sga.
Le parti catholique irlandais, comme nous avons vu, demanda souvent qu'uneenquéte pleine et entière eût lieu sur tous les meurtres commis poidant la guerre; mais les catholiques demandaient que l'enquête embrassât les crimes de toutes les parties, protestantes aussi bien que catholiques.
Les Irlandais insistèrent pour obtenir cette enquête en f642t en 1646 et de nouveau en 164B; Mais à chacune de ces époques, la demande fut ou âodée ou refusée par le parti protestant anglais;
(1) Hittoirv de PiaMpendanot. '
OBSERVATlÔïfe, MtÉtIVÉS. {ce. ift.) W>
et fi agit sageniëfit pour ses Ititéi^ {>r<ïpKS m m l'Âccordafit pas.
Ces offres réitérées de la part des catholiques ir- Idhdais, ces refm réitérés de la part àm protestans'^ anglais ne peuvent nécessairement laisser l'onibre d'un doûte dàiM rdsprit de tout homme raisonnatde àl'hdure qu'il est , quant k l'inoocence des uns et à la culpabilité profonde des autre».
Cependant les cours de Cromwell n'équivoquérent pas. Leurs recherches se bornèrent ouvertement et exclusivement aux crimes commis par les ' Irlandais, et ne s'étendirent à aucun> de ceux commis êur ces derniers. Cependant, telle est la notured'une cause juste que ces tribunaux mêmes pet^ virent à oonârmer l'innocence générale du parti irlandais. Telle fiif l'injustloe irréflédiie; l'injustice édatantfi de ces couru que, dans diverses parties de rirlandej elles trouverait mt^en de condamner envlronsoopersonnestiommecoQpablesdemeurtres .
iur les fausses déclarations de témoins Bubomés, et même en l'absence complète de tout témoi^age.
« Cependant, dit Ldand, dans la province du nordf qui avait été la scène des plus grandes barbaries, il n'jr en eut qu'un seul de traduit en justice, et celui-là fût sir Phelim O'Mial. » -^ Leîandy vol. m, 39(1.
L'observation que fïiit Lelond , qu'il n'y eut qu'un seul exemple dans la province du nord, eût été formtdée d'une tout autre nunière s'il eût été
8M L'IRLANDE ET LES IBLANDAtS.
de bonne foi et sincère. Il aurait dû dire que puisque ce tribunal actif, énergique, ambulant, ce tribunal de sang n'avait pu trouver qu'un seul cas dans tout Ulster, et surtout ce cas unique étant celui desirPhelim O'Nial, et l'Ulster étant la prorince sur laquelle pesait. Faccitsation ta plus profonde et la plusétendue d'inhumanité etdemeurtre, il s'ensuivait inévitablement que les accusations étaient énormémentexagérées, même contre le peuple d'Ulster ; nous avons vu en effet qu'elles l'étaient. S'ily avait£u beaucoup de meurtres commis dans le reste de l'Irlande, très certainement ce tribunal de sang aurait découvert plus de victimes que le nombre mentionné, — environ deux cmts. — Qu'on veuille bien se rappeler que même k r^ard des deux cents personnes reconnues coupables, le jugement fut rendu, ou en l'absence complète de témoignages judicieux, ou sur' des déclarations /èitwMf de témoins eubamés. Pour tout esprit. qui pense, il n'existe pas d'autorités écrites ou verbalefiqui entraînent la conviction de l'innocence du parti catholique irlandais, plus fortes ni aussi positives que le résultat même des recherches de cette cour sanguinaire et énergique, qui fit le tour de l'Irlande et siégea dans presque tous les comtés. Elles avaient à examiner les crimes commis ^r les Irlandais pendant une insurrection rendue hideuse par les crimes commis eur les Irlandais^ C'était une cour dans laquelle on n'écoutait
OBSERVATIONS, PREUVES, (es. m^ m aucun moyen de défense. Des hommes qui avaient ^t leur soumission sur la foi des articles d'une capitulation, et qui avaient exécuté la stipulation en ce qui les concernait, furent privés de l'avantage d^ ces articles. On ne tenait aucuoe parole donnée visà-vis des Irlandais, aucune justice ne leur fut rendue. — Et cependant, à prodige l on ne put pas trouver plus de deux cents victimes donnant l'ombre d'un prétexte pour les mettre à mort sur Vallégaiion qu'elles avaient commis dès crimes pendant la rébellion!
Cependant on fit subir aux Irlandaisle martyre des plus horribles calomnies, basées non-seulement sur de kaxx témoignages , mais sur le plus incroyable de tous les tét^oignages imaginables, et cela pendant près d'un siècle avant qu'il ne leur fut permis de protester de leur innocence ou de la défendre I Tels furent les procédés et les allures de la justice anglaise envers llrlande.
Je ne saurais poursuivre sans donner un autre trait concernant le malheureux sir Phelim O'Keill. Il n'y a pas dans tout le parti irlandais un seul homme aussi profondéqient souillé des crimes qui déshonorèrent l'insurrection. Cétait en un mot le plus mauvais des Irlandais: Cependant, lors de son procès, on lui o£^t la vie s'il voulait seulement accuser le roi del' avoir autorisé k commencércette insurrection. Il refusa absolument d'accuser le roi fiiiussement. Il fut en conséquence condamné au
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«u{)plice. n y a ppur c« &0t f «atorité du 49Ctwr Sbecidas, évêque protestant de Kilnwfi;, qi» ^ttil présent au wi^lioe et qui affîime ;
« Qm h colonel Hewsou, ^'étont apiw9çbé d« l'échelle, Sir Fbelim |e rem^cia pubUijuement gv&i beaucoup de reconoaisfiance pour rbonuéte Ijraitetnent qu'il en avait reçu pendant t4ut le cours d« sa détention; il aurait désiré seulement qu'pn liûeût pris la vie d'une manière plus boOorablç, A ceci. Je colonel Hewson r^pndit qu'il pouvait encorç sauver sa vie, s'il le souhaitait' en déplorant splen^ nellementà cette heure, au peuple, que sa première prise d'armes avait eu Ijeu en veP^ d'une com^ mission sous le grand liceau du roi Charles l" : mais sir Fhelim répliqua qu'H ne voulait pas ra* cheter ea pie ç,uprixU'tm aiindi^m menBong0$t m fiauaant un tel préjudice k ce prince. La vérité Wt, ajouta-t-jl, qu' afin de mieux persuader au peuple de venir se joindre à luii il avait enlevé une vieille impression du sceau d'un vieux document et l'avait attachée à une commission qu'il avait fpr* gée, et que grâce à ce stratagème, il avait réussi 9 persuader au peuple qu'il n'agissait que d'après .l'autorité du roi ; maisil n'yeut réellement aucune commission du roi. 7e tiens cette particularité, ajoute M. Carte, del'évéquequim'a déclaré l'avoir ouï dira. » — Hist. de la Grande-Bretagne , par fdac-Pkeraoni Hï, »8pi aussi l^hnd, Uvre VI, cbap. a.
OBSXRVATHMHS, ?HmVt&. («. ni.) ttf
Ainsi mêmecbez les plusmwTais Iriandw» aoiv trouvons une qualité qui les relève et dimimie l'horreur de leur conduite, une qualité qui lesplace au niveau de ce qu'il y avait de mieux dans le sein du parti augbis. Et je dis ceci sans vouloir pallia le moinsdu monde les crimesde sir Fhelim. Tout ce que j'en dis, c'est que s'il avait mille cnmes, ~^ cependant tout mauvais qu'il était, il avait «»e vertu, tandis que ses ennemis n'en avaient point du tout !
J'ai déjà cité assez de crimes commis par le parti protestant anglais pour rassasier l'esprit le plus diaboliquement altéré de cruautés, mais pas assec pour rassasier le parti anglais.
Le parlement irlandais étant supprimé, le$ usurpateurs d'Irlande firent des loi» p^r voie de proclamations sans autres formalités. Mais lee proclamations étaient parfaitement suffisantes, soutenues qu'elles étaient par le pouvoir de l'épée.
Je donnerai le premier exemple :
« Dans la même année (i6S») ]es commissaires du parlem^t à Dublin publièrent une proclamation, signée Charles Fletwood, Edmond, X«udlow , et Jobn Jones , qui remit en vigueur en Irlande Vacte de la deuxième année du règne d'Elisabetb et en ordonna la stricte et sévère exécution. Par cet ^cte, «tout prêtre romain « ainsi trouvé était regardé comme coupable « de rébellion , et conoamiié a ^b£ tesdv jus-
« QII*& CE ttU'iL fUT AUQUliStOaT, PPIS A AVOIR
S8^ L'IBLANDE ET LES IRUNDAIS.
a LA lirE TRANCHÉE ET LE C»ItPS ÉCA.RTEL£ ; SES a BOTACX DCVAIEirr ÊTRE RETIRÉS DD CORPS ET
« Bsuiis ; et ta tête fixée eur une perche dane guela que place publique. » — Revuey par Currjf, p. Sgi. La seule excuse qu'on fit valoir pour faire exécuter cette loi horrible et barbare fut qu'elle était déjà établie en Angleterre. Mais en Angleterre les prêtres catholiques étaient, comparativement parlant, en très petit nombre ; en Irlande ils étaient nombreux. L'intolérance protestante inventa cette méthode y pour en diminuer le nombre en Irlande , de les laisser pendus jusqu'à ce qulls fussent à moitié morts, et de leur arracher ensuite . les boyaux. Dans la proclamation suivante ces législateurs dépassèrent même la brutalité anglaise. Efc voici réchaptillon :
« Le châtiment de ceux qui recelaient un prêtre était, par le même acte, la confiscation de leurs effets et biens mobiliers , et une mort ignominieuse sur la potence. Cet édit fut renouvelé la même alinée, avec la cruauté additionnelle de déclarer crime capital l'exercice même privé de la religion catholique romaine. H fut renouvelé en 1657 avec ces mêmes peines de confiscation et de MORT contre tous ceux qui sachant où un prêtre se trouvait caché n'en feraient pas la révélation au gouvernement » — Revue, par Curry , p. 3ga.
Et ce n'étaient pas ici de simples menaces. Elles
OBSERVATIONS, PREDVES. (ch. ni.) 385 sortaient pleinement leur effet. Le parti protestant triomphait, et tout catholique qui tombait entre leurs mains n'était pas épargné. Que d'autres parlent pour moi :
« De la stricte exécution de ces édits i>arbares, on en voyait journellement des exemples révoltans parmi ces malheureux, si bien que, -pour nous servir des expressions d'un écrivain contempo- ■ rain et témoin oculaire, nous dirons : « le8 Israélites ne furent pas plus cruellement persécutés par Pharaon, ni les enfans innocens par Hérode, ni les chrétiens par Néron, ni par aucunautre des tyrans païens, que ne furent les catholiques romains d'Irlande durant le règne fatal de ces sauvages commissaires. — « Tkre^odia, par Morrieon ,
U y avaiiaiussi une redoutable moquerie dans dans la cruauté de ces ministres sanguinaires :
« Les mêmes cotnmiaeaires mirent la têie de tout prêtre catholique au même prix (cinq livres sterling ) que la tête d'un loup; le nombre de ces animaux (les loups) était alors très considérable en Irlande : et bien que la profession ou le carac-tère d'un prêtre romain ne pût, on le penserait du moins, être aussi clairement établi que le pourrait être l'espèce d'un loup à la simple inspection de la tête, ainsi tranchée de leurs corps, cependant, dans l'un et l'autre cas , il suffisait de la simple déclaration des bourreaux pour qu'elle fût
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paiement crue et récon^nsée par ces commissaires.» — Rtvue, par Curry, p. 393-4*
Arrêtons-nous un peu ici au milieu decesscènes d'horreur et de désolation. Permettez-moi de faire une paus^ : consolé que je suis par le souvenir du contraste glorieux de l'humanité et de la miséricorde manifestées par les catholiques irlandais^ avec la cruauté et la barbarie furieuse déployées par les protestans anglais. Les doeumens publics de chaque côté établissent complètement ce contraste. Du côté des Irlandais on ne saurait citer aucune lettre, aucun écrit, aucun document, aucun ordre général ou particulier, aucuns édits, lois ou commandemens, enjoignant, suggérant ou publiant le meurtre ou le pillage, la rapine ou le crime. Mon, pas un ! Je le répète, pas un seul ! Tout au contraire, chaque document autlîènlique qui ait jamais été produit comme émanant des catholiques irlandais recommande douceur, pardon et miséricorde. Et, comme dans le cas de l'acte de la confé- .dération générale catholique de 1642, il n'y a pas -seulement des peines, de justes peines et des amendes prononcées contre tous individus malËiisans, pilleurs, voleurs et meurtriers; mais le châtiment est. prononcé dans les termes les plus forts contre toutes personnes, quel que soit leur rang, ' qui auraient eu quelque connivence au crime, ou qui s'efforceraient d'assurer l'impunité aux coupables I et ils allaient même si loin (les catholiques)
OBSERVATIONS, PREUVES, gh. m.) 897 qu'aux peines infligées par le& tribunaux de ce monde ils ajoutèrent le jugement «t terrible de l'excommunication. (Voyez pages a6a-3,- édit. angl.)
Repassons-nous de l'autre côté, vpus pouvez y Toir la satisfaction avec laquelle les lords justiciers protestans anglais, le parlement anglais, les officiers anglais, les commandans et les commissaires parlementaires anglais, possédant l'autorité législative et executive en Irlande, ordonnaient et forçaient à exécuter les cruautés les plus infernales, les barbaries les plus brutales envers le peuple irlandais, dans leurs instructions publiques et privées, dans leurs proclamations ; leurs ordres du jour aux soldats, leurs ordonnances, leurs édits, leurs lois, — tous, oui, tous étaient inondés de sang et saturés d'horreurs.
Comparez. Rappelez-vous qu'à une bien petite exception, l'Irlande tout entière fut en la puissance des catholiques confédérés pendant près de six années, c'est-à-dire depuis environ i643 jusqu'en 1649- Rappelez-vous que durant cette époque ( et antérieurement à elle pendant deux années) les plus grandes atrocités furent commises sur les Irlandais. Rappelez-vous tout cela et joignez-vous alors à moi pour bénir la Providence qui donna à la nation irlandaise une âme si remplie d'humanité , une disposition d'esprit si , miséricordieuse que, sauf le temps même de guerre civile, les Irlandais ne firent couler le sang d'au-
cun-^homme, ne commirent aucun crime, ne se souillèrent d'aucone barbarie , ne montrèrent aucune intolérance, n'exercèrent aucune persécution.
Oh ! quand justice sera-t-elle enfin r^idue à tes fils , ô terre bien-aimée de mes pères ! Oh ! quand le genre humain, reconna!tra-t-il le titre mérité des Irlandais à la palme des plus glorieuses vertus ! Moralité , tant privée que publique de l'ordre le plus pur ! tempérance de l'utilité la plus étendue et la plus pratique ! fidélité religieuse inébranlable, fidélité qui laisse bien loin derrière elle les exemples de tous les peuples répandus sur la-surface de la chrétienté !
OBSERVATIONS, PREUVES ET EXPLICATIONS